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Le prince Harry est arrivé lundi matin à la Haute Cour de Londres pour le premier jour de son procès contre l'éditeur du Daily Mail, qu'il accuse d'avoir obtenu des informations sur sa vie privée de façon illégale.
Le fils cadet du roi Charles III, qui vit en Californie avec son épouse Meghan et leurs deux enfants, mène depuis plusieurs années une bataille contre les tabloïds.
Le prince de 41 ans est arrivé à la Haute Cour en costume sombre, souriant, peu après 10H00 (locales et GMT), une trentaine de minutes avant le début de ce procès prévu pour durer neuf semaines.
Selon le calendrier d'audience, il va témoigner toute la journée de jeudi, comme il l'avait fait en 2023 contre MGN, l'éditeur du Daily Mirror. Il était alors devenu le premier membre de la famille royale à déposer à la barre lors d'un procès en plus de cent ans.
Il s'agit selon son entourage du dernier procès intenté par le prince contre des éditeurs de tabloïds et leurs pratiques illicites.
Au total, sept personnalités attaquent Associated Newspapers Limited (ANL), éditeur du Daily Mail et du Mail on Sunday: aux côtés de Harry, figurent notamment le chanteur Elton John et son époux David Furnish, ainsi que les actrices Elizabeth Hurley et Sadie Frost.
Ces deux dernières ont également pris place dans la salle d'audience à la Haute Cour.
Tous accusent ANL d'avoir eu recours à des détectives privés pour installer des dispositifs d'écoute dans leurs voitures et domiciles, d'avoir piraté leurs conversations téléphoniques, d'avoir payé des policiers pour avoir accès à des informations confidentielles, principalement entre 1993 et 2011.
Le groupe ANL "nie vigoureusement" ces accusations, qu'il a qualifiées dans le passé d'"absurdes".
Harry, qui tient les paparazzi pour responsables de la mort de sa mère Diana en 1997 à Paris, nourrit une forte animosité contre la puissante presse à scandale britannique.
Les pratiques illicites des tabloïds ont "tellement eu d'impact sur sa vie, qu'il veut aller au fond des choses. Il s'est vraiment engagé dans cette cause", a souligné à l'AFP Mark Stephens, avocat spécialisé dans les médias.
- Pratiques "ignobles" -
En 2023, il avait obtenu la condamnation de l'éditeur du Daily Mirror pour des articles issus du piratage de messageries téléphoniques et reçu des dommages et intérêts à hauteur de 140.600 livres sterling (162.290 euros).
Dans ce procès, il avait dénoncé à la barre les pratiques "ignobles" de certains journaux et parlé de sa "paranoïa" face aux intrusions dans sa vie privée. "J'ai connu l'hostilité de la presse depuis que je suis né", avait-il déclaré.
Il y a un an, il avait obtenu un dédommagement ainsi que des excuses du propriétaire du Sun. Cet accord avec le groupe News Group Newspapers (NGN) de Rupert Murdoch avait permis d'éviter un procès de plusieurs semaines.
Harry, qui avec Meghan s'est mis en retrait de la famille royale en 2020 après un départ fracassant du Royaume-Uni, ne devrait pas voir son père lors de son passage à Londres.
Harry et Charles se sont vus en septembre lors d'une rencontre brève, leur première depuis un an et demi.
Le prince avait confié en mai 2025 à la BBC qu'il "aimerait beaucoup (se) réconcilier avec (sa) famille", en particulier avec son père, âgé de 77 ans et atteint d'un cancer dont la nature n'a pas été dévoilée.
Selon l'agence de presse PA, ils sont désormais en contact régulier.
Chaque visite du prince Harry au Royaume-Uni pose aussi la question de sa sécurité.
Il a perdu en mai un recours pour obtenir une protection policière similaire à celle qu'il avait lorsqu'il était un membre actif de la famille royale.
Le prince s'était dit "abattu" par cette décision, qui l'empêchait, selon lui, de revenir avec Meghan et leurs deux enfants au Royaume-Uni pour des raisons de sécurité.
Mais selon des médias britanniques, le ministère de l'Intérieur a ordonné une évaluation complète des risques pour Harry et une protection policière financée par les contribuables britanniques pourrait à terme être rétablie systématiquement lors de ses visites.
J.Marek--TPP