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La circonstance aggravante de racisme a été retenue contre les jeunes mis en examen pour le meurtre de Thomas Perotto en novembre 2023, sur la base de témoins ayant entendu des propos anti-Blancs à la fin du bal du village de Crépol (Drôme).
Alors que leur enquête touche à sa fin, les juges d'instruction ont requalifié les chefs d'accusation sur la base des déclarations d'une dizaine de témoins du drame, ont indiqué jeudi à l'AFP plusieurs sources proches du dossier.
Certains témoins disent notamment avoir entendu "+on est là pour planter des Blancs+", a précisé une de ces sources.
Ces témoignages étaient apparus dès le début de l'enquête: "neuf témoins ou victimes sur les 104 auditionnés entendent des propos hostiles aux Blancs", avait rapporté dès novembre 2023 le procureur de Valence dans un communiqué.
Les juges d'instruction ont décidé d'ajouter la circonstance aggravante de racisme après avoir reçu des observations de certaines parties civiles, qui regrettaient que ces témoignages n'aient pas été pris en compte précédemment.
Dans la nuit du 18 au 19 novembre 2023, des jeunes venus pour certains du quartier populaire de la Monnaie à Romans-sur-Isère s'étaient battus avec un groupe de jeunes de Crépol à l'issue du "bal de l'hiver" du village.
Dans un contexte confus, ils avaient sorti des couteaux et blessé grièvement quatre personnes, dont Thomas Perotto, lycéen de 16 ans et amateur de rugby, décédé lors de son transport à l'hôpital.
Interpellés après les faits, 14 jeunes hommes avaient été mis en examen, tous pour meurtre et tentatives de meurtre en bande organisée. Aucun n'a jamais admis avoir porté le coup mortel.
Ce drame avait suscité une forte émotion et de nombreux commentaires dans les médias et la sphère politique. La droite et l'extrême droite s'étaient notamment emparées du meurtre pour dénoncer une insécurité croissante dans les campagnes, venue, selon elles, des banlieues sensibles, ainsi qu'un racisme anti-Blancs.
- "Justice pour Thomas" -
Jeudi, plusieurs élus, notamment dans les rangs de LR et du RN, se sont dits confortés dans leur analyse.
"Pendant des mois, certains ont fermé les yeux. La justice rappelle aujourd'hui une vérité: le racisme anti-Français existe et doit être combattu. Justice pour Thomas", a écrit sur X le chef des députés LR Laurent Wauquiez, ancien président de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Le député RN de la Drôme Thibaut Monnier a de son côté "salué" "une avancée judiciaire".
"Enfin, la parole des victimes et des témoins est entendue", a également réagi sur X l'eurodéputée d'extrême droite Marion Maréchal.
En mai, après des dizaines d'auditions et une reconstitution virtuelle du drame, les juges d'instruction avaient notifié aux parties avoir terminé leur enquête.
Un mois plus tard, le parquet avait requis le renvoi devant une cour d'assises de onze des mis en cause pour homicide et tentative d'homicide, sans retenir la circonstance aggravante de bande organisée.
Chacune des parties a ensuite adressé ses observations et les juges ont rendu lundi un nouvel avis de fin d'information, dans lequel figure la circonstance aggravante de racisme.
Il leur reste désormais à rédiger une ordonnance de mise en accusation, en suivant ou non les réquisitions du parquet. Un procès ne devrait pas avoir lieu avant 2027.
N.Kratochvil--TPP