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Les marchés boursiers restaient sur leurs gardes vendredi malgré un répit sur les prix du pétrole et du gaz après des déclarations des Etats-Unis et d'Israël.
Après des journées de hausse, le Brent de la mer du Nord, référence mondiale du brut, reculait de 0,52% à 108,08 dollars le baril, lors d'un pointage à 13H30 GMT.
Traditionnellement moins cher, son équivalent américain, le West Texas Intermediate (WTI) cotait 95,34 dollars (-0,22%).
Le prix du mégawatt de gaz naturel reculait de 3% à près de 60,00 euros selon le principal indice de référence (les contrats à terme du TTF néerlandais).
"Nous gagnons et l'Iran est en train d'être décimé", a affirmé jeudi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. "Je pense aussi que cette guerre va se terminer bien plus vite que ce que les gens imaginent".
Ses propos ont pu rassurer vendredi des marchés inquiétés par un changement d'échelle du conflit, avec des attaques ces derniers jours contre les installations pétrolières et gazières dans le Golfe.
"Les prix du pétrole ont fléchi et les actions ont légèrement rebondi", analyse Neil Wilson, de Saxo Markets (plate-forme d'investissements en ligne).
Wall Street a malgré tout ouvert en légère baisse sur ses trois indices: dans les premiers échanges, le Dow Jones cédait 0,25%, l'indice Nasdaq perdait 0,49% et l'indice élargi S&P 500 reculait de 0,26%.
Après un fort recul jeudi, la Bourse de Londres naviguait à l'équilibre (+0,00%), tandis que les autres places repartaient à la baisse, de Francfort (-0,38%) à Paris (-0,16%) et Milan (-0,11%).
- Les rendements grimpent -
Les marchés digéraient les appels à la prudence lancés la veille par le président de la Réservé fédérale, Jerome Powell, et de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde.
Signe d'inquiétude, la présidente de la BCE a relevé ses prévisions d'inflation pour 2026 et abaissé les prévisions de croissance, en raison du conflit déclenché par les Etats-Unis et Israël contre la République islamique.
La Banque du Japon (BoJ), la Banque d'Angleterre (BoE) et la Banque centrale européenne (BCE) ont chacune à leur tour annoncé jeudi un statu quo sur leur taux directeur, dans le sillage de celui de la Réserve fédérale (Fed) américaine mercredi.
"Tout le monde s'accorde toutefois sur un point: la hausse des prix du pétrole et de l'énergie va faire grimper l'inflation à court et moyen terme - selon la durée du conflit - tout en pesant sur la croissance", a relevé Ipek Ozkardeskaya, analyste pour la banque Swissquote. "C'est un message relayé par les grandes banques centrales du monde entier."
"Le marché intègre désormais environ deux hausses de taux pour la BCE et la Banque d'Angleterre en 2026, tandis que les anticipations de baisses de taux de la Fed ont été entièrement effacées", selon les analystes de Natixis.
Dans ce contexte, les rendements des emprunts d'Etat progressent ou se maintiennent.
Le taux d'emprunt à dix ans britannique, déjà poussé jeudi par les risques sur l'inflation signalés par la BoE, grimpait plus vite que celui des autres grandes économies européennes, touchant environ 4,92% vers 13H30 GMT, un niveau qui n'avait plus été vu depuis 2008.
Le rendement des emprunts allemands à 10 ans, référence en Europe, revenait à 2,96%, pareil qu'à la clôture jeudi. L'équivalent français s'établissait à 3,65% contre 3,64% jeudi soir.
Le taux d'emprunt américain à 10 ans évoluait quant à lui à 4,30% contre 4,25% jeudi.
H.Dolezal--TPP