The Prague Post - "Matriochka", la nouvelle campagne de désinformation anti-ukrainienne à destination des médias occidentaux

EUR -
AED 4.117527
AFN 72.312732
ALL 90.734229
AMD 403.905416
ANG 2.006667
AOA 1028.11972
ARS 1714.415613
AUD 1.593521
AWG 2.020922
AZN 1.900995
BAM 1.954383
BBD 2.253267
BDT 138.359706
BGN 1.959628
BHD 0.422194
BIF 3353.289817
BMD 1.121177
BND 1.429887
BOB 13.173392
BRL 5.580884
BSD 1.118789
BTN 106.153052
BWP 15.411828
BYN 3.284919
BYR 21975.074721
BZD 2.249969
CAD 1.571066
CDF 2596.646386
CHF 0.925812
CLF 0.028182
CLP 1112.802166
CNY 7.487278
CNH 7.475444
COP 3542.965057
CRC 510.529927
CUC 1.121177
CUP 26.849537
CVE 110.184638
CZK 24.345015
DJF 199.215593
DKK 7.474609
DOP 68.620259
DZD 151.225514
EGP 62.807007
ERN 16.817659
ETB 181.967795
FJD 2.506615
FKP 0.838313
GBP 0.839723
GEL 2.904122
GGP 0.838313
GHS 12.971539
GIP 0.838313
GMD 82.966847
GNF 9900.293665
GTQ 8.551763
GYD 234.309109
HKD 8.795384
HNL 30.035228
HRK 7.538122
HTG 146.615875
HUF 366.876676
IDR 20324.701763
ILS 3.469809
IMP 0.838313
INR 106.739497
IQD 1695.970626
IRR 2054417.221553
ISK 136.413892
JEP 0.838313
JMD 177.551297
JOD 0.794885
JPY 176.307932
KES 145.652189
KGS 98.045384
KHR 4570.442393
KMF 492.754571
KPW 1009.05951
KRW 1484.438843
KWD 0.348328
KYD 0.932324
KZT 507.951796
LAK 25174.639154
LBP 100183.079351
LKR 371.479066
LRD 190.741735
LSL 18.535082
LTL 3.310545
LVL 0.678189
LYD 7.164806
MAD 10.988785
MDL 20.193272
MGA 5059.332594
MKD 61.624531
MMK 2354.305781
MNT 4035.111047
MOP 9.038248
MRU 44.71059
MUR 52.840939
MVR 17.333595
MWK 1939.893811
MXN 20.946002
MYR 4.581013
MZN 71.653957
NAD 18.535164
NGN 1514.721349
NIO 41.167955
NOK 10.473085
NPR 169.844883
NZD 1.970419
OMR 0.431095
PAB 1.118684
PEN 3.842115
PGK 5.0101
PHP 71.730704
PKR 309.58309
PLN 4.398877
PYG 6470.309806
QAR 4.078026
RON 5.348463
RSD 117.509479
RUB 90.478167
RWF 1652.901846
SAR 4.198626
SBD 9.053035
SCR 15.48235
SDG 674.383963
SEK 11.135488
SGD 1.434664
SHP 0.837856
SLE 25.730868
SLL 23510.531939
SOS 639.336558
SRD 42.211763
STD 23206.106083
STN 24.480944
SVC 9.788904
SYP 14577.546663
SZL 18.534565
THB 37.886869
TJS 10.309227
TMT 3.935332
TND 3.340664
TOP 2.699526
TRY 55.778456
TTD 7.60149
TWD 36.563874
TZS 2961.800545
UAH 50.647687
UGX 4928.405522
USD 1.121177
UYU 44.867277
UZS 13388.295101
VES 986.399322
VND 28972.902725
VUV 133.186439
WST 3.103185
XAF 655.957
XAG 0.020726
XAU 0.000279052537
XCD 3.030037
XCG 2.016238
XDR 0.792731
XOF 655.957
XPF 119.331742
YER 264.70897
ZAR 18.579197
ZMK 10091.940227
ZMW 22.492696
ZWL 361.018627
SSP 6441.499562
MXV 2.363144
  • AEX

    -0.1100

    1131.49

    -0.01%

  • BEL20

    -19.0800

    5762.97

    -0.33%

  • PX1

    61.4900

    7844.64

    +0.79%

  • ISEQ

    231.3800

    14169.9

    +1.66%

  • OSEBX

    5.4600

    2106.59

    +0.26%

  • PSI20

    -62.8700

    9182.01

    -0.68%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -25.2200

    4178.57

    -0.6%

  • N150

    23.5400

    4227.92

    +0.56%

"Matriochka", la nouvelle campagne de désinformation anti-ukrainienne à destination des médias occidentaux
"Matriochka", la nouvelle campagne de désinformation anti-ukrainienne à destination des médias occidentaux / Photo: SEBASTIEN BOZON - AFP

"Matriochka", la nouvelle campagne de désinformation anti-ukrainienne à destination des médias occidentaux

"Vérifiez cette information, s'il vous plaît" : depuis septembre, la désinformation en ligne attribuée à la Russie ne consiste plus seulement à relayer des infox anti-ukrainiennes mais aussi à interpeller directement les médias occidentaux pour les inciter à les vérifier. Une vaste "entreprise de diversion" à destination des journalistes, alertent les experts.

Taille du texte:

Ce mode opératoire a été surnommé l’opération "Matriochka" ou "poupées russes" par le collectif “Antibot4Navalny” qui traque les opérations d’influence en lien avec la Russie sur X.

Une internaute, "Käthe", commente par exemple sur X le 4 décembre une publication de BFM pour demander à la chaîne de vérifier une vidéo qui ressemble à un reportage de la télévision allemande Deutsche Welle affirmant qu’un "artiste ukrainien a scié la Tour Eiffel". "Je vois ce genre d'informations tous les jours. Les médias officiels n'en parlent pas, que dois-je croire?", interroge-t-elle.

En quelques heures, ce profil interpelle de la même façon des dizaines de médias comme Le Progrès, Paris Match, Mediapart, Le Point, Franceinfo, Le Figaro, RFI, Le Parisien... Le compte reste ensuite inactif jusqu'au 20 décembre : il diffuse alors un graffiti de Zelensky caricaturé en SDF à Los Angeles, un visuel qu'un autre compte demandera à son tour à des médias de vérifier, et ainsi de suite.

Les données fournies par "Antibot4Navalny" et sur lesquelles l’AFP a enquêté permettent de documenter l’existence de dizaines voire de centaines de profils usant de cette stratégie d’interpellation massive des médias. Il s’agit pour la plupart de comptes laissés à l’abandon par leur propriétaire puis piratés. Signe que ces comptes ont été pris en main par des "bots", les publications se succèdent parfois au rythme d’une par minute, pour mieux inonder les réseaux.

L’analyse de l’AFP a révélé aussi que comptes qui demandent aux médias de vérifier des infox vont eux-mêmes en diffuser quelque temps plus tard.

Vols dans les catacombes de Paris par un Ukrainien, détournements d'aides militaires à l'Ukraine, graffitis de Zelensky tronqués ou inventés et fausses publicités sur Times Square : ces publications mettent toujours en cause des Ukrainiens et cherchent à attiser l'idée une lassitude des Européens et des Américains à l'égard de Kiev.

La plupart de ces visuels ont été partagés pour la première fois par des internautes russes, notamment sur le réseau social Telegram et sur des blogs d’actualité, comme le montrent les recherches de l’AFP.

Cette campagne semble survenir dans le sillage d’une autre, appelée "Doppelganger" qui a consisté ces derniers mois à diffuser des infox anti-Ukraine via des visuels usurpant l’identité de médias occidentaux, une campagne clairement attribuée à la Russie par les services de renseignements français, relèvent les experts interrogés par l’AFP.

- "Entreprise de diversion" -

David Chavalarias, mathématicien en sciences-sociales et directeur de recherche au CNRS, voit dans cette campagne une "entreprise de diversion à destination des fact-checkeurs" afin de les "occuper sur des sujets grossiers, difficiles à vérifier". Pour le chercheur, cette opération peut également viser à donner de la visibilité à ces infox en les utilisant comme relai, à leur insu.

"L'objectif semble être de capter l'attention des fact-checkers pour contourner leur travail et avoir des effets tactiques et à plus long terme sur des points du récit sur ce conflit en cours" en testant la viralité de certains contenus, complète Julien Nocetti, ajoutant que "les Russes apprennent et il y a une sorte d'agilité à tester différentes méthodes".

Auprès de l’AFP, une source sécuritaire française confie ne "pas être étonnée" par cette nouvelle opération puisque "les Russes cherchent à avoir de la visibilité, ils veulent qu’on parle d’eux en bien ou en mal".

- "Bataille de récits" -

Les visuels anti-ukrainiens utilisés dans le cadre de "Matriochka" ont également été promus sur différents réseaux sociaux par les mêmes bots que ceux qui faisaient partie de la campagne Doppelgänger.

En décembre, un rapport d’Insikt Group, entité de la société de renseignement Recorded Future, indiquait que la campagne Doppelgänger était toujours très active sur les réseaux sociaux avec au moins 800 bots consacrés à la promotion de faux articles usurpant l’identité de médias ukrainiens.

"L’Ukraine reste le pays le plus souvent visé par la manipulation de l’information - et ce n’est pas par hasard", déclarait mardi Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne lors d’une conférence de presse sur la désinformation et l’ingérence étrangère, évoquant une “bataille de récits”.

"La sécurité n’est plus seulement une question d’armes, c’est une question d’information", concluait-il.

R.Rous--TPP