The Prague Post - La "vraie richesse" selon Samuel Lewis, paysan-artiste installé en Bretagne

EUR -
AED 4.119695
AFN 72.354221
ALL 90.782047
AMD 404.118279
ANG 2.007724
AOA 1028.661216
ARS 1706.04672
AUD 1.597164
AWG 2.021987
AZN 1.903312
BAM 1.955413
BBD 2.254454
BDT 138.432623
BGN 1.960661
BHD 0.422416
BIF 3355.057037
BMD 1.121768
BND 1.430641
BOB 13.180335
BRL 5.583485
BSD 1.119379
BTN 106.208996
BWP 15.41995
BYN 3.28665
BYR 21986.655821
BZD 2.251155
CAD 1.572124
CDF 2598.014842
CHF 0.924567
CLF 0.028197
CLP 1113.377077
CNY 7.491223
CNH 7.480202
COP 3545.381904
CRC 510.798982
CUC 1.121768
CUP 26.863687
CVE 110.242707
CZK 24.356505
DJF 199.320581
DKK 7.475586
DOP 68.656422
DZD 150.473242
EGP 62.242315
ERN 16.826522
ETB 182.063694
FJD 2.509616
FKP 0.838755
GBP 0.838976
GEL 2.905268
GGP 0.838755
GHS 12.978375
GIP 0.838755
GMD 83.010714
GNF 9905.511226
GTQ 8.55627
GYD 234.432593
HKD 8.799379
HNL 30.051057
HRK 7.535365
HTG 146.693143
HUF 366.90457
IDR 20327.560721
ILS 3.49666
IMP 0.838755
INR 106.730463
IQD 1696.864421
IRR 2055499.921566
ISK 136.410186
JEP 0.838755
JMD 177.644868
JOD 0.795295
JPY 176.190499
KES 145.695284
KGS 98.097055
KHR 4572.851065
KMF 493.013792
KPW 1009.591295
KRW 1484.503567
KWD 0.348522
KYD 0.932816
KZT 508.219492
LAK 25187.906459
LBP 100235.876906
LKR 371.674839
LRD 190.842258
LSL 18.54485
LTL 3.31229
LVL 0.678546
LYD 7.168582
MAD 10.994577
MDL 20.203914
MGA 5061.998917
MKD 61.592545
MMK 2355.546526
MNT 4037.237594
MOP 9.043012
MRU 44.734153
MUR 52.880709
MVR 17.342278
MWK 1940.916156
MXN 20.999273
MYR 4.581264
MZN 71.685185
NAD 18.544932
NGN 1510.438699
NIO 41.189651
NOK 10.462393
NPR 169.934393
NZD 1.968613
OMR 0.428975
PAB 1.119274
PEN 3.84414
PGK 5.012741
PHP 71.674818
PKR 309.746243
PLN 4.404813
PYG 6473.719728
QAR 4.080175
RON 5.349038
RSD 117.476767
RUB 91.453301
RWF 1653.772942
SAR 4.200839
SBD 9.057806
SCR 15.746252
SDG 674.729276
SEK 11.139608
SGD 1.434461
SHP 0.838298
SLE 25.744543
SLL 23522.922241
SOS 639.673495
SRD 42.209863
STD 23218.33595
STN 24.493846
SVC 9.794063
SYP 14585.229186
SZL 18.544333
THB 37.903987
TJS 10.31466
TMT 3.937406
TND 3.342424
TOP 2.700948
TRY 55.821876
TTD 7.605496
TWD 36.545973
TZS 2967.057672
UAH 50.674378
UGX 4931.002844
USD 1.121768
UYU 44.890922
UZS 13395.350876
VES 986.91917
VND 29003.876509
VUV 133.25663
WST 3.10482
XAF 655.957
XAG 0.020732
XAU 0.000279601835
XCD 3.031634
XCG 2.017301
XDR 0.793148
XOF 655.957
XPF 119.331742
YER 264.848348
ZAR 18.647679
ZMK 10097.257485
ZMW 22.504549
ZWL 361.208888
SSP 6444.894301
MXV 2.369154
  • AEX

    1.9200

    1131.63

    +0.17%

  • BEL20

    45.3200

    5781.8

    +0.79%

  • PX1

    -28.1200

    7782.82

    -0.36%

  • ISEQ

    -88.3700

    13938.2

    -0.63%

  • OSEBX

    15.4300

    2101.12

    +0.74%

  • PSI20

    7.3900

    9244.62

    +0.08%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -25.2200

    4178.57

    -0.6%

  • N150

    3.7800

    4204.6

    +0.09%

La "vraie richesse" selon Samuel Lewis, paysan-artiste installé en Bretagne
La "vraie richesse" selon Samuel Lewis, paysan-artiste installé en Bretagne / Photo: Fred TANNEAU - AFP

La "vraie richesse" selon Samuel Lewis, paysan-artiste installé en Bretagne

A 37 ans, Samuel Lewis n'a jamais été scolarisé ni salarié: ce "paysan-artiste" britannique installé en Bretagne vit presque sans argent, en cultivant céréales et légumes à la main pour "sa nourriture de base". Une quête d'autosuffisance qu'il partage sur internet ou lors de stages gratuits.

Taille du texte:

"La vraie richesse, c'est une bonne terre et tout ce qu'elle nous donne" lance-t-il, un grand sourire aux lèvres, en faisant visiter son "coin de paradis".

Trois hectares dans un hameau à Duault près de Callac (Côtes d'Armor), répartis en 35 parcelles: avec son père Gareth, d'origine galloise, il y cultive seigle, blé noir, haricots, pommes de terre, fruits et autres légumes du potager. Uniquement pour la consommation familiale.

"L'objectif, c'est de faire ma nourriture de base", résume-t-il. Les 500 arbres qu'il a plantés lui fournissent des pommes pour faire son cidre ou du bois pour se chauffer. Légumes et céréales font d'excellentes soupes ou salades, du pain, des galettes.

Ici, ni tracteur ni motoculteur: il travaille "à l'ancienne" - et seulement l'après-midi. Ses outils de prédilection sont la houe, la faucille ou le fléau, achetés d'occasion ou fabriqués dans son atelier. Des voisins plus âgés lui ont en appris le maniement.

"Je suis le seul en Europe occidentale à cultiver les céréales à la main", proclame-t-il avec un fort accent d'outre-Manche.

Pull en laine fait maison, sabots en bois, cheveux longs et rares, barbe rousse tressée sous le menton, Samuel Lewis, avec son allure de barde sorti d'un conte, s'installe devant un feu de bois. Il raconte un parcours atypique, en marge d'une société de consommation qu'il rejette.

- "Je ne vends rien" -

En 1994, les Lewis quittent le nord de l'Angleterre et viennent s'installer en Centre-Bretagne. Ils y rachètent à bas prix une ruine qu'ils vont retaper "pour avoir plus d'espace" pour leurs deux filles et leur fils.

Autodidacte, Samuel n'ira jamais à l'école, apprend à lire avec l'aide de sa mère, aujourd'hui décédée.

Avec l'adolescence vient l'heure des questionnements.

"Chaque chose qu'on fait comme métier dégrade l'environnement", estime-t-il. "Déjà à 16 ans j'étais attaché à mon jardin. Pour moi c'était pas possible (de travailler) dans un bâtiment toute la journée!".

Il préfère cultiver ce jardin, son amour de la terre, mener une vie simple, respectueuse de l'environnement. Ne pas dépendre de l'argent pour vivre.

"Ce que je fais, c'est l'antithèse de l'agriculture moderne, je ne vends rien", dit-il. "La terre, on l'a tuée avec l'agriculture moderne!".

Il ne rejette pas le confort ou la modernité, partage la maison où vivent son père et sa soeur, pour les repas ou l'internet. Mais il préfère dormir dans la petite bâtisse voisine, sans électricité ni eau courante.

Ce "paysan-artiste", comme il se décrit, dessine, tous les matins, depuis tout petit. Son personnage fétiche, Tim le jardinier, est au coeur d'un livre, co-écrit avec son père et récemment publié par les éditions Ulmer, "La vie simple", mêlant réflexions philosophiques et guide illustré de jardinage.

Ses seuls revenus proviennent de ce livre et du mensuel qu'il rédige avec son père et sa soeur Bethan, le "Central Britanny Journal" destiné à la communauté britannique de sa région et tiré à 2.500 exemplaires. Il refuse les aides sociales.

"On ne peut pas se passer d'argent", reconnaît-il. Mais pas question de "courir après l'argent".

- La recette du bonheur -

Le peu qu'il gagne lui permet d'aider son père à payer les factures, les rares courses alimentaires du foyer, le carburant des deux vieilles voitures de la famille. Ou d'aller boire un verre au bar ou au fest-noz du coin avec des amis.

Samuel Lewis dit n'acheter quasiment rien ou alors d'occasion, vêtements ou outils chinés dans des brocantes. Un style de vie, concède-t-il, rendu possible parce qu'il a accès aux commodités de la maison familiale.

Cette "vie simple", il souhaite la faire connaître, notamment sur les réseaux sociaux, Instagram ou Facebook. Une vidéo que le média en ligne Brut lui a consacré, a été vue 1,3 million de fois.

Depuis 2022, il organise régulièrement journées portes ouvertes et formations gratuites sur sa ferme vivrière. Il ne souhaite pas forcément convertir les visiteurs, mais au moins montrer, notamment aux jeunes générations, qu'une autre voie est possible.

"Quand j'étais jeune, on m'a culpabilisé sur la vie que je voulais mener", se souvient-il.

"Tout ce dont nous avons besoin, la terre nous le donne. Si on sait la cultiver, on peut vivre dans un environnement magnifique (...) manger de la bonne nourriture, faire un bon feu pour se réchauffer". La recette du bonheur simple, selon Samuel Lewis.

W.Cejka--TPP