The Prague Post - Enclos et rotations de pâturage: des éleveurs d'Amazonie colombienne se réconcilient avec la forêt

EUR -
AED 4.117527
AFN 72.312732
ALL 90.734229
AMD 403.905416
ANG 2.006667
AOA 1028.11972
ARS 1714.415613
AUD 1.593521
AWG 2.020922
AZN 1.900995
BAM 1.954383
BBD 2.253267
BDT 138.359706
BGN 1.959628
BHD 0.422194
BIF 3353.289817
BMD 1.121177
BND 1.429887
BOB 13.173392
BRL 5.580884
BSD 1.118789
BTN 106.153052
BWP 15.411828
BYN 3.284919
BYR 21975.074721
BZD 2.249969
CAD 1.571066
CDF 2596.646386
CHF 0.925812
CLF 0.028182
CLP 1112.802166
CNY 7.487278
CNH 7.475444
COP 3542.965057
CRC 510.529927
CUC 1.121177
CUP 26.849537
CVE 110.184638
CZK 24.345015
DJF 199.215593
DKK 7.474609
DOP 68.620259
DZD 151.225514
EGP 62.807007
ERN 16.817659
ETB 181.967795
FJD 2.506615
FKP 0.838313
GBP 0.839723
GEL 2.904122
GGP 0.838313
GHS 12.971539
GIP 0.838313
GMD 82.966847
GNF 9900.293665
GTQ 8.551763
GYD 234.309109
HKD 8.795384
HNL 30.035228
HRK 7.538122
HTG 146.615875
HUF 366.876676
IDR 20324.701763
ILS 3.469809
IMP 0.838313
INR 106.739497
IQD 1695.970626
IRR 2054417.221553
ISK 136.413892
JEP 0.838313
JMD 177.551297
JOD 0.794885
JPY 176.307932
KES 145.652189
KGS 98.045384
KHR 4570.442393
KMF 492.754571
KPW 1009.05951
KRW 1484.438843
KWD 0.348328
KYD 0.932324
KZT 507.951796
LAK 25174.639154
LBP 100183.079351
LKR 371.479066
LRD 190.741735
LSL 18.535082
LTL 3.310545
LVL 0.678189
LYD 7.164806
MAD 10.988785
MDL 20.193272
MGA 5059.332594
MKD 61.624531
MMK 2354.305781
MNT 4035.111047
MOP 9.038248
MRU 44.71059
MUR 52.840939
MVR 17.333595
MWK 1939.893811
MXN 20.946002
MYR 4.581013
MZN 71.653957
NAD 18.535164
NGN 1514.721349
NIO 41.167955
NOK 10.473085
NPR 169.844883
NZD 1.970419
OMR 0.431095
PAB 1.118684
PEN 3.842115
PGK 5.0101
PHP 71.730704
PKR 309.58309
PLN 4.398877
PYG 6470.309806
QAR 4.078026
RON 5.348463
RSD 117.509479
RUB 90.478167
RWF 1652.901846
SAR 4.198626
SBD 9.053035
SCR 15.48235
SDG 674.383963
SEK 11.135488
SGD 1.434664
SHP 0.837856
SLE 25.730868
SLL 23510.531939
SOS 639.336558
SRD 42.211763
STD 23206.106083
STN 24.480944
SVC 9.788904
SYP 14577.546663
SZL 18.534565
THB 37.886869
TJS 10.309227
TMT 3.935332
TND 3.340664
TOP 2.699526
TRY 55.778456
TTD 7.60149
TWD 36.563874
TZS 2961.800545
UAH 50.647687
UGX 4928.405522
USD 1.121177
UYU 44.867277
UZS 13388.295101
VES 986.399322
VND 28972.902725
VUV 133.186439
WST 3.103185
XAF 655.957
XAG 0.020726
XAU 0.000279052537
XCD 3.030037
XCG 2.016238
XDR 0.792731
XOF 655.957
XPF 119.331742
YER 264.70897
ZAR 18.579197
ZMK 10091.940227
ZMW 22.492696
ZWL 361.018627
SSP 6441.499562
MXV 2.363144
  • AEX

    -1.0200

    1130.63

    -0.09%

  • BEL20

    -8.6700

    5773.4

    -0.15%

  • PX1

    58.3700

    7840.97

    +0.75%

  • ISEQ

    218.8300

    14156.96

    +1.57%

  • OSEBX

    4.2000

    2105.35

    +0.2%

  • PSI20

    -49.9200

    9195.1

    -0.54%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -25.2200

    4178.57

    -0.6%

  • N150

    17.2400

    4221.8

    +0.41%

Enclos et rotations de pâturage: des éleveurs d'Amazonie colombienne se réconcilient avec la forêt
Enclos et rotations de pâturage: des éleveurs d'Amazonie colombienne se réconcilient avec la forêt / Photo: Raul ARBOLEDA - AFP

Enclos et rotations de pâturage: des éleveurs d'Amazonie colombienne se réconcilient avec la forêt

Ils étaient ennemis : à Guaviare, aux portes de l'Amazonie colombienne, les éleveurs ont défriché leurs pâturages au détriment de la forêt. Mais une expérience visant à parquer leurs vaches dans des enclos plus réduits pourrait réconcilier la forêt et ses anciens prédateurs.

Taille du texte:

Dans cette région de pionniers, où la terre est abondante et la présence de l'Etat rare, l'"élevage extensif" était la règle jusqu'à il y a peu : brûler ou raser de grandes étendues de forêt, y construire des enclos pour y parquer quelques bovins et revendiquer ensuite la propriété de la terre.

Aujourd'hui, grâce à un projet novateur soutenu par l'Office national des forêts (ONF) français, les vaches sont regroupées dans des enclos plus petits et mieux organisés. La production de lait a augmenté et le surplus d'espace est utilisé pour planter des arbres et réparer les dégâts causés.

Vu du ciel, on peut voir les grignotages que les pâturages et les cultures illicites ont fait subir à l'épaisse végétation qui entoure San José de Guaviare (sud-est), la capitale départementale, peuplée durant la seconde moitié du XXe siècle par des colons attirés par la promesse d'une "terre sans hommes, pour des hommes sans terre".

À la fin des années 1970, ce slogan prometteur arrive aux oreilles d'Olga Martinez. Cette femme énergique de 65 ans est une éleveuse de bétail heureuse qui fait paître ses vaches laitières sur 55 hectares.

- "Coexister" -

A son arrivée dans la Guaviare il y a 45 ans, le paysage n'était "que de la jungle de montagne", explique Mme Martinez à l'AFP. Même sans tronçonneuse, défricher l'épaisse forêt tropicale pour y installer sa petite ferme lui a semblé "facile".

En 2022, après des années à couper et vendre le bois, elle décide d'abandonner l'exploitation forestière et signe un "accord de conservation" avec la branche locale de l'ONF pour les pays Andins, ONF Andina. Depuis, elle a planté quelque 1.200 arbres sur sa propriété, sans avoir à renoncer à une seule tête de bétail.

"Les forêts et l'élevage doivent coexister, car c'est là que les gens vivent", a déclaré à l'AFP Luis Paez, porte-parole de l'ONF Andina.

Des accords similaires ont été conclus avec 34 autres propriétaires terriens de la région.

En plus des arbres pour reboiser leurs terres, les éleveurs liés au programme "Terramaz" reçoivent conseils et matériels pour tirer le meilleur parti de leurs troupeaux.

L'élevage du bétail en Colombie, c'est 30 millions de têtes, 1,7% du PIB, selon les professionnels du secteur (le double de l'industrie du café), un juteux business (viande, lait et autre) souvent associée à la droite conservatrice.

"L'élevage extensif est l'un des principaux facteurs de déforestation dans notre département. Le modèle consistait à couper la forêt pour en faire des pâturages (...) c'est une activité très rentable", détaille Xismena Martinez, fonctionnaire du bureau du gouverneur de Guaviare.

La région a perdu ainsi 25.000 hectares supplémentaires de forêt en 2021, selon les statistiques officielles. Pour contrer cette tendance, l'ONF a proposé aux éleveurs de clôturer une douzaine de corrals de moins d'un hectare sur leurs propriétés et d'établir un système de rotation des pâturages.

Les bovins restent dans un premier enclos jusqu'à épuisement du pâturage, puis passent dans un second et ainsi de suite. "Lorsqu'ils reviennent dans le premier enclos, le pâturage s'est reconstitué et le cycle recommence", explique M. Paez.

- Plus de lait, plus de forêt -

Alors que les ranchs de Guaviare comptent en moyenne 0,8 bovin par hectare, les participants au programme Terramaz sont parvenus à porter ce ratio à 3,5 têtes par hectare, selon l'ONF.

La rotation libère des terres que les éleveurs s'engagent à reboiser. Elle améliore également les performances des vaches laitières "parce qu'elles marchent moins", explique Nelcy Rodriguez, protégée du soleil brûlant par un large chapeau de cow-boy.

"Les dix vaches que je trais (...) donnaient environ 40 litres (par jour) et maintenant, dans les petites parcelles, elles me donnent 60-55 litres", calcule Mme Rodriguez, dont 15 des 48 hectares sont désormais reboisés.

En 1995, cette agricultrice est arrivée dans le Guaviare à la recherche de terres productives et a trouvé "de la jungle et de la coca", plante dont est tirée la cocaïne.

"Chaque personne défrichait (la forêt) pour planter de la coca", qui était alors la culture la plus rentable dans cette région éloignée de tout, dépourvue de routes goudronnées et sous la forte influence de la guérilla marxiste des FARC.

Au début du siècle, ces cultures illicites ont été considérablement réduites grâce à une campagne gouvernementale agressive de fumigation au glyphosate.

Les vaches sont alors devenues le pilier de l'économie. "J'avais l'habitude de planter de la coca et d'acheter mes animaux (...) Quand il n'y a plus eu de coca, j'ai eu mes vaches et je me suis lancée dans l'élevage", se souvient Mme Rodriguez, témoin direct du changement de mentalité des habitants de Guaviare.

Aujourd'hui c'est un autre changement qui est en cours: "nous n'avons plus besoin de couper des arbres", se réjouit-elle. "Au contraire, nous travaillons pour reboiser".

J.Simacek--TPP