The Prague Post - Journalistes en Afghanistan: censure, arrestations, violences ou exil

EUR -
AED 4.114065
AFN 72.259582
ALL 90.790621
AMD 404.158249
ANG 2.004979
AOA 1027.255243
ARS 1706.277137
AUD 1.605841
AWG 2.019222
AZN 1.908846
BAM 1.955598
BBD 2.254667
BDT 138.445698
BGN 1.95798
BHD 0.422456
BIF 3355.553362
BMD 1.120234
BND 1.430852
BOB 13.181638
BRL 5.562192
BSD 1.119484
BTN 106.219027
BWP 15.421407
BYN 3.28696
BYR 21956.591821
BZD 2.251367
CAD 1.568609
CDF 2594.46299
CHF 0.92428
CLF 0.028243
CLP 1105.065844
CNY 7.480981
CNH 7.472639
COP 3552.732992
CRC 510.847228
CUC 1.120234
CUP 26.866225
CVE 110.25361
CZK 24.330933
DJF 199.339408
DKK 7.473811
DOP 68.662907
DZD 150.487454
EGP 61.701626
ERN 16.803514
ETB 182.080891
FJD 2.506193
FKP 0.83772
GBP 0.83759
GEL 2.901844
GGP 0.83772
GHS 12.979659
GIP 0.83772
GMD 82.897735
GNF 9906.976581
GTQ 8.557116
GYD 234.45578
HKD 8.78527
HNL 30.053895
HRK 7.537165
HTG 146.714844
HUF 366.731529
IDR 20269.350965
ILS 3.478944
IMP 0.83772
INR 106.361208
IQD 1697.024692
IRR 2052689.282929
ISK 136.422562
JEP 0.83772
JMD 177.661647
JOD 0.79429
JPY 175.72038
KES 145.354984
KGS 97.962924
KHR 4573.527541
KMF 492.347215
KPW 1008.210806
KRW 1482.658115
KWD 0.348046
KYD 0.932904
KZT 508.267495
LAK 25190.397759
LBP 100245.344367
LKR 371.711601
LRD 190.860284
LSL 18.546684
LTL 3.307761
LVL 0.677619
LYD 7.169259
MAD 10.995664
MDL 20.205913
MGA 5062.477032
MKD 61.598637
MMK 2352.610992
MNT 4031.902629
MOP 9.043866
MRU 44.738378
MUR 52.830672
MVR 17.319246
MWK 1941.099479
MXN 20.912986
MYR 4.576498
MZN 71.587148
NAD 18.546684
NGN 1492.219693
NIO 41.195744
NOK 10.482469
NPR 169.950444
NZD 1.961367
OMR 0.429016
PAB 1.119384
PEN 3.844503
PGK 5.013482
PHP 71.267107
PKR 309.775499
PLN 4.40251
PYG 6474.331183
QAR 4.080578
RON 5.3545
RSD 117.487863
RUB 89.990404
RWF 1653.929144
SAR 4.204519
SBD 9.045421
SCR 15.663382
SDG 673.825035
SEK 11.125947
SGD 1.430432
SHP 0.837151
SLE 25.709792
SLL 23490.757589
SOS 639.733914
SRD 42.176265
STD 23186.587781
STN 24.497469
SVC 9.794988
SYP 14565.285711
SZL 18.546084
THB 37.830725
TJS 10.315634
TMT 3.932022
TND 3.342755
TOP 2.697255
TRY 55.679905
TTD 7.606214
TWD 36.503734
TZS 2963.693842
UAH 50.679165
UGX 4931.490563
USD 1.120234
UYU 44.895362
UZS 13396.616091
VES 985.569686
VND 28949.654292
VUV 132.885547
WST 3.100575
XAF 655.957
XAG 0.020782
XAU 0.000280356799
XCD 3.02749
XCG 2.017492
XDR 0.792064
XOF 655.957
XPF 119.331742
YER 264.491333
ZAR 18.566461
ZMK 10083.456786
ZMW 22.506675
ZWL 360.71498
SSP 6436.081715
MXV 2.360302
  • AEX

    1.9200

    1131.63

    +0.17%

  • BEL20

    45.3200

    5781.8

    +0.79%

  • PX1

    -28.1200

    7782.82

    -0.36%

  • ISEQ

    -88.3700

    13938.2

    -0.63%

  • OSEBX

    15.4300

    2101.12

    +0.74%

  • PSI20

    7.3900

    9244.62

    +0.08%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -25.2200

    4178.57

    -0.6%

  • N150

    3.7800

    4204.6

    +0.09%

Journalistes en Afghanistan: censure, arrestations, violences ou exil
Journalistes en Afghanistan: censure, arrestations, violences ou exil / Photo: Wakil KOHSAR - AFP/Archives

Journalistes en Afghanistan: censure, arrestations, violences ou exil

Censure, intimidation, détention arbitraire, violences allant jusqu'à la torture: le nombre de journalistes a fondu depuis le retour des talibans au pouvoir en 2021 en Afghanistan, pays où la presse avait été relativement libre.

Taille du texte:

Une nouvelle loi de "promotion de la vertu et prévention du vice", visant une application ultra-rigoureuse de la loi islamique, inquiète encore davantage une profession sinistrée, entre reconversions et exils.

Au retour des talibans, l'Afghanistan comptait 8.400 salariés dans les médias dont 1.700 femmes. Il n'en reste que 5.100 dont 560 femmes, selon des sources de la profession.

Des dizaines de médias ont été fermés et l'Afghanistan est passé en trois ans du 122e au 178e rang sur 180 au classement de Reporters sans Frontières (RSF) pour la liberté de la presse.

"On a enregistré environ 450 cas d'abus contre des journalistes depuis l'arrivée des talibans", indique Samiullah (prénom d'emprunt), cadre dans une association de protection de la presse.

Ceci inclut "des interpellations, menaces, détentions arbitraires, violences physiques et tortures" dues "à 70% au GDI", la Direction générale du renseignement, précise-t-il.

Contrairement à des pays comme la Chine ou l'Iran, l'Afghanistan n'emprisonne pas longuement ses journalistes.

"On n'a pas besoin de remplir les prisons de journalistes pour avoir un effet dissuasif", explique Célia Mercier, responsable de l'Asie du Sud chez RSF. "Les garder quelques jours en détention (...) peut les briser psychologiquement" car "ils sont en général torturés".

Des journalistes afghans ont rapporté à RSF avoir subi des tortures ainsi que l'enfermement dans des cellules avec des détenus du groupe jihadiste Etat islamique (EI) menaçant de les tuer jour et nuit.

"Après une telle épreuve, des journalistes vont essayer de quitter le pays", poursuit Célia Mercier.

- "Profession humiliée" -

Meena Akbari travaillait pour Khurshid TV mais a dû fuir au Pakistan en 2021 - comme des centaines d'autres journalistes afghans - "en raison de nombreuses menaces pour (sa) sécurité". Elle est encore menacée de mort, "apparemment par des gens des rangs des talibans", sur les réseaux sociaux et reçoit un soutien psychologique.

Arrêté en 2023 pour "espionnage", le journaliste franco-afghan Mortaza Behboudi, qui travaillait pour plusieurs médias français, a été détenu à Kaboul 10 mois et dit avoir été torturé "tous les jours ou presque".

"Les collaborateurs de médias en exil et médias étrangers sont particulièrement ciblés", précise Mme Mercier.

La chaîne Afghanistan International basée à Londres, pour laquelle plus aucun Afghan n'a le droit de travailler, a accusé ce mois-ci Kaboul de brouiller ses fréquences. Plutôt que de s'exiler, certains journalistes se reconvertissent en youtubeurs.

"Aucune autre profession n'a été autant humiliée", constate un journaliste du nord du pays, qui préfère garder l'anonymat après avoir été arrêté et battu. "Avec mes collègues, on réfléchit à un autre travail" car "chaque jour de nouvelles restrictions sont annoncées".

"Si on couvre des (attentats) ou des sujets liés aux femmes, on s'expose à des menaces par téléphone, des convocations ou une détention", dit-il.

Depuis quelques jours, les talk-shows politiques, dont les télévisions sont friandes, sont drastiquement encadrés, indiquent à l'AFP des responsables de médias.

Les experts invités doivent figurer sur une liste préalablement établie, les thèmes être approuvés. Toute critique du pouvoir est proscrite.

Les directeurs de chaîne doivent, après enregistrement, expurger les "points faibles".

La radiotélévision d'Etat RTA n'emploie plus aucune femme journaliste, selon une source en son sein. Dans le Helmand (sud), la voix des femmes est bannie à la télévision et sur les radios.

La surveillance des journalistes se poursuit sur les réseaux sociaux. La presse survit en s'autocensurant, ce "qui est un gros problème", concède Samiullah.

- "Seuls, perdus, sans défense" -

Les talibans affirment que la presse est libre.

Récemment, Hayatullah Muhajir Farahi, vice-ministre de l'Information, assurait que "tous les médias peuvent travailler" en Afghanistan à condition de respecter "les valeurs islamiques, l'intérêt supérieur du pays, sa culture et ses traditions".

L'entrée en vigueur en août de la "loi pour la promotion de la vertu et prévention du vice" fait trembler les rédactions, dont certaines indiquent être la cible de descentes des brigades du ministère éponyme.

Avec cette loi, qui interdit de prendre des images d'êtres vivants et aux femmes de faire entendre leur voix en public, la question se pose de savoir si "les médias pourront encore travailler et les femmes s'y montrer", dit le journaliste du Nord.

Le ministère de l'Information n'a pas répondu aux questions de l'AFP.

Bien que les autorités "nous assurent que (la loi) ne va pas affecter le travail des journalistes, on voit sur le terrain qu'elle a vraiment un impact", raconte Samiullah. "En juillet, on a eu deux ou trois cas d'abus contre des journalistes. En août, 15 ou 16 cas et 11 en septembre".

Seule note positive, les journalistes restent soutenus par des associations locales recevant des financements de l'Union européenne, de l'Unesco ou d'ONG internationales. Ces associations défendent des cas individuels ou encouragent le recrutement de femmes journalistes dans certains médias.

Des discussions régulières ont aussi lieu entre les médias et leur ministère de tutelle et le reste du gouvernement.

"Quand on parle avec le ministère de l'Information, on reçoit des assurances que les choses vont s'arranger", confie Samiullah. "Mais quand on voit comment se comporte un type du GDI en province, ça empire".

Une autre loi en préparation doit encadrer le fonctionnement des médias.

"Les journalistes ont très peur", conclut Samiullah. "Ils se sentent seuls, perdus, sans défense".

R.Krejci--TPP