The Prague Post - Les pêcheurs philippins, premières victimes des ambitions de Pékin en mer de Chine méridionale

EUR -
AED 4.232967
AFN 75.479359
ALL 93.095382
AMD 422.092766
AOA 1057.968242
ARS 1728.428661
AUD 1.638336
AWG 2.074448
AZN 1.961602
BAM 1.952566
BBD 2.320646
BDT 142.623742
BHD 0.434608
BIF 3445.888043
BMD 1.152471
BND 1.477446
BOB 13.935975
BRL 5.897421
BSD 1.152186
BTN 109.652359
BWP 15.583119
BYN 3.411334
BYR 22588.429982
BZD 2.317251
CAD 1.615251
CDF 2604.584378
CHF 0.936272
CLF 0.026727
CLP 1055.271199
CNY 7.778084
CNH 7.777151
COP 3641.324061
CRC 524.099988
CUC 1.152471
CUP 30.540479
CVE 110.809379
CZK 24.24407
DJF 204.817306
DKK 7.476217
DOP 67.193733
DZD 153.365094
EGP 57.264782
ERN 17.287064
ETB 185.968128
FJD 2.552089
FKP 0.856077
GBP 0.85641
GEL 3.013725
GGP 0.856077
GHS 13.524239
GIP 0.856077
GMD 85.282572
GNF 10118.69464
GTQ 8.791437
GYD 241.048608
HKD 9.04099
HNL 30.88171
HRK 7.536585
HTG 150.649793
HUF 364.625083
IDR 20648.821428
ILS 3.46629
IMP 0.856077
INR 109.809273
IQD 1509.393123
IRR 1584474.640687
ISK 142.41109
JEP 0.856077
JMD 182.637459
JOD 0.81708
JPY 182.544457
KES 149.083075
KGS 100.783234
KHR 4675.235131
KMF 492.105126
KRW 1640.600173
KWD 0.356874
KYD 0.960205
KZT 539.927945
LAK 26033.64904
LBP 103179.229954
LKR 387.028882
LRD 207.974585
LSL 18.793369
LTL 3.402947
LVL 0.697118
LYD 7.344833
MAD 10.750192
MDL 20.047704
MGA 4953.772522
MKD 61.427977
MMK 2419.54797
MNT 4144.10128
MOP 9.310037
MRU 46.191483
MUR 54.096679
MVR 17.805023
MWK 1997.873162
MXN 19.839187
MYR 4.713377
MZN 73.654852
NAD 18.793287
NGN 1570.218621
NIO 42.399764
NOK 10.999988
NPR 175.441856
NZD 1.96294
OMR 0.443115
PAB 1.152181
PEN 3.894648
PGK 5.090567
PHP 70.070805
PKR 319.87712
PLN 4.300443
PYG 6853.617163
QAR 4.211823
RON 5.256075
RSD 117.326118
RUB 93.901208
RWF 1692.588862
SAR 4.32768
SBD 9.298537
SCR 16.618402
SDG 692.059091
SEK 10.953862
SGD 1.478943
SLE 28.350098
SOS 658.506319
SRD 43.640038
STD 23853.821162
STN 24.459377
SVC 10.0813
SZL 18.777732
THB 38.150825
TJS 10.628901
TMT 4.033648
TND 3.379417
TRY 54.852312
TTD 7.801044
TWD 37.188047
TZS 3059.807971
UAH 51.592237
UGX 4291.87184
USD 1.152471
UYU 46.403133
UZS 13731.254005
VES 869.206532
VND 30235.07452
VUV 137.540809
WST 3.145342
XAF 654.86936
XAG 0.018742
XAU 0.000271
XCD 3.11461
XCG 2.076569
XDR 0.813514
XOF 654.872196
XPF 119.331742
YER 272.991507
ZAR 18.833743
ZMK 10373.622108
ZMW 21.920498
ZWL 371.095165
  • AEX

    1.1100

    1112.47

    +0.1%

  • BEL20

    -15.5900

    5760.2

    -0.27%

  • PX1

    30.3400

    8699.71

    +0.35%

  • ISEQ

    25.2300

    14041.35

    +0.18%

  • OSEBX

    6.6400

    2020

    +0.33%

  • PSI20

    47.7200

    9224.19

    +0.52%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    19.7900

    4322.09

    +0.46%

  • N150

    13.8000

    4325.44

    +0.32%

Les pêcheurs philippins, premières victimes des ambitions de Pékin en mer de Chine méridionale
Les pêcheurs philippins, premières victimes des ambitions de Pékin en mer de Chine méridionale / Photo: Ted ALJIBE - AFP

Les pêcheurs philippins, premières victimes des ambitions de Pékin en mer de Chine méridionale

Le pêcheur philippin Mariel Villamonte naviguait depuis des années sur les eaux turquoises du récif de Scarborough, en mer de Chine méridionale, jusqu'au jour où son bateau a été attaqué par un navire chinois.

Taille du texte:

C'était en 2012, quand la Chine a pris le contrôle de ce récif des Philippines. Depuis, le pêcheur de 31 ans n'ose plus s'y aventurer.

"Leurs navires sont en acier, les nôtres sont en bois", soupire M. Villamonte, qui se rappelle comment deux vaisseaux chinois ont pourchassé sa pirogue avant de la réduire en morceaux.

Cette zone de pêche, exploitée par des générations de pêcheurs philippins, est l'un des potentiels déclencheurs d'un conflit militaire en mer de Chine méridionale.

La Chine et Taïwan revendiquent tous deux la souveraineté de la quasi-totalité de cette mer, tandis que les Philippines, le Vietnam, la Malaisie et Brunei s'en disputent des parties.

Les échanges commerciaux qui y transitent comptent pour des milliers de milliards de dollars chaque année.

De tous les pays qui la revendiquent, la Chine s'y impose de la manière la plus forte, déployant ses garde-côtes et des centaines de vaisseaux comme un essaim autour des récifs, harcelant et attaquant les bateaux de pêche, tout en intervenant dans les explorations gazière, pétrolière ou dans les recherches scientifiques en cours.

Pékin cherche, selon les analystes, à asseoir sa suprématie et à contrôler toute activité dans ces eaux disputées, quitte à utiliser la force militaire.

"Ils s'imaginent vraiment au centre de cette région, économiquement, politiquement et militairement" jusqu'à ce que "les pays les plus faibles finissent par abandonner", explique Jay Batongbacal, directeur de l'Institut des affaires maritimes et du droit de la mer à l'Université des Philippines.

- "Rêve chinois" -

Pour revendiquer ce droit, la deuxième plus grande économie du monde invoque la "ligne en neuf traits", une vague démarcation établie à partir de cartes des années 1940.

Les Philippines ont porté plainte contre la Chine, mais une cour internationale a tranché en faveur de Manille, estimant que les revendications de Pékin n'ont "aucun fondement juridique", un jugement que la Chine a pourtant ignoré.

En une décennie de présidence Xi Jinping - qui s'apprête à obtenir un troisième mandat -, Pékin n'a cessé de renforcer sa présence dans cette mer disputée. Non pas pour ses richesses en combustibles ou en poissons, avance Gregory Poling, directeur de l'Initiative américaine pour la transparence maritime en Asie (AMTI).

Le principal objectif de Xi est, selon l'expert, de réaliser le "rêve chinois", celui de faire de la Chine un pays avancé technologiquement, puissant et prospère d'ici 2050 pour assurer sa légitimité politique.

Depuis 2013, Pékin a déchiré quelque 6.000 hectares de récifs pour créer 1.300 hectares d'îles artificielles dans l'archipel des Spratleys, relate M. Poling.

Ces îles militarisées permettent aux vaisseaux chinois de patrouiller jusqu'en Indonésie et en Malaisie.

Des actes qui non seulement détruisent les zones de reproduction de la faune marine mais contreviennent au droit international, souligne Gregory Poling.

Aux termes de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, adoptée en 1982 avec le concours de la Chine, le droit exclusif d'un pays à exploiter des ressources naturelles s'exerce à 200 milles nautiques de ses côtes.

Or les revendications de Pékin s'étendent à près d'un millier de milles.

- Comme un "voleur dans sa propre cour" -

Depuis la mainmise chinoise sur le récif de Scarborough, Mariel Villamonte se trouve privé d'une source notable de revenus, tout comme d'autres pêcheurs du village de Cato, dans la province septentrionale du Pangasinan.

Dans les années 80, ces familles avaient investi le récif de Scarborough, abri précieux pendant les tempêtes qui fournissait du poisson en abondance.

Désormais, ils ne peuvent compter que sur les "payaos", des dispositifs flottants ancrés loin du récif qui attirent le thon jaune, et dont les bateaux chinois semblent se désintéresser.

Après des décennies de surpêche des pays autour, les pêcheurs philippins se trouvent contraints de passer plus de temps en mer et de se replier sur des poissons plus petits.

Malgré les risques, ils s'aventurent parfois à Scarborough tels "des voleurs dans leur propre cour", souligne Christopher de Vera, dont des équipiers s'y sont rendus à la tombée de la nuit.

Mais ces eaux peu profondes ne regorgent plus de poissons comme jadis, regrette le pêcheur de 53 ans, blâmant les pêcheurs chinois de palourdes géantes, qui ont "décimé" le corail.

- "Pire cauchemar" -

L'assurance croissante de la Chine n'a pour l'heure pas été vraiment défiée par les pays d'Asie du Sud-est, à cause de divergences entre les alliés et les rivaux de Pékin.

Les Etats-Unis sont considérés comme le seul pays assez puissant pour défier la Chine.

Si les récents exercices militaires chinois autour de Taïwan font craindre une escalade militaire, Pékin semble pour l'instant vouloir éviter la guerre.

"Ils sont passés maîtres dans l'art d'éviter de franchir ce seuil", fait valoir John Blaxland, expert en sécurité internationale et en renseignement à l'Université nationale d'Australie.

Pour M. Poling, la mer pourrait bientôt se transformer en "lac chinois" après avoir évincé les pêcheurs, les gardes-côtes et même les compagnies de gaz et de pétrole, qui ne préfèrent pas courir le risque s'y aventurer.

Les pêcheurs sont les premiers à en payer le prix.

Autrefois, M. Villamonte gagnait environ 6.000 pesos (102 euros) par voyage, contre au mieux 2.000 (34 euros) aujourd'hui, voire rien du tout.

Pêcher, c'est tout ce que sait faire ce fils et petit-fils de pêcheur.

Son "pire cauchemar" serait de perdre l'accès au reste des eaux philippines. "Ma famille aura faim", soupire-t-il.

burs-amj/ser/nzg/chv

I.Horak--TPP