The Prague Post - En RDC, des communautés s'unissent face à la ruée sur leurs forêts

EUR -
AED 4.334861
AFN 75.542652
ALL 95.904155
AMD 442.01972
ANG 2.112701
AOA 1083.566757
ARS 1603.541336
AUD 1.646094
AWG 2.121543
AZN 2.001015
BAM 1.96007
BBD 2.377259
BDT 145.151121
BGN 1.968955
BHD 0.445255
BIF 3499.756519
BMD 1.180356
BND 1.501622
BOB 8.156078
BRL 5.89458
BSD 1.180311
BTN 110.236345
BWP 15.837037
BYN 3.368724
BYR 23134.98407
BZD 2.373862
CAD 1.621013
CDF 2720.720942
CHF 0.922437
CLF 0.026555
CLP 1045.146958
CNY 8.047964
CNH 8.043574
COP 4269.23081
CRC 541.698412
CUC 1.180356
CUP 31.279443
CVE 110.599921
CZK 24.338889
DJF 209.772988
DKK 7.473125
DOP 70.673804
DZD 155.938007
EGP 61.335999
ERN 17.705345
ETB 185.433136
FJD 2.621337
FKP 0.870257
GBP 0.869846
GEL 3.17489
GGP 0.870257
GHS 13.042618
GIP 0.870257
GMD 87.346183
GNF 10357.626345
GTQ 9.023887
GYD 246.937351
HKD 9.245017
HNL 31.420657
HRK 7.53221
HTG 154.441675
HUF 363.564507
IDR 20246.770166
ILS 3.538587
IMP 0.870257
INR 110.230232
IQD 1546.266792
IRR 1553496.474984
ISK 143.802482
JEP 0.870257
JMD 186.255746
JOD 0.83688
JPY 187.43706
KES 152.504434
KGS 103.222178
KHR 4739.130681
KMF 493.388914
KPW 1062.323089
KRW 1740.707132
KWD 0.364577
KYD 0.983576
KZT 559.95881
LAK 25932.428323
LBP 105700.909097
LKR 372.380672
LRD 217.510125
LSL 19.345708
LTL 3.485285
LVL 0.713986
LYD 7.471838
MAD 10.899115
MDL 20.183653
MGA 4883.134373
MKD 61.657084
MMK 2479.020319
MNT 4221.406633
MOP 9.525915
MRU 47.131865
MUR 54.591509
MVR 18.236128
MWK 2050.279209
MXN 20.361677
MYR 4.663597
MZN 75.489665
NAD 19.345727
NGN 1587.201178
NIO 43.342964
NOK 11.086302
NPR 176.377203
NZD 1.99724
OMR 0.453844
PAB 1.180316
PEN 4.061018
PGK 5.099434
PHP 70.887462
PKR 329.171851
PLN 4.235242
PYG 7543.689081
QAR 4.303284
RON 5.089813
RSD 117.340363
RUB 89.115423
RWF 1724.500598
SAR 4.428055
SBD 9.500196
SCR 16.8326
SDG 709.394307
SEK 10.807868
SGD 1.499967
SHP 0.881255
SLE 29.096104
SLL 24751.477538
SOS 674.55421
SRD 44.174883
STD 24430.992903
STN 24.964536
SVC 10.327498
SYP 130.528976
SZL 19.346074
THB 37.794656
TJS 11.154024
TMT 4.137149
TND 3.403562
TOP 2.842015
TRY 52.822246
TTD 8.011759
TWD 37.301629
TZS 3063.025009
UAH 51.400773
UGX 4361.64938
USD 1.180356
UYU 47.473418
UZS 14365.533264
VES 564.190106
VND 31078.782171
VUV 140.474253
WST 3.223206
XAF 657.411407
XAG 0.014783
XAU 0.000244
XCD 3.189973
XCG 2.127197
XDR 0.816687
XOF 656.277786
XPF 119.331742
YER 281.632022
ZAR 19.323138
ZMK 10624.621547
ZMW 22.632166
ZWL 380.074257
  • AEX

    -4.2800

    1015.57

    -0.42%

  • BEL20

    -10.9700

    5475.16

    -0.2%

  • PX1

    -53.3000

    8274.57

    -0.64%

  • ISEQ

    10.2800

    12858.3

    +0.08%

  • OSEBX

    -13.4200

    2019.49

    -0.66%

  • PSI20

    -16.8500

    9345.36

    -0.18%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    9.8700

    4123.66

    +0.24%

  • N150

    17.1500

    4100.33

    +0.42%

En RDC, des communautés s'unissent face à la ruée sur leurs forêts
En RDC, des communautés s'unissent face à la ruée sur leurs forêts / Photo: Glody MURHABAZI - AFP

En RDC, des communautés s'unissent face à la ruée sur leurs forêts

Les chants allègres des travailleurs du village de Romée résonnent encore sous les voûtes de leur cathédrale sylvestre aux piliers à la sève rouge sang. En RDC, les communautés tentent de faire face à la prédation de leurs forêts et à l'anarchie foncière qui engendrent parfois des conflits meurtriers.

Taille du texte:

Les quelque 150 millions d'hectares de forêts en République démocratique du Congo (RDC), un "poumon vert" essentiel à la lutte contre le changement climatique, sont l'enjeu d'âpres disputes entre les communautés locales mais aussi les acheteurs de concessions forestières, destinées notamment aux marchés de compensation carbone.

Après quatre années de bataille administrative, les habitants de la communauté de Yainyongo (nord-est de la RDC), composée de plusieurs villages dont celui de Romée, ont acquis en commun en 2023 deux titres de concession officiels sanctuarisant 11.000 hectares de leur forêt dans la province orientale de la Tshopo.

- L'appétit des "riches" -

Machette en main, Jean-Paul Bitilaongi, jeune habitant de Romée, se réjouit d'échapper aux appétits de ces "riches" investisseurs, congolais ou étrangers, qu'il accuse de piller les ressources de sa précieuse forêt.

"Quand ils arrivent ici, ils ne payent presque rien, peut-être du savon, du sel, et ils récupèrent l'étendue" pour l'exploiter, peste Jean-Paul.

En RDC, les terres appartiennent à l'Etat qui en attribue la concession à des particuliers. L'Etat reconnaît les droits des communautés originelles sur leurs terres, mais celles-ci peinent à les faire respecter dans un pays miné par la corruption.

Toutefois, depuis 2014, le mécanisme de "foresterie communautaire" permet à celles-ci d'acquérir indéfiniment leur propre concession, jusqu'à 50.000 hectares, à condition de la gérer de manière durable.

Un modèle qui vise à limiter la prédation foncière et les dégâts liés à la déforestation, tout en permettant aux communautés d'exploiter leurs ressources.

"Désormais, on gère notre forêt comme on veut", se réjouit Jean-Paul Bitiaongi, au pied de géants abattus par les tronçonneuses.

Avec d'autres jeunes de Romée, il pousse à bout de bras de lourdes billes de bois, qui seront brûlées sur place et transformées en charbon de bois, puis acheminées par des pirogues jusqu'à Kisangani, la capitale provinciale.

Ce commerce est essentiel pour les communautés qui en tirent 8.000 francs congolais (l'équivalent de 3 dollars) par sac, mais alimente la déforestation.

De 2004 à 2022, la RDC a perdu 36% de sa couverture arborée, selon l'observatoire Global Forest Watch.

- "Causer moins de dégâts" -

Rares sont les habitants de Yainyongo à savoir décrire le concept de gestion "durable", souvent perçu comme une fantaisie d'Occidentaux, aux effets parfois néfastes.

La RDC a vu proliférer ces dernières années des projets de compensation carbone destinés aux entreprises.

Mais une étude de l'ONG britannique Rainforest Foundation UK (RFUK) publié en octobre, a révélé "des illégalités généralisées dans l'attribution des projets" et "un manque flagrant de respect" du consentement des communautés, empêchées d'exploiter les arbres de leurs forêts.

A Yainyongo, "l'approche "ne consiste pas à empêcher les activités, mais à les faire d'une manière qui cause beaucoup moins de dégâts", explique Paolo Cerruti, chercheur au Centre de recherche forestière internationale (CIFOR), ONG qui appuie le projet.

Au lieu d'inciter les villageois à abandonner le lucratif commerce de charbon, le CIFOR promeut des techniques de fertilisation des sols pour sédentariser les agriculteurs et limiter les défrichements.

Dans le village d'Ikongo-école, qui en fait partie, les arbres ont commencé à pousser au milieu des plants de riz patiemment alignés de Yuma Lokotomba

Ces techniques "donnent beaucoup plus de récolte et nous nous sommes mis à cultiver deux à trois fois le même champ", assure ce cultivateur.

Une rupture avec l'agriculture itinérante traditionnelle qui consiste à défricher chaque année une nouvelle parcelle de forêt, alimentant les conflits dans une région en proie à un fort accroissement démographique.

"Comme la terre n'est pas infinievous allez finir par empiéter sur la terre de quelqu'un d'autre", explique Paolo Cerruti.

Des cartes pendues aux murs de son bureau à Kisangani attestent du grignotage inexorable de la forêt par les terres agricoles. De vastes polygones y représentent les concessions forestières qui couvrent 11 millions d'hectares en RDC.

- Machettes et fétiches -

Pourtant, nombre de communautés, de concessions et même d'organisations gouvernementales ne disposent pas d'un titre en bonne et due forme en RDC, selon les spécialistes du secteur.

Le chevauchement des parcelles et des juridictions engendre d'indémêlables conflits fonciers, qui dégénèrent parfois en spirales meurtrières.

Et en 2025, Yainyongo a subi les secousses d'un sanglant conflit communautaire déclenché dans le territoire voisin par l'attribution d'une concession d'exploitation forestière à une société libanaise, sur une terre partagée entre deux communautés locales, les Mbole et les Lengola.

Des politiciens locaux avaient alors accusé les Lengola d'avoir vendu leurs terres, déclenchant une vague de tueries. A Yainyongo, les communautés ont été victimes des mêmes allégations, en raison du soutien d'un partenaire étranger, le CIFOR.

"Comme les blancs venaient toujours me voir, les gens ont raconté que c'est moi qui avait vendu" la forêt, raconte Jérôme Bitilaongi, le doyen du village et l'un des initiateurs du projet de forêt communautaire.

Un matin, des miliciens Mbole, armés de "machettes, de lances et de flèches" et bardés de fétiches, l'ont pris en otage, volé tous ses biens et quarante têtes de bétail dans le village, relate-t-il, sans oser nommer les coupables.

L'intervention du gouverneur et des médiations communautaires ont ramené une paix fragile dans la zone, mais les instigateurs des violences courent toujours.

P.Svatek--TPP