The Prague Post - L'objectif de maintien du réchauffement sous 2°C "est mort", selon un climatologue éminent mais contesté

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L'objectif de maintien du réchauffement sous 2°C "est mort", selon un climatologue éminent mais contesté
L'objectif de maintien du réchauffement sous 2°C "est mort", selon un climatologue éminent mais contesté / Photo: Alberto PIZZOLI - AFP

L'objectif de maintien du réchauffement sous 2°C "est mort", selon un climatologue éminent mais contesté

L'objectif de maintien à long terme du réchauffement climatique sous le seuil des +2°C par rapport à la période préindustrielle, limite haute fixée par l'accord de Paris, "est mort", a estimé mardi un éminent climatologue américain, vivement contesté par ses pairs.

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James Hansen, ancien climatologue en chef de la Nasa devenu une voix dissonante et isolée de la communauté scientifique, publie avec plusieurs confrères une étude selon laquelle certains phénomènes qui sous-tendent le changement climatique ont été sous-estimés.

Selon leur analyse de la situation actuelle et leurs projections, "l'objectif des 2°C est mort", a déclaré mardi M. Hansen lors d'une présentation.

L'un des scénarios ambitieux du Giec - le groupe d'experts du climat mandatés par l'ONU -, tablant sur une nette diminution des émissions de gaz à effets de serre permettant possiblement de contenir le réchauffement sous ce seuil, est "aujourd'hui impossible", a-t-il estimé.

James Hansen met d'abord en cause la consommation énergétique mondiale qui "augmente et continuera d'augmenter", avec une "majeure partie de l'énergie provenant encore des combustibles fossiles", principaux émetteurs de gaz à effets de serre.

Outre cette transition énergétique trop lente, le scientifique et son équipe pointent du doigt dans leur étude, publiée dans la revue Environment: Science and Policy for Sustainable Development, "un manque de réalisme dans l'évaluation du climat", estimant que ce dernier est plus sensible aux émissions de gaz à effet de serre que ce qui est envisagé aujourd'hui dans les synthèses du Giec.

Cet article "demande beaucoup de vigilance", "il n'est pas publié dans un journal de sciences du climat et formule un certain nombre d'hypothèses qui ne sont pas cohérentes avec l'ensemble des observations disponibles", a fortement relativisé Valérie Masson-Delmotte, ancienne coprésidente du groupe de travail du Giec sur la climatologie contactée mercredi par l'AFP.

- Emissions de soufre -

Dans leur analyse, M. Hansen et ses collègues assurent aussi que la baisse des émissions de soufre du secteur maritime, à partir d'un changement de réglementation en 2020, a eu des effets sur le climat minimisés par la communauté scientifique.

La présence des particules de soufre à la surface de l'eau augmente le renvoi de l'énergie du soleil vers l'espace, participant ainsi à refroidir l'atmosphère.

Mais la plupart des études récentes ont conclu que l'effet de ce phénomène sur les températures record de 2023 allait de "faible" à "négligeable", a tempéré William Collins, climatologue de l'université Reading (Angleterre).

Il y a "beaucoup de spéculations" dans les travaux de Hansen, et "je continue de rester sceptique", a aussi critiqué Karsten Haustein, climatologue de l'université de Leipzig (Allemagne).

L'équipe de James Hansen estime encore que la circulation méridienne de retournement de l'Atlantique (Amoc), un système de courants marins au rôle majeur dans la régulation du climat, devrait cesser "au cours des 20 à 30 prochaines années", ce qui entraînerait "notamment une élévation du niveau de la mer de plusieurs mètres".

En janvier, une étude dans Nature Communications affirmait au contraire l'absence de signe de déclin de l'Amoc depuis 60 ans.

Adopté il y a près de dix ans par la quasi-totalité des pays, l'accord de Paris dont Washington a récemment annoncé se retirer pour la deuxième fois, vise à maintenir l'augmentation de la température moyenne mondiale "bien en dessous de 2°C" par rapport aux niveaux préindustriels et poursuivre les efforts pour la limiter à 1,5°C.

Le monde s'est déjà réchauffé de 1,3°C en moyenne. Et le seuil de 1,5°C a été dépassé pour la première fois ces deux dernières années, selon l'observatoire européen Copernicus.

A.Stransky--TPP