The Prague Post - De la décharge au podium: au Kenya, les vêtements de seconde main ont leur défilé de mode

EUR -
AED 4.329505
AFN 74.270955
ALL 96.412965
AMD 442.829896
ANG 2.109909
AOA 1081.049119
ARS 1621.868228
AUD 1.669117
AWG 2.122015
AZN 2.008805
BAM 1.955049
BBD 2.36909
BDT 143.744783
BGN 1.942405
BHD 0.444229
BIF 3488.260053
BMD 1.178897
BND 1.492727
BOB 8.127878
BRL 6.104378
BSD 1.176248
BTN 106.971909
BWP 15.575017
BYN 3.373004
BYR 23106.384132
BZD 2.365691
CAD 1.613144
CDF 2687.885928
CHF 0.914379
CLF 0.025883
CLP 1021.990551
CNY 8.144706
CNH 8.131873
COP 4349.829098
CRC 561.384355
CUC 1.178897
CUP 31.240774
CVE 110.22266
CZK 24.236994
DJF 209.469536
DKK 7.474449
DOP 72.302227
DZD 153.219144
EGP 56.036475
ERN 17.683457
ETB 183.051984
FJD 2.619805
FKP 0.873342
GBP 0.874585
GEL 3.153597
GGP 0.873342
GHS 12.927034
GIP 0.873342
GMD 86.65348
GNF 10320.035759
GTQ 9.025533
GYD 246.055483
HKD 9.214084
HNL 31.119046
HRK 7.539094
HTG 154.180774
HUF 380.836877
IDR 19879.624744
ILS 3.672942
IMP 0.873342
INR 106.957625
IQD 1541.008052
IRR 49661.042612
ISK 144.993015
JEP 0.873342
JMD 183.279597
JOD 0.835885
JPY 182.758577
KES 151.621757
KGS 103.095009
KHR 4730.182992
KMF 492.779421
KPW 1061.049767
KRW 1703.795257
KWD 0.361521
KYD 0.980223
KZT 587.104475
LAK 25205.317867
LBP 105335.237518
LKR 363.940199
LRD 217.026633
LSL 18.950121
LTL 3.480977
LVL 0.713104
LYD 7.441142
MAD 10.785757
MDL 20.20224
MGA 5034.066261
MKD 61.621329
MMK 2475.325861
MNT 4207.331784
MOP 9.468963
MRU 47.097908
MUR 54.724852
MVR 18.226196
MWK 2039.716483
MXN 20.197696
MYR 4.601281
MZN 75.337468
NAD 18.950121
NGN 1583.471518
NIO 43.283374
NOK 11.229118
NPR 171.155254
NZD 1.968602
OMR 0.452986
PAB 1.176248
PEN 3.951182
PGK 5.130029
PHP 68.327115
PKR 328.738921
PLN 4.222397
PYG 7605.078657
QAR 4.287453
RON 5.100032
RSD 117.374913
RUB 90.365288
RWF 1717.940087
SAR 4.422617
SBD 9.484443
SCR 17.871135
SDG 709.110969
SEK 10.681049
SGD 1.492529
SHP 0.884478
SLE 28.887303
SLL 24720.883013
SOS 671.042232
SRD 44.368388
STD 24400.790813
STN 24.490592
SVC 10.292047
SYP 13038.101319
SZL 18.943723
THB 36.684966
TJS 11.145219
TMT 4.12614
TND 3.415188
TOP 2.838502
TRY 51.671496
TTD 7.961942
TWD 37.181831
TZS 3031.835379
UAH 50.913243
UGX 4234.373448
USD 1.178897
UYU 45.642467
UZS 14365.48178
VES 473.717869
VND 30615.958975
VUV 139.679427
WST 3.200064
XAF 655.705124
XAG 0.013965
XAU 0.000231
XCD 3.186029
XCG 2.119986
XDR 0.815487
XOF 655.705124
XPF 119.331742
YER 281.108453
ZAR 18.909381
ZMK 10611.493248
ZMW 22.272444
ZWL 379.604401
  • AEX

    9.9800

    1017.66

    +0.99%

  • BEL20

    -9.6300

    5654.68

    -0.17%

  • PX1

    116.7400

    8515.49

    +1.39%

  • ISEQ

    212.4000

    13007.43

    +1.66%

  • OSEBX

    13.6500

    1884.15

    +0.73%

  • PSI20

    -4.5500

    9090.54

    -0.05%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    31.0400

    4225.85

    +0.74%

  • N150

    34.9700

    4100.8

    +0.86%

De la décharge au podium: au Kenya, les vêtements de seconde main ont leur défilé de mode
De la décharge au podium: au Kenya, les vêtements de seconde main ont leur défilé de mode / Photo: Tony KARUMBA - AFP

De la décharge au podium: au Kenya, les vêtements de seconde main ont leur défilé de mode

Dans une allée poussiéreuse du plus grand marché en plein air du Kenya, des mannequins défilent dans des tenues audacieuses fabriquées à partir de textiles collectés dans des décharges et de vêtements de seconde main n'ayant pas trouvé preneur.

Taille du texte:

Chaque année, des milliers de tonnes d'habits d'occasion en provenance d'Europe, des États-Unis et d'ailleurs arrivent dans le pays d'Afrique de l'Est, qui en 2023 a dépassé le Nigeria pour devenir le plus grand importateur africain de ce genre de marchandises, selon une étude du MIT (Massachusetts Institute of Technology).

Des milliers de ballots atterrissent donc dans l'immense marché Gikomba de Nairobi, aux toits couverts de tôle.

Un après-midi ensoleillé d'octobre, une importante foule s'y rassemble pour voir des mannequins défiler. Sur leurs corps, des pièces issues de ballots jusqu'ici jugés invendables ou immettables.

"Quoi ? Ils ont amélioré nos vêtements !", s'exclame un commerçant alors que les modèles glissent sur un podium en bois.

Le défilé de mode, Gikomba Runway Edition ("La piste de Gikomba"), le premier du genre, fait la part belle aux jeunes stylistes kényans, dont Morgan Azedy, un spécialiste du recyclage.

Le talent du designer s'exprime dans sa maison d'une seule pièce, où un ventilateur vrombit tandis qu'il fait tourner sa machine à coudre. "Je vois toujours la saleté de l'environnement autour de moi", explique le jeune homme de 25 ans, rencontré par l'AFP avant le défilé.

Sur le podium, sa collection "Kenyan Raw" ("Brut kényan") met en avant deux thèmes marquants : le streetwear en jean et un look gothique entièrement confectionné à partir de cuir recyclé provenant de décharges et de rejets de la fripe.

- "Pollution" -

En utilisant ces vêtements usagés, Morgan Azedy affirme vouloir "réduire la pollution".

L'industrie mondiale de la mode est particulièrement nocive pour la planète, représentant jusqu'à 10% des émissions de gaz à effet de serre, selon la Banque mondiale.

Alors que le Kenya a importé environ 197.000 tonnes de vêtements d'occasion en 2023, d'une valeur de 298 millions de dollars (256 millions d'euros), selon l'étude du MIT, l'Environment for development (EfD), un centre de recherche, estime que plus de 30% de ces textiles sont inutilisables et finissent directement dans les décharges, aggravant le problème de pollution du pays.

La plupart des vêtements modernes sont fabriqués à partir de matériaux synthétiques comme le nylon et le polyester, qui sont essentiellement du plastique. Ils ne sont donc pas biodégradables. Et leur volume augmente toujours plus, parmi les autres déchets au Kenya.

Olwande Akoth, une styliste exposant ses pièces recyclées de kimonos, vendait autrefois ces vêtements d'occasion. Mais elle s'est découragée. "C'est juste des ordures", soupire-t-elle.

L'Afrique de l'Est importe environ un huitième des habits de seconde main du monde, fournissant des emplois à environ 355.000 personnes, selon une étude réalisée en 2017 par l'agence d'aide du gouvernement américain, USAID, démantelée cette année par l'administration Trump.

Une bénédiction pour les ménages les plus pauvres, qui trouvent ainsi des vêtements très peu chers. Mais en contrepartie, l'industrie textile locale se retrouve face à une concurrence aux prix inégalables.

- "Originalité" -

Des pays comme le Kenya, la Tanzanie et l'Ouganda ont donc cherché à restreindre ces importations. Mais ils se sont heurtés à l'AGOA, un accord commercial entre Washington et le continent africain permettant en retour d'exporter certains produits "made in Africa" aux États-Unis sans droits de douane.

En 2016, la Communauté de l'Afrique de l'Est (EAC), dont ces pays font partie, a pensé interdire les vêtements de seconde main, mais a reculé face aux craintes de perdre l'accès privilégié au marché américain.

L'AGOA a expiré fin septembre. Son renouvellement par l'administration du président américain Donald Trump reste très incertain.

Pour l'œil créatif de Morgan Azedy, les inconvénients des accords commerciaux, ces montagnes de vêtements s'accumulant dans des décharges, constituent toutefois un trésor. D'autant qu'acheter du tissu neuf est simplement "trop cher", dit-il.

Entre ses mains, un pantalon en jean surdimensionné a été transformé en une veste à étages et à volants associée à un pantalon évasé et des chaussures à plateforme.

Un souci d'"originalité" qui lui a permis de présenter sa collection à la Fashion Week de Berlin l'année dernière.

Après avoir habillé plusieurs musiciens régionaux, Morgan Azedy rêve désormais encore plus grand : il veut emmener ce que d'autres considèrent comme des déchets textiles aux grands messes de la mode de Paris et New York.

X.Vanek--TPP