The Prague Post - Le combat d'un chercheur camerounais pour les lamantins d'Afrique

EUR -
AED 4.337407
AFN 74.405976
ALL 96.321183
AMD 442.408335
ANG 2.113763
AOA 1083.022954
ARS 1624.863407
AUD 1.666856
AWG 2.125891
AZN 2.009317
BAM 1.953188
BBD 2.366835
BDT 143.607943
BGN 1.945953
BHD 0.445342
BIF 3484.954071
BMD 1.18105
BND 1.491312
BOB 8.12014
BRL 6.131067
BSD 1.175128
BTN 106.870075
BWP 15.56019
BYN 3.369808
BYR 23148.589707
BZD 2.363439
CAD 1.613776
CDF 2692.795605
CHF 0.913311
CLF 0.025822
CLP 1019.612601
CNY 8.159583
CNH 8.132283
COP 4366.934206
CRC 560.849935
CUC 1.18105
CUP 31.297838
CVE 110.117732
CZK 24.213366
DJF 209.270128
DKK 7.471402
DOP 72.233397
DZD 153.44085
EGP 56.382289
ERN 17.715757
ETB 182.877724
FJD 2.62459
FKP 0.875911
GBP 0.873864
GEL 3.159315
GGP 0.875911
GHS 12.914728
GIP 0.875911
GMD 86.799398
GNF 10310.211404
GTQ 9.016941
GYD 245.821245
HKD 9.234108
HNL 31.089422
HRK 7.534272
HTG 154.033999
HUF 379.890211
IDR 19846.372522
ILS 3.678057
IMP 0.875911
INR 107.316921
IQD 1539.515024
IRR 1516246.79865
ISK 144.903092
JEP 0.875911
JMD 183.10512
JOD 0.837414
JPY 182.7038
KES 152.2961
KGS 103.282595
KHR 4725.699984
KMF 493.678719
KPW 1062.948803
KRW 1702.868064
KWD 0.362146
KYD 0.979274
KZT 586.535651
LAK 25180.897339
LBP 105235.406551
LKR 363.587591
LRD 216.820031
LSL 18.931761
LTL 3.487335
LVL 0.714405
LYD 7.434058
MAD 10.775489
MDL 20.183093
MGA 5029.273986
MKD 61.639024
MMK 2479.951552
MNT 4214.696564
MOP 9.459789
MRU 47.053073
MUR 54.576464
MVR 18.258755
MWK 2037.774736
MXN 20.244979
MYR 4.593698
MZN 75.475026
NAD 18.931761
NGN 1582.95044
NIO 43.242352
NOK 11.268155
NPR 170.99232
NZD 1.973529
OMR 0.454116
PAB 1.175128
PEN 3.947438
PGK 5.125167
PHP 68.056263
PKR 328.425972
PLN 4.21599
PYG 7597.838857
QAR 4.283372
RON 5.097299
RSD 117.431466
RUB 90.795179
RWF 1716.304661
SAR 4.430076
SBD 9.501767
SCR 17.527301
SDG 710.402384
SEK 10.674187
SGD 1.493728
SHP 0.886094
SLE 28.939671
SLL 24766.037593
SOS 670.403421
SRD 44.44943
STD 24445.36072
STN 24.467382
SVC 10.282075
SYP 130.555476
SZL 18.925689
THB 36.648235
TJS 11.134609
TMT 4.133677
TND 3.411937
TOP 2.843687
TRY 51.762132
TTD 7.954228
TWD 37.158804
TZS 3029.171327
UAH 50.864775
UGX 4230.342455
USD 1.18105
UYU 45.599017
UZS 14351.866963
VES 474.58315
VND 30801.796916
VUV 139.883878
WST 3.205869
XAF 655.080913
XAG 0.013655
XAU 0.00023
XCD 3.191848
XCG 2.117932
XDR 0.81471
XOF 655.080913
XPF 119.331742
YER 281.621014
ZAR 18.851917
ZMK 10630.865592
ZMW 22.251242
ZWL 380.297778
  • AEX

    -1.8300

    1015.86

    -0.18%

  • BEL20

    -36.1900

    5618.42

    -0.64%

  • PX1

    14.4800

    8530.29

    +0.17%

  • ISEQ

    45.5300

    13052.81

    +0.35%

  • OSEBX

    -15.0700

    1869

    -0.8%

  • PSI20

    53.6300

    9143.94

    +0.59%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    31.0400

    4225.85

    +0.74%

  • N150

    -20.0900

    4080.9

    -0.49%

Le combat d'un chercheur camerounais pour les lamantins d'Afrique
Le combat d'un chercheur camerounais pour les lamantins d'Afrique / Photo: Daniel Beloumou Olomo - AFP

Le combat d'un chercheur camerounais pour les lamantins d'Afrique

Depuis ses premières observations sur le lac Ossa, au Cameroun, Aristide Takoukam Kamla, docteur en biologie marine, se bat pour protéger les lamantins d'Afrique, espèce méconnue et menacée, présente dans les eaux douces de la côte ouest du continent.

Taille du texte:

Pour avoir une chance d'observer ces discrets mammifères marins, rendez-vous à l'aube, quand la surface du lac est plate comme un miroir. Suivez les traînées de bulles. Vous apercevrez peut-être ses deux grosses narines prendre une courte respiration.

Il y a plus de dix ans, quand il était encore apprenti chercheur à l'Université de Dschang, au Cameroun, Aristide Takoukam Kamla a lui même longtemps ramé avant de repérer ces habitants des profondeurs.

"Sur le terrain, je m'attendais à les voir comme sur Youtube: dans une eau claire, sauter comme des dauphins.... une idée complètement surréaliste" héritée des publications dédiées aux lamantins de Floride, très différents des africains, confie avec un sourire le scientifique de 39 ans.

Et c'est grâce aux pêcheurs locaux qu'il a appris à les détecter dans les 4.500 hectares d'eaux sombres du lac Ossa, dans un parc naturel du sud-ouest du Cameroun.

Aujourd'hui, le lamantin d'Afrique est "son animal préféré", le sujet de son doctorat à l'Université de Floride, la cause d'un Whitley Award obtenu en 2024 - la plus haute distinction dans le monde de la conservation de la biodiversité.

- "Mystères"-

De retour d'une expédition sur le lac Ossa, Sarah Farinelli, une chercheuse américaine, est émue aux larmes d'avoir pu observer avec lui cinq spécimens, dont une femelle accompagnée de son veau.

"C'est énorme ! Il y a certains endroits en Afrique où il est impossible de les voir", explique la trentenaire qui les étudie notamment au Nigeria.

Combien il y a-t-il de au Cameroun ? Quelle est leur espérance de vie ? Quand et jusque où migrent-ils ?

On les trouve sur la côte ouest de l'Afrique, entre Mauritanie et Angola mais "c'est une espèce très peu étudiée, autour de laquelle il existe encore beaucoup de mystères", déplore Aristide Takoukam Kamla.

Considéré comme "vulnérable", le gros herbivore marin parfois surnommé "vache de mer" figure sur la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature.

"Une sous-estimation du statut réel de cette espèce qui fait objet de braconnage", avec un habitat "constamment en danger", regrette le chercheur qui a fondé une organisation de protection des mammifères marins en Afrique, l'AMMCO, avec cinq laboratoires dont un à Dizangué.

Au lac Ossa, le mammifère n'a d'autre prédateur que l'homme. Il y a quelques années, on servait encore du lamantin en sauce à Dizangué, commune qui regroupe des villages de pêcheurs.

Aujourd'hui, leur pêche est interdite, le plat a disparu des menus et une statue de plâtre bleu, érigée dans le village, célèbre leur existence. Mais des menaces subsistent.

Sur une rive, Aristide pointe du doigt une raffinerie d'huile de palme artisanale qui déverse ses déchets directement dans l'eau et pollue le lac.

Ailleurs, il s'indigne de la présence d'un filet largement déployé pour maximiser les prises.

La technique pourrait "retenir un petit lamantin dans ses mailles", s'exclame-t-il, ouvrant une discussion houleuse avec le pêcheur assis dans sa pirogue.

"Nous sommes des autochtones, on vit de ça et on n'a jamais eu à subir des interdictions chez nous, rétorque le vieil homme. "Si vous voulez nous poser des interdictions, il va falloir nous payer chaque mois".

- "lutte biologique" -

Le rapport des scientifiques avec les communautés locales attachées à des pratiques ancestrales de pêche n'est pas simple. Mais une catastrophe a rapproché les deux mondes.

En 2021, la Salvinia Molesta, une plante invasive, a recouvert la moitié du lac et rendu l'habitat invivable pour les poissons et les lamantins.

Les scientifiques ont lancé une "lutte biologique" en utilisant des charançons "Cyrtobagous salviniae", un insecte microscopique se nourrissant exclusivement de Salvinia et ils ont appelé les pêcheurs à l'aide. "Ils prenaient la salvinia infesté de charançons pour en mettre un peu partout dans le lac", se souvient Thierry Aviti, chercheur à l'AMMCO.

Trois ans plus tard, la plante a quasiment disparu. "A un moment donné, on ne s'en sortait plus" mais les promesses ont été tenues, se souvient Thierry Bossambo, un pêcheur de Dizangué, marqué par le souvenir des longues nuits sans poisson.

Aristide Takoukam Kamla tient à cette "relation de confiance" avec les pêcheurs pour éviter une "science parachute", de la tour d'ivoire au terrain.

Et pour dissuader les possibles braconnages, espère développer un circuit d'écotourisme.

Une "priorité", selon Gilbert Oum Ndjocka, le conservateur du parc national de Douala-Edea, pour que "toutes les parties prenantes soient des alliés pour la conservation".

E.Cerny--TPP