The Prague Post - "Erreur 404" : retour sur 48 heures de chaos en Afghanistan

EUR -
AED 4.343995
AFN 76.884836
ALL 96.582215
AMD 444.948413
ANG 2.117386
AOA 1084.668405
ARS 1693.585129
AUD 1.681347
AWG 2.132077
AZN 2.014197
BAM 1.956453
BBD 2.375492
BDT 144.238111
BGN 1.986434
BHD 0.444648
BIF 3495.165813
BMD 1.182845
BND 1.501901
BOB 8.149718
BRL 6.171377
BSD 1.179393
BTN 106.830633
BWP 15.614208
BYN 3.38833
BYR 23183.752945
BZD 2.371991
CAD 1.615192
CDF 2602.257576
CHF 0.917508
CLF 0.025789
CLP 1018.298918
CNY 8.207699
CNH 8.197184
COP 4375.959602
CRC 584.695025
CUC 1.182845
CUP 31.34538
CVE 110.301791
CZK 24.224361
DJF 210.020052
DKK 7.468693
DOP 74.434828
DZD 153.241114
EGP 55.260249
ERN 17.742668
ETB 183.349656
FJD 2.613497
FKP 0.868929
GBP 0.868918
GEL 3.187786
GGP 0.868929
GHS 12.961323
GIP 0.868929
GMD 86.347939
GNF 10352.453063
GTQ 9.046017
GYD 246.752304
HKD 9.241322
HNL 31.154392
HRK 7.537797
HTG 154.501534
HUF 377.75146
IDR 19937.43611
ILS 3.679445
IMP 0.868929
INR 107.137859
IQD 1545.01534
IRR 49827.32635
ISK 145.146597
JEP 0.868929
JMD 184.591571
JOD 0.838626
JPY 185.685887
KES 152.140747
KGS 103.440135
KHR 4759.587561
KMF 495.611647
KPW 1064.548262
KRW 1731.447077
KWD 0.363382
KYD 0.982828
KZT 583.534638
LAK 25344.453647
LBP 105620.729813
LKR 364.881706
LRD 221.723956
LSL 19.027347
LTL 3.492633
LVL 0.715491
LYD 7.468491
MAD 10.827311
MDL 20.108707
MGA 5235.746384
MKD 61.660567
MMK 2483.529826
MNT 4220.23278
MOP 9.491066
MRU 46.634555
MUR 54.481811
MVR 18.274752
MWK 2045.082138
MXN 20.402318
MYR 4.669277
MZN 75.406527
NAD 19.027347
NGN 1616.924847
NIO 43.404478
NOK 11.444098
NPR 170.929013
NZD 1.961103
OMR 0.453551
PAB 1.179393
PEN 3.968324
PGK 5.057687
PHP 69.209438
PKR 329.791402
PLN 4.216515
PYG 7792.599223
QAR 4.298834
RON 5.098536
RSD 117.419165
RUB 90.803035
RWF 1721.374165
SAR 4.434174
SBD 9.531537
SCR 16.381864
SDG 711.478002
SEK 10.650664
SGD 1.503035
SHP 0.88744
SLE 28.920119
SLL 24803.657673
SOS 672.824421
SRD 44.732801
STD 24482.493783
STN 24.508175
SVC 10.319442
SYP 13081.757757
SZL 19.023345
THB 37.301022
TJS 11.050986
TMT 4.14587
TND 3.420541
TOP 2.848006
TRY 51.527666
TTD 7.986664
TWD 37.366282
TZS 3048.7169
UAH 50.658997
UGX 4196.39971
USD 1.182845
UYU 45.585205
UZS 14482.830751
VES 447.097641
VND 30694.815761
VUV 140.974761
WST 3.230006
XAF 656.175868
XAG 0.01481
XAU 0.000234
XCD 3.196697
XCG 2.125609
XDR 0.816072
XOF 656.175868
XPF 119.331742
YER 281.990829
ZAR 18.928085
ZMK 10647.016691
ZMW 21.966327
ZWL 380.875459
  • AEX

    10.2500

    995.35

    +1.04%

  • BEL20

    -7.7400

    5517.52

    -0.14%

  • PX1

    35.4300

    8273.84

    +0.43%

  • ISEQ

    95.0400

    13295.1

    +0.72%

  • OSEBX

    49.1200

    1816.11

    +2.78%

  • PSI20

    111.4900

    8890.3

    +1.27%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -84.1400

    4000.2

    -2.06%

  • N150

    35.3800

    4010.68

    +0.89%

"Erreur 404" : retour sur 48 heures de chaos en Afghanistan
"Erreur 404" : retour sur 48 heures de chaos en Afghanistan / Photo: Wakil KOHSAR - AFP

"Erreur 404" : retour sur 48 heures de chaos en Afghanistan

Banques paralysées, avions cloués au sol, hôpitaux dépassés : pendant deux jours, la vie s'est arrêtée en Afghanistan quand les autorités talibanes ont coupé internet et le téléphone, prenant 48 millions d'Afghans de court.

Taille du texte:

Si depuis des semaines, elles s'attelaient à restreindre, sur ordre du chef suprême des talibans, l'émir Hibatullah Akhundzada, les connexions par fibre optique de plusieurs provinces pour empêcher la "diffusion du vice", personne à Kaboul n'imaginait, lundi, une coupure nationale.

Sur les hauteurs de la capitale, une cuvette entourée de montagnes, les bras tendus vers le ciel, des Kaboulis ont d'abord tenté de capter un peu de réseau, ou acheté des cartes SIM de différents opérateurs, avant de se résigner.

Ils ont alors réalisé qu'ils ne pouvaient plus donner de nouvelles à la famille éloignée ou en exil ni, surtout, recevoir les précieux transferts de fonds de la diaspora pour payer leurs factures.

Les habitants d'Herat, dans l'Ouest, et de Kandahar, bastion taliban du Sud, avaient, eux, un avantage : en se rendant à la frontière, ils pouvaient capter les signaux des pays voisins, l'Iran et le Pakistan.

Mais à Kaboul, où des hélicoptères volaient, ajoutant à la psychose d'un pays coupé du monde, la rumeur enflait.

Certains imaginaient que les Américains avaient débarqué pour "reprendre l'ancienne base américaine de Bagram", abandonnée à leur retrait en 2021 et récemment réclamée par leur président Donald Trump.

D'autres murmuraient, à tort, que le chef suprême avait limogé le ministre de l'Intérieur Sirajuddin Haqqani, qui passe pour être sur une ligne dissidente au sein du mouvement selon les experts, et que la lutte intestine était lancée.

-"Bientôt la bougie?"-

Dans le pays, déjà l'un des plus pauvres au monde, le système bancaire a cessé de fonctionner.

"Le retrait de liquide, les paiements par carte, les transferts de fonds : tout repose sur internet, on ne peut rien faire sans", explique à l'AFP le directeur d'une banque privée.

Pour les Afghans, pas d'autre choix que vivre avec le cash qu'ils avaient sur eux au moment de la coupure.

Dans les rues à moitié désertes, les forces de sécurité talibanes, elles, communiquaient encore via talkie-walkie.

"En 14 ans de métier, je n'ai jamais rien vu de tel. Après, ce sera quoi ? Couper l'électricité pour revenir à la bougie?", pestait, sous couvert d'anonymat, l'un d'eux.

Les vols nationaux et internationaux étaient aussi cloués au sol. Mais sans moyen d'être prévenus, les passagers continuaient d'affluer, accueillis par des écrans d'affichage obstinément vides.

"Je reste à la maison car que se passerait-il s'il m'arrivait quelque chose? Je ne peux prévenir ni la police, ni ma famille", s'inquiétait une Afghane.

Du jour au lendemain, selon l'association MalalaFund, 2 millions d'Afghanes ont perdu les cours en ligne qui leur permettaient de contourner l'interdiction d'aller à l'école au-delà du primaire.

"J'ai eu très peur que ça dure et que je rate ma licence... les cours en ligne, c'est tout ce qui me reste", racontait mercredi une étudiante de 20 ans à l'AFP.

Pour les autorités, comme pour les entreprises privées, sans services numériques ni livraison, les conséquences économiques ont été importantes, soulignent les experts.

"Dix ans ne suffiraient pas à compenser les pertes de ces deux derniers jours", se désole Khanzada Afghan, gérant d'une épicerie de Jalalabad (est) qui a renvoyé ses employés chez eux.

"Je supplie nos dirigeants de nous dire la raison de cette coupure, de ne pas nous laisser dans l'ignorance, l'ennemi pourrait profiter de la situation", s'inquiète cet homme de 45 ans.

- "S'envoyer des pigeons voyageurs"-

Les urgences des hôpitaux, elles, étaient très peu remplies, a constaté l'AFP. Pour les consultations quotidiennes, Dr Sultan Aamad Atef, seul neurologue d'Afghanistan, a noté une baisse de 30% de sa patientèle.

"Sans rendez-vous en ligne, les malades doivent se présenter spontanément et espérer que je puisse les prendre, ou attendre, parfois pour rien", pointe-t-il.

S'il peut quand même accéder à leurs dossiers médicaux, via un système hors-connection, il souligne les difficultés pour ses patients de régler ses honoraires.

"Mardi j'ai diagnostiqué un cancer à l'un de mes patients et il devait se faire opérer en urgence. Pour rassembler l'argent liquide auprès de sa famille, un de ses proches a dû faire plus d'un jour de route".

La responsable d'une maternité qui tourne au ralenti, au deuxième jour de coupure, était elle aussi désemparée : "avant, je suivais le cas de mes patientes enceintes par WhatsApp et leur disait de venir au besoin".

"Je travaille du matin au soir et quand je quitte l'hôpital, je n'ai plus aucun moyen d'être d'astreinte et de revenir en cas d'urgence", a-t-elle raconté à l'AFP.

Ses collègues racontent avoir cessé les dons de sang, alors que jusque-là les demandes se faisaient aux proches par WhatsApp.

"Les mères qui accouchent ne peuvent parfois pas joindre leur mari, ou leur mahram [le chaperon mâle que les autorités talibanes imposent aux Afghanes] pour les emmener à l'hôpital et il n'y a plus d'ambulances. Leurs proches ignorent même qu'elles ont accouché", poursuit-elle.

"Toute la vie est paralysée, il n'y a aucune solution. Que ferons-nous si c'est définitif ? Il faudra s'envoyer des pigeons voyageurs?", ironise-t-elle.

Mais mercredi soir, le réseau téléphonique et internet ont progressivement été rétablis. Immédiatement, les rues se sont remplies, amis et familles investissant les restaurants après avoir pu se parler. Les automobilistes ont klaxonné et l'agitation avait, selon Shorab Ahmadi, un livreur de 26 ans, "des allures de célébrations de l'Aïd"!

"La ville est à nouveau vivante", s'est réjouit auprès de l'AFP Mohammad Tawab Farooqi, gérant d'un restaurant de Kaboul, tout en consultant son téléphone.

Mais pour combien de temps? Les autorités talibanes n'ont fait aucun commentaire sur la coupure des télécommunications pour le moment, prévenant simplement "qu'elles communiqueraient toute nouvelle décision".

F.Vit--TPP