The Prague Post - "Vide juridique", "omerta": derrière la contamination de l'eau aux PFAS, la question des épandages

EUR -
AED 4.188101
AFN 72.985627
ALL 93.797598
AMD 419.060732
ANG 2.041765
AOA 1046.308474
ARS 1701.490502
AUD 1.646767
AWG 2.055561
AZN 1.94172
BAM 1.95042
BBD 2.296565
BDT 140.533566
BGN 1.92827
BHD 0.429898
BIF 3402.936244
BMD 1.140394
BND 1.472744
BOB 7.895899
BRL 5.899482
BSD 1.140265
BTN 108.231389
BWP 15.400517
BYN 3.25693
BYR 22351.725998
BZD 2.293274
CAD 1.619628
CDF 2571.58913
CHF 0.922607
CLF 0.02686
CLP 1057.133979
CNY 7.748009
CNH 7.760039
COP 3808.802534
CRC 519.467032
CUC 1.140394
CUP 30.220446
CVE 110.475653
CZK 24.232226
DJF 202.670799
DKK 7.475307
DOP 67.140679
DZD 151.715182
EGP 55.663441
ERN 17.105913
ETB 181.493967
FJD 2.557049
FKP 0.853106
GBP 0.854389
GEL 3.016387
GGP 0.853106
GHS 13.0176
GIP 0.853106
GMD 83.819127
GNF 10012.661372
GTQ 8.700077
GYD 238.515185
HKD 8.942943
HNL 30.523069
HRK 7.534816
HTG 149.169818
HUF 355.560655
IDR 20531.656881
ILS 3.463321
IMP 0.853106
INR 109.014443
IQD 1494.486578
IRR 1568042.002407
ISK 143.598441
JEP 0.853106
JMD 179.58461
JOD 0.808572
JPY 185.103655
KES 147.407473
KGS 99.727543
KHR 4572.980799
KMF 491.510019
KPW 1026.355164
KRW 1732.304504
KWD 0.353249
KYD 0.950183
KZT 535.048742
LAK 25687.379025
LBP 101770.777092
LKR 381.760249
LRD 207.249541
LSL 18.520094
LTL 3.367288
LVL 0.689813
LYD 7.309855
MAD 10.679781
MDL 20.062656
MGA 4892.290974
MKD 61.631175
MMK 2394.164037
MNT 4089.003332
MOP 9.210293
MRU 45.684205
MUR 53.690057
MVR 17.630566
MWK 1980.86414
MXN 19.986665
MYR 4.655771
MZN 72.882779
NAD 18.519721
NGN 1563.845572
NIO 41.96079
NOK 11.184952
NPR 173.168309
NZD 2.008354
OMR 0.438487
PAB 1.140265
PEN 3.875634
PGK 4.994641
PHP 70.203237
PKR 317.256486
PLN 4.302565
PYG 6941.850667
QAR 4.155027
RON 5.234185
RSD 117.355711
RUB 87.236748
RWF 1671.247676
SAR 4.362304
SBD 9.234112
SCR 15.060202
SDG 684.804209
SEK 11.065359
SGD 1.474969
SHP 0.851419
SLE 27.797099
SLL 23913.500012
SOS 651.734337
SRD 42.863978
STD 23603.857154
STN 24.746554
SVC 9.977608
SYP 126.050161
SZL 18.55425
THB 38.122807
TJS 10.541559
TMT 4.002784
TND 3.364183
TOP 2.745796
TRY 53.43082
TTD 7.738653
TWD 36.664697
TZS 2993.532442
UAH 50.743767
UGX 4173.487292
USD 1.140394
UYU 45.893401
UZS 13724.644552
VES 768.724723
VND 29983.243875
VUV 137.012776
WST 3.156359
XAF 654.152498
XAG 0.01908
XAU 0.000278
XCD 3.081972
XCG 2.054931
XDR 0.813318
XOF 652.305415
XPF 119.331742
YER 270.330294
ZAR 18.613696
ZMK 10264.922001
ZMW 21.00923
ZWL 367.206462
  • AEX

    -3.4600

    1079

    -0.32%

  • BEL20

    -8.0300

    5724.43

    -0.14%

  • PX1

    -43.2500

    8436.24

    -0.51%

  • ISEQ

    0.0000

    13960.76

    0%

  • OSEBX

    7.7500

    1945.97

    +0.4%

  • PSI20

    32.2600

    9249.11

    +0.35%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -19.2200

    4669.76

    -0.41%

  • N150

    -19.9200

    4217.93

    -0.47%

"Vide juridique", "omerta": derrière la contamination de l'eau aux PFAS, la question des épandages
"Vide juridique", "omerta": derrière la contamination de l'eau aux PFAS, la question des épandages / Photo: Jean-Christophe VERHAEGEN - AFP/Archives

"Vide juridique", "omerta": derrière la contamination de l'eau aux PFAS, la question des épandages

Épandues dans les champs pendant des décennies, des boues industrielles contaminées aux "polluants éternels" ou PFAS ont rendu l'eau du robinet impropre à la consommation dans 18 villages du nord-est. Elus et associations entendent aujourd'hui réclamer des comptes mais se heurtent à un flou juridique et à une "omerta".

Taille du texte:

Dans ces communes de la Meuse, des Ardennes ou des Vosges, les concentrations dans l'eau de 20 PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées), aux effets potentiellement délétères sur la santé humaine, dépassent nettement les seuils autorisés - jusqu'à 27 fois la limite à Villy (Ardennes), un record.

Aucune usine n'étant visible à l'horizon, l'hypothèse d'une contamination par les boues d'épuration issues d'industries situées un peu plus loin est rapidement devenue une certitude dans ces territoires ruraux.

En Meuse, où quatre villages sont concernés, les investigations menées depuis l'été ont démontré que la pollution émanait de compost et de boues d'épuration épandues pour fertiliser les champs provenant d'une papeterie, fermée depuis novembre 2024 à Stenay.

Les 16 communes meusiennes et ardennaises (soit 3.400 habitants au total) concernées par les arrêtés d'interdiction de consommer l'eau sont d'ailleurs situées dans un rayon d'une vingtaine de kilomètres autour de cette ancienne usine.

- Signalement au parquet -

Les déchets de cette papeterie ont été diffusés "par épandage direct de boues" et aussi "via une unité de compostage" d'une société, qui épendait ce compost "depuis 2007 sur 225 hectares de grandes cultures", dont 50 hectares dans un "périmètre de captage", selon la préfecture. Cette dernière a placé sous séquestre les composts encore présents sur le site et a signalé au parquet "les manquements graves aux règles d'épandage".

Le fonds allemand Accursia Capital, qui a repris quelques mois l'usine avant sa liquidation, affirme n'avoir utilisé "aucun produit contenant des PFAS". "La production était limitée à certaines gammes de produits spécifiques et ne nécessitait pas l'utilisation de ce type de composé", a précisé à l'AFP son président, Oliver Würtenberger, renvoyant la responsabilité vers les "entreprises spécialisées qui sont légalement responsables" de l'élimination des boues.

Selon un ancien salarié de l'usine, qui a demandé à conserver l'anonymat, la réglementation n'imposait cependant pas de rechercher les PFAS, "mais uniquement les métaux lourds", si bien que "tout était conforme". Toutefois, "il y a eu des documents de suivis de déchets qui sont faux", assure-t-il, avec des tonnages inexacts notamment: pour lui, une quantité de boues supérieure a été épandue.

- Lacunes réglementaires -

Plusieurs maires des Ardennes suspectent aussi des enfouissements illégaux de boues sur le plateau d'Olizy-sur-Chiers, dans la Meuse. Elles pouvaient ensuite, par ruissellement ou infiltration, polluer sols et eaux.

Le procédé est similaire dans les Vosges, où deux communes sont concernées par des arrêtés interdisant au moins partiellement la consommation d'eau du robinet.

Dans l'une d'elles, à Tendon, le conseil municipal avait pris un arrêté en 2011 demandant l'arrêt des épandages, pratiqués depuis 1998 dans des parcelles proches d'un captage d'eau, avec des boues issues notamment d'une blanchisserie de Gérardmer, à quelques kilomètres de là.

Cela n'a été effectif qu'en 2013 pour une première parcelle, et en 2018 pour une autre, fustige le maire, Gérard Clément, qui aurait aimé être écouté plus tôt sur les dangers de ces pratiques.

D'autant qu'il incombe à présent aux collectivités de trouver des solutions pour rendre l'eau à nouveau potable. Et cela pourrait coûter cher, les techniques classiques de filtrage, notamment par charbon actif, n'étant pas toujours efficaces contre les PFAS.

Dans le secteur de Villy, l'hypothèse privilégiée est de connecter les réseaux contaminés avec des réseaux sains, pour diminuer les taux de pollution dans l'eau ainsi diluée. Mais c'est une solution "coûteuse, très coûteuse", souligne Hanafi Halil, sous-préfet de Vouziers, référent PFAS dans les Ardennes.

Le coût se répercute aussi sur les habitants, qui continuent de payer pour une eau du robinet qu'ils ne peuvent plus boire, s'énerve Annick Dufils, maire de Malandry, une commune touchée dans les Ardennes.

Car, potable ou non, l'eau consommée doit être facturée, confirme à l'AFP l'Agence de l'eau Rhin-Meuse, qui dit ne pas pouvoir exonérer tel ou tel ménage.

Par ailleurs, même si les élus locaux, qui craignent pour leurs finances, le demandent, "on ne peut pas faire jouer le principe pollueur-payeur", explique la préfecture de la Meuse. "On ne peut pas accuser" quiconque "d'avoir empoisonné les sols aux PFAS puisque ce n'était pas dans la règlementation".

D'une manière générale avec les PFAS, il y a "une lacune énorme de la règlementation" et un "vide juridique", déplore Pauline Cervan, toxicologue pour l'association Générations futures.

- "Non-responsabilité" -

A partir du 1er janvier, toutes les eaux en France devront être analysées pour quantifier les taux de 20 PFAS. De nouveaux arrêtés d'interdiction de consommer l'eau pourraient alors être pris.

Pour Mme Cervan, c'est une bonne chose, tout comme la suspension des épandages près des zones de captages, comme décidé dans les Ardennes. Mais "la France a énormément de retard" sur la question, selon elle.

La Suisse a par exemple interdit dès 2003 les épandages de boues d'épuration, rappelle Jean-François Fleck, de l'association Vosges Nature Environnement. La France, elle, ne l'a pas fait, se contentant en 2006 de créer un fonds de garantie des risques liés à l'épandage.

"On ne peut pas rester sur cette situation de non-responsabilité des uns et des autres, alors qu'on connaît les PFAS depuis les années 1950. La France ne pouvait pas ne pas savoir", insiste le militant écologiste.

Dans l'optique de partager leurs connaissances avec leurs administrés inquiets pour les conséquences sur leur santé - les PFAS peuvent entraîner cancers, excès de cholestérol ou problèmes de développement du fœtus -, les maires de trois communes des Ardennes ont fait analyser leur propre sang.

Verdict: leur taux sanguin de PFAS dépassait les valeurs seuil en vigueur aux Etats-Unis ou en Allemagne. Aucun seuil de ce type n'a cependant été défini en France, si bien qu'on "n'interprète pas les résultats. C'est toujours très flou, l'omerta", regrette la maire de Malandry, qui plaide pour une généralisation de ces tests.

En outre, déplore l'édile, "on nous répond qu'on ne peut pas faire une étude, un suivi épidémiologique pour si peu d'habitants": "C'est toujours le même souci dans la ruralité".

C.Zeman--TPP