The Prague Post - Turquie: la guérison par l'art pour des rescapés du séisme

EUR -
AED 4.240296
AFN 75.617217
ALL 93.083152
AMD 422.302209
AOA 1058.645575
ARS 1729.82264
AUD 1.636276
AWG 2.078039
AZN 1.961476
BAM 1.954413
BBD 2.32575
BDT 142.678771
BHD 0.435487
BIF 3446.080757
BMD 1.154466
BND 1.477652
BOB 13.74131
BRL 5.89933
BSD 1.154681
BTN 109.988964
BWP 15.555829
BYN 3.432964
BYR 22627.53194
BZD 2.322352
CAD 1.609498
CDF 2621.228725
CHF 0.935352
CLF 0.026854
CLP 1056.88987
CNY 7.78987
CNH 7.78812
COP 3629.652382
CRC 524.223527
CUC 1.154466
CUP 30.593347
CVE 110.1873
CZK 24.260065
DJF 205.171643
DKK 7.476396
DOP 67.321653
DZD 153.506715
EGP 57.580253
ERN 17.316989
ETB 186.71441
FJD 2.553104
FKP 0.856327
GBP 0.854709
GEL 3.013466
GGP 0.856327
GHS 13.556499
GIP 0.856327
GMD 84.85355
GNF 10140.805176
GTQ 8.810825
GYD 241.830518
HKD 9.057166
HNL 30.951772
HRK 7.535892
HTG 150.982879
HUF 364.429679
IDR 20546.029894
ILS 3.461262
IMP 0.856327
INR 110.141647
IQD 1512.720185
IRR 1587073.155424
ISK 142.219135
JEP 0.856327
JMD 183.378306
JOD 0.818511
JPY 183.836609
KES 149.364912
KGS 100.958468
KHR 4681.678385
KMF 491.802117
KRW 1637.07876
KWD 0.356776
KYD 0.962313
KZT 538.345716
LAK 26078.38464
LBP 103405.03492
LKR 387.003748
LRD 208.422126
LSL 18.683944
LTL 3.408838
LVL 0.698325
LYD 7.358779
MAD 10.768107
MDL 20.068761
MGA 4945.448405
MKD 61.481646
MMK 2423.85844
MNT 4149.443164
MOP 9.331339
MRU 46.314739
MUR 54.259932
MVR 17.836749
MWK 2002.262067
MXN 19.80088
MYR 4.722574
MZN 73.776201
NAD 18.683863
NGN 1572.244127
NIO 42.489854
NOK 11.009397
NPR 175.980619
NZD 1.962043
OMR 0.443887
PAB 1.154686
PEN 3.900466
PGK 5.105334
PHP 70.301166
PKR 320.575877
PLN 4.302753
PYG 6873.123572
QAR 4.209432
RON 5.24428
RSD 117.416144
RUB 95.240463
RWF 1696.281808
SAR 4.323309
SBD 9.311572
SCR 16.03279
SDG 693.25397
SEK 10.962345
SGD 1.476674
SLE 28.399402
SOS 659.926071
SRD 43.581663
STD 23895.113589
STN 24.482418
SVC 10.103788
SZL 18.680584
THB 38.08578
TJS 10.663788
TMT 4.052175
TND 3.384913
TRY 55.039387
TTD 7.832409
TWD 37.240735
TZS 3059.332332
UAH 51.797302
UGX 4300.985739
USD 1.154466
UYU 46.517399
UZS 13778.164824
VES 872.501933
VND 30195.056014
VUV 137.804454
WST 3.155983
XAF 655.48626
XAG 0.017552
XAU 0.000263
XCD 3.120002
XCG 2.081114
XDR 0.815215
XOF 655.491933
XPF 119.331742
YER 275.22238
ZAR 18.690918
ZMK 10391.512984
ZMW 21.598676
ZWL 371.737554
  • AEX

    1.8900

    1113.35

    +0.17%

  • BEL20

    -9.8200

    5767.78

    -0.17%

  • PX1

    11.3300

    8726.03

    +0.13%

  • ISEQ

    -40.0900

    14278.65

    -0.28%

  • OSEBX

    14.5900

    2040.52

    +0.72%

  • PSI20

    -25.7100

    9155

    -0.28%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -4.8300

    4388.06

    -0.11%

  • N150

    -13.4200

    4315.65

    -0.31%

Turquie: la guérison par l'art pour des rescapés du séisme
Turquie: la guérison par l'art pour des rescapés du séisme / Photo: Ozan KOSE - AFP

Turquie: la guérison par l'art pour des rescapés du séisme

Au premier regard, l'image est heureuse: des centaines de visages souriants découpés dans les journaux et enserrés dans un cadre. Mais les photos sont les fantômes de victimes du séisme de 2023 qui a fait 53.500 morts dans le sud-est de la Turquie.

Taille du texte:

Ce montage est l'œuvre d'une artiste d'Antakya, la vieille Antioche meurtrie par la terrible secousse de 7,8 qui a endeuillé le pays à l'aube du 6 février.

"Les traces de ces gens dans des cadres, avec tout ce vide et ce désespoir autour (...) c'est la tristesse et le bonheur mêlés de ceux qui essaient de conserver ces souvenirs à jamais", confie Emel Genc à l'AFP.

Aucun autre lieu n'a été plus touché qu'Antakya: 90% des bâtiments y ont été détruits et plus de 20.000 personnes ont trouvé la mort dans la ville et sa province, Hatay.

"Nous avons perdu une ville entière", rappelle Mme Genc qui collecte les objets personnels dans les ruines - vieilles photos, bibelots, fragments de béton - pour exprimer à travers son art "le vide total et le désespoir d'avoir absolument tout perdu".

- "La mémoire de la ville" -

Ses œuvres sont en partie exposées au Centre d'art et de culture d'Antakya, un complexe en plein air qui a ouvert ses portes le 1er janvier et permet à plus de 70 artistes locaux d'exposer leur travail.

"Avec le tremblement de terre, de nombreux lieux culturels et sociaux ont été réduits à l'état de ruines", explique Hakan Boyaci, directeur de l'association culturelle de Hatay. "L'objectif était de créer un espace qui ramènerait en ville les artistes locaux, dont beaucoup étaient partis. Qui leur permettrait d'exposer leurs œuvres et servirait de lieu de rencontre pour la communauté".

"Les artistes sont la mémoire de la ville. On peut reconstruire des maisons et des bâtiments, mais ça ne suffit pas à remettre une ville sur pied", ajoute-t-il.

En milieu de semaine, seuls quelques visiteurs présents discutent avec les artistes qui proposent parfois un atelier.

Devant l'un d'eux, une jeune fille brandit une imitation de marbre qu'elle a réalisée devant sa famille qui la prend en photo. Tous sourient.

"Beaucoup de gens vivent encore dans des conteneurs, ils avaient besoin d'un endroit où sortir comme ici", poursuit M. Boyaci.

Une autre initiative a été lancée en septembre pour aider les restaurants d'Antakya, cité renommée pour son patrimoine culinaire inspiré par la proximité d'Alep, la deuxième ville de Syrie à deux heures de route à l'Est.

- "La main de sa fille" -

Depuis dix ans, Eser Mansuroglu, 47 ans, a réalisé des mosaïques traditionnelles, mais depuis le tremblement de terre elle reproduit les images qui l'ont profondément émue.

À l'extérieur de sa boutique trône ainsi celle d'un homme vêtu d'une veste orange, accablé dans les décombres qui écrasent sa fille de 15 ans dont il tient la main. Cette photo du photographe de l'AFP Adem Altan est devenue la représentation même du désastre et du chagrin qu'il a provoqué.

"Il n'a pas lâché la main de sa fille jusqu'au matin, même si elle était morte. Ça m'a bouleversée car j'ai aussi perdu ma mère et mon frère, je peux ressentir cette douleur", explique l'artiste.

"Après tant de morts, nous étions dans une situation épouvantable. Pendant un temps, j'ai arrêté l'art. Puis je m'y suis remise pour guérir, comme une thérapie".

"Je guéris grâce aux mosaïques".

Financé par le bureau du gouverneur d'Hatay et l'Agence de développement de la Méditerranée orientale, le centre culturel apporte "un bouffée d'air frais" aux artistes et aux habitants de la ville, estime M. Boyaci.

À l'extérieur du complexe, deux jeunes artistes réalisent une frise sur les façades en béton.

"L'art est un moyen de documenter l'histoire" fait valoir Mehmet Ercin, graffeur de 27 ans les mains gantées, rémunéré pour raconter en peinture la riche histoire de la ville.

"Mais je n'évoquerai pas le tremblement de terre parce qu'on n'a pas envie de s'en souvenir", prévient-il.

M.Jelinek--TPP