The Prague Post - En Norvège, la lente agonie du saumon sauvage face à l'aquaculture

EUR -
AED 4.263393
AFN 72.560592
ALL 95.445505
AMD 426.579911
ANG 2.078536
AOA 1065.702339
ARS 1631.759056
AUD 1.625904
AWG 2.089612
AZN 1.978131
BAM 1.955708
BBD 2.33589
BDT 142.543287
BGN 1.938602
BHD 0.437379
BIF 3452.037433
BMD 1.160895
BND 1.48483
BOB 8.013623
BRL 5.844416
BSD 1.159745
BTN 110.916777
BWP 15.685261
BYN 3.18425
BYR 22753.548468
BZD 2.33249
CAD 1.604996
CDF 2617.819389
CHF 0.910836
CLF 0.02657
CLP 1041.960931
CNY 7.887994
CNH 7.891523
COP 4272.198809
CRC 524.875282
CUC 1.160895
CUP 30.763726
CVE 110.259808
CZK 24.299401
DJF 206.520274
DKK 7.47559
DOP 68.356781
DZD 154.999701
EGP 61.636097
ERN 17.41343
ETB 186.967195
FJD 2.561056
FKP 0.863912
GBP 0.863761
GEL 3.088435
GGP 0.863912
GHS 13.465366
GIP 0.863912
GMD 84.169382
GNF 10164.521322
GTQ 8.843584
GYD 242.598575
HKD 9.096602
HNL 30.855547
HRK 7.538743
HTG 151.872848
HUF 358.937677
IDR 20546.222087
ILS 3.356195
IMP 0.863912
INR 111.098268
IQD 1519.228455
IRR 1536328.880099
ISK 143.672854
JEP 0.863912
JMD 183.081378
JOD 0.823121
JPY 184.820387
KES 150.532911
KGS 101.520743
KHR 4647.781122
KMF 493.380922
KPW 1044.765622
KRW 1764.990878
KWD 0.359309
KYD 0.966454
KZT 547.684208
LAK 25416.803047
LBP 103880.307966
LKR 387.921732
LRD 212.230005
LSL 19.129599
LTL 3.427823
LVL 0.702214
LYD 7.390652
MAD 10.699096
MDL 20.116053
MGA 4872.770527
MKD 61.637097
MMK 2437.147302
MNT 4153.468419
MOP 9.360659
MRU 46.343818
MUR 55.00366
MVR 17.882128
MWK 2011.005296
MXN 20.116231
MYR 4.606321
MZN 74.185541
NAD 19.129599
NGN 1593.039054
NIO 42.67799
NOK 10.763942
NPR 177.466643
NZD 1.984098
OMR 0.447829
PAB 1.159745
PEN 3.954114
PGK 5.057762
PHP 71.364924
PKR 322.888194
PLN 4.240809
PYG 7067.667162
QAR 4.2402
RON 5.252359
RSD 117.404471
RUB 83.341275
RWF 1695.520153
SAR 4.355574
SBD 9.339615
SCR 15.93525
SDG 697.121913
SEK 10.874924
SGD 1.486415
SHP 0.866726
SLE 28.562282
SLL 24343.397066
SOS 662.768788
SRD 43.131949
STD 24028.189492
STN 24.498846
SVC 10.147522
SYP 128.317857
SZL 19.125099
THB 37.96551
TJS 10.774093
TMT 4.063134
TND 3.39504
TOP 2.795157
TRY 53.019603
TTD 7.871629
TWD 36.515387
TZS 3032.857174
UAH 51.328683
UGX 4391.793177
USD 1.160895
UYU 46.427814
UZS 13914.344732
VES 610.875316
VND 30607.005375
VUV 137.936674
WST 3.163182
XAF 655.92611
XAG 0.015373
XAU 0.000258
XCD 3.137378
XCG 2.090202
XDR 0.815762
XOF 655.92611
XPF 119.331742
YER 277.048092
ZAR 19.583496
ZMK 10449.455205
ZMW 21.831972
ZWL 373.807823
  • AEX

    10.0400

    1045.05

    +0.97%

  • BEL20

    39.4100

    5589.97

    +0.71%

  • PX1

    29.9200

    8115.75

    +0.37%

  • ISEQ

    208.5300

    13001.66

    +1.63%

  • OSEBX

    -13.9900

    2043.5

    -0.68%

  • PSI20

    -60.9000

    9166.74

    -0.66%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -9.0700

    4114.76

    -0.22%

  • N150

    12.3300

    4265.7

    +0.29%

En Norvège, la lente agonie du saumon sauvage face à l'aquaculture
En Norvège, la lente agonie du saumon sauvage face à l'aquaculture / Photo: Jonathan KLEIN - AFP

En Norvège, la lente agonie du saumon sauvage face à l'aquaculture

De l'eau jusqu'à la taille, Christer Kristoffersen fouette l'air puis dépose sa ligne sur la rivière en crue. Au bout? Rien... Animal emblématique de la Norvège, le saumon sauvage s'est dramatiquement raréfié dans le pays scandinave, victime du changement climatique et de l'aquaculture.

Taille du texte:

"Quand j'étais gamin au début des années 80, la rivière débordait de poissons à un point qu'on ne peut pas imaginer. Elle était remplie de truites de mer et de saumons. On pouvait en attraper 10 ou 15 en une soirée", explique ce passionné de pêche sportive, planté dans la rivière Stjørdal (centre) gonflée par les pluies.

Malgré ses décennies d'expérience, cela fait dix jours que le quinquagénaire rentre bredouille.

Car le saumon se fait rare, à tel point que la Norvège l'a placé en 2021 sur sa liste rouge des espèces quasi menacées.

Une proportion toujours plus importante de ces poissons qui migrent entre eau douce et eau salée ne reviennent pas frayer sur leur lieu de naissance, en amont des cours d'eau. Ils disparaissent en mer pour des raisons encore mystérieuses mais que les scientifiques pensent liées au changement climatique.

Seuls 323.000 saumons sauvages ont remonté les rivières norvégiennes en 2024, soit moins du tiers par rapport aux années 1980, selon le Comité scientifique pour la gestion du saumon, organisme indépendant mis en place par les autorités.

"La pêche au saumon est très importante pour la Norvège, tant pour les communautés locales dans les vallées fluviales que pour l'économie. Et elle attire de nombreux touristes", souligne Aksel Hembre, vice-président de Norske Lakselver, association regroupant les exploitants des rivières à saumon.

Mais, face à l'effondrement de la montaison (le nombre de poissons qui remontent les rivières), les autorités l'ont suspendue dans 33 cours d'eau l'an dernier et l'ont assortie cette année de restrictions (fermeture de certaines rivières, saisons raccourcies pour d'autres, quotas).

Un coup de massue pour les professionnels du tourisme et les 60 à 80.000 pêcheurs sportifs qui se livrent à leur passion dans les cours d'eau où la population de salmonidés est jugée suffisamment abondante.

- Poux de mer -

Si le changement climatique perceptible dans les rivières (réchauffement des eaux, précipitations et sécheresse...) et en mer (modification de l'écosystème et des sources alimentaires...) est difficile à enrayer, un autre responsable est pointé du doigt: l'aquaculture.

Depuis les années 1970, la Norvège produit du saumon d'élevage, une industrie lucrative qui a rapporté 10 milliards d'euros en 2024 --deuxième produit d'exportation derrière les hydrocarbures-- et qui crée des emplois bienvenus sur le littoral.

Ses fjords sont parcourus par des centaines de fermes aquacoles. Chacune de leurs six à douze cages flottantes peut contenir jusqu'à 200.000 poissons.

Non seulement le saumon d'élevage est, selon certaines estimations, mille fois plus nombreux que le saumon sauvage mais il contribue aussi à éclaircir ses rangs.

Les principales menaces qu'il fait planer sont liées aux poux de mer --des parasites qui pullulent dans les fermes--, les évasions qui peuvent générer des croisements génétiques indésirables, et les maladies, selon le Comité scientifique pour la gestion du saumon.

Quand les saumons sauvages juvéniles (les "smolts") migrent vers la mer et passent à proximité des élevages, "s'ils attrapent beaucoup de ces parasites, ceux-ci leur rongent la peau, peuvent leur sucer le sang, et finissent par les tuer", explique le président du comité, Torbjørn Forseth.

"Le croisement entre saumons sauvages et saumons d'élevage est problématique, car le saumon d'élevage est sélectionné et adapté à l'environnement d'une ferme aquacole, qui est évidemment très différent du milieu naturel", ajoute le chercheur. "Certaines des caractéristiques de ces poissons (comme sa croissance rapide, ndlr) sont donc très néfastes pour le saumon sauvage".

- Cages fermées ?-

Pour éradiquer ces problèmes, de nombreuses voix s'élèvent pour que les cages, aujourd'hui ouvertes sur leur environnement, cèdent la place à des systèmes fermés, hermétiques mais plus coûteux.

"Nous exigeons qu'il n'y ait aucune émission, aucune fuite de poissons, et aucun impact des poux sur le saumon sauvage. C'est indispensable si nous voulons sauver celui-ci", souligne Aksel Hembre.

Si elle dit se préoccuper pour le saumon sauvage, l'industrie aquacole demande du temps.

"Cela ne progresse pas très vite car c'est assez complexe. Imaginez construire un système fermé et l'installer en mer, comparé à un système ouvert. Il y a énormément de choses à prendre en compte", fait valoir Øyvind André Haram, porte-parole de la Norwegian Seafood Association, qui regroupe les poids lourds du secteur.

"Est-ce que quelque chose peut casser? Est-ce que certains éléments peuvent être affectés par les courants marins ou ceux des fjords? Il faut donc beaucoup plus de temps pour être sûr à 100% que ce système est sûr", assure-t-il.

Le secteur réclame aussi davantage d'études pour expliquer le déclin des stocks.

De son côté, le Parlement s'est entendu en juin sur un texte prévoyant une régulation des élevages d'ici deux à quatre ans et qui devrait pousser le secteur à passer aux cages fermées.

"Ils avancent à pas de souris, alors que le saumon sauvage a besoin d'une révolution", regrette Ann-Britt Bogen, qui gère un gîte sur les rives de la rivière Gaula.

"Je crains bien d'être de la dernière génération qui pêchera le saumon sauvage en Norvège si le gouvernement ne prend pas ses responsabilités".

F.Vit--TPP