The Prague Post - La baie de Hann, coin de paradis devenu égout de Dakar, attend d'être dépolluée

EUR -
AED 4.327684
AFN 74.228714
ALL 96.263491
AMD 445.188457
ANG 2.108741
AOA 1080.450289
ARS 1625.663598
AUD 1.667969
AWG 2.123786
AZN 2.003614
BAM 1.956945
BBD 2.3741
BDT 144.044311
BGN 1.94133
BHD 0.444249
BIF 3493.495359
BMD 1.178245
BND 1.493368
BOB 8.144836
BRL 6.06384
BSD 1.178795
BTN 107.11324
BWP 15.555039
BYN 3.378963
BYR 23093.59495
BZD 2.370678
CAD 1.614543
CDF 2686.397716
CHF 0.911331
CLF 0.025749
CLP 1016.731169
CNY 8.140198
CNH 8.105168
COP 4368.03566
CRC 558.924773
CUC 1.178245
CUP 31.223483
CVE 110.460899
CZK 24.215521
DJF 209.397585
DKK 7.471673
DOP 72.049902
DZD 153.208313
EGP 56.327045
ERN 17.67367
ETB 183.128671
FJD 2.617176
FKP 0.872317
GBP 0.871854
GEL 3.151829
GGP 0.872317
GHS 12.960917
GIP 0.872317
GMD 86.605366
GNF 10339.096334
GTQ 9.043255
GYD 246.616441
HKD 9.217131
HNL 31.258786
HRK 7.532168
HTG 154.678063
HUF 378.581953
IDR 19825.144318
ILS 3.655604
IMP 0.872317
INR 107.082467
IQD 1544.089601
IRR 1512644.608173
ISK 144.110929
JEP 0.872317
JMD 184.187807
JOD 0.835389
JPY 183.522199
KES 151.993769
KGS 103.037724
KHR 4733.008812
KMF 492.506241
KPW 1060.436315
KRW 1698.640146
KWD 0.361238
KYD 0.982283
KZT 588.211791
LAK 25249.782707
LBP 105511.806914
LKR 364.701917
LRD 218.12256
LSL 18.89928
LTL 3.47905
LVL 0.712708
LYD 7.452396
MAD 10.811601
MDL 20.168719
MGA 5095.908012
MKD 61.632627
MMK 2473.961795
MNT 4203.850878
MOP 9.49794
MRU 47.082972
MUR 54.693715
MVR 18.215473
MWK 2045.43283
MXN 20.230704
MYR 4.58809
MZN 75.87452
NAD 18.89882
NGN 1587.106843
NIO 43.2534
NOK 11.26069
NPR 171.381584
NZD 1.973792
OMR 0.453026
PAB 1.178785
PEN 3.960964
PGK 5.062893
PHP 68.001797
PKR 329.317655
PLN 4.217703
PYG 7605.838539
QAR 4.290105
RON 5.093901
RSD 117.432122
RUB 90.196959
RWF 1714.345952
SAR 4.419836
SBD 9.479193
SCR 17.795461
SDG 708.730494
SEK 10.654707
SGD 1.492495
SHP 0.883989
SLE 28.86893
SLL 24707.20022
SOS 673.367255
SRD 44.542951
STD 24387.285188
STN 24.743137
SVC 10.313205
SYP 130.253168
SZL 18.898698
THB 36.612183
TJS 11.168732
TMT 4.123856
TND 3.377438
TOP 2.836931
TRY 51.659906
TTD 8.000649
TWD 36.96919
TZS 3025.535464
UAH 50.980029
UGX 4223.489981
USD 1.178245
UYU 45.643035
UZS 14392.258465
VES 473.45567
VND 30864.118353
VUV 139.398211
WST 3.19567
XAF 656.338377
XAG 0.013401
XAU 0.000228
XCD 3.184266
XCG 2.124452
XDR 0.815831
XOF 655.695744
XPF 119.331742
YER 280.952145
ZAR 18.782283
ZMK 10605.611061
ZMW 22.190177
ZWL 379.394293
  • AEX

    3.4600

    1019.87

    +0.34%

  • BEL20

    24.1000

    5629.15

    +0.43%

  • PX1

    22.0900

    8519.21

    +0.26%

  • ISEQ

    82.7700

    13015.22

    +0.64%

  • OSEBX

    1.8800

    1877.2

    +0.1%

  • PSI20

    23.1200

    9269.17

    +0.25%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    33.4900

    4168.4

    +0.81%

  • N150

    19.5400

    4089.65

    +0.48%

La baie de Hann, coin de paradis devenu égout de Dakar, attend d'être dépolluée
La baie de Hann, coin de paradis devenu égout de Dakar, attend d'être dépolluée / Photo: JOHN WESSELS - AFP/Archives

La baie de Hann, coin de paradis devenu égout de Dakar, attend d'être dépolluée

Sur la longue plage de la baie de Hann à Dakar, un homme seul, muni d'une pelle et d'une brouette, ramasse inlassablement des monceaux d'ordures en quantités telles que la tâche revêt un air mythologique.

Taille du texte:

L'odeur est pestilentielle. A quelque mètres, une canalisation charrie dans l'Atlantique un mélange noir d'eaux usées des ménages et des usines.

Autrefois considérée comme l'une des plus belles anses d'Afrique, l'ancienne étendue idyllique de sable fin d'une vingtaine de kilomètres contiguë au port de Dakar est devenue le déversoir à déchets d'une population en augmentation accélérée et d'une industrie en expansion continue.

La majorité de l'industrie manufacturière sénégalaise est située le long de la baie et y évacue directement ses effluents. La pollution de l'océan y atteint des niveaux préoccupants.

L'Etat promet depuis plus de vingt ans de s'atteler au nettoyage. Un projet de dépollution lancé en 2018 avec le soutien financier de l'Agence française de développement, Invest International, la banque de développement chinoise (CDB) et l'Union Européenne piétine.

L'Office national de l'assainissement (ONAS) vient d'annoncer la reprise des travaux suspendus pendant des mois. Il y a longtemps que les locaux implorent que les choses changent.

"Ça fait des années qu'on nous dit qu'il y a un projet, mais rien ne change. Je n'y crois plus", se désespère Daouda Kane, 45 ans, assis sur le bord de mer. A quelques mètres, une femme verse les restes de sa marmite du déjeuner sur la grève qui grouille d'insectes.

- "Haute toxicité" -

"Ici, tu lances tes filets, tu ramènes des ordures", peste Modou Ndong, un pêcheur de 53 ans. "Et on fait des maladies", assure-t-il, évoquant l'apparition épisodique de boutons sur sa peau.

A certains endroits, il est presque impossible de voir le sable sous les détritus. A intervalles réguliers de quelques centaines de mètres, des canalisations d'eaux usées se jettent dans la mer, rouge sang au niveau de l'abattoir, de couleur noire pour les rejets des industries chimiques et de la tannerie Senta. La gorge brûle quiconque s'en approche.

Le chercheur Amidou Sonko, qui travaille pour l'Institut de recherche pour le développement (IRD), a démontré la "haute toxicité" du lieu.

Ses analyses témoignent d'une concentration de la bactérie Escherichia Coli (E. Coli) de 13 à 100 fois plus élevée que la limite autorisée, et de la présence de salmonelles. Il a aussi observé des quantités d'entérocoques, de microplastiques, d’aluminium, de chrome et de zinc qui dépassent largement les normes.

Autant de menaces pour la peau, les poumons ou les yeux des humains, mais aussi pour la biodiversité, dit-il. Le développement de certaines espèces est affecté dans cet espace naturel de reproduction des poissons.

Pourtant, Seyni Badiane, un jeune papa, se baigne avec ses filles de deux et cinq ans à une trentaine de mètres d'un canal qui rejette une eau verte. "C'est la seule plage dans le quartier, alors on vient ici", dit-il. "Nous sommes des Africains, donc on a l'habitude", ajoute-t-il.

- Inertie industrielle -

"Personne ne peut empêcher les enfants de se baigner ici", déplore Mbacké Seck, qui milite depuis plus de 25 ans pour la dépollution.

"Nous ne comprenons pas ce retard. Le besoin est là, l'argent est là. L'impact négatif est là dans notre quotidien. Qu'est-ce qui empêche ce projet d'aller de l'avant?", s'interroge-t-il.

Le groupe français Suez est en train de construire sur le littoral une centrale d'épuration censée traiter 26.000 mètres cubes par jour pour 500.000 habitants. Elle doit être mise en service début 2025, assure l'AFD, l'un des principaux bailleurs.

Mais le reste des travaux a été suspendu plus d'un an et demi à cause de la faillite de l'entreprise en charge de poser la conduite principale devant relier la zone portuaire à la centrale d'épuration, indique Alassane Dieng, coordinateur du projet à l'ONAS.

"La grande difficulté est de convaincre les industries de participer", dit M. Dieng, alors qu'elles occupent 63% de la zone urbaine selon une étude d'impact de 2018.

Elles seront raccordées au réseau à condition de mettre en place des unités de prétraitement et paieront une redevance industrielle. Si elles ne se conforment pas aux règles, une taxe de pollution "très dissuasive" est prévue, largement supérieure à celle en vigueur aujourd'hui, dit-il. Alassane Dieng promet que l'ensemble du projet, d'un coût total d'environ 95 milliards de francs CFA (145 millions d'euros), sera achevé fin 2025.

A.Slezak--TPP