The Prague Post - Chlordécone aux Antilles: les députés reconnaissent la "responsabilité" de l'Etat

EUR -
AED 4.324978
AFN 74.182434
ALL 96.172497
AMD 444.907565
ANG 2.107413
AOA 1079.769568
ARS 1624.466145
AUD 1.668312
AWG 2.120977
AZN 1.985223
BAM 1.955713
BBD 2.372605
BDT 143.953598
BGN 1.940108
BHD 0.443952
BIF 3491.884063
BMD 1.177503
BND 1.492427
BOB 8.139707
BRL 6.070615
BSD 1.178053
BTN 107.045785
BWP 15.545243
BYN 3.376835
BYR 23079.051639
BZD 2.369185
CAD 1.613644
CDF 2508.080662
CHF 0.911216
CLF 0.025681
CLP 1014.041606
CNY 8.10605
CNH 8.10156
COP 4371.113505
CRC 558.572788
CUC 1.177503
CUP 31.20382
CVE 110.625621
CZK 24.217676
DJF 209.265427
DKK 7.471189
DOP 71.533161
DZD 152.942323
EGP 56.291679
ERN 17.66254
ETB 181.51221
FJD 2.591449
FKP 0.871768
GBP 0.872582
GEL 3.144538
GGP 0.871768
GHS 12.770026
GIP 0.871768
GMD 85.957702
GNF 10335.507069
GTQ 9.03756
GYD 246.461133
HKD 9.212368
HNL 31.227702
HRK 7.53237
HTG 154.580654
HUF 378.587702
IDR 19822.079352
ILS 3.653302
IMP 0.871768
INR 107.05907
IQD 1543.117203
IRR 1525047.247119
ISK 144.07931
JEP 0.871768
JMD 184.071814
JOD 0.834876
JPY 183.546768
KES 151.897857
KGS 102.972978
KHR 4728.850826
KMF 492.196407
KPW 1059.7685
KRW 1698.706547
KWD 0.361058
KYD 0.981665
KZT 587.841362
LAK 25227.993666
LBP 105445.360974
LKR 364.472244
LRD 216.366451
LSL 18.793434
LTL 3.476859
LVL 0.712259
LYD 7.447722
MAD 10.798116
MDL 20.156018
MGA 5033.823797
MKD 61.616357
MMK 2472.403805
MNT 4201.203481
MOP 9.491958
MRU 47.076824
MUR 54.519965
MVR 18.192162
MWK 2044.14395
MXN 20.227305
MYR 4.584957
MZN 75.831354
NAD 18.79325
NGN 1591.818488
NIO 43.225642
NOK 11.269789
NPR 171.273656
NZD 1.974237
OMR 0.452749
PAB 1.178043
PEN 3.955821
PGK 5.065638
PHP 67.923079
PKR 329.115059
PLN 4.217243
PYG 7601.048723
QAR 4.287334
RON 5.093994
RSD 117.438297
RUB 90.138633
RWF 1715.621339
SAR 4.416897
SBD 9.473224
SCR 17.78466
SDG 708.265923
SEK 10.660832
SGD 1.492019
SHP 0.883432
SLE 28.85236
SLL 24691.640733
SOS 672.948133
SRD 44.514896
STD 24371.927169
STN 24.78643
SVC 10.30671
SYP 130.171141
SZL 18.793015
THB 36.595017
TJS 11.161698
TMT 4.133034
TND 3.37855
TOP 2.835144
TRY 51.627644
TTD 7.99561
TWD 36.964747
TZS 3023.630097
UAH 50.947924
UGX 4220.830216
USD 1.177503
UYU 45.614291
UZS 14371.419282
VES 479.089967
VND 30844.681515
VUV 139.310425
WST 3.193658
XAF 655.925045
XAG 0.013497
XAU 0.000228
XCD 3.18226
XCG 2.123115
XDR 0.815317
XOF 655.279977
XPF 119.331742
YER 280.804972
ZAR 18.810249
ZMK 10598.934794
ZMW 22.176202
ZWL 379.155368
  • AEX

    3.4600

    1019.87

    +0.34%

  • BEL20

    24.1000

    5629.15

    +0.43%

  • PX1

    22.0900

    8519.21

    +0.26%

  • ISEQ

    82.7700

    13015.22

    +0.64%

  • OSEBX

    1.8800

    1877.2

    +0.1%

  • PSI20

    23.1200

    9269.17

    +0.25%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    33.4900

    4168.4

    +0.81%

  • N150

    19.5400

    4089.65

    +0.48%

Chlordécone aux Antilles: les députés reconnaissent la "responsabilité" de l'Etat
Chlordécone aux Antilles: les députés reconnaissent la "responsabilité" de l'Etat / Photo: Thomas THURAR - AFP/Archives

Chlordécone aux Antilles: les députés reconnaissent la "responsabilité" de l'Etat

L'Assemblée nationale a adopté jeudi en première lecture une proposition de loi reconnaissant symboliquement la "responsabilité" de l'Etat dans les ravages de la chlordécone, un pesticide utilisé aux Antilles jusqu'en 1993 malgré les alertes sur sa nocivité.

Taille du texte:

Le texte porté par le député de Guadeloupe, Elie Califer, a été voté à l'unanimité des 101 votants, les groupes de la majorité s'étant abstenus, et va poursuivre son chemin parlementaire au Sénat.

Ce vote "est une victoire de la représentation nationale, une victoire de la République de la fraternité", a salué dans l'hémicycle Elie Califer à l'issue des débats: "Nous avons fait un travail que nos territoires vont regarder".

La proposition de loi prévoit que la "République française reconna(isse) sa responsabilité dans les préjudices sanitaires, moraux, écologiques et économiques" causés par l'utilisation de ce pesticide en Martinique et en Guadeloupe.

La France doit avoir pour objectif "la dépollution des terres" et "l'indemnisation de toute les victimes de cette contamination, qu'elles aient eu lieu ou non dans le cadre d'une activité professionnelle", poursuit le texte.

Plusieurs amendements portés par les groupes GDR (à majorité communiste), LFI ou Ecologistes ont toutefois été ajoutés, parfois contre l'avis même d'Elie Califer.

Le texte établit ainsi que la République française doit reconnaître les préjudices "moraux" du scandale, une mention qui ne figurait pas dans la version initiale. A aussi été adopté un amendement visant à la "mise en place d'une campagne de prévention sur l'ensemble du territoire national".

La France s'assigne en outre "l'objectif d'établir publiquement la responsabilité des décideurs politiques dans ce scandale d'Etat", une expression qui a provoqué d'âpres débats.

"Il ne faut pas vouloir partir dans tous les sens", a ainsi regretté le ministre délégué à la Santé, Frédéric Valletoux, la députée macroniste Charlotte Parmentier-Lecocq rappelant que les faits remontent à "plus de 30 ans" et disant craindre une chasse aux sorcières.

- "Responsabilité des décideurs" -

La chlordécone, pesticide répandu dans les bananeraies pour lutter contre le charançon, a été interdite aux Etats-Unis dès 1975, mais est restée autorisée en France jusqu'en 1990, et même jusqu'en 1993 - quinze ans après les premières alertes de l'OMS - aux Antilles, où elle a bénéficié d'une dérogation.

Plusieurs élus ont en outre souligné les prévalences de maladie comme le cancer de la prostate. Un amendement prévoit la mise en place d'un dépistage systématique du cancer de la prostate à partir de 45 ans pour les populations de Guadeloupe et Martinique.

Les députés macronistes, très réservés, avaient retiré avant la séance un amendement visant à remplacer l'idée de "responsabilité" de l'Etat par "sa part de responsabilité dans l'ampleur des dommages".

Durant les débats, Charlotte Parmentier-Lecocq a estimé qu'il n'y avait "aucune ambiguïté" quant à la "part de responsabilité" de l'Etat, mais que "d'autres responsabilités ont été à l'œuvre", celles de propriétaires d'exploitation ou d'élus locaux de l'époque.

Un autre amendement, actant la création d'une "instance indépendante" pour évaluer les actions de dépollution et de protection des populations, avec la remise d'un rapport au plus tard pour fin 2025, a été adopté.

Pour la MoDem Maud Petit, dont le groupe s'est abstenu en raison des changements "incohérents" apportés, les responsabilités sont "à la fois scientifiques, économiques et politiques".

"Malheureusement, les débats se sont déroulés de telle manière que j'ai l'impression que nous avons parfois dressé des gibets", a renchéri le LR Philippe Juvin.

Aux Antilles, où le non-lieu prononcé en janvier 2023 par deux juges d'instruction parisiennes enquêtant sur le scandale avait provoqué beaucoup d'amertume, le vote était scruté de près.

Le collectif "Lyannaj pou dépoliyé Gwadloup" (Alliance pour la dépollution de la Guadeloupe) regrettait notamment un texte qui ne va pas assez loin, notamment en n'impliquant pas les producteurs de l'époque.

"Nous sommes favorables, bien sûr, à une reconnaissance de la responsabilité de l'Etat", souligne Laurence Maquiaba, membre de ce collectif, "mais nous ne pouvons pas considérer que l'Etat est seul responsable, les pollueurs doivent aussi être concernés".

En Martinique aussi, les militants attendent plus. Pour Philippe Pierre-Charles, porte-parole du collectif "Matinik doubout, gaoulé kont chlordécone" (Martinique debout - révolte contre la chlordécone), cette reconnaissance est "un élément non négligeable" mais doit ouvrir la porte à un programme de réparation".

"Et là, ce n'est pas encore ce qui est mis clairement sur la table", regrette-t-il.

B.Hornik--TPP