The Prague Post - L'Amazonie péruvienne consumée par l'exploitation aurifère illégale

EUR -
AED 4.326492
AFN 74.218903
ALL 96.440042
AMD 442.935466
ANG 2.108444
AOA 1080.297509
ARS 1613.083789
AUD 1.671434
AWG 2.120541
AZN 2.0028
BAM 1.955598
BBD 2.369745
BDT 143.785154
BGN 1.941056
BHD 0.444186
BIF 3488.825162
BMD 1.178078
BND 1.492968
BOB 8.129816
BRL 6.086895
BSD 1.176579
BTN 106.995141
BWP 15.579391
BYN 3.373937
BYR 23090.335836
BZD 2.366346
CAD 1.615205
CDF 2686.018832
CHF 0.911821
CLF 0.025862
CLP 1020.369114
CNY 8.139049
CNH 8.101763
COP 4351.279542
CRC 561.484831
CUC 1.178078
CUP 31.219077
CVE 110.248937
CZK 24.223765
DJF 209.528365
DKK 7.470778
DOP 72.315167
DZD 153.209437
EGP 56.433457
ERN 17.671175
ETB 183.094847
FJD 2.617984
FKP 0.872194
GBP 0.87351
GEL 3.151317
GGP 0.872194
GHS 12.930116
GIP 0.872194
GMD 86.59363
GNF 10322.014231
GTQ 9.027685
GYD 246.113098
HKD 9.215459
HNL 31.126333
HRK 7.533694
HTG 154.205752
HUF 379.181602
IDR 19821.757429
ILS 3.66866
IMP 0.872194
INR 107.124492
IQD 1541.434299
IRR 1512431.134815
ISK 144.715883
JEP 0.872194
JMD 183.32718
JOD 0.835233
JPY 183.693638
KES 151.912546
KGS 103.023111
KHR 4730.949297
KMF 492.437119
KPW 1060.28666
KRW 1699.472478
KWD 0.361423
KYD 0.980495
KZT 587.269362
LAK 25212.396725
LBP 105364.373544
LKR 364.042411
LRD 217.073767
LSL 18.955362
LTL 3.478559
LVL 0.712608
LYD 7.443231
MAD 10.788328
MDL 20.207828
MGA 5035.480068
MKD 61.639623
MMK 2473.612654
MNT 4203.257604
MOP 9.471582
MRU 47.106338
MUR 54.72185
MVR 18.212938
MWK 2040.280674
MXN 20.346274
MYR 4.58747
MZN 75.285126
NAD 18.955443
NGN 1586.977259
NIO 43.291304
NOK 11.264874
NPR 171.195331
NZD 1.977836
OMR 0.452966
PAB 1.176529
PEN 3.952292
PGK 5.130926
PHP 68.017524
PKR 328.831247
PLN 4.220236
PYG 7607.214526
QAR 4.288475
RON 5.09404
RSD 117.430847
RUB 90.300124
RWF 1718.415274
SAR 4.419363
SBD 9.477855
SCR 16.023298
SDG 708.615594
SEK 10.686543
SGD 1.492407
SHP 0.883864
SLE 28.859134
SLL 24703.713383
SOS 671.227844
SRD 44.288088
STD 24383.8435
STN 24.494872
SVC 10.294893
SYP 130.234786
SZL 18.949043
THB 36.567847
TJS 11.147639
TMT 4.123274
TND 3.416002
TOP 2.83653
TRY 51.661722
TTD 7.964178
TWD 37.012041
TZS 3020.690683
UAH 50.927325
UGX 4235.36495
USD 1.178078
UYU 45.65238
UZS 14369.516293
VES 473.388852
VND 30859.762613
VUV 139.378539
WST 3.195219
XAF 655.886494
XAG 0.013368
XAU 0.000228
XCD 3.183815
XCG 2.120572
XDR 0.815716
XOF 655.889277
XPF 119.331742
YER 280.91273
ZAR 18.851422
ZMK 10604.093418
ZMW 22.278605
ZWL 379.340751
  • AEX

    6.2000

    1022.66

    +0.61%

  • BEL20

    12.8900

    5617.99

    +0.23%

  • PX1

    12.7500

    8509.53

    +0.15%

  • ISEQ

    -3.8800

    12927.81

    -0.03%

  • OSEBX

    2.8100

    1877.94

    +0.15%

  • PSI20

    41.6000

    9287

    +0.45%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -91.2800

    4134.71

    -2.16%

  • N150

    28.4900

    4098.57

    +0.7%

L'Amazonie péruvienne consumée par l'exploitation aurifère illégale
L'Amazonie péruvienne consumée par l'exploitation aurifère illégale / Photo: ERNESTO BENAVIDES - AFP

L'Amazonie péruvienne consumée par l'exploitation aurifère illégale

Sur les rives du fleuve Madre de Dios, des dragues aspirent jour et nuit les sédiments à la recherche d'or. L'exploitation illégale dévore la forêt amazonienne au Pérou, grand producteur mondial du précieux métal.

Taille du texte:

La région de Madre de Dios, dans le sud-est du pays, à la frontière avec le Brésil et la Bolivie, a perdu depuis 2017 en moyenne 21.000 hectares de forêt par an, soit deux fois la superficie de Paris.

Là où il y avait de la végétation, s'ouvrent désormais de vastes carrières inondées d'eau ocre où les dragues sont à l'oeuvre sans discontinuer.

"Les membres de la communauté ne peuvent plus planter ni maïs, ni bananes, ni yucca, car cette terre est pratiquement morte", déplore Jaime Vargas, un chef indigène de 47 ans, promoteur d'une reforestation des sites miniers abandonnés.

Bien que l'activité soit interdite sur leurs terres, les indigènes sont les premiers à subir les activités minières illégales, même si certains y prennent part.

"C'est l'État qui est responsable, à cause de son désordre" dans la gestion de l'exploitation minière, dénonce auprès de l'AFP le chef indigène du peuple Shipibo.

Trois types d'exploitations aurifères coexistent au Pérou: la légale, l'informelle qui tente d'achever le tortueux processus de légalisation, et l'illégale, dont l'activité finance le crime organisé.

- Cours de l'or -

"Les mineurs illégaux nous envahissent de toutes parts", peste Lucio Quispe, 40 ans, plus emprunt de résignation que de colère. Avec sa famille, il exploite une concession de 200 hectares située à deux heures environ de route de la capitale régionale Puerto Maldonado.

Ses deux frères ont tout récemment été attaqués à la machette, dans une région où les affrontements autour des sites miniers sont monnaie courante.

En 2022, le Pérou a produit officiellement 96 tonnes d'or, mais environ 180 ont été exportées, principalement vers le Canada, l'Inde, la Suisse et les États-Unis, selon les données officielles.

"Quarante-cinq pour cent des exportations n'ont pas de registre de production", souligne l'organisme qui supervise le secteur bancaire et collabore à la lutte contre le blanchiment d'argent.

Des études indépendantes placent le pays au premier rang des exportateurs d'or illégaux en Amérique du Sud, avec 44%, devant la Colombie (25%) et la Bolivie (12%), selon l'Institut péruvien d'économie, un centre de réflexion.

C'est que le cour de l'or a grimpé en flèche au cours des quatre dernières années pour atteindre un niveau record en mai. Le Pérou est le dixième producteur d'or au monde et le deuxième en Amérique latine, selon l'Institut de géophysique américain USGC.

En 2010, un corridor minier de 5.000 km2 a été délimité, afin notamment de protéger réserves et parcs nationaux de la région. Prévue pour l'exploitation minière légale, l'activité informelle y est exceptionnellement autorisée jusqu'à la fin de l'année. Depuis 2016, date du début du processus de légalisation, les autorités ont repoussé l'échéance à plusieurs reprises.

- "Or écologique" -

Sur les 9.000 inscrits en 2019 -date d'expiration de la période d'enregistrement- seuls 200 ont obtenu jusqu'à présent une licence, selon Augusto Villegas, directeur régional de l'énergie et des mines.

Dans le corridor, on exploite l'or alluvionnaire. Dans 100 mètres cubes de terre, on extrait environ 10 à 15 grammes d'or, dont la valeur au gramme peut atteindre les 63 dollars.

"Mais on ne peut pas faire d'omelettes sans casser des œufs, on ne peut pas extraire à Madre de Dios sans sacrifier la forêt", reconnaît-il.

Par ailleurs, de nombreux mineurs continuent d'utiliser du mercure, pour séparer l'or des sédiments, bien que le pays a signé un accord international visant a l'éliminer progressivement et depuis 2015 interdit son importation.

Face à l'explosion des prix de la substance toxique qui s'en est suivie, certains exploitants miniers se sont tournés vers "l'or écologique".

Lucila Huanco, 54 ans, n'utilise plus de mercure depuis trois ans dans sa concession de 3.000 hectares. Elle l'a remplacé par la technique de la séparation par gravité.

Si au départ elle a rencontré des difficultés pour écouler sa production, différente de celle extraite avec du mercure, elle assure avoir désormais un client à Lima qui lui paye 70 dollars le gramme d'or.

"Honnêtement, je ne veux plus qu'on nous montre du doigt comme étant des pollueurs", clame-t-elle.

A.Novak--TPP