The Prague Post - En Colombie, le volcan interdit et ses anges gardiens indigènes

EUR -
AED 4.206023
AFN 72.72297
ALL 93.511654
AMD 421.701583
ANG 2.050504
AOA 1050.793343
ARS 1645.459316
AUD 1.634729
AWG 2.061495
AZN 1.945989
BAM 1.929992
BBD 2.307839
BDT 140.660272
BGN 1.936523
BHD 0.431888
BIF 3425.517525
BMD 1.145275
BND 1.46797
BOB 7.946734
BRL 5.830367
BSD 1.145877
BTN 108.297806
BWP 15.353685
BYN 3.172378
BYR 22447.39
BZD 2.304582
CAD 1.620095
CDF 2657.038139
CHF 0.92276
CLF 0.025775
CLP 1014.438637
CNY 7.739139
CNH 7.775198
COP 3934.019625
CRC 521.920702
CUC 1.145275
CUP 30.349788
CVE 109.20206
CZK 23.824068
DJF 203.53812
DKK 7.371151
DOP 67.11305
DZD 152.182966
EGP 57.158611
ERN 17.179125
ETB 181.382953
FJD 2.558201
FKP 0.854908
GBP 0.867886
GEL 3.029251
GGP 0.854908
GHS 12.938973
GIP 0.854908
GMD 83.604714
GNF 10052.650185
GTQ 8.734279
GYD 239.694722
HKD 8.975829
HNL 30.575632
HRK 7.534073
HTG 149.648846
HUF 344.326519
IDR 20327.027865
ILS 3.367281
IMP 0.854908
INR 108.01031
IQD 1500.31025
IRR 1574753.124934
ISK 142.392076
JEP 0.854908
JMD 181.226578
JOD 0.812022
JPY 183.545206
KES 148.336222
KGS 100.154026
KHR 4595.407995
KMF 486.741659
KPW 1030.747901
KRW 1731.501185
KWD 0.352857
KYD 0.95493
KZT 558.802625
LAK 25230.408025
LBP 102559.376312
LKR 383.87998
LRD 208.611647
LSL 18.547566
LTL 3.381699
LVL 0.692766
LYD 7.301151
MAD 10.588087
MDL 19.995612
MGA 4810.154941
MKD 60.798799
MMK 2405.015416
MNT 4099.376896
MOP 9.24517
MRU 45.902674
MUR 53.977086
MVR 17.706231
MWK 1988.197695
MXN 19.881699
MYR 4.655319
MZN 73.185483
NAD 18.55565
NGN 1556.565759
NIO 41.928632
NOK 11.163774
NPR 173.275391
NZD 1.99251
OMR 0.440356
PAB 1.145877
PEN 3.908263
PGK 5.025181
PHP 69.143698
PKR 318.727956
PLN 4.177585
PYG 6992.494033
QAR 4.169376
RON 5.161796
RSD 115.754152
RUB 83.572488
RWF 1704.1692
SAR 4.296951
SBD 9.232547
SCR 16.165698
SDG 687.736863
SEK 10.992475
SGD 1.468277
SHP 0.855063
SLE 28.34589
SLL 24015.848309
SOS 654.533283
SRD 42.755436
STD 23704.880199
STN 24.508885
SVC 10.026016
SYP 126.589648
SZL 18.549882
THB 37.26095
TJS 10.622157
TMT 4.019915
TND 3.334755
TOP 2.757548
TRY 53.183565
TTD 7.783911
TWD 36.143164
TZS 3006.350277
UAH 51.3185
UGX 4239.310523
USD 1.145275
UYU 46.261776
UZS 13749.026212
VES 682.625584
VND 30150.50965
VUV 136.275014
WST 3.137769
XAF 647.301074
XAG 0.017743
XAU 0.000274
XCD 3.095164
XCG 2.065166
XDR 0.805927
XOF 647.08058
XPF 119.331742
YER 273.291276
ZAR 18.855619
ZMK 10308.844751
ZMW 20.253168
ZWL 368.778083
  • AEX

    -1.3000

    1081.41

    -0.12%

  • BEL20

    -54.7500

    5648.88

    -0.96%

  • PX1

    37.1000

    8467.98

    +0.44%

  • ISEQ

    48.0800

    13786.23

    +0.35%

  • OSEBX

    -24.4000

    1927.39

    -1.25%

  • PSI20

    -50.0000

    9040.4

    -0.55%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -88.3500

    4200.66

    -2.06%

  • N150

    -44.0500

    4232.51

    -1.03%

En Colombie, le volcan interdit et ses anges gardiens indigènes
En Colombie, le volcan interdit et ses anges gardiens indigènes / Photo: JOAQUIN SARMIENTO - AFP

En Colombie, le volcan interdit et ses anges gardiens indigènes

Emeraude, perroquet, olive, jusqu'au turquoise... Dans les montagnes andines du sud-ouest de la Colombie, le cratère d'un volcan abrite une "lagune" enchanteresse aux cinquante nuances de vert, trésor naturel un moment menacé par le tourisme de masse sur lequel veille désormais une communauté indigène.

Taille du texte:

L'ascension du volcan Azufral, qui culmine à 4.070 mètres dans le département du Narino, non loin du Pacifique, n'est pas simple affaire de trekking et de condition physique.

"Les ancêtres de la lagune n'aiment pas être dérangés (...) Il faut d'abord demander la permission à la nature", conte Jorge Arevalo, 41 ans.

Ce matin-là, ils sont une poignée, dont Jorge, membres de la "garde indigène" de la réserve, à accompagner une équipe de l'AFP pour cette visite exceptionnelle jusqu'au cratère.

Depuis sa fermeture au public par les indigènes autochtones Pastos, on ne monte à la "lagune verte", en fait des lacs de montagne, qu'avec l'autorisation expresse du gouverneur indigène local.

- Trésor caché -

Site comparable aux lacs bleus à la beauté légendaire de Band-e Amir en Afghanistan, la "lagune verte" est longtemps restée "l'un des secrets les mieux gardés" de Colombie, selon la presse, qui en parlait encore en 2011 comme d'un "trésor" caché.

Modernité -et tourisme- oblige, le trésor naturel n'est plus resté caché bien longtemps, et de plus en plus de visiteurs ont alors commencé à gravir les pentes herbeuses du volcan.

Saccagés par ce tourisme incontrôlé, l'accès au lac et aux 7.503 hectares de parc ont été décrétés fermés du jour au lendemain en septembre 2017 par les autorités indigènes, propriétaire de ces terres. Une décision finalement avalisée en 2018 par l'exécutif local.

"Il y avait des détritus partout", se souvient Jorge avec dégoût. "Des gens montaient jusqu'au cratère en moto. Un maire du coin a même tenté d'amener un bulldozer pour aménager une route!"

"Les dommages sur cet écosystème unique" assurant l'approvisionnement en eau de toutes les localités aux alentours "étaient terribles".

"Il y avait jusqu'à 1.500 personnes par jour, c'était très invasif", regrette Diego Fernando Bolaños, de la direction du tourisme du Narino. "La lagune verte est un joyau. Malheureusement il n'y a pas eu une bonne gestion du site", reconnaît le fonctionnaire.

- Chasser les intrus -

"En sept ans de fermeture, les dommages ont été réparés", se félicite Jorge. Les volontaires de la garde indigène patrouillent régulièrement pour repérer et chasser les intrus.

"Je ne savais pas que c'était interdit", s'étonne avec de gros yeux ronds Inga, Néerlandaise quadragénaire, montée la veille en solo et qui a bivouaqué à l'entrée du parc. "Là-haut c'est magnifique. Ils ont eu raison de fermer".

Avant l'ascension, les cinq membres de la garde indigène organisent un rituel en présence de leur taïta (chaman), Florentino Chasoy, pour louer le "cycle de la vie".

"Sans nos Dieux, sans la nature, l'eau, les montagnes... nous ne sommes rien", rappelle le chaman. Chacun demande "l'autorisation de monter" au sommet et "de contempler la beauté" du lac. S'excuse par avance du "dérangement" qu'il va causer "aux plantes, aux animaux", ou d'avoir à "perturber le silence" de ce "lieu sacré" pour les indigènes Pastos.

Une oraison à la "Pacha Mama", une prière à la Vierge Marie, un "nettoyage spirituel" à coups de parfum... et en route vers le sommet!

Après une ascension de près de deux heures, ce sont en fait trois lacs qui s'offrent au visiteur, au fond d'un cratère de 3 km de large.

La "laguna verde" tient toutes ses promesses, illuminant le regard au gré des rayons du soleil. Un autre étang stagne au pied d'une montagnette jaunâtre d'où s'échappent des fumerolles et une âcre odeur de soufre. Et plus loin, la "lagune noire" aux eaux sombres, réputée "ensorceler" ceux qui s'y attarderaient un peu trop, selon les guides.

On s'approche de l'eau sulfureuse. "Il ne faut pas s'y baigner", met en garde Jorge. Au début des années 2000, "deux plongeurs y ont trouvé la mort, leurs corps n'ont jamais été retrouvés". Ils voulaient explorer le fonds pour y récupérer l'or supposément jeté là en offrande pendant des siècles par les indigènes.

- "Merveilleux héritage" -

"Il ne faut pas déranger les ancêtres", répète-t-il, son traditionnel bâton à la main, protégé du froid par sa "ruana" (poncho) en laine de brebis. "Cette lagune est un héritage de nos anciens, c'est une merveille".

A l'initiative de l'UE, Jorge devrait être invité à la COP16 sur la biodiversité fin octobre à Cali pour y raconter l'expérience du volcan Azufral. "Le travail de protection et de récupération de la Laguna verde par la communauté indigène Pasto exprime très bien la connexion entre action locale et changement climatique", commente à l'AFP l'ambassadeur de l'UE en Colombie, Gilles Bertrand.

"Les Pastos protègent un site sacré essentiel pour leur culture, mais aussi un écosystème de haute montagne indispensable pour la conservation de l'eau et le cycle des saisons de l'Amazonie, duquel dépend l'équilibre climatique de l'Europe et du monde", souligne M. Bertrand, qui lui-même a pu visiter la lagune en août.

Que faire maintenant? Tout le monde semble d'accord pour ne pas revenir à la situation d'avant, y compris le département, dont certains fonctionnaires -comme guides ou à la tête de tours opérateur- étaient eux-mêmes partie prenante de l'invasion touristique.

Des indigènes voient dans ce lieu emblématique une source inespérée de revenus, alors que la communauté vit modestement de la culture des pommes de terre et du lait.

Il faudrait "rouvrir progressivement" avec des accès payants, sur un modèle plus "durable", plaide M. Bolaños.

"Nous ne nous opposons pas à ce que des gens visitent le site, nous nous opposons à un tourisme incontrôlé", insiste pour sa part Jorge. "Personne ne faisait rien", martèle-t-il, "nous sommes les seuls à avoir agi contre cette folie".

A.Slezak--TPP