The Prague Post - Pour un toit, les pauvres de Freetown comblent le fond de l'océan avec le tout-venant

EUR -
AED 4.302284
AFN 73.79152
ALL 95.519449
AMD 435.016244
ANG 2.096485
AOA 1075.24958
ARS 1645.097597
AUD 1.631275
AWG 2.109797
AZN 1.981892
BAM 1.958678
BBD 2.358646
BDT 144.010393
BGN 1.953842
BHD 0.441885
BIF 3484.606239
BMD 1.171296
BND 1.495285
BOB 8.091856
BRL 5.851328
BSD 1.171011
BTN 110.654662
BWP 15.838139
BYN 3.304027
BYR 22957.405813
BZD 2.355251
CAD 1.602275
CDF 2720.332915
CHF 0.924557
CLF 0.026533
CLP 1044.257244
CNY 8.008679
CNH 8.011319
COP 4228.484753
CRC 532.678221
CUC 1.171296
CUP 31.03935
CVE 110.573169
CZK 24.35898
DJF 208.162768
DKK 7.472794
DOP 69.39913
DZD 155.197898
EGP 61.862878
ERN 17.569443
ETB 184.332752
FJD 2.573804
FKP 0.864375
GBP 0.866536
GEL 3.156613
GGP 0.864375
GHS 13.048374
GIP 0.864375
GMD 86.090628
GNF 10281.049662
GTQ 8.947071
GYD 245.000027
HKD 9.178453
HNL 31.179575
HRK 7.534009
HTG 153.404117
HUF 363.828077
IDR 20206.148134
ILS 3.462301
IMP 0.864375
INR 110.85774
IQD 1534.398042
IRR 1541425.818283
ISK 143.202224
JEP 0.864375
JMD 184.511138
JOD 0.830463
JPY 186.888564
KES 151.212171
KGS 102.405963
KHR 4696.898074
KMF 493.115923
KPW 1054.161689
KRW 1725.788327
KWD 0.360267
KYD 0.975926
KZT 536.774205
LAK 25704.095103
LBP 104948.141179
LKR 373.27534
LRD 215.225644
LSL 19.367393
LTL 3.458533
LVL 0.708505
LYD 7.431886
MAD 10.84181
MDL 20.25359
MGA 4859.707991
MKD 61.630591
MMK 2459.768137
MNT 4212.39697
MOP 9.45265
MRU 46.852263
MUR 54.793673
MVR 18.096215
MWK 2039.226662
MXN 20.366035
MYR 4.629553
MZN 74.8578
NAD 19.385473
NGN 1610.051947
NIO 43.004161
NOK 10.924685
NPR 177.047659
NZD 1.99224
OMR 0.450368
PAB 1.171016
PEN 4.118327
PGK 5.088989
PHP 71.536886
PKR 326.469566
PLN 4.248467
PYG 7340.724493
QAR 4.267324
RON 5.095253
RSD 117.349849
RUB 88.216818
RWF 1710.678122
SAR 4.393361
SBD 9.400748
SCR 16.337831
SDG 703.366245
SEK 10.85663
SGD 1.495983
SHP 0.874491
SLE 28.843226
SLL 24561.491489
SOS 669.395643
SRD 43.882586
STD 24243.466812
STN 24.890045
SVC 10.24697
SYP 129.485942
SZL 19.385253
THB 38.068064
TJS 10.984542
TMT 4.105393
TND 3.377726
TOP 2.8202
TRY 52.783411
TTD 7.962633
TWD 36.927473
TZS 3054.298954
UAH 51.608197
UGX 4356.364467
USD 1.171296
UYU 46.217522
UZS 14137.545157
VES 567.631891
VND 30861.312672
VUV 138.477201
WST 3.195077
XAF 656.916728
XAG 0.016026
XAU 0.000255
XCD 3.165486
XCG 2.110483
XDR 0.817235
XOF 655.342887
XPF 119.331742
YER 279.530362
ZAR 19.373273
ZMK 10543.070433
ZMW 22.218555
ZWL 377.156903
  • AEX

    -7.8700

    1001.01

    -0.78%

  • BEL20

    -20.8900

    5334.76

    -0.39%

  • PX1

    -37.4500

    8104.09

    -0.46%

  • ISEQ

    64.7800

    12286.69

    +0.53%

  • OSEBX

    6.7500

    1993.31

    +0.34%

  • PSI20

    87.1900

    9265.14

    +0.95%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -55.5400

    3883.5

    -1.41%

  • N150

    0.8200

    4105.76

    +0.02%

Pour un toit, les pauvres de Freetown comblent le fond de l'océan avec le tout-venant
Pour un toit, les pauvres de Freetown comblent le fond de l'océan avec le tout-venant / Photo: Saidu BAH - AFP

Pour un toit, les pauvres de Freetown comblent le fond de l'océan avec le tout-venant

La petite maison au toit de métal, devant laquelle elle vend des boissons sans alcool, Lamrana Bah l'a bâtie elle-même du sol au plafond. Ou faut-il dire du fond de l'eau au plafond ?

Taille du texte:

Comme cette Sierra-Léonaise veuve et mère de six enfants, la plupart des habitants de ce bidonville de Freetown ont dressé leur bicoque sur une parcelle gagnée sur l'Atlantique. Ils ont empilé des pneus, des détritus et des sacs de terre au fond de la baie sur l'océan, et compacté cet amalgame avec de la boue. Puis ils ont construit dessus.

Ce remblayage, appelé ici "banking", littéralement la création de berges, est la seule solution que des résidents démunis ont trouvé à la surpopulation de la capitale, causée par les contraintes géographiques et exacerbée par des années de guerre civile. C'est une conquête ingénieuse mais fragile, menacée par l'eau et le feu. Et il n'y a ni route ni service.

Lamrana Bah vivait autrefois en ville. Quand son mari est mort, elle n'a plus été en mesure de payer le loyer de l'appartement. Elle a dépensé 350 dollars entre 2014 et 2018 pour construire sa maison à l'écart d'un chemin à Cockle Bay. Elle a l'électricité, mais pas l'eau courante.

"Ma mère n'a plus de loyer à payer et nous n'avons aucun problème avec personne. Nous avons notre maison à nous", dit son fils Prince Anthony. Comme la plupart des structures alentour, celle-ci a d'abord eu des murs en tôle. Puis Lamrana Bah les a fait élever en dur.

Depuis le quartier a continué à avancer dans la mer et les Bah sont à présent à 500 mètres du rivage.

Environ un tiers des 1,5 million d'habitants de Freetown vivent dans des bidonvilles ou des quartiers pauvres, selon les services municipaux.

La population de Freetown a explosé avec la guerre civile de 1991 à 2002, qui a poussé vers la capitale des centaines de milliers de déplacés.

- Une ville contrainte -

Mais la ville édifiée sur une péninsule est coincée entre l'Atlantique et les montagnes. Construire vers les hauteurs, souvent sans autorisation, c'est prendre le risque du glissement de terrain, comme celui qui a fait plus de 1.000 morts en 2017. Vers la mer, c'est s'exposer aux inondations et à la submersion. Cockle Bay par exemple est au ras des eaux.

Difficile d'établir quand on a commencé à combler le littoral ici et à Freetown. Cockle Bay était occupé avant la guerre civile et s'est agrandi depuis. Son emplacement en fait un port. Il y a des écoles et au moins une mosquée, toutes bâties sur des berges artificielles.

Tout le monde n'y est pas pauvre. Dans une partie plus ancienne, des citronniers, des cocotiers, des papayers ombragent de robustes bâtisses jaune et vert pâle.

"On vit heureux ici, on n'a aucun problème", dit Fatu Dumbuya, une coiffeuse de 33 ans. Elle prend à témoin un de ses enfants occupé à ses devoirs et un autre en train de courir avec les gamins du coin. Tandis qu'elle s'affaire avec les tresses d'une cliente, son mari charrie de la boue pour élargir encore la berge.

Le "banking", "c'est de la technologie locale", proclame sa cliente avec fierté.

La Federation of Urban and Rural Poor (Fédération des pauvres de la ville et de la campagne, FEDURP), une organisation locale, chiffre à 198.000 le nombre de personnes qui vivent dans les agglutinations déshéritées du bord de mer, la plupart posées sur du remblai.

"Nos plus gros problèmes, ce sont les inondations et les incendies", dit Nancy Sesay, résidente de longue date d'un autre quartier gagné sur la mer, Susan's Bay.

En 2021, les flammes ont laissé 7.000 personnes sans toit.

- Le ventre parle -

"Quand il pleut, on ne dort pas. Les détritus remontent et flottent dans une odeur pestilentielle", relate Nancy Sesay tout en déambulant le long d'un ruisseau putride près duquel des enfants sont en train de se laver.

Mais Nancy Sesay, qui vend des produits de toilette et des cosmétiques sur un marché voisin, perdrait peut-être son travail si elle allait vivre ailleurs.

"Tous les ans au cours des cinq ou sept dernières années, nous avons eu des catastrophes pendant la saison des pluies", rapporte Joseph Macarthy, chef du Centre de recherche urbaine de la Sierra Leone.

"Beaucoup de gens ne se préoccupent pas des catastrophes qu'ils ont connues (...) Une fois ici, ils sont sûrs d'avoir de quoi pour au moins un plat de riz", dit-il.

Tout en s'employant à améliorer le quotidien de ses administrés sur place, la maire de Freetown préconise de créer des centres économiquement attractifs en dehors de la capitale.

"Ce n'est pas Freetown que les gens recherchent, c'est du travail, de quoi manger, la possibilité de recevoir des soins", dit Yvonne Aki-Sawyerr à l'AFP. "Proposez leur ça ailleurs, et ils iront ailleurs".

Elle et des organisations locales pressent les habitants d'en finir avec le remblayage du fond de l'eau.

"A ce rythme-là, on n'aura plus de mer", s'inquiète Andrew Saffa, qui travaille à la FEDURP. "Et quand la mer revient et reprend ses droits, c'est beaucoup de désastres".

L.Hajek--TPP