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La France a battu lundi son record de température pour le mois de juin et les températures resteront "exceptionnellement élevées", mardi, pour près de 40 millions de Français habitant les 54 départements placés en vigilance rouge par Météo-France.
L'indicateur thermique national, moyenne de températures diurnes et nocturnes sur 30 stations de référence, a atteint 29,2°C selon la valeur provisoire établie lundi à 17H00. Un "record" pour le mois de juin, a précisé l'institut de prévisions.
Des records absolus de chaleur ont également été battus à Rennes (40,6°C), Angers (40,9°C), Bordeaux (41,9°C) ou Saintes (42°C). C'est à Chateaumeillant (Cher) qu'il a fait le plus chaud, avec 43,3°C.
Les populations vulnérables sont particulièrement exposées. Deux enfants de 2 et 4 ans ont été retrouvés morts lundi après-midi dans la voiture familiale sur un parking résidentiel à Carpentras (Vaucluse) et "la piste de la canicule est privilégiée" par le parquet.
Dimanche, trois personnes âgées sont décédées à leur domicile en Gironde en raison des fortes chaleurs, selon la préfecture. Et au moins 13 personnes se sont noyées au cours du week-end en France, selon la Sécurité civile.
Cette canicule, après une première en mai, est d'une intensité "exceptionnelle, similaire à celle d'août 2003" qui avait fait près de 15.000 morts en France, "mais de durée encore incertaine", selon Météo-France.
"Du jamais-vu", souligne Météo-France. "On est obligés de subir, on n'a pas le choix", déclarait lundi, fataliste, un gardien d'immeuble du quartier populaire de l'Abreuvoir à Bobigny (Seine-Saint-Denis).
- Plus de 1.300 écoles fermées -
Dans la rue, la chaleur pèse lourdement sur les sans-abri: "Des fois on se baigne dans la fontaine des Quinconces, il fait tellement chaud que même la police ne dit rien", témoigne Damien, un SDF de 34 ans, dans le centre-ville de Bordeaux.
L'épisode perturbe aussi fortement la vie scolaire, avec 1.352 écoles et collèges fermés lundi et 4.042 autres en horaires aménagés sur les 60.000 établissements du pays, selon le ministère de l'Éducation nationale.
À Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), des élèves ont été accueillis dans des salons climatisés du stade de rugby.
Dans une maternelle de Bordeaux, Justine, mère divorcée de 35 ans qui n'a pas souhaité donner son nom, "se relaye avec des voisins" pour récupérer son fils à la pause-déjeuner: "Sinon, je le mets en danger".
Des oraux du baccalauréat ont été reportés dans plusieurs académies, mais des milliers d'élèves doivent plancher sous une chaleur accablante. La région Île-de-France va débloquer un million d'euros afin que 500 lycées centres d'examen puissent s'équiper en ventilateurs et brumisateurs.
- Risque d'incendie "élevé" -
Malgré une très forte augmentation des appels, les services d'urgence ne sont "pas particulièrement en tension", a déclaré la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, lundi sur TF1. "Les urgences tiennent", ont confirmé lundi des représentants de la profession.
Pour les métiers en extérieur, les autorités autorisent les chantiers à démarrer plus tôt: dès 5H00 dans le Finistère, à 06H00 en Gironde.
"Il n'y a pas de secret, il faut boire beaucoup, heureusement on a la fontaine à eau et je peux faire des pauses dans le camion", relate Théo Ararat, 21 ans, peintre en bâtiment à Bordeaux.
Alors que le réseau ferroviaire est soumis à rude épreuve, les rails surchauffant, le PDG de la SNCF, Jean Castex, a invité les voyageurs les plus "vulnérables" à "éviter de prendre le train". Un sur dix a été supprimé lundi en Île-de-France, de façon préventive. À Bordeaux, le trafic était quasi à l'arrêt l'après-midi en raison d'un défaut d'alimentation électrique, probablement causé par les fortes chaleurs.
À la gare Saint-Charles à Marseille, les services de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur distribuaient gourdes, chapeaux et éventails aux usagers.
Conséquence des températures brûlantes, l'assèchement de la végétation provoque des feux de cultures et de broussailles. Le risque d'incendie est considéré comme "élevé" mardi dans 28 départements du centre-ouest et du sud-est du pays.
Dans la Vienne, 80 hectares de cultures et de brandes ont brûlé et dans les Deux-Sèvres, 14 hectares de blés et haies sont partis en fumée lundi.
La canicule frappe aussi le reste de l'Europe, comme le Royaume-Uni, la Croatie, le Portugal et l'Espagne.
Selon le consensus scientifique, le changement climatique induit par l'activité humaine rend plus intenses les phénomènes météorologiques extrêmes, notamment les vagues de chaleur.
Les prévisions officielles tablent sur un réchauffement moyen de 2,7°C en France d'ici à 2050.
J.Simacek--TPP