The Prague Post - Quatre décennies après le moratoire, pourquoi la chasse à la baleine continue

EUR -
AED 4.29929
AFN 74.33939
ALL 95.5039
AMD 435.934838
ANG 2.095368
AOA 1074.676753
ARS 1613.785337
AUD 1.635497
AWG 2.10721
AZN 1.990476
BAM 1.949301
BBD 2.359045
BDT 143.711499
BGN 1.952801
BHD 0.441442
BIF 3482.873689
BMD 1.170672
BND 1.490823
BOB 8.092985
BRL 5.838902
BSD 1.1712
BTN 109.798478
BWP 15.747433
BYN 3.2954
BYR 22945.173859
BZD 2.355637
CAD 1.600367
CDF 2705.42314
CHF 0.918738
CLF 0.02648
CLP 1042.167752
CNY 7.989602
CNH 7.995176
COP 4184.836804
CRC 533.618707
CUC 1.170672
CUP 31.022812
CVE 110.514618
CZK 24.346509
DJF 208.051573
DKK 7.472547
DOP 69.830373
DZD 155.124574
EGP 60.880222
ERN 17.560082
ETB 184.088202
FJD 2.596434
FKP 0.866484
GBP 0.867017
GEL 3.148836
GGP 0.866484
GHS 12.970942
GIP 0.866484
GMD 85.458766
GNF 10275.572928
GTQ 8.952117
GYD 245.06195
HKD 9.168107
HNL 31.174415
HRK 7.534442
HTG 153.318203
HUF 364.8031
IDR 20159.266844
ILS 3.511373
IMP 0.866484
INR 109.810041
IQD 1533.580498
IRR 1544701.883268
ISK 143.793585
JEP 0.866484
JMD 185.54222
JOD 0.830078
JPY 186.706401
KES 151.145978
KGS 102.348824
KHR 4697.326213
KMF 492.853256
KPW 1053.593512
KRW 1730.896834
KWD 0.360941
KYD 0.976042
KZT 542.718332
LAK 25666.986848
LBP 104833.690105
LKR 372.17762
LRD 215.696697
LSL 19.281093
LTL 3.45669
LVL 0.708128
LYD 7.422046
MAD 10.814791
MDL 20.063027
MGA 4843.070929
MKD 61.6409
MMK 2458.023032
MNT 4189.270427
MOP 9.44826
MRU 46.849763
MUR 54.459888
MVR 18.086486
MWK 2032.287287
MXN 20.302551
MYR 4.634736
MZN 74.81809
NAD 19.280539
NGN 1577.785296
NIO 42.998126
NOK 10.890166
NPR 175.677564
NZD 1.982165
OMR 0.45007
PAB 1.17129
PEN 4.025649
PGK 5.095348
PHP 70.433523
PKR 326.529689
PLN 4.244318
PYG 7367.469309
QAR 4.26712
RON 5.091265
RSD 117.365227
RUB 87.916326
RWF 1709.181318
SAR 4.390683
SBD 9.422032
SCR 16.062921
SDG 702.984789
SEK 10.779848
SGD 1.493385
SHP 0.874025
SLE 28.856881
SLL 24548.40486
SOS 669.035561
SRD 43.851044
STD 24230.549631
STN 24.759716
SVC 10.248875
SYP 129.513213
SZL 19.281183
THB 37.765955
TJS 11.02719
TMT 4.103206
TND 3.365096
TOP 2.818698
TRY 52.593031
TTD 7.940494
TWD 36.854865
TZS 3049.601078
UAH 51.388995
UGX 4339.551052
USD 1.170672
UYU 46.564958
UZS 14130.012754
VES 564.4456
VND 30815.017291
VUV 138.077242
WST 3.174256
XAF 653.774611
XAG 0.015126
XAU 0.000248
XCD 3.1638
XCG 2.110854
XDR 0.812636
XOF 651.478478
XPF 119.331742
YER 279.381171
ZAR 19.287268
ZMK 10537.4503
ZMW 22.282618
ZWL 376.95595
  • AEX

    2.2400

    1021.26

    +0.22%

  • BEL20

    -44.5400

    5386.79

    -0.82%

  • PX1

    -79.0600

    8156.43

    -0.96%

  • ISEQ

    -124.5500

    12584.72

    -0.98%

  • OSEBX

    4.3900

    1997.57

    +0.22%

  • PSI20

    49.3400

    9185.6

    +0.54%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -30.6900

    3955.3

    -0.77%

  • N150

    3.2900

    4110.99

    +0.08%

Quatre décennies après le moratoire, pourquoi la chasse à la baleine continue
Quatre décennies après le moratoire, pourquoi la chasse à la baleine continue / Photo: MAURO PIMENTEL - AFP/Archives

Quatre décennies après le moratoire, pourquoi la chasse à la baleine continue

L'arrestation au Groenland du militant anti-chasse à la baleine Paul Watson a remis en lumière cette pratique, objet d'un moratoire depuis 1986 mais qui reste défié par trois pays, tuant chaque année autour de 1.200 baleines, selon la Commission baleinière internationale (CBI).

Taille du texte:

- Pourquoi la chasse à la baleine a-t-elle été interdite ? -

La chasse à la baleine est pratiquée depuis au moins le 9e siècle, pour sa viande mais aussi son huile, qui servait autrefois à l'éclairage, et ses os pour les outils.

A partir du 19e siècle, cette chasse s'industrialise. Si bien qu'au 20e siècle, près de 3 millions de cétacés tombent sous les harpons, selon des chiffres de l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA), et plusieurs espèces deviennent menacées. Dans les années 50, il ne restait que 450 baleines à bosses dans le monde.

Pour tenter de réguler, la CBI est crée en 1946. Et en 1986, elle adopte un moratoire mondial sur la chasse commerciale pour permettre aux espèces de se reconstituer.

- Qui chasse en dépit du moratoire ? -

Aujourd'hui trois pays accordent des quotas de chasse commerciales: le Japon, qui a quitté la CBI en 2019, ainsi que la Norvège et l'Islande.

Le moratoire autorise par ailleurs des captures pour certaines tribus autochtones, au Groenland, États-Unis, Canada, en Russie et à Saint-Vincent-et-Les-Grenadines, mais uniquement pour une chasse de subsistance.

Une clause du moratoire controversée, longtemps invoquée par le Japon, permet aussi une pêche à visée scientifique.

Mais "c'est une justification peu recevable et peu d'études scientifiques valables sont produites" à partir de cette pêche, estime auprès de l'AFP Paul Rodhouse, de la Marine Biological Association en Grande-Bretagne.

Après avoir été condamné en 2014 par la Cour de justice internationale jugeant que le pays détournait le moratoire, le Japon s'est finalement retiré de la CBI fin 2018 pour une reprise de la pêche commerciale en juillet 2019.

- Une population encore fragile -

Le moratoire de 1986 "a eu un effet bénéfique général" sur les populations les plus menacées, selon Vincent Ridoux, professeur de biologie à l'Université de La Rochelle.

Le nombre de baleine à bosses est aujourd'hui remonté à environ 25.000 individus, redevenant une "préoccupation mineure" dans la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Mais la "récupération est inégale d'une espèce à l'autre", souligne l'universitaire. Certaines demeurent classées "vulnérable" par l'UICN, comme le rorqual commun, "en danger" comme la baleine bleue, voire en "danger critique de disparition" pour la baleine franche de l'Atlantique nord, dont il ne resterait que 200 individus.

"Le chemin est encore long" pour dire que les baleines sont hors de danger, estime M. Ridoux.

Ces animaux ont un rythme de reproduction très lent et sont également confrontés à d'autres risques, comme les collisions avec les navires, les filets de pêche et la pollution.

Le réchauffement climatique constitue une autre menace: entre 2012 et 2021, le nombre de baleines a baissé de 20% dans le Pacifique Nord, selon une étude australienne, en raison de la raréfaction du phytoplancton, leur alimentation principale.

- Une chasse plus intensive ? -

En mai, le Japon a lancé un nouveau navire-usine, le Kangei Maru, taillé pour une chasse intensive et lointaine.

Pour rentabiliser un investissement aussi élevé, "il faut des quotas importants pour équilibrer les coûts d'exploitation", s'alarme M. Ridoux.

Jugeant les populations suffisamment reconstituées, le Japon a ajouté les rorquals communs, classés comme "vulnérables" par l'UICN, à la liste des cétacés pouvant être chassés par ses baleiniers, aux côtés de la baleine de Minke (dit petit rorqual), du rorqual de Bryde et rorqual boréal. Les deux premières sont classées en "préoccupation mineure", c'est-à-dire présentant "un faible risque de disparition", mais le rorqual boréal est "menacé".

- Tradition -

Le gouvernement japonais justifie sur son site internet la chasse à la baleine au nom d'une tradition remontant au 12e siècle et pour sa "sécurité alimentaire", le pays disposant de faibles ressources agricoles.

La viande de baleine est toutefois de moins en moins consommée: après un pic à 233.000 tonnes en 1962, les Japonais n'en mangent plus que 2.000 tonnes par an.

En Islande aussi, manger de la baleine a moins la cote. Un sondage réalisé en 2023 montrait que 51% des Islandais sont désormais opposés à cette chasse.

En juin 2023, la chasse avait été brièvement suspendue en Islande après un rapport gouvernemental établissant que les harpons explosifs provoquaient des agonies pouvant durer jusqu'à cinq heures. La saison 2023 s'était close avec 24 rorquals communs pêchés sur 209 autorisés. Mais de nouveaux quotas de pêche ont depuis été adoptés.

- Rôle écologique -

"Les baleines sont une composante extrêmement importante de la biodiversité marine et elles façonnent les écosystèmes", explique Paul Rodhouse.

Leur abondance "enrichit les couches superficielles en sels minéraux et en éléments minéraux comme le fer", source essentielle de nourriture pour les organismes marins, explique Vincent Ridoux.

Protéger les baleines "ce n'est pas juste sauver un élément charismatique de la grande faune mais c'est maintenir un équilibre des écosystèmes nécessaire à la préservation de la santé de la nature et des humains", conclut Paul Rodhouse.

O.Ruzicka--TPP