The Prague Post - En Méditerranée, les poissons cherchent la fraîcheur et ça recompose nos assiettes

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En Méditerranée, les poissons cherchent la fraîcheur et ça recompose nos assiettes
En Méditerranée, les poissons cherchent la fraîcheur et ça recompose nos assiettes / Photo: BORIS HORVAT - AFP/Archives

En Méditerranée, les poissons cherchent la fraîcheur et ça recompose nos assiettes

Il fait 34°C sur le Vieux-Port de Marseille, 29°C dans la mer. Les poissons aussi cherchent la fraicheur et l'étal de Sandrine Di Meglio manque cruellement de daurades royales ou de bonites pour la saison.

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"Il n'y a pas de poisson, il s'en va, c'est normal, il fait trop chaud, il va chercher la nourriture ailleurs", raconte la poissonnière.

Et n'allez pas demander de la sardine à sa voisine Christelle: "Il n'y en a pas! Ils cassent les c... avec les sardines. Il y a autre chose que la sardine, quoi !". A la place, elle propose des aloses: trois kilos pour 20 euros.

L'alose a les mêmes petits points sur le corps que la sardine, elles font partie de la même famille et ont des contenus élevés en oméga 3. Elle a certes pas mal d'arêtes mais elle est plus grosse et plus charnue. Cette espèce migre entre la mer vers les eaux douces pour la reproduction, elle profite donc pour se nourrir de ce continuum terre-mer.

La sardine disparait des étals car elle est devenue trop petite pour être pêchée faute de plancton, sa nourriture, qui se raréfie, explique Daniela Banaru, chercheuse en biologie et écologie marines à l'Institut méditerranéen d'océanologie (MIO).

Le week-end dernier, la mer Méditerranée a enregistré un triste record pour un mois de juin avec une température de surface de 26,01°C en moyenne, selon des données du programme européen Copernicus analysées par Météo-France.

"De l'eau à 29°C sur la plage de Cap Rousset, début juillet, c'est du jamais vu. C'est un phénomène qu'on a plus souvent fin juillet, début août", relève Marie Bravo-Monin, directrice du parc marin de la Côte bleue, au nord de Marseille.

En profondeur aussi, l'eau dans ce parc est de plus en plus chaude: en 2024, la températures à -12 mètres est montée jusqu'à 26,7°C et même à presque 28°C en 2022. Même l'hiver, la température a augmenté en moyenne de 2°C en 14 ans.

- Espèces exotiques -

Tout cela entraîne une reconfiguration des populations de poissons. "Certains vont faire comme nous, chercher la fraîcheur, tout simplement". La girelle royale, poisson phare de la bouillabaisse, la célèbre soupe de poisson locale, va descendre plus en profondeur.

A l'inverse, la girelle-paon, avec ses tons bleus et verts éclatants, aime la chaleur. On en observe donc de plus en plus dans les eaux de surface autour de Marseille.

Pour le loup (bar), espèce ultra-prisée dans la cuisine méditerranéenne, une température élevée peut déclencher la reproduction.

La pêche est donc de plus en plus aléatoire.

Et si on en est là, explique Daniela Banaru, c'est la conséquence d'au moins trois phénomènes.

Certaines espèces d'eau froide disparaissent, tandis que des espèces d'eau chaude et souvent même exotiques prolifèrent, comme le barracuda, la girelle-paon ou le baliste.

Avec l'augmentation des températures, il y a aussi une "stratification des eaux" qui empêche le mélange des eaux de surface et de profondeur qui permet normalement la prolifération du plancton, notamment au large où se nourrissent habituellement les grands prédateurs. Ce qui explique qu'on observe de plus en plus de thons ou cétacés près des côtes où leur nourriture est un peu plus abondante en lien avec les apports de la terre.

Enfin, le phénomène qui a le plus de conséquences pour la pêche en Méditerranée française, selon la chercheuse, est lié la gestion de l'eau du Rhône. L'amélioration de la qualité de eaux a fait baisser la concentration de nutriments. Mais surtout, les besoins pour l'agriculture et l'eau potable face aux épisodes de sécheresse, ont fait baisser la quantité d'eau du fleuve qui se jette dans la Méditerranée. Or, c'est principalement cette eau d'origine terrestre chargée en nutriments qui permet la prolifération de plancton, explique Daniela Banaru, également maîtresse de conférence à l'université d'Aix-Marseille.

Pour elle, la réglementation autour de la pêche devrait prendre en compte tous ces changements. Et les pêcheurs comme les consommateurs doivent s'adapter et manger ce que l'on trouve.

A deux pas du Vieux-Port, le chef Christian Qui essaie de montrer l'exemple. "A un moment j'ai jeté toutes mes cartes et je suis venu sur le quai regarder ce qu'il y avait sur les étals. Sur la bouillabaisse, l'idée c'est de ne pas avoir une recette trop définie avec tel ou tel poisson mais des principes de cuisine sauvage."

Et ce matin-là, pour sa bouillabaisse, il n'y a ni girelle, ni galinette (grondin perlon). Ce sera donc de la baudroie (lotte) !

S.Janousek--TPP