The Prague Post - En Ouganda, les "mamies du cricket" prennent la batte contre la solitude et la sédentarité

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En Ouganda, les "mamies du cricket" prennent la batte contre la solitude et la sédentarité
En Ouganda, les "mamies du cricket" prennent la batte contre la solitude et la sédentarité / Photo: Luis TATO - AFP

En Ouganda, les "mamies du cricket" prennent la batte contre la solitude et la sédentarité

Des rires et des chants résonnent dans un champ de l'est rural de l'Ouganda, où se rassemblent les "mamies du cricket", qui assurent avoir triomphé ensemble du stress, de la solitude et des problèmes de santé.

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Parées de robes longues colorées et souvent pieds nus, ces femmes, âgées de 50 à 90 ans, se retrouvent chaque semaine sur un terrain de jeu reculé du district de Jinja, à environ 80 kilomètres de la capitale Kampala.

L'initiative a démarré en 2025 avec seulement dix grands-mères dans le village de Kivubuka. Le nombre de participantes a depuis décuplé.

Chaque coup de batte, peu importe sa puissance, suscite les acclamations des joueuses, et l'entraînement du samedi matin se transforme en spectacle joyeux.

Avant de jouer au cricket, Jennifer Waibi Nanyonga, 72 ans, avait "mal aux jambes, mais ce n'est plus le cas", confie-t-elle. "J'avais aussi mal au dos, mais ça ne m'arrive plus", se réjouit-elle encore, interrogée par l'AFP.

"J'ai passé toute l'année dernière sans consulter de médecin pour mon dos, alors que j'en souffrais beaucoup auparavant", ajoute cette grand-mère de 29 petits-enfants.

Leur entraîneur et directeur de l'école de cricket de Jinja, Aaron Kusasira, 26 ans, explique que le programme visait initialement à former les enfants.

Lorsqu'il a réalisé que beaucoup d'accompagnantes connaissaient peu ce sport et empêchaient souvent les enfants d'y participer, il a décidé d'y associer les femmes âgées.

-Nouveau départ"-

"Nous venons ici, nous courons, nous bougeons, nous faisons des étirements pour les aider physiquement", explique-t-il.

Courir était autrefois difficile pour beaucoup d'entre elles, mais le cricket a changé la donne, se félicite-t-il.

"Désormais, elles doivent courir sans même s'en rendre compte, car elles doivent être compétitives", sourit l'entraîneur.

L'inactivité physique est un facteur de risque majeur de morbidité.

Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), elle est plus fréquente chez les femmes à l'échelle mondiale, et chez les personnes de plus de 60 ans.

Selon des données de l'organisation, la sédentarité pourrait coûter aux systèmes de santé publique mondiaux environ 300 milliards de dollars entre 2020 et 2030, soit environ 27 milliards de dollars par an, si les niveaux d'activité physique ne sont pas améliorés.

Au-delà de l'activité physique, le cricket a également favorisé un sentiment d'appartenance à une communauté, aidant nombre de ces femmes à nouer de nouvelles amitiés.

"À la maison, on est seules et on passe notre temps plongées dans nos pensées", confie une participante, Patriciah, qui n'a pas donné son nom de famille.

Pour beaucoup, les rencontres hebdomadaires se sont révélées libératrices.

"Quand j'arrive ici et que je retrouve mes amies, on se réunit et on parle de nos problèmes, on se conseille mutuellement", explique Mme Nanyonga.

"Au moment de rentrer à la maison, on se sent toutes plus légères et prêtes à prendre un nouveau départ", ajoute-t-elle.

L'entraîneur est au diapason:

"Des enfants aux aînés, tant que je vois des sourires (...) c'est tout ce qui compte", lance-t-il. Je sais que ma journée a été réussie".

K.Dudek--TPP