The Prague Post - En Syrie, la grande détresse des pêcheurs de l'Euphrate

EUR -
AED 4.241693
AFN 76.805773
ALL 93.136094
AMD 422.587282
AOA 1059.12378
ARS 1730.666463
AUD 1.63523
AWG 2.080421
AZN 1.961432
BAM 1.955449
BBD 2.326982
BDT 142.754359
BHD 0.435716
BIF 3450.980152
BMD 1.154988
BND 1.478441
BOB 13.74859
BRL 5.890786
BSD 1.155292
BTN 110.04771
BWP 15.564676
BYN 3.434798
BYR 22637.755918
BZD 2.323593
CAD 1.609954
CDF 2613.156668
CHF 0.934391
CLF 0.026837
CLP 1056.166643
CNY 7.793396
CNH 7.791281
COP 3606.852861
CRC 524.508061
CUC 1.154988
CUP 30.60717
CVE 110.245675
CZK 24.246882
DJF 205.7375
DKK 7.475472
DOP 67.357902
DZD 153.34492
EGP 57.608117
ERN 17.324813
ETB 186.815754
FJD 2.551945
FKP 0.856714
GBP 0.85435
GEL 3.014554
GGP 0.856714
GHS 13.563622
GIP 0.856714
GMD 84.889615
GNF 10146.221509
GTQ 8.81534
GYD 241.961777
HKD 9.061663
HNL 30.968438
HRK 7.533057
HTG 151.062867
HUF 364.25883
IDR 20546.073471
ILS 3.462826
IMP 0.856714
INR 110.132278
IQD 1513.528148
IRR 1588743.120086
ISK 142.202764
JEP 0.856714
JMD 183.477045
JOD 0.818874
JPY 183.628014
KES 149.454013
KGS 101.003783
KHR 4684.178929
KMF 492.024152
KRW 1637.564316
KWD 0.356821
KYD 0.962831
KZT 538.626259
LAK 26092.426363
LBP 103460.264862
LKR 387.210451
LRD 208.537057
LSL 18.69368
LTL 3.410378
LVL 0.698641
LYD 7.362678
MAD 10.773812
MDL 20.080002
MGA 4948.132662
MKD 61.508952
MMK 2424.953631
MNT 4151.31804
MOP 9.336606
MRU 46.339677
MUR 54.284215
MVR 17.844844
MWK 2003.383526
MXN 19.798323
MYR 4.724827
MZN 73.809446
NAD 18.69368
NGN 1572.804477
NIO 42.512364
NOK 10.956562
NPR 176.075374
NZD 1.961244
OMR 0.444092
PAB 1.155297
PEN 3.902499
PGK 5.108105
PHP 70.323147
PKR 320.748489
PLN 4.300515
PYG 6876.764829
QAR 4.211644
RON 5.240755
RSD 117.324205
RUB 95.401171
RWF 1697.202504
SAR 4.325147
SBD 9.315779
SCR 16.99941
SDG 693.567891
SEK 10.961461
SGD 1.478321
SLE 28.431449
SOS 660.27283
SRD 43.601358
STD 23905.910309
STN 24.4956
SVC 10.109228
SZL 18.690643
THB 38.130746
TJS 10.669715
TMT 4.054006
TND 3.386692
TRY 55.105986
TTD 7.836626
TWD 37.272649
TZS 3060.714712
UAH 51.825416
UGX 4303.227076
USD 1.154988
UYU 46.541842
UZS 13785.523912
VES 872.896156
VND 30208.699287
VUV 137.866719
WST 3.157409
XAF 655.84204
XAG 0.017838
XAU 0.000265
XCD 3.121412
XCG 2.082226
XDR 0.815219
XOF 655.84204
XPF 119.331742
YER 275.346755
ZAR 18.670201
ZMK 10396.276474
ZMW 21.610212
ZWL 371.905519
  • AEX

    1.8900

    1113.35

    +0.17%

  • BEL20

    -9.8200

    5767.78

    -0.17%

  • PX1

    11.3300

    8726.03

    +0.13%

  • ISEQ

    -40.0900

    14278.65

    -0.28%

  • OSEBX

    14.5900

    2040.52

    +0.72%

  • PSI20

    -25.7100

    9155

    -0.28%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -4.8300

    4388.06

    -0.11%

  • N150

    -13.4200

    4315.65

    -0.31%

En Syrie, la grande détresse des pêcheurs de l'Euphrate
En Syrie, la grande détresse des pêcheurs de l'Euphrate / Photo: Delil souleiman - AFP

En Syrie, la grande détresse des pêcheurs de l'Euphrate

Assis sur sa barque échouée sur le rivage, Ismaïl Hilal regarde avec amertume les eaux scintillantes du plus grand lac artificiel de Syrie: ce pêcheur a dû abandonner le métier qu'il pratiquait depuis 37 ans, car l'Euphrate s'assèche et les poissons se raréfient.

Taille du texte:

"J'ai passé toute ma vie dans le lac, depuis que j'ai douze ans", dit l'homme à la barbe grisonnante. "Mais j'ai été forcé de le quitter cette année. Je ne pouvais plus vivre de la pêche".

Le lac Assad, créé sur l'Euphrate par la construction d'un barrage avec l'aide de l'Union soviétique il y a une cinquantaine d'années, constitue la plus grande réserve d'eau de Syrie. Il se trouve dans les zones qui échappent au contrôle du régime, dans le nord du pays.

Mais la baisse du niveau de l'eau et l'assèchement du fleuve, ainsi que la pollution qui s'aggrave et la pêche illégale ont considérablement réduit la richesse halieutique.

"Beaucoup de pêcheurs ont abandonné le métier, en raison de la réduction du nombre de poissons et de la hausse du coût du matériel", explique Ismaïl Hilal.

"Aujourd'hui, on peut à peine avoir cinq pour cent de ce qu'on pêchait par le passé", dit-il, ajoutant que les pêcheurs ont désormais du mal à trouver certaines variétés de poisson comme le mulet.

A cinquante ans, ce père de sept enfants a dû se résigner à travailler dans un restaurant de la ville de Tabqa, où il écaille patiemment des poissons avant de les faire griller.

Selon PAX, une ONG travaillant pour la paix basée aux Pays-Bas, le niveau de l'eau a baissé de quatre mètres entre 2022 et 2023 dans le lac Assad, qui s'étend sur plus de 600 km2.

L'ONG, qui se base sur des données satellitaires et les rapports sur le terrain de ses partenaires, souligne que "le manque d'eau entraîne des déplacements, des maladies et porte les germes de nouveaux conflits".

- Situation désastreuse -

Dans la seule région de Raqqa, où se trouve le lac, les chiffres de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) montrent que les précipitations annuelles ont chuté entre 2020 et 2021, passant de 232 mm à 106 mm par mois avant de remonter à 208 mm par mois en 2022.

Depuis plusieurs années, la construction par la Turquie, où les deux fleuves prennent leur source, d'une série de barrages sur le Tigre et sur l'Euphrate a déjà fait diminuer le débit pour ce fleuve de 40% en Syrie.

Au-dessus du lac, des corbeaux tournoient, alors que des poissons morts flottent à la surface.

Les correspondants de l'AFP ont constaté une prolifération des algues, qui absorbent l'oxygène selon les experts, provoquant l'asphyxie des poissons.

Sur une des rares barques glissant sur le lac, Ali Chebli, un pêcheur de 37 ans, remonte péniblement ses filets, au soleil couchant.

"Par le passé, on pouvait attraper 50 kilos, voire 40 ou 30, et cela était suffisant pour les dépenses familiales", affirme-t-il.

"Mais aujourd'hui, nous pêchons à peine un ou deux kilos, et parfois rien (...) en raison de la baisse du niveau de l'eau et de la pollution du lac", explique l'homme au teint basané.

"La situation des pêcheurs est désastreuse, nous travaillons un jour et nous arrêtons pendant quinze autres jours", ajoute le pêcheur qui fait vivre sa femme, ses trois enfants et son père malade.

Il craint de ne pas pouvoir transmettre son métier, menacé de disparition, à ses enfants.

- Biodiversité en danger -

"Les communautés syriennes ressentent les effets en cascade de la guerre, du changement climatique et de l'échec de l'action multilatérale pour faire face à ces impacts", affirme à l'AFP Wim Zwijnenburg, un chercheur de PAX.

"La pénurie d'eau, aggravée par la pollution (..) entraîne une nouvelle perte de biodiversité le long des lacs et des rivières du nord et de l'est de la Syrie", explique-t-il.

Au marché aux poissons de Raqqa, les vendeurs se plaignent de la baisse de leurs revenus.

Le poisson, placé sur de grands blocs de glace en raison de la chaleur, est vendu à la criée et nettoyé devant les acheteurs.

"Les poissonneries avaient des tonnes de poissons, mais aujourd'hui la plus grande n'en propose pas plus de 200 kilos, à cause de la sécheresse, du manque d'eau et des températures élevées", affirme Ragheb Ismaïl, un vendeur de 45 ans.

"Avant, il y avait de grandes quantités de poissons dans l'Euphrate. Aujourd'hui, il y a des clients mais plus assez de poisson".

A.Stransky--TPP