The Prague Post - Quatre décennies après le moratoire, pourquoi la chasse à la baleine continue

EUR -
AED 4.231967
AFN 75.483595
ALL 93.084804
AMD 422.04403
AOA 1057.848456
ARS 1727.972826
AUD 1.638476
AWG 2.074212
AZN 1.960615
BAM 1.952344
BBD 2.320382
BDT 142.607535
BHD 0.434558
BIF 3445.496469
BMD 1.15234
BND 1.477278
BOB 13.934392
BRL 5.903903
BSD 1.152055
BTN 109.639899
BWP 15.581348
BYN 3.410947
BYR 22585.863139
BZD 2.316988
CAD 1.614976
CDF 2604.28847
CHF 0.936438
CLF 0.026729
CLP 1055.405144
CNY 7.7772
CNH 7.775921
COP 3641.809104
CRC 524.040432
CUC 1.15234
CUP 30.537009
CVE 110.797088
CZK 24.246042
DJF 204.79359
DKK 7.476071
DOP 67.179284
DZD 153.12335
EGP 57.264041
ERN 17.285099
ETB 185.946995
FJD 2.551799
FKP 0.85598
GBP 0.856476
GEL 3.013365
GGP 0.85598
GHS 13.522718
GIP 0.85598
GMD 85.273513
GNF 10117.544985
GTQ 8.790438
GYD 241.021217
HKD 9.039583
HNL 30.878201
HRK 7.534341
HTG 150.632674
HUF 365.29112
IDR 20648.779673
ILS 3.465894
IMP 0.85598
INR 109.832114
IQD 1510.141512
IRR 1584294.588378
ISK 142.406399
JEP 0.85598
JMD 182.616705
JOD 0.817025
JPY 182.571559
KES 149.066921
KGS 100.772506
KHR 4671.006893
KMF 492.049525
KRW 1640.978088
KWD 0.356833
KYD 0.960096
KZT 539.86659
LAK 26045.837925
LBP 103192.042878
LKR 386.984902
LRD 209.293797
LSL 18.829049
LTL 3.402561
LVL 0.697039
LYD 7.340541
MAD 10.750759
MDL 20.045426
MGA 4953.209598
MKD 61.530604
MMK 2419.273024
MNT 4143.630364
MOP 9.308979
MRU 46.227284
MUR 54.091068
MVR 17.814877
MWK 2000.462131
MXN 19.827749
MYR 4.717706
MZN 73.617371
NAD 18.828873
NGN 1570.51294
NIO 42.394946
NOK 10.986524
NPR 175.42192
NZD 1.963847
OMR 0.443071
PAB 1.15205
PEN 3.894206
PGK 5.089989
PHP 70.051904
PKR 319.84077
PLN 4.303407
PYG 6852.83835
QAR 4.211344
RON 5.255707
RSD 117.398041
RUB 95.645946
RWF 1692.396524
SAR 4.327188
SBD 9.29748
SCR 16.61684
SDG 691.979475
SEK 10.964174
SGD 1.479029
SLE 28.346301
SOS 658.43149
SRD 43.635078
STD 23851.110525
STN 24.456597
SVC 10.080155
SZL 18.828757
THB 38.165456
TJS 10.627693
TMT 4.038952
TND 3.379033
TRY 54.97307
TTD 7.800157
TWD 37.128162
TZS 3059.460279
UAH 51.586374
UGX 4291.384132
USD 1.15234
UYU 46.39786
UZS 13729.69365
VES 869.107758
VND 30231.638747
VUV 137.52518
WST 3.144985
XAF 654.794943
XAG 0.018699
XAU 0.000271
XCD 3.114256
XCG 2.076333
XDR 0.813421
XOF 654.797779
XPF 119.331742
YER 272.931152
ZAR 18.84682
ZMK 10372.434694
ZMW 21.918007
ZWL 371.052996
  • AEX

    1.1100

    1112.47

    +0.1%

  • BEL20

    -15.5900

    5760.2

    -0.27%

  • PX1

    30.3400

    8699.71

    +0.35%

  • ISEQ

    25.2300

    14041.35

    +0.18%

  • OSEBX

    6.6400

    2020

    +0.33%

  • PSI20

    47.7200

    9224.19

    +0.52%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    19.7900

    4322.09

    +0.46%

  • N150

    13.8000

    4325.44

    +0.32%

Quatre décennies après le moratoire, pourquoi la chasse à la baleine continue
Quatre décennies après le moratoire, pourquoi la chasse à la baleine continue / Photo: MAURO PIMENTEL - AFP/Archives

Quatre décennies après le moratoire, pourquoi la chasse à la baleine continue

L'arrestation au Groenland du militant anti-chasse à la baleine Paul Watson a remis en lumière cette pratique, objet d'un moratoire depuis 1986 mais qui reste défié par trois pays, tuant chaque année autour de 1.200 baleines, selon la Commission baleinière internationale (CBI).

Taille du texte:

- Pourquoi la chasse à la baleine a-t-elle été interdite ? -

La chasse à la baleine est pratiquée depuis au moins le 9e siècle, pour sa viande mais aussi son huile, qui servait autrefois à l'éclairage, et ses os pour les outils.

A partir du 19e siècle, cette chasse s'industrialise. Si bien qu'au 20e siècle, près de 3 millions de cétacés tombent sous les harpons, selon des chiffres de l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA), et plusieurs espèces deviennent menacées. Dans les années 50, il ne restait que 450 baleines à bosses dans le monde.

Pour tenter de réguler, la CBI est crée en 1946. Et en 1986, elle adopte un moratoire mondial sur la chasse commerciale pour permettre aux espèces de se reconstituer.

- Qui chasse en dépit du moratoire ? -

Aujourd'hui trois pays accordent des quotas de chasse commerciales: le Japon, qui a quitté la CBI en 2019, ainsi que la Norvège et l'Islande.

Le moratoire autorise par ailleurs des captures pour certaines tribus autochtones, au Groenland, États-Unis, Canada, en Russie et à Saint-Vincent-et-Les-Grenadines, mais uniquement pour une chasse de subsistance.

Une clause du moratoire controversée, longtemps invoquée par le Japon, permet aussi une pêche à visée scientifique.

Mais "c'est une justification peu recevable et peu d'études scientifiques valables sont produites" à partir de cette pêche, estime auprès de l'AFP Paul Rodhouse, de la Marine Biological Association en Grande-Bretagne.

Après avoir été condamné en 2014 par la Cour de justice internationale jugeant que le pays détournait le moratoire, le Japon s'est finalement retiré de la CBI fin 2018 pour une reprise de la pêche commerciale en juillet 2019.

- Une population encore fragile -

Le moratoire de 1986 "a eu un effet bénéfique général" sur les populations les plus menacées, selon Vincent Ridoux, professeur de biologie à l'Université de La Rochelle.

Le nombre de baleine à bosses est aujourd'hui remonté à environ 25.000 individus, redevenant une "préoccupation mineure" dans la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Mais la "récupération est inégale d'une espèce à l'autre", souligne l'universitaire. Certaines demeurent classées "vulnérable" par l'UICN, comme le rorqual commun, "en danger" comme la baleine bleue, voire en "danger critique de disparition" pour la baleine franche de l'Atlantique nord, dont il ne resterait que 200 individus.

"Le chemin est encore long" pour dire que les baleines sont hors de danger, estime M. Ridoux.

Ces animaux ont un rythme de reproduction très lent et sont également confrontés à d'autres risques, comme les collisions avec les navires, les filets de pêche et la pollution.

Le réchauffement climatique constitue une autre menace: entre 2012 et 2021, le nombre de baleines a baissé de 20% dans le Pacifique Nord, selon une étude australienne, en raison de la raréfaction du phytoplancton, leur alimentation principale.

- Une chasse plus intensive ? -

En mai, le Japon a lancé un nouveau navire-usine, le Kangei Maru, taillé pour une chasse intensive et lointaine.

Pour rentabiliser un investissement aussi élevé, "il faut des quotas importants pour équilibrer les coûts d'exploitation", s'alarme M. Ridoux.

Jugeant les populations suffisamment reconstituées, le Japon a ajouté les rorquals communs, classés comme "vulnérables" par l'UICN, à la liste des cétacés pouvant être chassés par ses baleiniers, aux côtés de la baleine de Minke (dit petit rorqual), du rorqual de Bryde et rorqual boréal. Les deux premières sont classées en "préoccupation mineure", c'est-à-dire présentant "un faible risque de disparition", mais le rorqual boréal est "menacé".

- Tradition -

Le gouvernement japonais justifie sur son site internet la chasse à la baleine au nom d'une tradition remontant au 12e siècle et pour sa "sécurité alimentaire", le pays disposant de faibles ressources agricoles.

La viande de baleine est toutefois de moins en moins consommée: après un pic à 233.000 tonnes en 1962, les Japonais n'en mangent plus que 2.000 tonnes par an.

En Islande aussi, manger de la baleine a moins la cote. Un sondage réalisé en 2023 montrait que 51% des Islandais sont désormais opposés à cette chasse.

En juin 2023, la chasse avait été brièvement suspendue en Islande après un rapport gouvernemental établissant que les harpons explosifs provoquaient des agonies pouvant durer jusqu'à cinq heures. La saison 2023 s'était close avec 24 rorquals communs pêchés sur 209 autorisés. Mais de nouveaux quotas de pêche ont depuis été adoptés.

- Rôle écologique -

"Les baleines sont une composante extrêmement importante de la biodiversité marine et elles façonnent les écosystèmes", explique Paul Rodhouse.

Leur abondance "enrichit les couches superficielles en sels minéraux et en éléments minéraux comme le fer", source essentielle de nourriture pour les organismes marins, explique Vincent Ridoux.

Protéger les baleines "ce n'est pas juste sauver un élément charismatique de la grande faune mais c'est maintenir un équilibre des écosystèmes nécessaire à la préservation de la santé de la nature et des humains", conclut Paul Rodhouse.

O.Ruzicka--TPP