The Prague Post - Sauver le chêne, roi des forêts françaises: une mission et un testament

EUR -
AED 4.280149
AFN 74.589844
ALL 96.103506
AMD 438.585722
AOA 1068.726117
ARS 1616.513306
AUD 1.657319
AWG 2.097827
AZN 1.983098
BAM 1.948627
BBD 2.345864
BDT 143.136316
BHD 0.439917
BIF 3461.997697
BMD 1.16546
BND 1.484789
BOB 8.047924
BRL 5.944664
BSD 1.164663
BTN 107.526089
BWP 15.626602
BYN 3.399583
BYR 22843.007863
BZD 2.342466
CAD 1.614616
CDF 2681.722235
CHF 0.92273
CLF 0.026584
CLP 1046.268001
CNY 7.960205
CNH 7.968084
COP 4250.489379
CRC 541.782289
CUC 1.16546
CUP 30.884679
CVE 110.54355
CZK 24.392545
DJF 207.125263
DKK 7.472682
DOP 70.68518
DZD 154.38958
EGP 62.072847
ERN 17.481894
ETB 181.374636
FJD 2.58138
FKP 0.880192
GBP 0.870523
GEL 3.129258
GGP 0.880192
GHS 12.837525
GIP 0.880192
GMD 85.078271
GNF 10232.735437
GTQ 8.910199
GYD 243.673554
HKD 9.128678
HNL 31.024569
HRK 7.531231
HTG 152.690693
HUF 376.849607
IDR 19830.469655
ILS 3.599359
IMP 0.880192
INR 107.551815
IQD 1526.752056
IRR 1532579.354174
ISK 143.806194
JEP 0.880192
JMD 183.34505
JOD 0.826285
JPY 184.993987
KES 150.808729
KGS 101.919296
KHR 4678.154599
KMF 494.732249
KPW 1048.900686
KRW 1729.46006
KWD 0.360372
KYD 0.970573
KZT 556.853329
LAK 25596.40882
LBP 104366.905999
LKR 367.128487
LRD 214.669545
LSL 19.364124
LTL 3.441299
LVL 0.704975
LYD 7.394846
MAD 10.844557
MDL 20.056049
MGA 4822.085966
MKD 61.616474
MMK 2447.472605
MNT 4162.53503
MOP 9.396624
MRU 46.738365
MUR 54.216779
MVR 18.018145
MWK 2024.403485
MXN 20.350661
MYR 4.644315
MZN 74.542802
NAD 19.358408
NGN 1607.145284
NIO 42.807425
NOK 11.16251
NPR 172.044485
NZD 2.002525
OMR 0.448107
PAB 1.164653
PEN 3.966933
PGK 5.022999
PHP 69.382167
PKR 325.163388
PLN 4.255235
PYG 7555.187033
QAR 4.249279
RON 5.093409
RSD 117.34427
RUB 91.552352
RWF 1702.153724
SAR 4.373528
SBD 9.380213
SCR 17.342188
SDG 700.441569
SEK 10.871477
SGD 1.486308
SLE 28.728239
SOS 666.061467
SRD 43.767645
STD 24122.660353
STN 24.987453
SVC 10.191482
SYP 128.840806
SZL 19.36408
THB 37.434205
TJS 11.070424
TMT 4.079109
TND 3.370556
TRY 51.853042
TTD 7.89958
TWD 36.986328
TZS 3015.627307
UAH 50.473474
UGX 4308.934142
USD 1.16546
UYU 47.315816
UZS 14253.571085
VES 552.913721
VND 30689.464518
VUV 139.180276
WST 3.229387
XAF 653.514763
XAG 0.015846
XAU 0.000248
XCD 3.149713
XCG 2.099109
XDR 0.814629
XOF 657.319107
XPF 119.331742
YER 278.049524
ZAR 19.164992
ZMK 10490.533013
ZMW 22.274853
ZWL 375.277511
  • AEX

    31.3000

    1003.2

    +3.22%

  • BEL20

    185.3800

    5392.71

    +3.56%

  • PX1

    355.1000

    8263.87

    +4.49%

  • ISEQ

    753.2700

    12844.24

    +6.23%

  • OSEBX

    -57.6300

    2022.97

    -2.77%

  • PSI20

    83.3600

    9450.19

    +0.89%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    104.7200

    3926.73

    +2.74%

  • N150

    108.7500

    4048.95

    +2.76%

Sauver le chêne, roi des forêts françaises: une mission et un testament
Sauver le chêne, roi des forêts françaises: une mission et un testament / Photo: THIERRY ZOCCOLAN - AFP/Archives

Sauver le chêne, roi des forêts françaises: une mission et un testament

Une "mission" autant qu'une "lettre aux descendants": dans la chênaie de Tronçais, une des plus belles d'Europe et aussi une des plus touchées par le changement climatique, l'Office national de la forêt (ONF) tente le sauvetage du siècle.

Taille du texte:

Au coeur de cette forêt de plus de 10.000 hectares, dont les chênes donnent depuis des siècles les fûts de cognac d'exception ou la charpente de cathédrales, un arbre se tient encore debout, ignorant qu'il est "presque déjà mort", explique Corentin Gervais, technicien forestier de l'ONF.

Ce chêne sessile a encaissé trop de coups. Il a eu trop soif, trop chaud, s'est affolé, a gaspillé ses dernières forces dans des repousses vouées à l'échec. Son houppier (sommet) est totalement dégarni, il a perdu trop de branches.

"L'an prochain, il ne sera plus là", tranche le forestier, désignant par contraste son voisin, centenaire comme lui, qui "devrait s'en sortir", avec son sommet constellé de jeunes branchettes serties de bourgeons printaniers.

Le chêne, roi d'une forêt française majoritairement composée de feuillus et qui représente à lui-seul 81% du peuplement de Tronçais, traverse une crise majeure.

- Le hêtre, premier touché -

La récolte de bois dépérissant est passée de 1.000 m3 à 24.000 m3 par an depuis 2020 à Tronçais. L'ONF estime que 70% des peuplements de chênes et de hêtres y sont aujourd'hui en situation de vulnérabilité.

Plus que d'autres chênaies, celle-ci a subi de plein fouet une succession de sécheresses entre 2018 et 2020, accentuées par des périodes de fortes chaleurs, puis en 2023.

"Ca a commencé par le hêtre (environ 10% des peuplements)", raconte Samuel Autissier, directeur de l'agence ONF du Berry-Bourbonnais, qui gère les forêts domaniales de l'Allier. Cet arbre, qui grandit sous le chêne, permet à ce dernier d'avoir "la tête au soleil et les pieds à l'ombre", ce qui favorise un tronc puissant et la finesse du grain du bois.

La mort du hêtre expose en pleine lumière le chêne, le déstabilise. "Quand au 13 octobre 2023, il faisait 36°C au sol à Tronçais, sur la canopée, on est monté à plus de 40°C. On a eu des phénomènes d'embolie, avec des bulles d'air dans les vaisseaux empêchant la sève de circuler", relate le forestier. Potentiellement fatal pour un arbre qui boit "200 litres d'eau par jour".

"On a des arbres qui sont morts en trois semaines, on n'avait jamais vu ça", se souvient Loïc Nicolas, responsable du service forêt sur ce territoire. "On a connu des sécheresses, comme en 1976, avec des coins de France qui ont souffert. Mais ce qui fait peur, c'est que là, c'est généralisé à toute la forêt", souffle-t-il.

A Tronçais, les plus vieux chênes sessiles, dont nombre sont nés au "petit âge glaciaire" de la fin du XVIIIe siècle, peinent à s'adapter. Passé la sidération, dès 2020, la riposte se met en marche.

L'ONF lance des "îlots d'avenir" où sont testées sur deux hectares des essences plus prometteuses avec 4°C de plus qu'à l'ère pré-industrielle: séquoia, pin maritime, cèdre de l'Atlas mais aussi d'autres chênes, vert ou liège.

"On teste une quinzaine d'espèces pour que les forestiers de 2100 aient une base de travail. C'est notre lettre aux descendants", dit Samuel Autissier.

- Coup de pouce -

Au côté de ces îlots, la gestion forestière consiste notamment à favoriser le renouvellement de la chênaie: la moitié de la forêt se régénère naturellement, mais ailleurs, l'ONF donne "un coup de pouce".

Ainsi, une parcelle de chênes sessiles est enrichie de chênes pubescents, qui captent mieux l'humidité de l'air grâce aux poils sous leurs feuilles, ou de chênes verts, peu valorisés commercialement mais qui résistent bien au feu et pourraient remplacer le hêtre comme compagnon. Les plants sont géoréférencés et surveillés.

"On introduit de la diversité, on compte aussi sur la capacité du chêne sessile à évoluer: 80% du pollen qui féconde les fleurs femelles vient de l'extérieur de la parcelle. Ce brassage génétique renforce les chances de survie", explique Samuel Autissier.

Jeudi, le 100.000e arbre a été planté à Tronçais: Lou, six ans, a porté un jeune chêne vert dans sa nouvelle demeure, accompagnée d'une petite troupe d'élèves d'écoles voisines.

G.Turek--TPP