The Prague Post - Des adolescents soupçonnés de terrorisme, happés dans l'engrenage de vidéos "ultra violentes"

EUR -
AED 4.200579
AFN 75.480235
ALL 93.377918
AMD 419.223753
ANG 2.047409
AOA 1048.717023
ARS 1687.421195
AUD 1.635488
AWG 2.054262
AZN 1.942446
BAM 1.951601
BBD 2.303155
BDT 140.963014
BGN 1.96421
BHD 0.431238
BIF 3412.048183
BMD 1.143639
BND 1.474035
BOB 7.918369
BRL 5.858979
BSD 1.143545
BTN 110.173439
BWP 15.498789
BYN 3.313086
BYR 22415.332458
BZD 2.299852
CAD 1.607351
CDF 2583.481896
CHF 0.925164
CLF 0.026883
CLP 1058.026319
CNY 7.741066
CNH 7.747454
COP 3704.865618
CRC 519.684149
CUC 1.143639
CUP 30.306444
CVE 110.218185
CZK 24.221712
DJF 203.24708
DKK 7.476016
DOP 66.9602
DZD 152.161132
EGP 57.705188
ERN 17.154591
ETB 181.810076
FJD 2.562038
FKP 0.847401
GBP 0.849284
GEL 2.996039
GGP 0.847401
GHS 13.168974
GIP 0.847401
GMD 84.629151
GNF 10041.154683
GTQ 8.724268
GYD 239.245254
HKD 8.965962
HNL 30.706919
HRK 7.535208
HTG 149.459086
HUF 361.659974
IDR 20553.487497
ILS 3.456021
IMP 0.847401
INR 110.196118
IQD 1498.167629
IRR 1572504.190237
ISK 143.217876
JEP 0.847401
JMD 181.375797
JOD 0.810864
JPY 185.753916
KES 147.877734
KGS 100.011427
KHR 4599.718156
KMF 490.621379
KPW 1029.275548
KRW 1692.723056
KWD 0.353522
KYD 0.95295
KZT 538.463826
LAK 25817.659759
LBP 102412.909302
LKR 384.341393
LRD 207.460279
LSL 18.653107
LTL 3.37687
LVL 0.691776
LYD 7.307721
MAD 10.682756
MDL 20.074983
MGA 4917.64972
MKD 61.631196
MMK 2400.922116
MNT 4100.361735
MOP 9.233933
MRU 45.871295
MUR 53.785564
MVR 17.680327
MWK 1985.358052
MXN 19.93981
MYR 4.657926
MZN 73.089754
NAD 18.652822
NGN 1578.943016
NIO 41.914093
NOK 11.074615
NPR 176.278271
NZD 1.958802
OMR 0.439723
PAB 1.14354
PEN 3.86836
PGK 5.028594
PHP 70.481351
PKR 318.048604
PLN 4.330279
PYG 6934.92761
QAR 4.169734
RON 5.240146
RSD 117.370533
RUB 89.315864
RWF 1676.575377
SAR 4.27945
SBD 9.230727
SCR 16.55961
SDG 686.75192
SEK 11.038745
SGD 1.476318
SHP 0.853842
SLE 27.876203
SLL 23981.555032
SOS 653.552008
SRD 43.013425
STD 23671.026811
STN 24.702611
SVC 10.005255
SYP 126.408863
SZL 18.652245
THB 38.417162
TJS 10.549003
TMT 4.014174
TND 3.349434
TOP 2.753609
TRY 53.812574
TTD 7.76832
TWD 36.893004
TZS 3006.013927
UAH 51.034482
UGX 4219.939071
USD 1.143639
UYU 45.930977
UZS 13818.59512
VES 828.955365
VND 30024.53728
VUV 137.320309
WST 3.144451
XAF 654.551566
XAG 0.020521
XAU 0.000287
XCD 3.090743
XCG 2.060975
XDR 0.813147
XOF 655.305645
XPF 119.331742
YER 272.877304
ZAR 18.771537
ZMK 10294.127473
ZMW 20.954915
ZWL 368.251424
  • AEX

    4.5000

    1102.38

    +0.41%

  • BEL20

    4.4900

    5617.84

    +0.08%

  • PX1

    -4.1900

    8377.86

    -0.05%

  • ISEQ

    -37.4500

    13833.28

    -0.27%

  • OSEBX

    -21.2000

    1941.31

    -1.08%

  • PSI20

    -47.2400

    9037.45

    -0.52%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -7.8900

    4373.05

    -0.18%

  • N150

    0.0000

    4233.62

    0%

Des adolescents soupçonnés de terrorisme, happés dans l'engrenage de vidéos "ultra violentes"
Des adolescents soupçonnés de terrorisme, happés dans l'engrenage de vidéos "ultra violentes" / Photo: Safin HAMID - AFP

Des adolescents soupçonnés de terrorisme, happés dans l'engrenage de vidéos "ultra violentes"

Vouloir s'attaquer à une ambassade israélienne à 14 ans, à des bars à 16 ans... En France, la jeunesse de certains suspects, prêts à commettre des actions terroristes, sidère. Un phénomène récent pour lequel les enquêteurs ne distinguent pas de "profil type", hormis l'addiction aux vidéos violentes.

Taille du texte:

"Il y a quelques années encore, les mineurs mis en examen en matière terroriste se comptaient sur les doigts d'une main alors que nous en avons eu 15 en 2023, 18 en 2024, et déjà 11 au 1er juillet", indique à l'AFP le parquet national antiterroriste (Pnat).

Avocats et magistrats s'accordent sur quelques caractéristiques: des garçons, pas délinquants avant de se radicaliser - dans une mouvance principalement jihadiste - et qui, pour beaucoup, dévoilent une grande timidité ou pâtissent d'un cadre parental fragile.

Toutefois, "nous manquons de recul pour catégoriser avec précision le profil type" de ces adolescents, "âgés de 13 à 18 ans, originaires de toute la France", reconnaît le Pnat qui a créé en mai une section mineurs au sein de sa division terrorisme "afin notamment de redimensionner les capacités d'analyse".

Se dégage "une constante" tout de même: "grands utilisateurs des réseaux sociaux, la plupart sont amateurs de contenus ultra violents, guerriers ou pornographiques".

- "Bulle algorithmique" -

Les réseaux leur prodiguent un flux de vidéos "insoutenables, pas forcément liées au terrorisme", comme des images de cartels, explique à l'AFP une source judiciaire. "Ils pensent affirmer leur identité d'homme en les regardant."

"On n'est ni un enfant, ni un adulte, quand on est adolescent. Cette double identité négative devient insupportable pour certains et débouche sur la violence pour être reconnus comme adultes, même si c'est un adulte négatif", abonde le sociologue Farhad Khosrokhavar.

Une vidéo violente en entraîne une autre.

"En moins de trois heures sur Tiktok, vous pouvez être dans une bulle algorithmique consacrée à l'État islamique" avec des "chants de guerre, des décapitations, des reconstitutions d'actions passées glorieuses par intelligence artificielle, des simulations d'actions à venir", explique la chercheuse Laurène Renaut, qui travaille sur les jihadosphères virtuelles.

Ces jeunes sont aussi abreuvés de contenu "mélancolique", creusant "le sentiment de solitude, avec des paysages ravagés, censés refléter l'âme". Ces vidéos leur proposent "de parler à +un frère+ s'ils se sentent exclus".

Tiktok a pourtant assuré à l'AFP se mobiliser pour "détecter les tendances extrémistes émergentes et supprimer 99% des contenus" terroristes "avant même qu'ils ne nous soient signalés".

Pour Nassire (prénom modifié), jugé pour avoir envisagé, à 16 ans, d'attaquer des bars identitaires à Lille ou Lyon, "tout a commencé" avec "la vidéo de (Brenton) Tarrant", auteur des attentats antimusulmans à Christchurch (Nouvelle-Zélande) en 2019.

"J'avais 13 ans, je jouais à Minecraft, sur Discord. C'est une application où on échange avec d'autres joueurs. Quelqu'un a envoyé la vidéo de Tarrant. (...) Je trouvais ça injuste de voir des hommes, femmes, enfants se faire massacrer", a-t-il expliqué au cours de l'enquête.

"A partir de là, j'ai regardé les vidéos des imams qui disaient de rester calmes, celles de terroristes d'extrême droite et je trouvais ça injuste. Puis j'ai vu celles des jihadistes, qui disaient d'aider les frères".

Dans sa bouche, le mot "injustice" revient comme un mantra. "Je me disais qu'en défendant cette cause, ça allait donner un sens à ma vie."

En juillet 2024, la cour d'appel l'a condamné à quatre ans d'emprisonnement, dont deux avec sursis probatoire, notant "la gravité" des actes préparatoires (notamment sa rencontre avec un homme - en réalité agent infiltré - pour se renseigner sur des armes).

- "Divination" -

Mais la justice a aussi souligné "l'absence d'élément témoignant d'une radicalisation idéologique ancrée".

Elle a plutôt décelé une "quête identitaire et affective" chez ce jeune qui cherchait "à trouver sa place au sein d'un cadre établi et valorisant" auprès d'internautes, "alors qu'il avait souffert d'importantes carences affectives" (parents en conflit, quartier "ultraviolent").

"C'est un garçon essentiellement seul, triste et gentil, dont la seule occupation hors ordinateur était de faire des tours en trottinette", abonde auprès de l'AFP son avocat Jean-Baptiste Riolacci.

"La grande particularité de l'association de malfaiteurs terroriste est qu'on intervient assez tôt pour interpeller, mais on module sur la répression", relève une source judiciaire, c'est-à-dire quand il faut décider du placement en détention provisoire, dans un centre, ou sous contrôle judiciaire, puis au moment du prononcé des peines.

Ce n'est pas l'avis de Me Pierre-Henri Baert, qui a défendu un jeune jugé en mai. Son client a écopé de trois ans d'emprisonnement pour avoir, à 16 ans, publié de la propagande de l'État islamique appelant à des crimes contre les juifs. "Il s'agit d'une peine très sévère au regard de la grande jeunesse du prévenu, sans casier, auquel on reproche finalement de simples propos en ligne, mais aucun acte matériel", a estimé le conseil.

"Quand la justice poursuit pour association de malfaiteurs terroriste, elle fait de la divination", tacle une autre avocate ayant eu des dossiers similaires, alors que "l'étiquette terroriste est extrêmement stigmatisante". "Il n'y a pas de distinction entre un gamin qui a envoyé des messages virulents et un suspect qui a acheté des armes."

- "Jihadisme fantasmé" -

Si les adolescents sont souvent détectés par leur comportement sur les réseaux sociaux, ils sont poursuivis du fait d'actes plus concrets, comme "le passage à une messagerie cryptée, la communication de recettes pour fabriquer des explosifs, la recherche de financement", assure pourtant une source judiciaire.

En septembre, trois adolescents seront jugés à Paris, accusés d'avoir planifié, à l'âge de 14 et 15 ans, de faire exploser un camion contre le bâtiment de l'ambassade israélienne en Belgique.

Déjà repérés au collège pour leurs "propos radicaux", selon le Pnat, deux d'entre eux ont été surpris, dans un parc, en possession de "bouteilles d'acide chlorhydrique" renfermant du "papier d'aluminium", utiles à la composition d'engins explosifs. Leurs téléphones révèlent un fort goût pour les jeux vidéo de massacres.

"Mon client a pu avoir des comportements d'une personne radicalisée, en consultant des sites jihadistes, ce qui est interdit, mais il est très loin d'avoir projeté un attentat", a affirmé à l'AFP Jennifer Cambla, avocate de l'un d'entre eux, s'indignant de poursuites disproportionnées.

Mais pour une autre robe noire, parlant sous couvert d'anonymat, l'arrestation des adolescents pris dans un "jihadisme fantasmé" représente "presque une chance, au prix d'un choc monstrueux".

"Ce sont des interpellations dures, avec des services spécialisés, cagoule et sac sur la tête... Mais le suivi judiciaire est fascinant en terrorisme: en tant que mineurs, ils bénéficient de modèles d'accompagnement, voient des psys. Coupés des réseaux, ils refont du sport."

Un "sevrage" auprès de la Protection judiciaire de la jeunesse qui mérite d'être scruté, prévient une autre source judiciaire: il "donne l'impression d'une déradicalisation rapide, mais on ne sait pas si ces jeunes pourraient se radicaliser de nouveau".

T.Musil--TPP