AEX
9.6800
Les quarante personnes, dont vingt mineurs, décédées dans l'incendie d'un bar en Suisse la nuit du nouvel an ont été identifiées, a annoncé la police dimanche après une journée d'hommages dans la station endeuillée de Crans-Montana.
Dimanche soir, les autorités sont parvenues à donner un nom à chaque défunt. Il s'agit de 21 Suisses, d'une Franco-Suisse et de 18 étrangers de 14 à 39 ans, mineurs pour la moitié d'entre eux, a annoncé la police cantonale du Valais.
Parmi les étrangers figurent huit Français (dont une tri-nationale franco-israélo-britannique), six Italiens (dont un italo-émirati), une Belge, une Portugaise, un Roumain et un Turc.
Reste à ce jour à identifier six des 119 blessés, dont les autorités cantonales ne sont pas encore parvenu à établir l'identité.
Dans le froid ensoleillé de Crans-Montana dimanche, des centaines de personnes ont assisté à une messe à l'extérieur de la chapelle Saint-Christophe de Crans bondée.
La foule s'est ensuite dirigée en silence vers la chapelle ardente à proximité du lieu du drame, où des milliers de fleurs et des centaines de bougies ont été déposées.
Des femmes, bouquets de fleurs à la main, essuyaient leurs larmes. Une vague d'applaudissements a jailli de l'arrière du cortège et la foule s'est écartée au passage des secouristes, souvent bouleversés.
L'assemblée a entonné le morceau "Hallelujah" de Leonard Cohen.
- Les "fontaines" en cause -
Selon les autorités fédérales suisses, trente-cinq patients grands brûlés ont été transférés dans des hôpitaux en France, en Belgique, en Allemagne et en Italie.
En Suisse, les autorités ont ouvert une enquête pénale contre le couple de Français propriétaires du bar, Jacques et Jessica Moretti, pour "homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d'incendie par négligence".
"Il n'a pas été ordonné de mesures de contrainte", comme la détention provisoire ou l'assignation à résidence, car "il n'y a aucun soupçon" qu'ils veuillent prendre "la fuite", ont indiqué la police et le ministère public du canton du Valais dans un communiqué dimanche soir.
Ils indiquent que l'enquête se poursuit "afin de déterminer d'éventuelles autres responsabilités pénales et les circonstances exactes de cet incendie".
"En l'état des investigations, le départ du feu est lié à l'usage de +fontaines+. Il s'agit de corps non métallique contenant une composition pyrotechnique produisant des étincelles et des flammes", soulignent-ils également.
Ces éléments, fixés sur des bouteilles de champagne, ont enflammé le plafond du sous-sol du bar, selon des témoignages et vidéos. "Les premiers témoignages recueillis font mention d'un feu qui s'est propagé rapidement, générant beaucoup de fumée et une grande vague de chaleur", indique le communiqué.
La suite de l'enquête portera, notamment, "sur la conformité des travaux réalisés par les gérants, les matériaux utilisés, les voies de secours, les moyens d'extinction ainsi que sur le respect des normes en matière d'incendie", ont résumé les autorités valaisannes dimanche. Elle examinera en particulier la pose au plafond d'une mousse, un matériau insonorisant.
La commune, elle, a annoncé s'être portée partie civile pour "apporter activement sa contribution à l’établissement complet des faits".
- Nouveaux hommages vendredi -
Les vidéos tournées le soir du drame montrent des jeunes qui tentent désespérément de sortir du bar, d'une capacité maximale de 300 personnes, et beaucoup de témoins ont décrit des scènes épouvantables.
"Nous sommes ici pour dire que face à l'indicible, face à la brutalité de la mort et à la souffrance nous ne voulons pas détourner le regard. Nous sommes ici pour dire notre compassion, notre proximité", a soutenu dimanche le pasteur Gilles Cavin, représentant l'Eglise évangélique réformée de Suisse, pendant la messe en hommage aux victimes.
De nouveaux hommages doivent être rendus vendredi prochain, le 9 janvier, décrété jour de deuil national en Suisse.
F.Vit--TPP