The Prague Post - Les Afro-Américains, premières victimes du fentanyl à Washington

EUR -
AED 4.249553
AFN 75.213133
ALL 96.186095
AMD 435.797137
ANG 2.071352
AOA 1061.085055
ARS 1612.158131
AUD 1.666249
AWG 2.082827
AZN 2.003128
BAM 1.961413
BBD 2.325375
BDT 141.6654
BGN 1.977886
BHD 0.436899
BIF 3437.822289
BMD 1.157126
BND 1.487023
BOB 7.97783
BRL 5.952603
BSD 1.154514
BTN 107.542752
BWP 15.839396
BYN 3.421049
BYR 22679.675822
BZD 2.321965
CAD 1.609759
CDF 2661.390701
CHF 0.923508
CLF 0.026855
CLP 1060.395255
CNY 7.96404
CNH 7.934635
COP 4261.71937
CRC 537.230414
CUC 1.157126
CUP 30.663847
CVE 110.939499
CZK 24.507262
DJF 205.644323
DKK 7.472608
DOP 70.150808
DZD 153.761626
EGP 63.006565
ERN 17.356895
ETB 181.316437
FJD 2.589301
FKP 0.874391
GBP 0.871403
GEL 3.100941
GGP 0.874391
GHS 12.740322
GIP 0.874391
GMD 85.057135
GNF 10156.680613
GTQ 8.832275
GYD 241.641499
HKD 9.066808
HNL 30.791277
HRK 7.534629
HTG 151.529043
HUF 381.295679
IDR 19753.303365
ILS 3.628441
IMP 0.874391
INR 107.489513
IQD 1515.835476
IRR 1522546.807854
ISK 144.398076
JEP 0.874391
JMD 182.020096
JOD 0.820447
JPY 184.585924
KES 150.540494
KGS 101.190926
KHR 4642.970373
KMF 494.092741
KPW 1041.416438
KRW 1732.090476
KWD 0.358363
KYD 0.962153
KZT 547.095609
LAK 25410.494318
LBP 103609.245137
LKR 364.268714
LRD 213.2003
LSL 19.514975
LTL 3.416693
LVL 0.699934
LYD 7.376645
MAD 10.850954
MDL 20.314661
MGA 4814.802931
MKD 61.695853
MMK 2430.095513
MNT 4134.772815
MOP 9.320773
MRU 46.424093
MUR 54.407734
MVR 17.877786
MWK 2009.347371
MXN 20.494963
MYR 4.662641
MZN 74.009975
NAD 19.520168
NGN 1596.985052
NIO 42.500861
NOK 11.191981
NPR 172.066167
NZD 2.022934
OMR 0.444919
PAB 1.154504
PEN 3.964604
PGK 4.983697
PHP 69.567573
PKR 322.895512
PLN 4.267441
PYG 7468.436769
QAR 4.217844
RON 5.095863
RSD 117.35691
RUB 90.833631
RWF 1690.56155
SAR 4.34485
SBD 9.309359
SCR 15.900445
SDG 695.433172
SEK 10.945692
SGD 1.484431
SHP 0.868144
SLE 28.461896
SLL 24264.37284
SOS 661.297919
SRD 43.219775
STD 23950.178542
STN 24.936072
SVC 10.101908
SYP 128.099164
SZL 19.509085
THB 37.611813
TJS 11.066168
TMT 4.049942
TND 3.377638
TOP 2.786082
TRY 51.6179
TTD 7.832516
TWD 36.934312
TZS 3008.528736
UAH 50.564261
UGX 4331.395037
USD 1.157126
UYU 46.753794
UZS 14088.012279
VES 547.86136
VND 30476.392949
VUV 137.981466
WST 3.200947
XAF 657.83382
XAG 0.01587
XAU 0.000247
XCD 3.127192
XCG 2.080754
XDR 0.817224
XOF 657.827342
XPF 119.331742
YER 276.092912
ZAR 19.435791
ZMK 10415.524495
ZMW 22.31104
ZWL 372.594202
  • AEX

    5.2700

    981.17

    +0.54%

  • BEL20

    21.9100

    5238.49

    +0.42%

  • PX1

    55.7400

    8018.03

    +0.7%

  • ISEQ

    123.9100

    12271.83

    +1.02%

  • OSEBX

    35.5200

    2088.49

    +1.73%

  • PSI20

    97.4500

    9467.36

    +1.04%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -5.3900

    3848.16

    -0.14%

  • N150

    50.4700

    3993.49

    +1.28%

Les Afro-Américains, premières victimes du fentanyl à Washington
Les Afro-Américains, premières victimes du fentanyl à Washington / Photo: Agnes BUN - AFP Photo

Les Afro-Américains, premières victimes du fentanyl à Washington

Lorando Duncan porte des T-shirt à manches longues, car ses bras portent des stigmates qu'il n'aime pas montrer. Ceux de la drogue qu'il s'injecte dans les veines depuis des décennies.

Taille du texte:

A 65 ans, cet Afro-Américain né à Washington a consommé de l'héroïne quasiment toute sa vie d'adulte. Mais l'arrivée du fentanyl, un opiacé de synthèse ultra-puissant et addictif, a tout changé.

"Le fentanyl a tué beaucoup de mes amis", raconte-t-il à l'AFP sous une image de la vice-présidente noire Kamala Harris qu'il a accrochée dans son appartement d'Anacostia, l'un des quartiers les plus pauvres de la capitale américaine. "Presque toutes les deux semaines, j'entends parler de quelqu'un que je connais qui a fait une overdose de fentanyl."

Aujourd'hui, cet homme maigre aux cheveux blanchissants redoute d'être le prochain. "Il faut que j'arrête, parce qu'au bout du compte je vais finir par me tuer. Et je le sais".

A partir de 2014, cette drogue vendue en poudre a peu à peu inondé le marché, du fait de son faible coût de fabrication ne nécessitant pas de cultures mais un simple laboratoire.

En 2021, la ville a connu 426 overdoses fatales par opiacés, soit cinq fois plus qu'en 2014 --et bien plus que les morts par armes à feu. Cette année-là, 95% de ces décès étaient liés au fentanyl, et 85% étaient des personnes noires. Comme Lorando, la majorité avaient entre 50 et 69 ans.

Les consommateurs réguliers d'héroïne se sont retrouvés en première ligne de cet "empoisonnement" de l'approvisionnement, comme le qualifient les experts.

"Un jour, j'ai acheté de la drogue à un type que je connaissais, sans savoir que c'était du fentanyl et j'ai perdu connaissance", raconte Lorando, ancien prisonnier vivant aujourd'hui d'allocations pour personnes handicapées. "Quand je suis tombé, il faisait jour et quand je me suis réveillé, il faisait nuit. Dieu m'a réveillé cette fois-là."

Tombé sur une hanche, il marche désormais avec une canne.

Et n'a d'autre choix que de consommer le fentanyl vendu, parfois jusqu'à trois fois par jour, pour se sentir "normal" et ne pas expérimenter de manque le rendant malade, jusqu'à vomir.

Aujourd'hui, "tout le monde utilise du fentanyl pour couper la drogue, la rendre puissante", explique-t-il. Le problème est que "vous ne savez jamais sur quoi vous allez tomber. C'est comme jouer à la roulette russe."

- Cartons de Narcan -

A Washington, longtemps surnommée "Chocolate city" du fait de sa large population afro-américaine, les personnes noires mouraient déjà deux fois plus d'overdoses que les blanches en 2010, selon une étude. En 2019, c'était dix fois plus. Pour les deux périodes, cette disparité était plus élevée que dans tous les Etats du pays.

Quelques associations de terrain tentent tant bien que mal de combattre les ravages du fentanyl. Tyrone Pinkney, 33 ans, travaille depuis dix ans pour l'une d'elles, Family and Medical Counseling Service.

Il sillonne la ville, surtout les quartiers "chauds", à bord d'un camping-car. Au sol, une caisse contenant des seringues sales, récupérées auprès des visiteurs pour leur en fournir des propres. Et sur les banquettes, des cartons de Narcan, le nom de marque de la naloxone, un antidote capable de bloquer l'effet des opiacés --et ainsi sauver une personne en train de faire une overdose.

Tablette à la main, Tyrone Pinkney interroge les quelques dizaines de personnes se présentant chaque jour, vérifiant par exemple si elles ont été testées pour le virus du sida.

Ces distributions "ne les empêchent pas de faire ce qu'ils font mais au moins ils peuvent le faire en sécurité", explique cet imposant gaillard.

- "Situation d'urgence" -

L'association a aidé plus de 2.500 personnes en 2021 et a distribué plus 200.000 seringues, selon Mark Robinson, coordinateur régional.

"Il s'agit d'une situation d'urgence", témoigne-t-il auprès de l'AFP. "Une épidémie d'opiacés", qui s'ajoute "à une situation d'urgence médicale qui pré-existait déjà chez les personnes de couleur" et à la pandémie de Covid-19, ayant encore davantage isolé les populations fragiles.

Pour beaucoup, les démarches nécessaires pour accéder aux traitements (comme la méthadone ou la buprénorphine, des opiacés jouant le rôle de substituts), restent trop complexes. Et il est souvent plus facile d'obtenir de la drogue, que de l'aide.

"Nous avons vraiment travaillé sur les questions d'accès", a assuré à l'AFP Barbara Bazron, chargée de cette crise à la mairie de Washington. Plus besoin de passer par un centre de répartition pour ces prescriptions, explique-t-elle.

Les 70 entités agréées peuvent directement accueillir de nouveaux patients. Plus de 5.000 personnes sont actuellement inscrites à ces programmes de soins.

La mairie a aussi mis l'accent sur la distribution gratuite de naloxone (56.000 kits en 2021) et de tests permettant de détecter si la drogue achetée contient du fentanyl.

Quid d'une salle d'injection, comme récemment mise en place à New York, pour consommer en lieu sûr? Selon Barbara Bazron, la question est à l'étude: "Rien n'est écarté".

S.Janousek--TPP