The Prague Post - Olivier Andriès, le patron cash de l'aéronautique française

EUR -
AED 4.179278
AFN 74.537554
ALL 93.555728
AMD 416.115961
AOA 1043.539341
ARS 1706.700655
AUD 1.639535
AWG 2.048388
AZN 1.942865
BAM 1.954432
BBD 2.291516
BDT 140.45166
BHD 0.429101
BIF 3399.005182
BMD 1.137993
BND 1.47029
BOB 12.942166
BRL 5.827433
BSD 1.137713
BTN 108.765324
BWP 15.652247
BYN 3.320419
BYR 22304.666923
BZD 2.288218
CAD 1.60502
CDF 2588.934431
CHF 0.933149
CLF 0.027026
CLP 1063.685539
CNY 7.705636
CNH 7.703122
COP 3652.525768
CRC 517.742042
CUC 1.137993
CUP 30.15682
CVE 110.188333
CZK 24.189924
DJF 202.610808
DKK 7.474925
DOP 66.003786
DZD 151.764091
EGP 57.731764
ERN 17.069898
ETB 183.638229
FJD 2.542502
FKP 0.855103
GBP 0.85638
GEL 2.987273
GGP 0.855103
GHS 13.305859
GIP 0.855103
GMD 83.642027
GNF 9988.050543
GTQ 8.680884
GYD 237.996499
HKD 8.924882
HNL 30.482657
HRK 7.532494
HTG 148.755845
HUF 362.144718
IDR 20564.675304
ILS 3.484171
IMP 0.855103
INR 108.867771
IQD 1490.456426
IRR 1564882.913665
ISK 142.593106
JEP 0.855103
JMD 179.834085
JOD 0.806836
JPY 186.266326
KES 147.313545
KGS 99.517433
KHR 4599.839957
KMF 492.751328
KRW 1652.912603
KWD 0.353572
KYD 0.948149
KZT 542.83231
LAK 25799.162886
LBP 101886.452713
LKR 382.222379
LRD 205.939427
LSL 19.077742
LTL 3.360198
LVL 0.688361
LYD 7.294924
MAD 10.674573
MDL 20.132169
MGA 4917.600053
MKD 61.477226
MMK 2389.061563
MNT 4093.171941
MOP 9.191326
MRU 45.487151
MUR 53.918088
MVR 17.582019
MWK 1972.844676
MXN 19.884827
MYR 4.65382
MZN 72.710067
NAD 19.077742
NGN 1553.656122
NIO 41.870867
NOK 10.998584
NPR 174.026446
NZD 1.970634
OMR 0.437545
PAB 1.137708
PEN 3.862596
PGK 5.092457
PHP 69.883752
PKR 315.979061
PLN 4.327048
PYG 6833.215582
QAR 4.148196
RON 5.235109
RSD 117.364583
RUB 90.471633
RWF 1674.749464
SAR 4.275857
SBD 9.196243
SCR 15.337763
SDG 682.79594
SEK 11.052224
SGD 1.471021
SLE 27.567877
SOS 650.253283
SRD 43.07475
STD 23554.161855
STN 24.483073
SVC 9.955073
SZL 19.072562
THB 38.151254
TJS 10.501486
TMT 3.982976
TND 3.372539
TRY 53.93813
TTD 7.728657
TWD 36.910015
TZS 2998.645793
UAH 51.010008
UGX 4249.043613
USD 1.137993
UYU 45.758163
UZS 13695.410873
VES 845.865918
VND 29954.82628
VUV 135.672436
WST 3.13413
XAF 655.506674
XAG 0.019733
XAU 0.000282
XCD 3.075483
XCG 2.050473
XDR 0.815007
XOF 655.500917
XPF 119.331742
YER 271.126434
ZAR 19.057887
ZMK 10243.30542
ZMW 21.247497
ZWL 366.433349
  • AEX

    -1.5300

    1091.02

    -0.14%

  • BEL20

    -27.0100

    5718.95

    -0.47%

  • PX1

    -62.5900

    8395.85

    -0.74%

  • ISEQ

    -126.5200

    13625.34

    -0.92%

  • OSEBX

    12.9800

    2009.64

    +0.65%

  • PSI20

    -84.0400

    9050.82

    -0.92%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -112.2700

    4396.57

    -2.49%

  • N150

    14.4000

    4250.67

    +0.34%

Olivier Andriès, le patron cash de l'aéronautique française
Olivier Andriès, le patron cash de l'aéronautique française / Photo: Thomas SAMSON - AFP/Archives

Olivier Andriès, le patron cash de l'aéronautique française

Le costume est sobre, le débit posé, mais depuis un an, le directeur général de Safran Olivier Andriès a endossé un rôle inattendu : celui d'un patron qui parle cash pour défendre réindustrialisation, compétitivité et emploi, s'attirant les foudres des écologistes.

Taille du texte:

A la tête de Safran depuis 2021, ce polytechnicien discret de 64 ans aux lunettes fines, longtemps considéré comme un technocrate de l'aéronautique, s'est soudain imposé dans le débat public après une sortie cinglante sur les élus écologistes.

"Si c'est pour se faire accueillir par des tomates, ce n'est pas la peine", lâche-t-il lors d'une audition parlementaire en avril 2025 visant les critiques d'élus écologistes de Rennes contre l'implantation d’une usine Safran, censée créer 500 emplois.

La formule est imagée - aucun jet n'a eu lieu et le site doit être opérationnel l'an prochain. Mais elle frappe et le rend du jour au lendemain aussi clivant que populaire.

Les milieux industriels applaudissent en coulisses un patron qui ose dire ce que les autres pensent. Les ONG déplorent cette vision brutale du compromis environnemental.

- Hydrogène pour le XXIIe siècle? -

Depuis juillet  2025, Olivier Andriès a étendu son influence en devenant président du Gifas, le puissant lobby de la filière aérospatiale française.

Dans ce rôle, il assume un discours offensif, alerte sur le poids de la fiscalité. Avant de "répartir la richesse", "il faut la créer", martèle-t-il.

Il douche les espoirs de décarbonation, assurant que l'avion à hydrogène qu'Airbus espère concevoir dans les années 2040 relève "plutôt du XXIIe siècle".

"Il semblerait que l'esprit de l'innovation de Safran s’arrête là où commence la maximisation des profits à court terme", commente à l'AFP Jérôme de Bouchet, de l'ONG Transport & Environment, accusant Andriès de "minimiser" les enjeux climatiques.

Olivier Andriès écarte également l'idée d'une réduction du trafic aérien, assurant que l'"aircraft bashing" — la stigmatisation du transport aérien — "n'existe nulle part ailleurs" qu'en Europe.

"C'est le monde à l'envers quand on sait que les émissions de l'aviation ont augmenté en Europe de 30% depuis 2005, là où celles des autres secteurs se sont stabilisées ou ont diminué", réagit Jérôme de Bouchet.

Safran développe pourtant pour les futurs avions un moteur à l'architecture disruptive, Rise, qui permettrait de réduire de 20% la consommation de carburant.

En 2025, le groupe a célébré la certification de son moteur électrique présenté comme "une étape majeure " vers l’objectif de neutralité carbone d'ici 2050, au musée d’Art moderne de Paris, en pleine salle de "La Fée Électricité" de Raoul Dufy.

- Machine à cash -

Formé à Polytechnique et aux Mines, passé par le ministère des Finances puis par Lagardère et Airbus, Olivier Andriès rejoint Safran en 2008.

Lorsqu'il en prend la tête en 2021 après le Covid, Safran est fragilisé : le trafic aérien est encore déprimé et les chaînes d'approvisionnement sous tension.

Il continue de capitaliser sur la dépendance structurelle des compagnies aériennes à la maintenance des moteurs — une activité bien plus rentable que leur vente — tout en accélérant la production.

Les résultats suivent. En 2025, le groupe affiche un chiffre d'affaires record de 31,3 milliards d'euros.

Le tout dans un contexte où Leap, son moteur phare, équipe la totalité des Boeing 737 MAX et une majorité des Airbus A320neo, les avions les mieux vendus.

Sous sa direction, Safran s'impose ainsi comme une  machine à cash, dopée par l'après-vente et la reprise du trafic mondial, mais aussi par la montée en puissance de la branche défense et le succès à l'international des Rafale, dont Safran fabrique le moteur M88.

- Expansion -

L'acquisition en 2024 de Preligens, spécialiste dans l'IA de défense devenu Safran AI, "est une inflexion majeure" pour Safran et sa "culture très industrielle" opposée à "celle du code", souligne à l'AFP un connaisseur du secteur ayant travaillé avec Andriès.

Elle illustre, selon cet expert, la "vision" du dirigeant qui élargit le modèle économique alors même que "l'âge d'or des moteurs" devrait se prolonger encore plusieurs décennies.

Poursuivant sur sa lancée, Safran est sur le point d'acquérir le pôle de renseignements militaire de Kayrros, société française spécialisée dans l’analyse de données satellitaires.

Parallèlement, le groupe étend son implantation à l’international, particulièrement sur les marchés émergents prisés pour l'excellence de leurs ingénieurs et des coûts salariaux plus compétitifs.

Fin 2025, Safran a inauguré à Hyderabad, en Inde, un gigantesque site de maintenance pour moteurs Leap, et compte y installer une chaîne d’assemblage du moteur de Rafale, une première hors de France.

Au Maroc, Safran a lancé un projet d'usine de trains d'atterrissage qui viendra s'ajouter à une unité devant ouvrir fin 2027 pour la maintenance de moteurs.

B.Svoboda--TPP