The Prague Post - A Bogota, une vie de recycleur, dans les poubelles et la misère

EUR -
AED 4.197354
AFN 73.137697
ALL 93.993381
AMD 419.937085
ANG 2.046034
AOA 1048.502951
ARS 1704.915797
AUD 1.646311
AWG 2.059859
AZN 1.944734
BAM 1.954498
BBD 2.301367
BDT 140.827417
BGN 1.932302
BHD 0.43088
BIF 3410.051689
BMD 1.142779
BND 1.475823
BOB 7.91241
BRL 5.903588
BSD 1.142649
BTN 108.457698
BWP 15.432719
BYN 3.26374
BYR 22398.462835
BZD 2.298069
CAD 1.620929
CDF 2576.965842
CHF 0.921988
CLF 0.026891
CLP 1058.33901
CNY 7.76421
CNH 7.771735
COP 3810.961318
CRC 520.553224
CUC 1.142779
CUP 30.283636
CVE 110.706709
CZK 24.225421
DJF 203.09473
DKK 7.475127
DOP 67.281095
DZD 152.195481
EGP 55.773541
ERN 17.141681
ETB 181.958936
FJD 2.57525
FKP 0.85489
GBP 0.854516
GEL 3.011247
GGP 0.85489
GHS 13.044793
GIP 0.85489
GMD 83.986725
GNF 10033.596803
GTQ 8.718268
GYD 239.013914
HKD 8.962208
HNL 30.586892
HRK 7.535943
HTG 149.481728
HUF 354.535092
IDR 20478.994565
ILS 3.470562
IMP 0.85489
INR 108.502554
IQD 1497.611507
IRR 1571320.734227
ISK 143.612727
JEP 0.85489
JMD 179.960116
JOD 0.81024
JPY 185.027407
KES 147.681212
KGS 99.936497
KHR 4579.683873
KMF 493.108861
KPW 1028.501244
KRW 1728.475955
KWD 0.353923
KYD 0.95217
KZT 536.167514
LAK 24658.295504
LBP 102335.833728
LKR 382.558499
LRD 207.76065
LSL 18.524633
LTL 3.374329
LVL 0.691255
LYD 7.275897
MAD 10.695917
MDL 20.104607
MGA 4908.234279
MKD 61.651655
MMK 2399.170167
MNT 4097.553325
MOP 9.229552
MRU 45.756627
MUR 53.801903
MVR 17.656153
MWK 1983.863856
MXN 19.997826
MYR 4.660256
MZN 73.021451
NAD 18.524227
NGN 1566.006538
NIO 41.825782
NOK 11.194477
NPR 173.530399
NZD 2.008204
OMR 0.439396
PAB 1.142649
PEN 3.894017
PGK 5.007671
PHP 70.214038
PKR 318.092806
PLN 4.298511
PYG 6956.365884
QAR 4.165993
RON 5.234953
RSD 117.364524
RUB 87.419167
RWF 1674.170819
SAR 4.292345
SBD 9.253566
SCR 16.09825
SDG 686.238265
SEK 11.045036
SGD 1.476202
SHP 0.8532
SLE 27.855242
SLL 23963.502474
SOS 653.0966
SRD 42.953642
STD 23653.212162
STN 24.855437
SVC 9.998471
SYP 126.313729
SZL 18.494459
THB 38.07742
TJS 10.563602
TMT 3.999726
TND 3.369481
TOP 2.751537
TRY 53.522048
TTD 7.754834
TWD 36.702685
TZS 2999.797581
UAH 50.84987
UGX 4182.213938
USD 1.142779
UYU 45.989363
UZS 13753.341932
VES 761.337677
VND 30045.938003
VUV 137.299266
WST 3.162959
XAF 655.520313
XAG 0.018751
XAU 0.000276
XCD 3.088417
XCG 2.059228
XDR 0.815018
XOF 654.811751
XPF 119.331742
YER 270.924282
ZAR 18.565074
ZMK 10286.405295
ZMW 21.053159
ZWL 367.97428
  • AEX

    -3.4600

    1079

    -0.32%

  • BEL20

    -8.0300

    5724.43

    -0.14%

  • PX1

    -43.2500

    8436.24

    -0.51%

  • ISEQ

    0.0000

    13960.76

    0%

  • OSEBX

    7.7500

    1945.97

    +0.4%

  • PSI20

    32.2600

    9249.11

    +0.35%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -19.2200

    4669.76

    -0.41%

  • N150

    -19.9200

    4217.93

    -0.47%

A Bogota, une vie de recycleur, dans les poubelles et la misère
A Bogota, une vie de recycleur, dans les poubelles et la misère / Photo: Yuri CORTEZ - AFP

A Bogota, une vie de recycleur, dans les poubelles et la misère

Tels des spectres, ils apparaissent au crépuscule, tirant à bout de bras leurs charrettes surchargées, se faufilant dans la circulation des quartiers aisés du nord de Bogota.

Taille du texte:

Les recycleurs, prolétariat de l'ombre, arpentent chaque jour les rues de la capitale colombienne pour fouiller dans les poubelles des plus riches qu'eux et y trier les déchets qu'ils vendront pour une poignée de pesos.

Une armée de miséreux, hommes, femmes et parfois enfants, souvent des migrants venus du Venezuela voisin. Visage de cette pauvreté à laquelle tous les candidats à la présidentielle du 29 mai promettent de s'attaquer, dans un pays, quatrième économie d'Amérique latine, parmi les plus inégalitaires du monde.

En 2020, ils étaient 25.000, recensés par la mairie, à avoir cette vie de labeur comme principale source de revenus. Plus de 170 associations les représentent. Mais beaucoup n'ont aucune existence légale.

- Traction humaine -

En moyenne, ces recycleurs gagnent chaque jour entre 12.000 et 18.000 pesos (entre 3 et 4,25 euros), explique à l'AFP un responsable de l'association "Donne moi ta main", Alvaro Nocua.

Bob noir sur la tête et sourire juvénile, Jesus Maria Perez, 52 ans, arpente les rues à la recherche de déchets. Cet ancien cuisinier vénézuélien vit depuis cinq ans seul en Colombie.

"Cette vie est dure, mais c'est ma seule option pour survivre", confesse-t-il. "Je n'ai pas de papiers, donc je ne peux pas être inscrit au registre".

Récupérant plastiques, bouteilles en verre et cartons, il peine à réunir "au jour le jour" son objectif quotidien de 40.000 pesos (9,50 euros).

Il empile ses trésors dans sa carriole de bois bricolée. Pas de cheval ou d'âne pour la tirer. La mairie, dirigée depuis 2004 par des maires de gauche ou centre-gauche, l'interdit au nom de la lutte contre la maltraitance animale.

C'est donc à la traction humaine --rares sont ceux qui peuvent se payer un engin motorisé-- que les recycleurs travaillent, tirant à bout de bras leur engin sur des kilomètres.

Parfois, ce sont des familles. Les parents fouillent les ordures, les enfants patientent sur la charrette.

Bogota produit 7.500 tonnes de déchets chaque jour, dont 16% sont recyclées grâce aux petites mains qui font les poubelles.

L'avenir de la planète ici, ce sont avant tout les pauvres qui s'en chargent, alors que 78% des ménages colombiens ne recyclaient pas ou ne séparaient pas correctement leurs déchets à domicile en 2019.

"Les matériaux collectés sont ensuite traités et commercialisés auprès du secteur industriel", explique M. Nocua.

- Intermédiaires -

A Bogota, à près de 2.500 mètres d'altitude, il y aussi parfois la pluie et le froid. Jesus enfile alors son imperméable pour se protéger des rafales.

Après des kilomètres, dernier arrêt devant un immeuble moderne du centre-ville pour trier le contenu d'un ultime bidon.

Direction ensuite "l'entrepôt", une centaine de mètres carrés servant de hangar à déchets dans un quartier populaire du sud de la ville. L'odeur prend à la gorge. Cartons, papiers, plastiques, verre... tout est séparé, empilé, rangé.

Quadragénaire au visage marqué mais à l'allure proprette, Martha Munoz est la patronne des lieux. "Beaucoup de ceux qui viennent ici sont à la rue, ça leur permet d'avoir un petit revenu", explique-t-elle.

"Moi j'ai pu élever sept enfants grâce à cet entrepôt. Ils ont tous un métier maintenant, l'un est avocat, l'autre ingénieur", dit-elle.

Martha est l'une des nombreux intermédiaires qui revend ensuite, avec une marge jusqu'à 20%, à la quinzaine de grandes stations de tri de Bogota.

En 2013, les ramasseurs de déchets de la capitale ont obtenu une reconnaissance officielle, ce qui leur permet de recevoir, via les associations agréées, une partie des taxes d'assainissement perçues par la municipalité.

Le choc de la pandémie en 2020, et du sévère confinement imposé, a été rude. Des centaines de ramasseurs ont alors manifesté contre leur situation dramatique.

Ce jour-là, avec 25.000 pesos récoltés, Jesus ne pourra pas couvrir ses besoins quotidiens. Une fois déduits la location de sa chambre dans une pension et les frais pour garer sa charrette, il lui reste mille pesos. "Pas assez pour manger...", dit celui qui a dû quitter son pays à cause de l'inflation.

Pour compléter, Jesus vend des bonbons et de sacs-poubelles devant un supermarché de quartier, pour réunir 10.000 pesos (2,36 euros) et pouvoir manger son "premier" vrai repas de la journée.

Le soir, il rentre dans sa chambre délabrée, dans un quartier de prostituées, pour se cuisiner un plat de riz sur un réchaud de fortune. Son rêve? "Pouvoir aller au Chili l'année prochaine", où vit son fils unique.

R.Rous--TPP