The Prague Post - Bayrou assume une ultime "épreuve de vérité" devant l'Assemblée qui s'apprête à le renverser

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Bayrou assume une ultime "épreuve de vérité" devant l'Assemblée qui s'apprête à le renverser
Bayrou assume une ultime "épreuve de vérité" devant l'Assemblée qui s'apprête à le renverser / Photo: Bertrand GUAY - AFP

Bayrou assume une ultime "épreuve de vérité" devant l'Assemblée qui s'apprête à le renverser

"Cette épreuve de vérité, je l'ai voulue". François Bayrou a engagé lundi la responsabilité de son gouvernement devant l'Assemblée nationale, prononçant un discours testament de ses neuf mois à Matignon face à des oppositions pressées de tourner la page.

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Le Premier ministre s'est exprimé pendant environ quarante-cinq minutes, sur un ton sombre et alarmiste, dans un hémicycle alternant entre calme et moments d'agitation, sous les yeux de Jean-Luc Mélenchon et Marine Tondelier, chefs de file de La France insoumise et des Ecologistes venus en visiteurs.

"Cette épreuve de vérité comme chef du gouvernement, avec l'assentiment du président de la République, je l'ai voulue", a lancé d'emblée M. Bayrou.

"Certains d'entre vous, les plus nombreux, les plus sensés probablement, ont pensé que c'était déraisonnable, que c'était un trop grand risque". Mais "le plus grand risque était de ne pas en prendre, de laisser continuer les choses sans que rien ne change, de faire de la politique comme d'habitude", s'est justifié M. Bayrou.

Car face à l'endettement, "notre pronostic vital est engagé, dont dépend notre État, notre indépendance, nos services publics, notre modèle social", a martelé M. Bayrou.

Puis fataliste, il a lancé aux députés: "Vous avez le pouvoir de renverser le gouvernement" mais pas "d'effacer le réel". Convoquant De Gaulle et Mendès-France, il a dénoncé une "conjonction des forces" liguées pour livrer, en le renversant, la France au "tohu-bohu".

- "Dérobade" -

Sauf coup de théâtre, le Béarnais, nommé en décembre 2024 au terme d'une épreuve de force avec Emmanuel Macron, va devenir lundi le premier chef de gouvernement de la Ve République à tomber sur un vote de confiance. Moins d'un an après le renversement de Michel Barnier par une motion de censure.

Il a prévu de présenter sa démission au chef de l'Etat mardi matin, selon un proche.

En réponse à François Bayrou, les oppositions se sont livrées à un sévère réquisitoire, peignant un peu reluisant tableau de son passage à Matignon et jugeant durement sa décision de solliciter un vote de confiance, sans beaucoup d'espoir de le remporter.

"Ce vote n'est pas un acte de courage, c'est une dérobade", une "faute morale", a tancé Boris Vallaud, le président du groupe socialiste, qui avait décidé de laisser sa chance à M. Bayrou en ne le censurant pas.

Accusant le Premier ministre d'avoir empilé "manœuvres dilatoires, fausses promesses et vraies trahisons" lors de son passage à Matignon, le député des Landes a de nouveau dit la gauche prête à gouverner. "Nous sommes prêts : qu’il vienne nous chercher !", a-t-il lancé à destination d'Emmanuel Macron.

La cheffe des députés écologistes, Cyrielle Chatelain, a elle invité le président de la République à s'engager dans une "cohabitation", pointant la fragilité du socle gouvernemental qui "est déjà en train de se disloquer".

Partenaire du bloc central au sein de la coalition gouvernementale, le président du groupe LR Laurent Wauquiez a en effet laissé la liberté de vote à ses députés. Il a évoqué dans son discours un "gâchis", et regretté que M. Bayrou ne soit pas revenu sur sa proposition de supprimer deux jours fériés, en porte-à-faux avec "le coeur des convictions" de son groupe, "la défense de la France qui travaille".

Le président du parti présidentiel Renaissance, Gabriel Attal, a lui une nouvelle fois tendu la main aux "forces républicaines", proposant la conclusion d'un "accord d'intérêt général" pour que les 18 mois à venir soient "utiles".

- La dissolution, une "obligation" ? -

Option balayée par la chef de file du Rassemblement, Marine Le Pen, qui a appelé avec force à une nouvelle dissolution de l'Assemblée nationale.

A défaut, le futur gouvernement "ne passera probablement pas la discussion budgétaire", a-t-elle argué. "Tout laisse penser juridiquement, politiquement, voire moralement, que la dissolution n'est donc pas pour lui une option, mais une obligation", a-t-elle estimé.

Marine Le Pen - dont le procès en appel dans l'affaire des assistants d'eurodéputés lui ayant valu une inéligibilité en première instance se tiendra du 13 janvier au 12 février 2026 - s'était dite prête à "sacrifier" son mandat de députée pour porter son parti à Matignon.

La France insoumise réclame pour sa part la démission d'Emmanuel Macron ou sa destitution, ses députés devant déposer une motion en ce sens.

Tous les regards sont tournés vers Emmanuel Macron, de nouveau à la recherche d'un Premier ministre, le troisième depuis qu'aucune majorité ne s'est dégagée à l'Assemblée nationale après la dissolution, en juin 2024.

Après le président du Sénat Gérard Larcher vendredi, il a reçu lundi matin la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet.

Si Emmanuel Macron a demandé aux chefs du camp gouvernemental de "travailler" avec les socialistes, peu dans son entourage pensent qu'il nommera le premier secrétaire du PS, qui rejette l'idée d'un gouvernement "commun" avec des macronistes.

Et le patron des Républicains Bruno Retailleau a prévenu: "hors de question" d'accepter un Premier ministre socialiste.

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V.Nemec--TPP