The Prague Post - David Lynch, le sorcier de l'image

EUR -
AED 4.183427
AFN 71.754527
ALL 91.29872
AMD 413.945531
ANG 2.039163
AOA 1044.430705
ARS 1726.681041
AUD 1.617615
AWG 2.050137
AZN 1.929305
BAM 1.951003
BBD 2.293671
BDT 140.015759
BGN 1.91738
BHD 0.429332
BIF 3416.894256
BMD 1.138965
BND 1.455135
BOB 12.377308
BRL 5.880707
BSD 1.138805
BTN 108.974034
BWP 15.484774
BYN 3.448138
BYR 22323.709139
BZD 2.290379
CAD 1.60528
CDF 2631.008438
CHF 0.938535
CLF 0.027799
CLP 1097.643089
CNY 7.643991
CNH 7.643735
COP 3749.620029
CRC 516.731836
CUC 1.138965
CUP 30.182566
CVE 110.764166
CZK 24.419689
DJF 202.41707
DKK 7.476068
DOP 67.711218
DZD 152.511821
EGP 58.570354
ERN 17.084471
ETB 186.015381
FJD 2.54809
FKP 0.854825
GBP 0.859776
GEL 2.955594
GGP 0.854825
GHS 13.194908
GIP 0.854825
GMD 84.28325
GNF 9965.942121
GTQ 8.692705
GYD 238.256317
HKD 8.933351
HNL 30.566849
HRK 7.536757
HTG 148.844053
HUF 365.334904
IDR 20385.191131
ILS 3.455539
IMP 0.854825
INR 109.099212
IQD 1491.832195
IRR 1565592.474032
ISK 138.008038
JEP 0.854825
JMD 179.430429
JOD 0.807505
JPY 180.189346
KES 147.42787
KGS 99.602244
KHR 4618.300829
KMF 489.75457
KPW 1025.068639
KRW 1556.657443
KWD 0.352164
KYD 0.948996
KZT 506.407175
LAK 25517.375241
LBP 101980.467161
LKR 374.668843
LRD 196.432394
LSL 18.57699
LTL 3.363067
LVL 0.688948
LYD 7.270158
MAD 10.901294
MDL 20.154943
MGA 5003.719867
MKD 61.369118
MMK 2391.344612
MNT 4097.908117
MOP 9.199496
MRU 45.598293
MUR 54.533371
MVR 17.608767
MWK 1974.662451
MXN 19.917225
MYR 4.646865
MZN 72.791154
NAD 18.576827
NGN 1507.783973
NIO 41.906968
NOK 10.811099
NPR 174.35809
NZD 2.006827
OMR 0.43794
PAB 1.138805
PEN 3.844548
PGK 5.073571
PHP 71.574856
PKR 315.589993
PLN 4.374285
PYG 6749.405974
QAR 4.151729
RON 5.274564
RSD 117.463676
RUB 96.547736
RWF 1680.74231
SAR 4.278826
SBD 9.141346
SCR 15.793442
SDG 685.088406
SEK 11.293745
SGD 1.457658
SHP 0.851467
SLE 28.075212
SLL 23883.512119
SOS 650.802799
SRD 43.078496
STD 23574.270805
STN 24.440019
SVC 9.964545
SYP 14808.819995
SZL 18.572501
THB 38.03834
TJS 10.53968
TMT 3.986377
TND 3.36383
TOP 2.742354
TRY 55.61554
TTD 7.740004
TWD 36.206572
TZS 3018.254344
UAH 51.114878
UGX 4430.127578
USD 1.138965
UYU 45.648171
UZS 13438.07925
VES 969.647731
VND 29625.042681
VUV 134.79463
WST 3.135031
XAF 655.957
XAG 0.01763
XAU 0.000265
XCD 3.078109
XCG 2.052363
XDR 0.805307
XOF 655.957
XPF 119.331742
YER 269.422166
ZAR 18.629078
ZMK 10252.041627
ZMW 22.178666
ZWL 366.746185
SSP 6506.439225
MXV 2.257343
  • AEX

    -3.0000

    1107.93

    -0.27%

  • BEL20

    -71.4100

    5687.13

    -1.24%

  • PX1

    -31.8100

    8123.41

    -0.39%

  • ISEQ

    -108.3000

    14332.16

    -0.75%

  • OSEBX

    -2.3100

    2096.59

    -0.11%

  • PSI20

    -24.1400

    9632.44

    -0.25%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -90.3100

    4470.74

    -1.98%

  • N150

    -17.5700

    4267.43

    -0.41%

David Lynch, le sorcier de l'image
David Lynch, le sorcier de l'image / Photo: Valery HACHE - AFP

David Lynch, le sorcier de l'image

Cinéaste parmi les plus influents de son époque, l'Américain David Lynch, mort à 78 ans, était un sorcier de l'image, qui a envoûté une cohorte d'admirateurs fascinés par l'inquiétante étrangeté de ses films.

Taille du texte:

Réalisateur de dix longs métrages, tous cultes, sortis entre 1977 et 2006, et d'une série diffusée en 1990 et 2017, le cinéaste à l'allure sobre - chemise boutonnée sous le menton et houpette au-dessus du front - a été nommé aux Oscars pour "Elephant Man" (1980), "Blue Velvet" (1986) et "Mulholland Drive" (2001). Il reçoit un Oscar d'honneur en 2019 pour l'ensemble de sa filmographie.

En France, dès la sortie de "Eraserhead" (1977), son premier long métrage, David Lynch fait l'objet d'une vénération. Il reçoit la Palme d'or à Cannes pour "Sailor et Lula" (1990) ainsi qu'un César du meilleur film étranger pour "Mulholland Drive".

En 1990, il crée "Twin Peaks", série mythique qui révolutionne le genre et transforme en détectives des millions de télespectateurs hantés par les mystères qu'il trousse sur deux saisons. Un quart de siècle plus tard, il reproduit le miracle avec "Twin Peaks: The Return" (2017), un ovni de 18 épisodes qui reprend l'intrigue autour de la disparition de l'agent Dale Cooper.

- Personnages égarés -

Né le 20 janvier 1946 dans le Montana (nord-ouest), il grandit dans une famille presbytérienne (protestante) de cinq enfants. Son père, scientifique au ministère de l'Agriculture et sa mère, professeure d'anglais, déménagent régulièrement au gré des affectations paternelles. David, mauvais à l'école, est un enfant sociable qui ramasse des morceaux de bois putréfiés dans les forêts où son père travaille.

Après des études en dents de scie, il trouve son bonheur aux Beaux-Arts de Pennsylvanie à Philadelphie. La ville, en plein déclin industriel, va imprégner son imaginaire. Il reproduit dans ses toiles l'ambiance "coupe-gorge" de son quartier misérable, peuplé de personnages égarés. Des nains, des clowns, une femme à la bûche: ces films seront tous ponctués par ces folles apparitions.

Avec sa première épouse (il en aura quatre), il se met à la caméra, désireux de "faire une peinture qui bouge". Il monte "L'alphabet", un court-métrage inspiré par un cousin somnambule qui récite l'alphabet en tremblant. Suit "Grand-mère": un garçon solitaire se fabrique une grand-mère à partir d'une graine. "Petit à petit, je suis tombé amoureux de ce médium", écrit-il dans son autobiographie "Mon histoire vraie". "Le cinéma est un langage. Il peut dire de grandes choses abstraites".

Sans le sou, père d'une petite Jennifer, il reste cinq ans à Philadelphie puis déménage à Los Angeles.

En 1973, sa soeur l'initie à la méditation transcendantale. "J'ai eu l'impression d'être dans un ascenseur dont le câble avait été coupé", raconte-t-il après sa première séance. "Boum! Je suis tombé en pleine félicité - un pur bonheur (...) Vous êtes emporté dans un océan de conscience pure". Dès lors, il méditera deux fois vingt minutes par jour.

- Outre-mondes -

Avec "Eraserhead" (1977), son premier long-métrage qu'il finance par des petits boulots sur cinq années, il entre de plein pied dans le malaise surréaliste. Il y raconte l'histoire d'un zombie, d'une jeune fille bizarre et de leur enfant, une créature repoussante agitée par des cris insoutenables, le tout filmé en noir et blanc dans un décor de ruines industrielles. "C'est mon film le plus spirituel", affirme-t-il, toujours avare en explications. Stanley Kubrick en raffole et le qualifie de cinéaste de l'inconscient.

Etonnament, Mel Brooks, le comique américain connu pour ses blagues de pets, produit "Elephant man" en 1980. Cette créature difforme de l'Angleterre victorienne touche le monde entier et fait de Lynch la mascotte de Hollywood. On lui confie la réalisation de "Dune", le célèbre roman de science-fiction de Frank Herbert. Le résultat fait un flop à 40 millions de dollars.

En 1986, il redevient son propre auteur et signe avec "Blue Velvet", l'un de ses plus beaux films. Derrière les façades proprettes d'une petite ville de Caroline, se déroulent des orgies sadomasochistes. Isabella Rossellini en chanteuse de cabaret envoûte et Dennis Hopper, qui ne peut atteindre l'orgasme sans inhaler un gaz euphorisant, terrorise.

Quatre ans plus tard, c'est la consécration à Cannes avec "Sailor et Lula" (1990) puis "Twin Peaks". Avec "Lost Highway" (1997) et "Mulholland Drive" (2001), il poursuit ses virées dans des outre-mondes aux contours inquiétants, faits de souvenirs en décomposition, de pulsions éclatantes et d'humour absurde.

Après l'échec commercial de son dernier film "Inland Empire" (2006), il poursuit sa vie d'artiste comme photographe, graveur, chanteur, publiciste et même décorateur. Interrogé sur la noirceur de ses films, il répondait: "La plupart des films reflètent le monde dans lequel nous vivons. Je m'entiche de certaines idées. (...) Si je vous disais (...) que mes films étaient les oeuvres d'un homme illuminé, alors là, ce serait une autre histoire. Mais je suis juste un gars originaire du Montana, je fais mon truc, je suis mon petit bonhomme de chemin, comme tout le monde".

K.Dudek--TPP