The Prague Post - "Erreur 404" : retour sur 48 heures de chaos en Afghanistan

EUR -
AED 4.211623
AFN 72.819805
ALL 93.636171
AMD 422.263103
ANG 2.053234
AOA 1052.192535
ARS 1647.65034
AUD 1.633165
AWG 2.06424
AZN 1.94858
BAM 1.932561
BBD 2.310912
BDT 140.847569
BGN 1.939102
BHD 0.432463
BIF 3430.0788
BMD 1.1468
BND 1.469925
BOB 7.957315
BRL 5.83813
BSD 1.147403
BTN 108.44201
BWP 15.37413
BYN 3.176602
BYR 22477.28
BZD 2.307651
CAD 1.621174
CDF 2660.576139
CHF 0.922721
CLF 0.025809
CLP 1015.78942
CNY 7.749444
CNH 7.771026
COP 3939.258
CRC 522.61567
CUC 1.1468
CUP 30.3902
CVE 109.347469
CZK 23.855791
DJF 203.809143
DKK 7.380966
DOP 67.202415
DZD 152.385607
EGP 57.234721
ERN 17.202
ETB 181.624475
FJD 2.561608
FKP 0.856046
GBP 0.867437
GEL 3.033285
GGP 0.856046
GHS 12.956202
GIP 0.856046
GMD 83.716038
GNF 10066.035871
GTQ 8.745909
GYD 240.013889
HKD 8.9884
HNL 30.616346
HRK 7.533559
HTG 149.848112
HUF 344.785009
IDR 20354.09448
ILS 3.376626
IMP 0.856046
INR 108.154132
IQD 1502.308
IRR 1576849.999934
ISK 142.58168
JEP 0.856046
JMD 181.467891
JOD 0.813103
JPY 183.789607
KES 148.53374
KGS 100.287387
KHR 4601.527047
KMF 487.389784
KPW 1032.120401
KRW 1733.806779
KWD 0.353327
KYD 0.956202
KZT 559.546703
LAK 25264.003775
LBP 102695.940062
LKR 384.391139
LRD 208.889425
LSL 18.572263
LTL 3.386203
LVL 0.693688
LYD 7.310873
MAD 10.602186
MDL 20.022237
MGA 4816.559941
MKD 60.879756
MMK 2408.217833
MNT 4104.835454
MOP 9.257481
MRU 45.963796
MUR 54.04896
MVR 17.729808
MWK 1990.845095
MXN 19.90667
MYR 4.661518
MZN 73.282934
NAD 18.580358
NGN 1558.638416
NIO 41.984462
NOK 11.159683
NPR 173.506117
NZD 1.991525
OMR 0.440942
PAB 1.147403
PEN 3.913467
PGK 5.031872
PHP 69.235767
PKR 319.152361
PLN 4.183148
PYG 7001.804944
QAR 4.174928
RON 5.168669
RSD 115.908285
RUB 83.683769
RWF 1706.4384
SAR 4.302672
SBD 9.244841
SCR 16.187223
SDG 688.652624
SEK 10.984337
SGD 1.470232
SHP 0.856202
SLE 28.383634
SLL 24047.826802
SOS 655.404832
SRD 42.812368
STD 23736.44462
STN 24.54152
SVC 10.039367
SYP 126.75821
SZL 18.574582
THB 37.310566
TJS 10.636301
TMT 4.025268
TND 3.339195
TOP 2.76122
TRY 53.261028
TTD 7.794276
TWD 36.19129
TZS 3010.353406
UAH 51.386834
UGX 4244.955411
USD 1.1468
UYU 46.323376
UZS 13767.333837
VES 683.53454
VND 30190.6568
VUV 136.456472
WST 3.141947
XAF 648.162993
XAG 0.017416
XAU 0.000271
XCD 3.099285
XCG 2.067916
XDR 0.807
XOF 647.942205
XPF 119.331742
YER 273.655179
ZAR 18.84345
ZMK 10322.575319
ZMW 20.280136
ZWL 369.269132
  • AEX

    -1.3000

    1081.41

    -0.12%

  • BEL20

    -54.7500

    5648.88

    -0.96%

  • PX1

    37.1000

    8467.98

    +0.44%

  • ISEQ

    48.0800

    13786.23

    +0.35%

  • OSEBX

    -24.4000

    1927.39

    -1.25%

  • PSI20

    -50.0000

    9040.4

    -0.55%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -88.3500

    4200.66

    -2.06%

  • N150

    -44.0500

    4232.51

    -1.03%

"Erreur 404" : retour sur 48 heures de chaos en Afghanistan
"Erreur 404" : retour sur 48 heures de chaos en Afghanistan / Photo: Wakil KOHSAR - AFP

"Erreur 404" : retour sur 48 heures de chaos en Afghanistan

Banques paralysées, avions cloués au sol, hôpitaux dépassés : pendant deux jours, la vie s'est arrêtée en Afghanistan quand les autorités talibanes ont coupé internet et le téléphone, prenant 48 millions d'Afghans de court.

Taille du texte:

Si depuis des semaines, elles s'attelaient à restreindre, sur ordre du chef suprême des talibans, l'émir Hibatullah Akhundzada, les connexions par fibre optique de plusieurs provinces pour empêcher la "diffusion du vice", personne à Kaboul n'imaginait, lundi, une coupure nationale.

Sur les hauteurs de la capitale, une cuvette entourée de montagnes, les bras tendus vers le ciel, des Kaboulis ont d'abord tenté de capter un peu de réseau, ou acheté des cartes SIM de différents opérateurs, avant de se résigner.

Ils ont alors réalisé qu'ils ne pouvaient plus donner de nouvelles à la famille éloignée ou en exil ni, surtout, recevoir les précieux transferts de fonds de la diaspora pour payer leurs factures.

Les habitants d'Herat, dans l'Ouest, et de Kandahar, bastion taliban du Sud, avaient, eux, un avantage : en se rendant à la frontière, ils pouvaient capter les signaux des pays voisins, l'Iran et le Pakistan.

Mais à Kaboul, où des hélicoptères volaient, ajoutant à la psychose d'un pays coupé du monde, la rumeur enflait.

Certains imaginaient que les Américains avaient débarqué pour "reprendre l'ancienne base américaine de Bagram", abandonnée à leur retrait en 2021 et récemment réclamée par leur président Donald Trump.

D'autres murmuraient, à tort, que le chef suprême avait limogé le ministre de l'Intérieur Sirajuddin Haqqani, qui passe pour être sur une ligne dissidente au sein du mouvement selon les experts, et que la lutte intestine était lancée.

-"Bientôt la bougie?"-

Dans le pays, déjà l'un des plus pauvres au monde, le système bancaire a cessé de fonctionner.

"Le retrait de liquide, les paiements par carte, les transferts de fonds : tout repose sur internet, on ne peut rien faire sans", explique à l'AFP le directeur d'une banque privée.

Pour les Afghans, pas d'autre choix que vivre avec le cash qu'ils avaient sur eux au moment de la coupure.

Dans les rues à moitié désertes, les forces de sécurité talibanes, elles, communiquaient encore via talkie-walkie.

"En 14 ans de métier, je n'ai jamais rien vu de tel. Après, ce sera quoi ? Couper l'électricité pour revenir à la bougie?", pestait, sous couvert d'anonymat, l'un d'eux.

Les vols nationaux et internationaux étaient aussi cloués au sol. Mais sans moyen d'être prévenus, les passagers continuaient d'affluer, accueillis par des écrans d'affichage obstinément vides.

"Je reste à la maison car que se passerait-il s'il m'arrivait quelque chose? Je ne peux prévenir ni la police, ni ma famille", s'inquiétait une Afghane.

Du jour au lendemain, selon l'association MalalaFund, 2 millions d'Afghanes ont perdu les cours en ligne qui leur permettaient de contourner l'interdiction d'aller à l'école au-delà du primaire.

"J'ai eu très peur que ça dure et que je rate ma licence... les cours en ligne, c'est tout ce qui me reste", racontait mercredi une étudiante de 20 ans à l'AFP.

Pour les autorités, comme pour les entreprises privées, sans services numériques ni livraison, les conséquences économiques ont été importantes, soulignent les experts.

"Dix ans ne suffiraient pas à compenser les pertes de ces deux derniers jours", se désole Khanzada Afghan, gérant d'une épicerie de Jalalabad (est) qui a renvoyé ses employés chez eux.

"Je supplie nos dirigeants de nous dire la raison de cette coupure, de ne pas nous laisser dans l'ignorance, l'ennemi pourrait profiter de la situation", s'inquiète cet homme de 45 ans.

- "S'envoyer des pigeons voyageurs"-

Les urgences des hôpitaux, elles, étaient très peu remplies, a constaté l'AFP. Pour les consultations quotidiennes, Dr Sultan Aamad Atef, seul neurologue d'Afghanistan, a noté une baisse de 30% de sa patientèle.

"Sans rendez-vous en ligne, les malades doivent se présenter spontanément et espérer que je puisse les prendre, ou attendre, parfois pour rien", pointe-t-il.

S'il peut quand même accéder à leurs dossiers médicaux, via un système hors-connection, il souligne les difficultés pour ses patients de régler ses honoraires.

"Mardi j'ai diagnostiqué un cancer à l'un de mes patients et il devait se faire opérer en urgence. Pour rassembler l'argent liquide auprès de sa famille, un de ses proches a dû faire plus d'un jour de route".

La responsable d'une maternité qui tourne au ralenti, au deuxième jour de coupure, était elle aussi désemparée : "avant, je suivais le cas de mes patientes enceintes par WhatsApp et leur disait de venir au besoin".

"Je travaille du matin au soir et quand je quitte l'hôpital, je n'ai plus aucun moyen d'être d'astreinte et de revenir en cas d'urgence", a-t-elle raconté à l'AFP.

Ses collègues racontent avoir cessé les dons de sang, alors que jusque-là les demandes se faisaient aux proches par WhatsApp.

"Les mères qui accouchent ne peuvent parfois pas joindre leur mari, ou leur mahram [le chaperon mâle que les autorités talibanes imposent aux Afghanes] pour les emmener à l'hôpital et il n'y a plus d'ambulances. Leurs proches ignorent même qu'elles ont accouché", poursuit-elle.

"Toute la vie est paralysée, il n'y a aucune solution. Que ferons-nous si c'est définitif ? Il faudra s'envoyer des pigeons voyageurs?", ironise-t-elle.

Mais mercredi soir, le réseau téléphonique et internet ont progressivement été rétablis. Immédiatement, les rues se sont remplies, amis et familles investissant les restaurants après avoir pu se parler. Les automobilistes ont klaxonné et l'agitation avait, selon Shorab Ahmadi, un livreur de 26 ans, "des allures de célébrations de l'Aïd"!

"La ville est à nouveau vivante", s'est réjouit auprès de l'AFP Mohammad Tawab Farooqi, gérant d'un restaurant de Kaboul, tout en consultant son téléphone.

Mais pour combien de temps? Les autorités talibanes n'ont fait aucun commentaire sur la coupure des télécommunications pour le moment, prévenant simplement "qu'elles communiqueraient toute nouvelle décision".

F.Vit--TPP