The Prague Post - En Ukraine, l'étonnant réveil de la végétation après la destruction du barrage de Kakhovka

EUR -
AED 4.284647
AFN 75.290193
ALL 95.230378
AMD 438.109466
AOA 1069.849125
ARS 1618.738848
AUD 1.668421
AWG 2.100031
AZN 1.985085
BAM 1.945186
BBD 2.346297
BDT 143.119074
BHD 0.439402
BIF 3462.705829
BMD 1.166684
BND 1.4844
BOB 8.050075
BRL 5.844153
BSD 1.164944
BTN 108.069322
BWP 15.639663
BYN 3.343556
BYR 22867.006725
BZD 2.342916
CAD 1.617567
CDF 2683.372701
CHF 0.922373
CLF 0.026467
CLP 1041.666173
CNY 7.966086
CNH 7.977336
COP 4242.650081
CRC 539.158097
CUC 1.166684
CUP 30.917126
CVE 109.666607
CZK 24.371794
DJF 207.448065
DKK 7.472168
DOP 70.147243
DZD 154.29012
EGP 62.299748
ERN 17.50026
ETB 182.795879
FJD 2.58012
FKP 0.866769
GBP 0.871093
GEL 3.1383
GGP 0.866769
GHS 12.820048
GIP 0.866769
GMD 85.763905
GNF 10221.228114
GTQ 8.911375
GYD 243.720147
HKD 9.136425
HNL 30.939181
HRK 7.496996
HTG 152.746542
HUF 367.029469
IDR 19937.813165
ILS 3.539964
IMP 0.866769
INR 108.607196
IQD 1526.073019
IRR 1535502.001566
ISK 142.557374
JEP 0.866769
JMD 184.184999
JOD 0.827147
JPY 186.264016
KES 150.74745
KGS 102.026846
KHR 4663.553432
KMF 490.007231
KPW 1050.013489
KRW 1732.421168
KWD 0.360144
KYD 0.970803
KZT 550.506176
LAK 25689.82409
LBP 104324.555561
LKR 367.64396
LRD 214.350402
LSL 19.11301
LTL 3.444914
LVL 0.705715
LYD 7.405592
MAD 10.827818
MDL 20.07148
MGA 4834.620012
MKD 61.310461
MMK 2450.926995
MNT 4169.735853
MOP 9.397722
MRU 46.56293
MUR 54.274236
MVR 18.036634
MWK 2019.978038
MXN 20.317043
MYR 4.625915
MZN 74.620811
NAD 19.11301
NGN 1586.10407
NIO 42.866102
NOK 11.145052
NPR 172.910518
NZD 2.011177
OMR 0.448741
PAB 1.164944
PEN 3.931647
PGK 5.042486
PHP 69.856952
PKR 324.928436
PLN 4.25605
PYG 7533.891501
QAR 4.247026
RON 5.066091
RSD 116.733049
RUB 90.37186
RWF 1701.217348
SAR 4.373039
SBD 9.401313
SCR 17.716331
SDG 701.176804
SEK 10.887898
SGD 1.4888
SLE 28.729593
SOS 665.767257
SRD 43.691112
STD 24148.003618
STN 24.367042
SVC 10.19338
SYP 128.954205
SZL 19.117685
THB 37.576558
TJS 11.072682
TMT 4.089227
TND 3.404026
TRY 52.13952
TTD 7.905862
TWD 37.032654
TZS 3023.005045
UAH 50.61333
UGX 4310.479969
USD 1.166684
UYU 47.003526
UZS 14165.705169
VES 555.152356
VND 30725.790261
VUV 137.57713
WST 3.190285
XAF 652.39721
XAG 0.015307
XAU 0.000246
XCD 3.153022
XCG 2.099544
XDR 0.811373
XOF 652.39721
XPF 119.331742
YER 276.678778
ZAR 19.336329
ZMK 10501.551321
ZMW 22.163068
ZWL 375.671777
  • AEX

    5.1300

    1010.25

    +0.51%

  • BEL20

    38.4600

    5455.59

    +0.71%

  • PX1

    14.0200

    8259.6

    +0.17%

  • ISEQ

    103.7600

    12757.71

    +0.82%

  • OSEBX

    -17.1000

    2043.61

    -0.83%

  • PSI20

    -26.5600

    9458.2

    -0.28%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    39.3100

    4009.64

    +0.99%

  • N150

    6.1000

    4073.1

    +0.15%

En Ukraine, l'étonnant réveil de la végétation après la destruction du barrage de Kakhovka
En Ukraine, l'étonnant réveil de la végétation après la destruction du barrage de Kakhovka / Photo: Genya SAVILOV - AFP

En Ukraine, l'étonnant réveil de la végétation après la destruction du barrage de Kakhovka

"Toute cette végétation était absente avant l'explosion du barrage" de Kakhovka, dit, l'air presque étonné, le chercheur ukrainien Oleksandre Khodosovtsev, entouré de plantes plus hautes que lui.

Taille du texte:

La flore de ce petit parc de Kherson, grande ville du sud de l'Ukraine faisant face aux troupes russes, revient pourtant de loin. Comme une grande partie de la zone, elle était submergée il y a un an.

Le 6 juin 2023, des explosions détruisent le barrage de Kakhovka, situé à une cinquantaine de kilomètres en amont et occupé par l'armée russe, provoquant des inondations et des dizaines de morts.

L'Ukraine accuse la Russie d'avoir fait exploser le barrage afin d'empêcher sa contre-offensive de l'été suivant, qui échouera. Moscou lui en renvoie la responsabilité.

A l'époque, comme beaucoup d'experts, Oleksandre Khodosovtsev, professeur de botanique à l'université d'Etat de Kherson, prédit des conséquences potentiellement terribles pour la nature.

Les dégâts environnementaux sont en effet indéniables. De nombreux animaux sont tués, des plantes balayées et des produits chimiques drainés par les eaux.

Sur le court terme, "cela a été une catastrophe", résume auprès de l'AFP M. Khodosovtsev. Mais, après six mois, "la végétation a commencé à se régénérer", analyse le professeur, qui va jusqu'à parler d'une "bonne chose pour la nature" sur le temps long.

- Végétation luxuriante -

Avec une équipe de scientifiques ukrainiens, il s'est rendu à plusieurs reprises dans la zone, pourtant située au centre des combats car le fleuve Dniepr y sépare les armées russe et ukrainienne dans cette partie du pays.

Tous les efforts en valent la peine car, selon lui, "personne dans le monde n'a jamais pu étudier la restauration d'une végétation sur une surface aussi énorme".

En aval de l'ancien barrage, elle est "luxuriante", comme dans le parc de Kherson, dopée par un afflux d'eau et de matière organique, sourit-il.

Mais la zone qui inquiétait davantage les experts est située plus haut. L'immense réservoir artificiel de Kakhovka, créé en même temps que le barrage en 1956, a, en toute logique, perdu beaucoup d'eau.

Quand les scientifiques s'y sont rendus pour la première fois, quelques semaines à peine après la catastrophe, ils y ont trouvé des "paysages martiens" jonchés de coquillages morts, se souvient M. Khodosovtsev.

Cet asséchement a un temps fait craindre la possibilité de tempêtes de poussière. Les chercheurs ont cependant constaté avec surprise le développement rapide de très nombreux saules, signe que la nature semble reprendre ses droits.

"Aujourd'hui, le réservoir de Kakhovka représente 150.000 hectares de terres vertes", soit cinq fois la surface de Malte, relève auprès de l'AFP le ministre ukrainien de l'Environnement Rouslan Strilets.

- Bombes et mines -

Vu d'une colline le bordant, l'ancien réservoir ressemble désormais à un patchwork de vert et de bleu, des larges étendues d'eau émaillées de poches de végétation.

L'experte Anna Kouzemko, qui fait également partie du groupe, concède que mener ces observations scientifiques si près du front n'est "pas facile".

La rive gauche, occupée, est inaccessible aux chercheurs ukrainiens, à leur grande frustration. Et la rive droite, face aux positions russes, est dangereuse.

"L'automne dernier, on a été tellement bombardés qu'on a dû partir très vite", reprend Mme Kouzemko, de l'Institut de botanique. Une mine aurait aussi été découverte à 200 mètres de la voiture des chercheurs.

Mais un scientifique est "passionné" quand il travaille, donc "il ne se préoccupe pas de ce qui vole autour", s'enthousiasme M. Khodosovtsev, le regard exalté.

- Cas unique au monde -

Si le ministère de l'Environnement estime à 3,5 milliards d'euros les dégâts environnementaux causés par la destruction du barrage, il reste "très difficile de parler des conséquences sur le long terme", souligne Rouslan Strilets.

"Ce qui se passe dans l'ancien réservoir de Kakhovka est vraiment un phénomène unique au monde", ajoute-t-il. "Le fait est que la nature est en train de changer."

L'Ukraine compte bien faire condamner la Russie pour écocide. Selon elle, des dizaines d'espèces animales et végétales, dont certaines endémiques, sont désormais en danger de disparition.

Le gouvernement ukrainien prévoit aussi de rebâtir le barrage de Kakhovka quand cela sera possible.

Des militants écologistes ukrainiens y sont fermement opposés, et veulent au contraire laisser l'écosystème revenir à son état antérieur au barrage.

M. Khodosovtsev espère que ses recherches aideront à éclairer ce débat. "Car le monde entier, et l'Ukraine, regardent encore ce qui se passe dans les terres du réservoir de Kakhovka", dit-il, non sans une pointe de fierté.

B.Svoboda--TPP