The Prague Post - En Iran, stocks d'eau, ruée sur les économies et bonbons pour rassurer les enfants

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En Iran, stocks d'eau, ruée sur les économies et bonbons pour rassurer les enfants
En Iran, stocks d'eau, ruée sur les économies et bonbons pour rassurer les enfants / Photo: - - AFP

En Iran, stocks d'eau, ruée sur les économies et bonbons pour rassurer les enfants

L'AFP a pu s'entretenir avec plusieurs personnes en Iran qui rapportent les difficultés de la vie quotidienne depuis le début de la guerre. Voici une sélection de leurs témoignages recueillis par messages reçus à l'étranger ou aux frontières.

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Pour des raisons de sécurité, l'AFP ne divulgue pas d'informations sur leur identité.

"Mon garçon n'a aucune notion de la guerre"

- Homme de 37 ans à Boukan (nord-ouest):

"Les lieux emblématiques de la ville, tels que la place principale et l'avenue centrale, ont été endommagés par des frappes de missiles. Le seul cinéma de la ville est désormais en ruines. De nombreux commerces ont également été touchés.

J'ai un petit garçon de six ans qui n'a aucune notion de la guerre. Tout ce qu'il nous demande, ce sont des vêtements neufs, des bonbons et des gâteaux traditionnels pour Norouz (le Nouvel An, célébré le 21 mars).

Depuis le début de la guerre, nous lui avons fait croire qu'il s'agissait d'un jeu, d'une sorte de 'Coupe du monde de lancement de missiles' entre l'Iran, les États-Unis et d'autres pays. À chaque fois, il nous répond que, dans cette compétition, il soutient l'Iran".

"A 18H, tout s'arrête"

- Femme de 30 ans à Kermanshah (est):

"Les banques et les administrations ne sont ouvertes qu'environ deux jours par semaine. 90% des entreprises sont fermées. Après 18 heures, tout s'arrête.

Les gens essaient désespérément de retirer leurs économies des banques, car la confiance en celles-ci a disparu.

Le pain est désormais rationné. La population est extrêmement tendue et révoltée.

Un produit qui pourrait sembler anodin est devenu introuvable: le ruban adhésif. Car nous l'apposons sur les vitres pour éviter qu'elles n'explosent sous l'effet des déflagrations.

La nuit, les forces armées du régime crient "Allah Akbar" ("Dieu est le plus grand") jusque tard dans la nuit dans les quartiers résidentiels, pour tenter d'intimider la population.

Un autre gros problème est l'afflux massif d'habitants de Téhéran vers d'autres villes, dont la nôtre. Cela rend l'accès aux biens et aux services encore plus difficile. Presque chaque famille ici héberge au moins une famille venue de Téhéran".

"On se protège dans les parcs"

- Homme dans le nord:

"L'état psychologique des gens est très mauvais parce qu'ils ne pensaient pas qu'il y aurait une guerre. Beaucoup sont terrifiés. Ils tentent de se rassurer mutuellement en disant que seuls les sites militaires sont visés et que la population n'est pas touchée. C'est ainsi qu'ils essaient de se remonter le moral. Mais en réalité, des gens ordinaires sont eux aussi pris pour cible.

Il y a de petits parcs dans chaque quartier, et nous nous y rassemblons pour nous protéger. Comme les secousses sont très fortes, il est plus sûr d'être dans un parc que dans une maison.

Nous avons tout ce qu'il faut de prêt au cas où nous devrions fuir. Nous avons tout rassemblé dans un coin d'une pièce.

Nous avons stocké dix barils d'eau, un peu de carburant et de la nourriture comme du riz et des produits de base.

Les gens essaient d'acheter des chocolats et des snacks à leurs enfants. Ils essaient de les rassurer, mais les enfants savent et comprennent tout. Ils parlent des bombes. Même quand les adultes leur mentent au sujet des explosions, ça ne marche pas".

Les employeurs "ne payaient plus"

- Ouvrier afghan de 24 ans à Téhéran rentré dans son pays:

"J'ai vu une bombe tomber sur une base militaire. Elle a détruit la base et brisé les vitres de l'usine. Mais l'électricité et le gaz fonctionnaient, les banques étaient ouvertes. Internet ne marchait pas, mais les lignes fixes fonctionnaient. Le marché ouvrait pendant une heure ou deux, les gens achetaient ce dont ils avaient besoin et repartaient rapidement. Tous les Afghans partaient, même ceux à qui il restait quatre ou cinq mois de validité sur leur passeport, parce qu'il n'y avait plus de travail. Ils (les employeurs iraniens) ne payaient plus".

- Travailleur afghan de 48 ans à Téhéran rentré dans son pays:

"L'entreprise pour laquelle je travaillais comptait environ 60 employés iraniens et afghans, mais même pas 10 d'entre eux venaient travailler.

Les Iraniens n'ont pas été confrontés à la guerre comme les Afghans. C'est pour ça qu'ils devenaient très nerveux dès qu'ils voyaient un missile ou un avion de chasse. Pour nous, c'était moins difficile car on a l'habitude".

C.Sramek--TPP