The Prague Post - Ukraine: les haïkus de Vladislava Simonova ou les petits miracles de la guerre

EUR -
AED 4.112729
AFN 72.209233
ALL 90.834594
AMD 404.430398
ANG 2.004329
AOA 1026.922356
ARS 1711.121873
AUD 1.592446
AWG 2.018568
AZN 1.903539
BAM 1.956545
BBD 2.255759
BDT 138.512752
BGN 1.957346
BHD 0.422659
BIF 3357.163565
BMD 1.119871
BND 1.431545
BOB 13.188081
BRL 5.645832
BSD 1.120027
BTN 106.270947
BWP 15.428945
BYN 3.288552
BYR 21949.481317
BZD 2.252458
CAD 1.565944
CDF 2593.622491
CHF 0.923586
CLF 0.028162
CLP 1108.348251
CNY 7.478558
CNH 7.469408
COP 3541.268843
CRC 511.094647
CUC 1.119871
CUP 26.879237
CVE 110.30701
CZK 24.341471
DJF 199.436845
DKK 7.474297
DOP 68.696162
DZD 150.994447
EGP 61.925754
ERN 16.798072
ETB 182.169892
FJD 2.50538
FKP 0.836936
GBP 0.837042
GEL 2.900877
GGP 0.836936
GHS 12.986004
GIP 0.836936
GMD 82.870815
GNF 9911.774835
GTQ 8.561261
GYD 234.570382
HKD 8.782167
HNL 30.068451
HRK 7.532235
HTG 146.785902
HUF 366.606168
IDR 20278.745033
ILS 3.477817
IMP 0.836936
INR 106.28034
IQD 1697.846614
IRR 2052024.53209
ISK 136.400612
JEP 0.836936
JMD 177.745312
JOD 0.793968
JPY 175.563937
KES 145.403899
KGS 97.9312
KHR 4575.763079
KMF 492.18244
KPW 1007.884303
KRW 1485.252486
KWD 0.347742
KYD 0.93336
KZT 508.511393
LAK 25202.710814
LBP 100294.344243
LKR 371.886649
LRD 190.953576
LSL 18.555667
LTL 3.30669
LVL 0.677399
LYD 7.172764
MAD 11.000842
MDL 20.215789
MGA 5064.951568
MKD 61.596732
MMK 2352.120937
MNT 4031.600845
MOP 9.048286
MRU 44.760047
MUR 52.813539
MVR 17.313527
MWK 1942.048287
MXN 20.911595
MYR 4.575013
MZN 71.561683
NAD 18.555667
NGN 1496.181691
NIO 41.215697
NOK 10.452595
NPR 170.032756
NZD 1.964187
OMR 0.430603
PAB 1.119932
PEN 3.846365
PGK 5.015843
PHP 71.256864
PKR 309.92138
PLN 4.400104
PYG 6477.466901
QAR 4.082555
RON 5.348953
RSD 117.527161
RUB 90.320463
RWF 1654.737584
SAR 4.204287
SBD 9.042491
SCR 15.481781
SDG 673.600257
SEK 11.12393
SGD 1.431481
SHP 0.83688
SLE 25.701196
SLL 23483.150256
SOS 640.040898
SRD 42.162604
STD 23179.078951
STN 24.509334
SVC 9.799732
SYP 14560.568835
SZL 18.554984
THB 37.817679
TJS 10.320677
TMT 3.930749
TND 3.344374
TOP 2.696381
TRY 55.699158
TTD 7.609898
TWD 36.514582
TZS 2962.231439
UAH 50.703937
UGX 4933.879036
USD 1.119871
UYU 44.916505
UZS 13403.104485
VES 985.250513
VND 28940.27913
VUV 133.184142
WST 3.096117
XAF 655.957
XAG 0.020754
XAU 0.000280346342
XCD 3.026509
XCG 2.01846
XDR 0.791807
XOF 655.957
XPF 119.331742
YER 264.402165
ZAR 18.604929
ZMK 10080.192728
ZMW 22.517676
ZWL 360.598165
SSP 6434.576741
MXV 2.360146
  • AEX

    1.9200

    1131.63

    +0.17%

  • BEL20

    45.3200

    5781.8

    +0.79%

  • PX1

    -28.1200

    7782.82

    -0.36%

  • ISEQ

    -88.3700

    13938.2

    -0.63%

  • OSEBX

    15.4300

    2101.12

    +0.74%

  • PSI20

    7.3900

    9244.62

    +0.08%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -25.2200

    4178.57

    -0.6%

  • N150

    3.7800

    4204.6

    +0.09%

Ukraine: les haïkus de Vladislava Simonova ou les petits miracles de la guerre
Ukraine: les haïkus de Vladislava Simonova ou les petits miracles de la guerre / Photo: Tetiana DZHAFAROVA - AFP

Ukraine: les haïkus de Vladislava Simonova ou les petits miracles de la guerre

A Poltava, en Ukraine, dans un immeuble situé près du dépôt des trolleybus, un ascenseur capricieux conduit à l'appartement de la poétesse Vladislava Simonova, 27 ans, renommée au Japon mais quasiment inconnue dans son pays.

Taille du texte:

Elle a les cheveux roses, un pull fuchsia et des chaussettes roses. La pièce est recouverte d'une moquette tendre. Vladislava Simonova s'assoit pour raconter sa vie parallèle, à 7.800 km de là, dans un archipel où elle n'a jamais mis les pieds.

Dans le ciel de Poltava (centre), le bourdonnement d'un drone l'inquiète. L'engin explose, au loin, à l'instant où elle prononce le mot "explosion". Elle évoquait les bombardements russes qui terrorisent l'Ukraine.

Près d'elle, une étagère compte quinze livres aux tranches colorées (une collection de poètes ukrainiens contemporains), deux théières japonaises, trois icônes religieuses et une figurine de Phoebe Buffay de la série Friends.

"Je n'aurais jamais imaginé que j'écrirais un jour sur la guerre (...) Puis j'ai réalisé (...) que des détails infimes peuvent, peut-être, bien mieux transmettre la tragédie de cette grande guerre."

Toute une génération d'artistes ukrainiens, soldats ou civils, connus ou confidentiels, témoigne de cette agression militaire d'une extrême violence, qui vise aussi leur culture.

En 2013, Vladislava Simonova, encore adolescente, découvre les haïkus, ces poèmes de trois vers et 17 syllabes (5/7/5) comportant généralement une chute et codifiés au Japon au XVIIe siècle pour illuminer, avec simplicité, les beautés de la nature, du quotidien et de l'éphémère.

Pendant des années, elle étudie les maîtres japonais -- Basho, Buson, Issa -- et rédige plus de 600 haïkus devenus, dit-elle, de moins en moins "maladroits".

Avec insolence

Devant des peaux d'abricots

S'avance un gros chat.

24.04.2015

Qu'importe la pluie

Je tremble et porte chez moi

Un petit pied d'arbre.

16.10.2014

- "Communion" -

En 2018, elle remporte un concours organisé par une fondation japonaise.

Quand débute l'invasion massive, en février 2022, elle vit à Kharkiv. L'armée russe tente de conquérir cette ville du nord-est et la bombarde constamment. Pendant trois mois, la poétesse survit dans un abri souterrain.

Au lieu de l'orage

Les explosions résonnent.

Le printemps est là.

14.05.2022

Des abeilles sourdes

Aux sirènes dans le ciel.

Les fleurs des tilleuls.

19.06.2022

En mars 2022, depuis son abri, elle donne une interview par écrit au journal japonais Asahi Shimbun. Une poétesse réputée, Mayuzumi Madoka, la contacte quelques semaines plus tard.

"Elle a une profonde compréhension de l'essence des haïkus", dit à l'AFP Mayuzumi Madoka. Selon elle, l'oeuvre de sa consoeur reflète une "communion avec la nature" et un "sentiment d'optimisme, malgré des thèmes proches de l'obscurité".

A travers le toit

D'une maison en ruines

Les étoiles brillent.

14.05.2022

Avec une dizaine de personnes, Mayuzumi Madoka aide Vladislava Simonova à traduire et publier au Japon son premier recueil, en 2023. Le livre a reçu de "grands éloges", dit Mayuzumi Madoka.

Elle rappelle que de très nombreux Japonais ont composé des haïkus lors de périodes noires, notamment après les bombardements nucléaires de 1945 et le tsunami de 2011.

- "Cerisiers" -

En août 2022, l'abri souterrain où avait vécu Vladislava Simonova, à Kharkiv, est anéanti par un missile russe. Elle part vivre à Poltava.

En 2024, elle publie un deuxième recueil au Japon, puis un autre, début 2026, au Danemark. Elle rêve d'en publier un en Ukraine.

Avant la guerre, elle écrivait en russe, puis est passée à l'ukrainien. La traduction de ses compositions lui a causé des "problèmes complexes": les deux langues, proches, comportent de nombreux mots différents.

Simonova ne lit pas de prose, "seulement de la poésie". Et la Bible. Elle appartient à la minuscule communauté catholique de Poltava.

Elle propose d'aller au parc, salue son mari qui reste à la maison, et dévale les escaliers de son immeuble soviétique. Son ascenseur a cessé de fonctionner.

C'est un froid dimanche de printemps, le parc est presque vide. La poétesse porte une doudoune multicolore. Elle s'installe sur la branche d'un arbre, près d'un étang aux reflets d'acier.

Depuis l'enfance, elle souffre d'une grave maladie du coeur qui l'épuise. Elle a découvert les haïkus à l'hôpital, dans une anthologie où il y avait aussi "des poèmes perses".

Le vent souffle. Elle se lève et lit à voix haute. C'est la première fois qu'elle le fait en public. Elle prononce chaque poème à deux reprises.

Le premier est pour ses amis disparus.

Ils partent au vent,

Libres fleurs de cerisiers,

Ceux qui me sont proches.

Le deuxième est un souvenir de Kharkiv.

J'ai pris et serré

Les débris d'une roquette.

Vague de douleur.

Elle parcourt son recueil à la couverture rose. Puis en choisit un dernier.

Quel ciel aujourd'hui !

C'est de lui que vient vers nous

Le vol des missiles.

W.Urban--TPP