The Prague Post - En Ouzbékistan, la relance de l'industrie de la soie

EUR -
AED 4.296226
AFN 74.355068
ALL 95.37618
AMD 438.818582
ANG 2.093872
AOA 1073.909738
ARS 1612.687485
AUD 1.637011
AWG 2.105706
AZN 1.99078
BAM 1.953648
BBD 2.364326
BDT 144.031371
BGN 1.951407
BHD 0.441178
BIF 3490.625757
BMD 1.169837
BND 1.494142
BOB 8.111171
BRL 5.833387
BSD 1.173822
BTN 110.043803
BWP 15.78282
BYN 3.302805
BYR 22928.797343
BZD 2.36093
CAD 1.599477
CDF 2703.492103
CHF 0.918901
CLF 0.026461
CLP 1041.4238
CNY 7.983901
CNH 7.998618
COP 4178.036319
CRC 534.815552
CUC 1.169837
CUP 31.00067
CVE 110.144163
CZK 24.360447
DJF 209.032462
DKK 7.473032
DOP 70.642801
DZD 155.027924
EGP 60.845307
ERN 17.547549
ETB 184.776576
FJD 2.594579
FKP 0.865865
GBP 0.867334
GEL 3.146997
GGP 0.865865
GHS 12.994744
GIP 0.865865
GMD 85.398075
GNF 10302.741134
GTQ 8.972157
GYD 245.610546
HKD 9.162008
HNL 31.186919
HRK 7.532345
HTG 153.659453
HUF 365.152897
IDR 20229.457883
ILS 3.508866
IMP 0.865865
INR 109.978385
IQD 1537.71301
IRR 1543599.392612
ISK 143.808458
JEP 0.865865
JMD 185.956786
JOD 0.829432
JPY 186.610576
KES 151.599581
KGS 102.275771
KHR 4698.784822
KMF 492.500882
KPW 1052.841538
KRW 1735.341464
KWD 0.360684
KYD 0.978227
KZT 543.933263
LAK 25898.587255
LBP 105120.273553
LKR 373.010778
LRD 215.992117
LSL 19.296231
LTL 3.454224
LVL 0.707623
LYD 7.42292
MAD 10.839001
MDL 20.108112
MGA 4868.679493
MKD 61.617966
MMK 2456.268683
MNT 4186.280445
MOP 9.469411
MRU 46.86079
MUR 54.420852
MVR 18.073261
MWK 2035.076063
MXN 20.317608
MYR 4.638408
MZN 74.764711
NAD 19.296231
NGN 1581.139361
NIO 43.202419
NOK 10.893875
NPR 176.071588
NZD 1.986365
OMR 0.449804
PAB 1.173917
PEN 4.034023
PGK 5.163644
PHP 70.768683
PKR 327.246183
PLN 4.245419
PYG 7383.962344
QAR 4.279805
RON 5.090308
RSD 117.344006
RUB 87.861498
RWF 1715.325487
SAR 4.387562
SBD 9.415307
SCR 16.020366
SDG 702.497035
SEK 10.811525
SGD 1.493767
SHP 0.873401
SLE 28.836168
SLL 24530.884081
SOS 670.866875
SRD 43.819748
STD 24213.255712
STN 24.474614
SVC 10.271731
SYP 129.420776
SZL 19.289003
THB 37.898048
TJS 11.051828
TMT 4.100277
TND 3.413255
TOP 2.816686
TRY 52.554679
TTD 7.958269
TWD 36.893721
TZS 3047.424524
UAH 51.503816
UGX 4349.228561
USD 1.169837
UYU 46.668601
UZS 14237.319712
VES 564.042741
VND 30800.627819
VUV 137.978693
WST 3.171991
XAF 655.240951
XAG 0.015408
XAU 0.000249
XCD 3.161542
XCG 2.115579
XDR 0.814909
XOF 655.243748
XPF 119.331742
YER 279.181427
ZAR 19.335469
ZMK 10529.935571
ZMW 22.33269
ZWL 376.686908
  • AEX

    2.2400

    1021.26

    +0.22%

  • BEL20

    -44.5400

    5386.79

    -0.82%

  • PX1

    -79.0600

    8156.43

    -0.96%

  • ISEQ

    -124.5500

    12584.72

    -0.98%

  • OSEBX

    4.3900

    1997.57

    +0.22%

  • PSI20

    49.3400

    9185.6

    +0.54%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -30.6900

    3955.3

    -0.77%

  • N150

    3.2900

    4110.99

    +0.08%

En Ouzbékistan, la relance de l'industrie de la soie
En Ouzbékistan, la relance de l'industrie de la soie / Photo: TEMUR ISMAILOV - AFP

En Ouzbékistan, la relance de l'industrie de la soie

Chaque début d'été en Ouzbékistan, Zoubaïda Pardaïeva récolte des cocons de vers à soie.

Taille du texte:

Ils seront transformés en un précieux tissu au terme d'un procédé long et peu efficace, que ce pays d'Asie centrale, troisième producteur mondial, a fait voeu de moderniser.

"Tout se fait manuellement. Le plus compliqué est de prendre soin des vers à soie, puis récolter leurs cocons sans en altérer la qualité", explique à l'AFP Mme Pardaïeva à Nourafchon, au sud de la capitale Tachkent.

A l'ombre d'un amandier, de ses doigts rendus experts par 40 ans d'expérience, Mme Pardaïeva retire de branches séchées des cocons blancs: chacun contient un fil de soie d'un kilomètre de long en moyenne, sécrété par la chenille d'un papillon domestiqué depuis des siècles, le bombyx du mûrier.

Durant la saison d'élevage, d'avril à juin, "tout le monde est impliqué.

Les hommes coupent les branches de mûriers pour les nourrir et les femmes prennent soin des chenilles", qui requièrent une attention permanente, explique la sexagénaire.

La transformation en un textile prisé pour sa résistance et sa douceur demandera encore quelques étapes: les vers à soie seront étouffés à haute température dans leurs cocons.

Ils seront ensuite séchés puis plongés dans l'eau bouillante, où le fil sera déroulé puis tissé.

Dans la grange voisine, des vers jaunâtres à la tête barrée d'un masque noir déchiquètent avidement des feuilles de mûriers.

"Après la récolte, nous remettrons les cocons à l'Etat", dit Mme Pardaïeva, entourée d'autres femmes "aidant bénévolement".

- "Coercition" -

Car si la sériciculture --l'élevage de vers à soie, tradition ancestrale sur ce pays de la "Route de la Soie"-- se libéralise sous l'impulsion du président Chavkat Mirzioïev, elle reste sous contrôle étatique et peu rentable.

Conséquence de décennies d'économie communiste planifiée jusqu'en 1991, puis d'un quart de siècle d'isolement sous l'ex-dirigeant Islam Karimov.

"L'industrie de la soie est gérée par des méthodes empruntées au passé soviétique, avec des fermiers obligés de cultiver des cocons, notamment ceux ayant déjà des plantations de mûriers", explique à l'AFP l'économiste ouzbek Iouli Ioussoupov.

Comme Janobil Tachibekov, fermier à Nourafchon, qui a reçu cette année du gouvernement ouzbek "trois cartons d'oeufs de vers à soie".

"Si j'ai de la chance, je récolterai 150 kilos de cocons, ce qui me rapportera six millions de soums", dit le fermier, soit environ 450 euros, deux fois son salaire mensuel.

Et si le travail forcé dans les champs de coton a été aboli par le président Mirzioïev, les cocons de vers à soie ouzbeks restent interdits d'importation aux Etats-Unis pour le "recours au travail forcé dans leur production", malgré les démentis de Tachkent.

"Ces éléments de coercition sur les agriculteurs, avec des prix fixés par l'Etat, créent des problèmes de productivité et de qualité", poursuit M. Ioussoupov, poursuivi puis blanchi pour ses critiques de l'industrie.

- Libéralisation du secteur -

L'économiste voit cependant "des raisons d'espérer des changements en Ouzbékistan dans le secteur de la soie", en croissance au niveau mondial.

"Le président a ordonné de le réformer dès 2025 pour mettre en place des mécanismes de marché, nous espérons assister à une transition révolutionnaire", dit-il.

D'ici 2027, M. Mirzioïev veut faire du secteur de la soie l'un des gros employeurs du pays, avec deux des quelque 35 millions d'Ouzbeks contribuant aux récoltes saisonnières, y compris des chômeurs.

Avec 26.000 tonnes de soie produites en 2023, l'Ouzbékistan veut consolider sa troisième place mondiale, derrière la Chine et l'Inde, qui représentent environ 95% de la production mondiale, selon la Commission internationale pour la sériciculture.

M Mirzioïev a aussi ordonné l'augmentation des prix d'achat des cocons, des plantations de mûriers, l'exonération d'impôts pour les éleveurs et des regroupements d'exploitations pour rentabiliser la production.

L'objectif est de soutenir les exportations, notamment vers le marché européen et ses couturiers de luxe, sous forme de matière première mais aussi de produits finis.

Ce qu'essaie de faire Mariam Niyazova, fondatrice de Tumush Tola (Fibre d'argent, en ouzbek), l'une des rares entreprises ouzbèkes proposant le cycle entier de la soie, de l'élevage des vers à la confection d'habits et de literie, à Kattakourgan, dans la région de Samarcande, à quelque 400 km de Tachkent.

"J'ai acheté en 2020 du matériel de Chine et de Corée du Sud et j'ai réussi à produire des tissus. C'était difficile, en raison du manque de spécialistes", explique-t-elle, se souvenant des "années de stagnation" sous Karimov.

Aujourd'hui, elle est optimiste: "nous exportons déjà vers l'Iran, la Chine et l'Azerbaïdjan, et espérons bientôt vers l'Europe".

U.Pospisil--TPP