The Prague Post - David Lynch, le sorcier de l'image

EUR -
AED 4.232967
AFN 75.479359
ALL 93.095382
AMD 422.092766
AOA 1057.968242
ARS 1728.428661
AUD 1.638336
AWG 2.074448
AZN 1.961602
BAM 1.952566
BBD 2.320646
BDT 142.623742
BHD 0.434608
BIF 3445.888043
BMD 1.152471
BND 1.477446
BOB 13.935975
BRL 5.897421
BSD 1.152186
BTN 109.652359
BWP 15.583119
BYN 3.411334
BYR 22588.429982
BZD 2.317251
CAD 1.615251
CDF 2604.584378
CHF 0.936272
CLF 0.026727
CLP 1055.271199
CNY 7.778084
CNH 7.777151
COP 3641.324061
CRC 524.099988
CUC 1.152471
CUP 30.540479
CVE 110.809379
CZK 24.24407
DJF 204.817306
DKK 7.476217
DOP 67.193733
DZD 153.365094
EGP 57.264782
ERN 17.287064
ETB 185.968128
FJD 2.552089
FKP 0.856077
GBP 0.85641
GEL 3.013725
GGP 0.856077
GHS 13.524239
GIP 0.856077
GMD 85.282572
GNF 10118.69464
GTQ 8.791437
GYD 241.048608
HKD 9.04099
HNL 30.88171
HRK 7.536585
HTG 150.649793
HUF 364.625083
IDR 20648.821428
ILS 3.46629
IMP 0.856077
INR 109.809273
IQD 1509.393123
IRR 1584474.640687
ISK 142.41109
JEP 0.856077
JMD 182.637459
JOD 0.81708
JPY 182.544457
KES 149.083075
KGS 100.783234
KHR 4675.235131
KMF 492.105126
KRW 1640.600173
KWD 0.356874
KYD 0.960205
KZT 539.927945
LAK 26033.64904
LBP 103179.229954
LKR 387.028882
LRD 207.974585
LSL 18.793369
LTL 3.402947
LVL 0.697118
LYD 7.344833
MAD 10.750192
MDL 20.047704
MGA 4953.772522
MKD 61.427977
MMK 2419.54797
MNT 4144.10128
MOP 9.310037
MRU 46.191483
MUR 54.096679
MVR 17.805023
MWK 1997.873162
MXN 19.839187
MYR 4.713377
MZN 73.654852
NAD 18.793287
NGN 1570.218621
NIO 42.399764
NOK 10.999988
NPR 175.441856
NZD 1.96294
OMR 0.443115
PAB 1.152181
PEN 3.894648
PGK 5.090567
PHP 70.070805
PKR 319.87712
PLN 4.300443
PYG 6853.617163
QAR 4.211823
RON 5.256075
RSD 117.326118
RUB 93.901208
RWF 1692.588862
SAR 4.32768
SBD 9.298537
SCR 16.618402
SDG 692.059091
SEK 10.953862
SGD 1.478943
SLE 28.350098
SOS 658.506319
SRD 43.640038
STD 23853.821162
STN 24.459377
SVC 10.0813
SZL 18.777732
THB 38.150825
TJS 10.628901
TMT 4.033648
TND 3.379417
TRY 54.852312
TTD 7.801044
TWD 37.188047
TZS 3059.807971
UAH 51.592237
UGX 4291.87184
USD 1.152471
UYU 46.403133
UZS 13731.254005
VES 869.206532
VND 30235.07452
VUV 137.540809
WST 3.145342
XAF 654.86936
XAG 0.018742
XAU 0.000271
XCD 3.11461
XCG 2.076569
XDR 0.813514
XOF 654.872196
XPF 119.331742
YER 272.991507
ZAR 18.833743
ZMK 10373.622108
ZMW 21.920498
ZWL 371.095165
  • AEX

    1.1100

    1112.47

    +0.1%

  • BEL20

    -15.5900

    5760.2

    -0.27%

  • PX1

    30.3400

    8699.71

    +0.35%

  • ISEQ

    25.2300

    14041.35

    +0.18%

  • OSEBX

    6.6400

    2020

    +0.33%

  • PSI20

    47.7200

    9224.19

    +0.52%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    19.7900

    4322.09

    +0.46%

  • N150

    13.8000

    4325.44

    +0.32%

David Lynch, le sorcier de l'image
David Lynch, le sorcier de l'image / Photo: Valery HACHE - AFP

David Lynch, le sorcier de l'image

Cinéaste parmi les plus influents de son époque, l'Américain David Lynch, mort à 78 ans, était un sorcier de l'image, qui a envoûté une cohorte d'admirateurs fascinés par l'inquiétante étrangeté de ses films.

Taille du texte:

Réalisateur de dix longs métrages, tous cultes, sortis entre 1977 et 2006, et d'une série diffusée en 1990 et 2017, le cinéaste à l'allure sobre - chemise boutonnée sous le menton et houpette au-dessus du front - a été nommé aux Oscars pour "Elephant Man" (1980), "Blue Velvet" (1986) et "Mulholland Drive" (2001). Il reçoit un Oscar d'honneur en 2019 pour l'ensemble de sa filmographie.

En France, dès la sortie de "Eraserhead" (1977), son premier long métrage, David Lynch fait l'objet d'une vénération. Il reçoit la Palme d'or à Cannes pour "Sailor et Lula" (1990) ainsi qu'un César du meilleur film étranger pour "Mulholland Drive".

En 1990, il crée "Twin Peaks", série mythique qui révolutionne le genre et transforme en détectives des millions de télespectateurs hantés par les mystères qu'il trousse sur deux saisons. Un quart de siècle plus tard, il reproduit le miracle avec "Twin Peaks: The Return" (2017), un ovni de 18 épisodes qui reprend l'intrigue autour de la disparition de l'agent Dale Cooper.

- Personnages égarés -

Né le 20 janvier 1946 dans le Montana (nord-ouest), il grandit dans une famille presbytérienne (protestante) de cinq enfants. Son père, scientifique au ministère de l'Agriculture et sa mère, professeure d'anglais, déménagent régulièrement au gré des affectations paternelles. David, mauvais à l'école, est un enfant sociable qui ramasse des morceaux de bois putréfiés dans les forêts où son père travaille.

Après des études en dents de scie, il trouve son bonheur aux Beaux-Arts de Pennsylvanie à Philadelphie. La ville, en plein déclin industriel, va imprégner son imaginaire. Il reproduit dans ses toiles l'ambiance "coupe-gorge" de son quartier misérable, peuplé de personnages égarés. Des nains, des clowns, une femme à la bûche: ces films seront tous ponctués par ces folles apparitions.

Avec sa première épouse (il en aura quatre), il se met à la caméra, désireux de "faire une peinture qui bouge". Il monte "L'alphabet", un court-métrage inspiré par un cousin somnambule qui récite l'alphabet en tremblant. Suit "Grand-mère": un garçon solitaire se fabrique une grand-mère à partir d'une graine. "Petit à petit, je suis tombé amoureux de ce médium", écrit-il dans son autobiographie "Mon histoire vraie". "Le cinéma est un langage. Il peut dire de grandes choses abstraites".

Sans le sou, père d'une petite Jennifer, il reste cinq ans à Philadelphie puis déménage à Los Angeles.

En 1973, sa soeur l'initie à la méditation transcendantale. "J'ai eu l'impression d'être dans un ascenseur dont le câble avait été coupé", raconte-t-il après sa première séance. "Boum! Je suis tombé en pleine félicité - un pur bonheur (...) Vous êtes emporté dans un océan de conscience pure". Dès lors, il méditera deux fois vingt minutes par jour.

- Outre-mondes -

Avec "Eraserhead" (1977), son premier long-métrage qu'il finance par des petits boulots sur cinq années, il entre de plein pied dans le malaise surréaliste. Il y raconte l'histoire d'un zombie, d'une jeune fille bizarre et de leur enfant, une créature repoussante agitée par des cris insoutenables, le tout filmé en noir et blanc dans un décor de ruines industrielles. "C'est mon film le plus spirituel", affirme-t-il, toujours avare en explications. Stanley Kubrick en raffole et le qualifie de cinéaste de l'inconscient.

Etonnament, Mel Brooks, le comique américain connu pour ses blagues de pets, produit "Elephant man" en 1980. Cette créature difforme de l'Angleterre victorienne touche le monde entier et fait de Lynch la mascotte de Hollywood. On lui confie la réalisation de "Dune", le célèbre roman de science-fiction de Frank Herbert. Le résultat fait un flop à 40 millions de dollars.

En 1986, il redevient son propre auteur et signe avec "Blue Velvet", l'un de ses plus beaux films. Derrière les façades proprettes d'une petite ville de Caroline, se déroulent des orgies sadomasochistes. Isabella Rossellini en chanteuse de cabaret envoûte et Dennis Hopper, qui ne peut atteindre l'orgasme sans inhaler un gaz euphorisant, terrorise.

Quatre ans plus tard, c'est la consécration à Cannes avec "Sailor et Lula" (1990) puis "Twin Peaks". Avec "Lost Highway" (1997) et "Mulholland Drive" (2001), il poursuit ses virées dans des outre-mondes aux contours inquiétants, faits de souvenirs en décomposition, de pulsions éclatantes et d'humour absurde.

Après l'échec commercial de son dernier film "Inland Empire" (2006), il poursuit sa vie d'artiste comme photographe, graveur, chanteur, publiciste et même décorateur. Interrogé sur la noirceur de ses films, il répondait: "La plupart des films reflètent le monde dans lequel nous vivons. Je m'entiche de certaines idées. (...) Si je vous disais (...) que mes films étaient les oeuvres d'un homme illuminé, alors là, ce serait une autre histoire. Mais je suis juste un gars originaire du Montana, je fais mon truc, je suis mon petit bonhomme de chemin, comme tout le monde".

K.Dudek--TPP