The Prague Post - Cinq ans après l'exode au Bangladesh, les écoliers rohingyas doivent chanter l'hymne birman

EUR -
AED 4.293166
AFN 76.57721
ALL 96.500977
AMD 442.259775
ANG 2.092609
AOA 1071.975921
ARS 1671.674151
AUD 1.717846
AWG 2.104205
AZN 1.979692
BAM 1.956064
BBD 2.359609
BDT 143.309369
BGN 1.963189
BHD 0.440784
BIF 3469.254059
BMD 1.169003
BND 1.503397
BOB 8.095059
BRL 6.219424
BSD 1.171553
BTN 107.296502
BWP 15.635046
BYN 3.370841
BYR 22912.458804
BZD 2.356208
CAD 1.615439
CDF 2519.201181
CHF 0.927826
CLF 0.025894
CLP 1022.456923
CNY 8.140821
CNH 8.136203
COP 4296.086026
CRC 573.775096
CUC 1.169003
CUP 30.97858
CVE 110.279905
CZK 24.33291
DJF 208.627305
DKK 7.469444
DOP 73.839664
DZD 151.865919
EGP 55.322836
ERN 17.535045
ETB 181.77878
FJD 2.644867
FKP 0.870607
GBP 0.871021
GEL 3.138829
GGP 0.870607
GHS 12.734721
GIP 0.870607
GMD 85.922059
GNF 10262.343145
GTQ 8.993216
GYD 245.112081
HKD 9.116862
HNL 30.955638
HRK 7.534578
HTG 153.400077
HUF 383.876871
IDR 19750.481039
ILS 3.673364
IMP 0.870607
INR 107.103923
IQD 1534.800876
IRR 49244.251569
ISK 146.183603
JEP 0.870607
JMD 184.184106
JOD 0.828846
JPY 185.575137
KES 150.802045
KGS 102.229354
KHR 4714.617054
KMF 493.319403
KPW 1052.010716
KRW 1716.499695
KWD 0.35948
KYD 0.976328
KZT 593.807718
LAK 25329.315125
LBP 104913.731209
LKR 362.777481
LRD 216.155517
LSL 19.164508
LTL 3.451762
LVL 0.707118
LYD 7.448975
MAD 10.749207
MDL 19.857599
MGA 5289.738865
MKD 61.628066
MMK 2454.877942
MNT 4169.771814
MOP 9.409732
MRU 46.769121
MUR 53.914593
MVR 18.072862
MWK 2031.46588
MXN 20.401463
MYR 4.721024
MZN 74.695878
NAD 19.164508
NGN 1661.55012
NIO 42.899031
NOK 11.586575
NPR 171.673469
NZD 1.993238
OMR 0.449482
PAB 1.171553
PEN 3.923127
PGK 5.008656
PHP 69.15471
PKR 327.262978
PLN 4.215992
PYG 7846.026895
QAR 4.256632
RON 5.095333
RSD 117.405286
RUB 88.556149
RWF 1699.730362
SAR 4.383699
SBD 9.504246
SCR 16.465352
SDG 703.147132
SEK 10.602816
SGD 1.500877
SHP 0.877055
SLE 28.759128
SLL 24513.407556
SOS 668.089395
SRD 44.667345
STD 24196.001897
STN 24.503207
SVC 10.251342
SYP 12928.676233
SZL 19.160508
THB 36.644712
TJS 10.92469
TMT 4.103201
TND 3.415362
TOP 2.814678
TRY 50.626153
TTD 7.953041
TWD 36.95978
TZS 2963.422372
UAH 50.561418
UGX 4053.53053
USD 1.169003
UYU 44.945306
UZS 14144.851292
VES 405.455855
VND 30712.046822
VUV 140.872565
WST 3.234457
XAF 656.042864
XAG 0.012409
XAU 0.000242
XCD 3.159289
XCG 2.111476
XDR 0.815907
XOF 652.303185
XPF 119.331742
YER 278.574267
ZAR 18.91254
ZMK 10522.432028
ZMW 23.578086
ZWL 376.418489
  • AEX

    9.0500

    1003.03

    +0.91%

  • BEL20

    65.7000

    5321.46

    +1.25%

  • PX1

    91.1800

    8160.43

    +1.13%

  • ISEQ

    155.0700

    13077.34

    +1.2%

  • OSEBX

    4.6800

    1736.67

    +0.27%

  • PSI20

    97.2900

    8557.41

    +1.15%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    45.2100

    4046.4

    +1.13%

  • N150

    49.4500

    3912.78

    +1.28%

Cinq ans après l'exode au Bangladesh, les écoliers rohingyas doivent chanter l'hymne birman
Cinq ans après l'exode au Bangladesh, les écoliers rohingyas doivent chanter l'hymne birman / Photo: Munir uz Zaman - AFP

Cinq ans après l'exode au Bangladesh, les écoliers rohingyas doivent chanter l'hymne birman

Cinq ans après avoir échappé aux massacres des Rohingyas perpétrés par l'armée birmane, Mohammad Yusuf et ses camarades de classe, réfugiés apatrides au Bangladesh, doivent chanter chaque matin l'hymne national de Birmanie, leur pays d'origine qui leur refuse la citoyenneté.

Taille du texte:

Environ 750.000 Rohingyas ont fui une brutale offensive, lancée par l'armée en Birmanie, il y a exactement cinq ans jeudi, et ont trouvé asile au Bangladesh voisin, où se trouvaient déjà plus de 100.000 réfugiés, victimes de précédentes violences.

Des centaines de milliers d'enfants présents dans les camps du sud-est du Bangladesh, ont peu ou pas été scolarisés.

Le mois dernier, les autorités bangladaises ont accepté que l'Unicef intensifie son programme d'éducation qui doit devenir progressivement accessible à tous les enfants.

Mohammad Yusuf, un adolescent de 15 ans, est l'un des quelque 130.000 jeunes à en bénéficier.

Les Rohingyas, pour la plupart musulmans, survivent entassés dans des camps insalubres à l'abri de baraques de fortune.

Ils refusent de retourner en Birmanie, à majorité bouddhiste, tant qu'ils n'auront pas obtenu des droits de citoyenneté dont ils sont privés.

- La Birmanie, "ma patrie" -

L'espoir de les voir rentrer chez eux s'est plus que jamais amenuisé avec le coup d'État militaire en Birmanie l'an dernier.

La semaine dernière, en visite à Dacca, la Haute-commissaire de l'Onu aux droits humains, Michelle Bachelet, a insisté sur le fait qu'il n'était toujours pas sûr pour les réfugiés rohingyas de retourner en Birmanie.

Le Bangladesh craint d'encourager l'afflux de Rohingyas en provenance de la Birmanie voisine et de pérenniser la présence des centaines de milliers d'autres.

Le gouvernement bangladais redoute "qu'avec l'éducation des Rohingyas, la Birmanie en conclut que le Bangladesh finira par intégrer la minorité musulmane", explique à l'AFP Mahfuzur Rahman, un ancien général bangladais, en fonction au plus fort de l'exode.

Et les autorités bangladaises s'accrochent à la perspective de leur rapatriement.

Le programme scolaire, calqué sur celui de leur pays d'origine et dispensé en birman, "leur rappelle qu'ils sont de Birmanie où ils retourneront un jour", souligne auprès de l'AFP Shamsud Douza, commissaire adjoint aux réfugiés.

Pour la même raison, explique M. Douza, les enfants doivent chanter tous les matins à l'école l'hymne national birman alors même qu'ils sont apatrides et que la Birmanie est poursuivie pour génocide par la plus haute juridiction de l'Onu.

Mais Mohammad Yusuf et ses camarades de classe tournent cette obligation en revendication de citoyenneté adressée à la Birmanie.

"La Birmanie est ma patrie. Le pays ne nous a fait aucun mal. Ce sont des gens puissants qui l'ont fait. Ma jeune sœur est morte là-bas. Notre peuple a été massacré", affirme Mohammad Yusuf, "c'est quand même mon pays et je l'aimerai jusqu'au bout".

Alors il chante.

Aujourd'hui, Dacca "a réalisé" qu'il faut un plan de long terme, estime M. Rahman, notamment pour éviter qu'une génération de jeunes hommes, sans éducation, traîne dans les camps. Environ 50% des réfugiés en présence ont moins de 18 ans.

- "Des monstres" en devenir ? -

La sécurité dans les camps est devenue une préoccupation majeure avec une forte hausse de la criminalité.

Au cours des cinq dernières années, plus de 100 meurtres ont été commis et la contrebande d'amphétamines organisée par des gangs est florissante.

Des insurgés rohingyas se livrent aussi à des vendettas dans les camps où des dizaines de chefs communautaires ont été abattus.

Les jeunes, sans perspectives d'avenir, n'ayant pas le droit de sortir des camps ni de travailler, sont livrés à l'ennui. Ce sont des recrues faciles pour toutes sortes de trafics et d'activités criminelles aux conséquences dramatiques.

Toute cette jeunesse à l'abandon constitue "des bombes à retardement", estime M. Rahman. "Grandir dans un camp sans éducation, sans espoir et sans rêves, allez savoir quels monstres ils peuvent devenir!".

Mojib Ullah, un dirigeant de la diaspora rohingya, actuellement en Australie, juge si maigres les chances que les Rohingyas retournent dans leur pays, que l'effort d'une éducation birmane lui paraît bien inutile.

"Si nous ne retournons pas chez nous, à quoi bon étudier en birman ? C'est une pure perte de temps, une sorte de suicide collectif", dit-il,"nous avons déjà perdu cinq ans. Nous avons besoin de programmes d'études internationaux en anglais".

Mais cela n'empêche pas le jeune Mohammad, à l'abri de sa pauvre baraque, de se livrer à la lecture fascinée d'un ouvrage sur les frères Orville et Wilbur Wright, pionniers américains de l'aviation, ni d'espérer "voler un jour autour du globe".

"C'est mon seul rêve", dit-il.

B.Barton--TPP