The Prague Post - De l'isolement au manque d'aide: être victime de violences conjugales à la campagne

EUR -
AED 4.231187
AFN 75.465623
ALL 93.264739
AMD 422.166717
AOA 1057.65216
ARS 1727.905463
AUD 1.640039
AWG 2.073829
AZN 1.963683
BAM 1.956109
BBD 2.324867
BDT 142.88258
BHD 0.435269
BIF 3449.795471
BMD 1.152127
BND 1.48007
BOB 13.961146
BRL 5.903154
BSD 1.154282
BTN 109.850883
BWP 15.611467
BYN 3.41754
BYR 22581.690677
BZD 2.321467
CAD 1.615317
CDF 2603.806986
CHF 0.936264
CLF 0.026724
CLP 1055.210169
CNY 7.775763
CNH 7.773194
COP 3641.136324
CRC 525.082981
CUC 1.152127
CUP 30.531367
CVE 110.279556
CZK 24.248834
DJF 205.552484
DKK 7.475686
DOP 67.260629
DZD 153.094981
EGP 57.25311
ERN 17.281906
ETB 186.307243
FJD 2.552999
FKP 0.855822
GBP 0.856474
GEL 3.01278
GGP 0.855822
GHS 13.567791
GIP 0.855822
GMD 85.257004
GNF 10136.986094
GTQ 8.807392
GYD 241.487115
HKD 9.038495
HNL 30.937889
HRK 7.53374
HTG 150.917301
HUF 365.417829
IDR 20663.399096
ILS 3.465254
IMP 0.855822
INR 109.88556
IQD 1512.132406
IRR 1584001.909458
ISK 142.401223
JEP 0.855822
JMD 182.968915
JOD 0.81682
JPY 182.476764
KES 149.050765
KGS 100.753239
KHR 4682.906821
KMF 491.958449
KRW 1636.527559
KWD 0.356756
KYD 0.961952
KZT 540.905481
LAK 26081.121706
LBP 103366.035355
LKR 387.731275
LRD 208.352023
LSL 18.827475
LTL 3.401932
LVL 0.69691
LYD 7.358163
MAD 10.769655
MDL 20.084174
MGA 4962.784289
MKD 61.534725
MMK 2418.826093
MNT 4142.864879
MOP 9.326933
MRU 46.275313
MUR 54.081038
MVR 17.811217
MWK 2001.516308
MXN 19.820025
MYR 4.714616
MZN 73.622813
NAD 18.827475
NGN 1572.27322
NIO 42.474869
NOK 10.995958
NPR 175.761776
NZD 1.964521
OMR 0.442988
PAB 1.154277
PEN 3.901717
PGK 5.099806
PHP 70.29585
PKR 320.457643
PLN 4.303828
PYG 6866.085075
QAR 4.21932
RON 5.255425
RSD 117.319946
RUB 95.630302
RWF 1695.667973
SAR 4.324335
SBD 9.295762
SCR 16.728727
SDG 691.847008
SEK 10.966931
SGD 1.477952
SLE 28.338716
SOS 659.704256
SRD 43.627022
STD 23846.704324
STN 24.503872
SVC 10.099596
SZL 18.811973
THB 38.186089
TJS 10.648237
TMT 4.038205
TND 3.385417
TRY 54.945057
TTD 7.815235
TWD 37.132483
TZS 3058.895077
UAH 51.685868
UGX 4299.660833
USD 1.152127
UYU 46.487145
UZS 13756.114236
VES 868.947202
VND 30205.891598
VUV 137.499774
WST 3.144404
XAF 656.06068
XAG 0.018516
XAU 0.000271
XCD 3.113681
XCG 2.080329
XDR 0.815929
XOF 656.06068
XPF 119.331742
YER 272.881349
ZAR 18.850298
ZMK 10370.523502
ZMW 21.960471
ZWL 370.984448
  • AEX

    1.1100

    1112.47

    +0.1%

  • BEL20

    -15.5900

    5760.2

    -0.27%

  • PX1

    30.3400

    8699.71

    +0.35%

  • ISEQ

    25.2300

    14041.35

    +0.18%

  • OSEBX

    6.6400

    2020

    +0.33%

  • PSI20

    47.7200

    9224.19

    +0.52%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    19.7900

    4322.09

    +0.46%

  • N150

    13.8000

    4325.44

    +0.32%

De l'isolement au manque d'aide: être victime de violences conjugales à la campagne
De l'isolement au manque d'aide: être victime de violences conjugales à la campagne / Photo: Thibaud MORITZ - AFP

De l'isolement au manque d'aide: être victime de violences conjugales à la campagne

Dans sa maison d'Aiguillon, commune de 4.500 habitants du Lot-et-Garonne, Marie vit désormais sans son ancien compagnon, incarcéré après plusieurs années de violences au cœur d'un milieu rural où "être isolée crée une emprise" difficile à briser.

Taille du texte:

En préparant du café, cette quadragénaire montre les cadres qui dissimulent les traces des coups de poings sur le mur.

"On essaie de changer la déco, ça évite de trop cogiter", explique Marie, dont l'ex-conjoint a été condamné cet été.

Elle l'avait rencontré il y a six ans. Les violences entrent dans le foyer en 2018 quand, sous l'emprise de l'alcool et de la drogue, "il s'en est pris à moi avec des brûlures de cigarette, en retournant l'appartement".

Elle lui pardonne car il est le père d'un de ses enfants et qu'il reste "des sentiments". S'ensuivent des années de coups et de violences psychologiques.

"Il a détruit ce qui appartenait à ma maman décédée, il y a un aspirateur qui vole, un frigo cassé, pour faire mal, pour piquer, pour détruire", énumère-t-elle.

Comme Marie, un tiers de la population française vit en milieu rural, selon l'Insee.

C'est dans ces communes denses ou très peu denses que 50% des féminicides ont lieu, avait indiqué l'an dernier le gouvernement.

- Déplacements contrôlés -

Dans une étude réalisée en 2022 en Nouvelle-Aquitaine, la sociologue Johanna Dagorn explique que les habitantes des zones rurales "cumulent les facteurs d'agression": parfois éloignées des voisins et confrontées à des stéréotypes de sexe renforcés, elles subissent en outre un contrôle social exacerbé.

Les victimes ont peur de "mettre le bazar dans le village" si elles parlent et de ne pas être crues, explique la sociologue à l'AFP.

Notamment quand les voisins ont "une image très correcte" du bourreau, confirme Sarah, victime de violence psychologique de la part de son ancien mari.

Car dans ce cas, personne d'autre "ne viendra vous dire que ce n'est pas normal".

Toujours dans le Lot-et-Garonne, Cathia a également subi des violences psychologiques pendant près de huit ans dans une maison entourée par les proches de son conjoint.

"Il a dit que sa famille lui montait la tête en prévenant +Attention, il faut l'écraser, la dresser+. Pour aller faire les courses, je devais sortir avec sa mère", explique la trentenaire venue d'Algérie pour le rejoindre.

"En ville, j'aurais pu trouver des femmes comme moi, pour se soutenir. Là, à la campagne avec sa famille, ça fait peur", estime-t-elle.

Sans véhicule à son arrivée, elle est confrontée au manque de transports en commun.

Ce manque d'autonomie accentue l'emprise qui passe par un contrôle des déplacements: "Des fois je partais en voiture, quand il ne prenait pas les clés", raconte Marie, mais le kilométrage était aussi surveillé.

- "Personne à aller voir" -

Egalement isolée socialement, cette dernière a seulement "le droit de travailler, et encore quand il n'y a pas de coups de fil avec des insultes".

Selon elle, "milieu rural ou pas, les gens ferment les yeux. Il a pu me tabasser dans la cour, personne n'a rien fait", mais "être isolé de tout le monde crée une emprise car il sait que je n'ai personne à aller voir".

À SOS Accueil Mamans-Enfants, dans la ville voisine de Marmande, les appels à l'aide atteignent "un sommet", selon la présidente Annick Cornaggia.

L'association a déjà accompagné plus de 200 victimes "à la gendarmerie, aux urgences" ou dans leurs démarches.

Sa structure est l'une des rares dans la zone. Un manque soulevé par Johanna Dagorn, alors que les victimes connaissent rarement les numéros d'appel nationaux et préfèrent passer par la gendarmerie.

"C'est le seul point de recours", témoigne Sarah, soulignant l'importance de former les agents.

Un souhait partagé par Marie, ressortie "incomprise" d'un premier dépôt de plainte. Huit autres ont suivi avant l'arrestation de son conjoint, après une nuit passée séquestrée et violentée.

Elle a également été aidée par Annick, tout comme Cathia qui l'avoue: "Sans association, j'aurais continué car où je serais allée avec mes enfants?". Elle a pu bénéficier d'un des logements mis à disposition dans le département par un bailleur social, Habitalys, dont la structure est partenaire.

"On leur donne beaucoup de choses pour leur donner confiance", explique Annick Cornaggia qui admet que si à la campagne "tout le monde sait tout", cela permet aussi d'être prévenu plus facilement pour agir.

Pour cette dernière, joignable jour et nuit, la devise est claire: "Sauvons-les tant qu'elles sont encore vivantes".

K.Dudek--TPP