The Prague Post - Irak: les sites archéologiques, victimes collatérales du changement climatique

EUR -
AED 4.327193
AFN 74.230805
ALL 96.09441
AMD 441.366757
ANG 2.108786
AOA 1080.473238
ARS 1621.059967
AUD 1.667556
AWG 2.120886
AZN 2.010553
BAM 1.948589
BBD 2.361262
BDT 143.269841
BGN 1.941372
BHD 0.444298
BIF 3476.749318
BMD 1.17827
BND 1.487801
BOB 8.101023
BRL 6.10792
BSD 1.172362
BTN 106.618467
BWP 15.523556
BYN 3.361874
BYR 23094.090148
BZD 2.357875
CAD 1.613322
CDF 2686.455014
CHF 0.91488
CLF 0.025934
CLP 1024.18785
CNY 8.140372
CNH 8.116141
COP 4356.652976
CRC 559.529505
CUC 1.17827
CUP 31.224152
CVE 109.858477
CZK 24.229892
DJF 208.777436
DKK 7.471768
DOP 72.063335
DZD 153.189202
EGP 56.291016
ERN 17.674049
ETB 182.447169
FJD 2.61841
FKP 0.873849
GBP 0.873705
GEL 3.151812
GGP 0.873849
GHS 12.884323
GIP 0.873849
GMD 86.599251
GNF 10285.937702
GTQ 8.995712
GYD 245.2425
HKD 9.213122
HNL 31.016227
HRK 7.534564
HTG 153.671351
HUF 379.661356
IDR 19813.315423
ILS 3.676897
IMP 0.873849
INR 107.127181
IQD 1535.890489
IRR 1512677.04426
ISK 144.903285
JEP 0.873849
JMD 182.674029
JOD 0.835329
JPY 182.614173
KES 151.937828
KGS 103.039649
KHR 4714.574098
KMF 492.516478
KPW 1060.446265
KRW 1700.561999
KWD 0.361435
KYD 0.976968
KZT 585.154749
LAK 25121.613045
LBP 104987.64704
LKR 362.731583
LRD 216.309564
LSL 18.887189
LTL 3.479125
LVL 0.712724
LYD 7.416556
MAD 10.75012
MDL 20.135575
MGA 5017.433385
MKD 61.630349
MMK 2474.112913
MNT 4204.773752
MOP 9.437517
MRU 46.942294
MUR 54.448198
MVR 18.216007
MWK 2032.977129
MXN 20.27095
MYR 4.584651
MZN 75.297331
NAD 18.887189
NGN 1580.437042
NIO 43.140545
NOK 11.262018
NPR 170.589746
NZD 1.976123
OMR 0.453046
PAB 1.172362
PEN 3.938144
PGK 5.113101
PHP 67.887182
PKR 327.652747
PLN 4.216339
PYG 7579.950991
QAR 4.273287
RON 5.096139
RSD 117.424031
RUB 90.729883
RWF 1712.263903
SAR 4.420475
SBD 9.479396
SCR 16.354112
SDG 708.73329
SEK 10.698467
SGD 1.492568
SHP 0.884008
SLE 28.864125
SLL 24707.730018
SOS 668.825066
SRD 44.344772
STD 24387.808126
STN 24.409777
SVC 10.257867
SYP 130.248104
SZL 18.881132
THB 36.575843
TJS 11.108394
TMT 4.123945
TND 3.403904
TOP 2.836992
TRY 51.650403
TTD 7.935501
TWD 37.079566
TZS 3035.295187
UAH 50.745022
UGX 4220.382808
USD 1.17827
UYU 45.491662
UZS 14318.077845
VES 473.465822
VND 30776.409932
VUV 139.554544
WST 3.198322
XAF 653.538632
XAG 0.013564
XAU 0.000229
XCD 3.184334
XCG 2.112945
XDR 0.812792
XOF 653.538632
XPF 119.331742
YER 280.958618
ZAR 18.87541
ZMK 10605.860014
ZMW 22.198855
ZWL 379.402429
  • AEX

    1.9300

    1019.55

    +0.19%

  • BEL20

    -48.6300

    5606.29

    -0.86%

  • PX1

    8.5200

    8523.84

    +0.1%

  • ISEQ

    93.6600

    13101.71

    +0.72%

  • OSEBX

    -9.2300

    1874.98

    -0.49%

  • PSI20

    134.5400

    9225.35

    +1.48%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    31.0400

    4225.85

    +0.74%

  • N150

    -9.4300

    4091.41

    -0.23%

Irak: les sites archéologiques, victimes collatérales du changement climatique
Irak: les sites archéologiques, victimes collatérales du changement climatique / Photo: Asaad NIAZI - AFP

Irak: les sites archéologiques, victimes collatérales du changement climatique

Ce sont des ennemis bien visibles et dévastateurs: en Irak, les tempêtes de sable et la salinisation malmènent les sites archéologiques, des phénomènes dus indirectement au changement climatique, dans un pays "qui subit le plus et agit le moins".

Taille du texte:

Du haut d'un monticule de sable qui recouvre un temple, l'archéologue irakien Aqeel al-Mansrawi contemple plus de quatre millénaires d'histoire. "Umm al-Aqarib est l'une des villes sumériennes les plus importantes du sud de la Mésopotamie", explique-t-il.

Réparti sur 5 km2, Umm al-Aqarib (La mère des scorpions, en arabe), dans le désert du sud de l'Irak, a connu son apogée aux alentours de 2.350 avant J.-C. Elle abritait plusieurs temples, dont l'un était dédié à Shara, un dieu du pays de Sumer.

Au fil des missions, les archéologues ont mis au jour des canaux, des fragments de poterie, des tablettes, autant de pièces vitales pour écrire l'histoire des Sumériens.

Mais aujourd'hui, outre les pillages, fréquents sur les sites mal surveillés, Umm al-Aqarib se prend de plein fouet certains effets indirects du changement climatique, dont les tempêtes de sable, de plus en plus fréquentes en Irak.

En 2022, une dizaine de ces bourrasques ont balayé le pays, selon un décompte de l'AFP.

A Umm al-Aqarib, le sable "recouvre une bonne partie du site", explique Aqeel al-Mansrawi. Et cela fait une "dizaine d'années" que ce phénomène dure.

Pour découvrir les briques en terre cuite qui forment la façade d'un temple, l'archéologue doit d'abord retirer le sable.

"Dans les dix prochaines années, on estime que le sable pourrait avoir recouvert 80 à 90% des sites archéologiques" du sud de l'Irak, souffle-t-il. "Les missions archéologiques devront déployer davantage d'efforts" pour déblayer avant de commencer à fouiller.

- Environnement "très sec" -

Les vents sont aujourd'hui "davantage chargés en poussière" et ils "transportent des fragments du sol, surtout du sable et du limon, qui produisent de l'érosion et l'effritement des bâtiments" antiques, constate Jaafar al-Jotheri, professeur d'archéologie à l'université irakienne Al-Qadissiyah.

La faute, dit-il, à des hivers plus secs et des étés plus longs et plus chauds où la température dépasse les 50 degrés et qui "fragilisent les sols et les fragmentent à cause du manque de végétation".

Autre ennemi: la salinisation, elle aussi due à un environnement "très sec", souligne Mark Altaweel, professeur d'archéologie du Proche-Orient au University College de Londres. Quand "l'eau s'évapore très vite, seuls restent les résidus salés".

Et en trop grandes quantités, la salinisation dévore tout.

Selon l'ONU, l'Irak fait partie des cinq pays les plus vulnérables à certains effets bien tangibles du changement climatique, en premier lieu des sécheresses à rallonge.

Cette catastrophe est nulle part mieux visible qu'avec le Tigre et l'Euphrate. Les deux fleuves mythiques, sources d'irrigation majeure pour l'agriculture irakienne, sont aujourd'hui réduits à de frêles cours d'eau.

Si le manque de précipitations y est pour beaucoup, les autorités condamnent surtout les barrages construits en amont des fleuves par la Turquie et l'Iran, responsables selon Bagdad d'une réduction du débit d'eau.

- "Pire gestion hydraulique" -

Ensuite, pointe Jaafar Jotheri, l'Irak dispose de la "pire gestion hydraulique", qui date... des époques sumérienne et akkadienne. Aujourd'hui encore, les agriculteurs ont recours à l'arrosage par inondation, une technique largement considérée comme un immense gaspillage.

Sans eau, de plus en plus de cultivateurs et d'éleveurs irakiens migrent vers les villes pour espérer survivre. "Après que les agriculteurs ont abandonné leurs terres, les sols sont davantage exposés au vent" qui charrie sable et limon, pointe le professeur Jotheri.

Fin 2021, l'ancien président Barham Saleh avait avancé que "la désertification affecte 39% des terres irakiennes", un chiffre appelé à augmenter.

Alors, que faire pour tenter de sauvegarder le patrimoine archéologique irakien?

Dans ce pays où la corruption est omniprésente et où, malgré la manne pétrolière, un tiers de la population vit dans la pauvreté, les sites archéologiques sont négligés.

Pourtant, Chamel Ibrahim, directeur des antiquités de Dhi Qar, la province où se trouve Umm al-Aqarib, assure que le gouvernement "travaille pour contenir les dunes de sable".

Une "ceinture verte" faite d'arbres doit notamment être plantée dans la région pour un coût de 5 milliards de dinars (environ 3,5 millions d'euros), dit-il.

Jaafar Jotheri reste toutefois dubitatif, puisque pour maintenir en vie la végétation, "il faut beaucoup d'eau". "Nous sommes le pays qui subit le plus et celui qui agit le moins" contre les effets du changement climatique, résume-t-il.

Y.Blaha--TPP