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Les libérations de détenus politiques se poursuivent lentement au Venezuela où le gouvernement a annoncé 116 nouvelles levées d'écrous lundi, alors que les familles s'impatientent depuis la promesse de remises en liberté faite par les autorités sous la pression américaine après la capture du président Nicolas Maduro.
Dimanche, le président américain Donald Trump s'est dit ouvert à une entrevue avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, estimant que son administration travaillait "vraiment bien" avec Caracas. A la question de savoir s'il prévoyait de la rencontrer, Donald Trump a répondu aux journalistes: "A un moment donné, je le ferai", à bord de son avion Air Force One.
Mme Rodriguez négocie sur plusieurs fronts avec Washington, qui souhaite profiter des immenses réserves de pétrole vénézuéliennes. Son gouvernement a décidé d'entamer "un processus exploratoire" en vue de rétablir les relations diplomatiques avec les Etats-Unis, rompues depuis 2019, tout en répétant qu'il n'est pas "soumis" à Washington
Malgré les affirmations vénézuéliennes, selon lesquelles il s'agit d'un processus décidé en amont, les libérations de prisonniers politiques semblent faire partie des concessions accordées à Donald Trump.
Quelque "116 nouvelles libérations ont été effectuées au cours des dernières heures", a annoncé lundi le ministère du Service pénitentiaire, dans un communiqué. "Ces mesures ont bénéficié à des personnes privées de liberté pour des faits liés à la perturbation de l'ordre constitutionnel et à l'atteinte à la stabilité de la Nation", ajoute-t-il.
Ces libérations "s'inscrivent dans le cadre de la révision intégrale des dossiers, initiée volontairement par le président constitutionnel Nicolas Maduro Moros. Ce processus s'est poursuivi sous la direction de la présidente par intérim Delcy Rodriguez, dans le cadre d'une politique axée sur la justice, le dialogue et la préservation de la paix", explique le ministère.
L'ONG Foro Penal, qui s'occupe des détenus politiques, n'a quant à elle recensé que 24 nouvelles libérations, dont deux Italiens. Une cinquantaine de personnes ont été libérées au total depuis jeudi selon un décompte de l'AFP réalisé à partir des chiffres des ONG et de l'opposition.
Le gouvernement précise que les révisions de dossiers se poursuivent.
La Première ministre italienne Giorgia Meloni a "accueilli avec joie et satisfaction la libération de nos compatriotes Alberto Trentini et Mario Burlò" sur X, saluant "la collaboration constructive" des autorités vénézuéliennes.
Des groupes de défense des droits humains estiment qu'il y a entre 800 et 1.200 prisonniers pour des raisons politiques au Venezuela.
- "Quatre jours à souffrir" -
La libération de prisonniers a été promise le 8 janvier, sous la pression du président américain Donald Trump, qui affirme être "aux commandes" du pays après l'opération qui a conduit à la capture de Nicolas Maduro le 3.
Une quarantaine de proches campaient toujours lundi devant la prison de Rodeo 1, à une trentaine de kilomètres de Caracas. Des restes de bougies sont visibles sur le trottoir près de la porte de la prison.
Malgré l'annonce de la libération de 15 détenus de cette prison par Foro Penal, des familles n'ont pas pu les voir, ceux-ci ayant été transférés, par une autre sortie, vers des destinations à Caracas.
"Ce que nous racontent d’autres familles, c’est qu’on les emmène dans un endroit près d’El Rodeo, on leur demande d’enlever l’uniforme, on leur donne des vêtements civils et on va jusqu’à leur mettre du parfum", explique Daniela Camacho, dont l’époux, José Daniel Mendoza, est détenu.
Le père de Jose Daniel, Manuel Mendoza, venu de l'Etat de Yaracuy, à 6 heures de route, s'impatiente: "s’ils (le pouvoir; ndlr) ont fait le pas de proposer la libération de tous les prisonniers politiques, nous demandons seulement qu’ils tiennent parole. Cela fait déjà quatre jours à la belle étoile, à souffrir".
A Rome, le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado. Cette audience - qui n'avait pas été annoncée - intervient peu avant le déplacement de l'opposante à Washington cette semaine, où elle doit rencontrer M. Trump.
Ce dernier avait estimé que Maria Corina Machado, qui avait quitté clandestinement le Venezuela en décembre, n'était pas qualifiée pour prendre les commandes du pays.
Vendredi, lors d'un discours devant le corps diplomatique, le pape américain avait de nouveau appelé "à respecter la volonté du peuple vénézuélien et à s'engager en faveur de la protection des droits humains et civils de chacun".
N.Kratochvil--TPP