The Prague Post - "Pourquoi on est là?": à Charm el-Cheikh, la société civile au ban de la COP27

EUR -
AED 4.114061
AFN 72.255483
ALL 90.790632
AMD 404.158296
ANG 2.004979
AOA 1027.254819
ARS 1713.118208
AUD 1.605841
AWG 2.019223
AZN 1.905346
BAM 1.955598
BBD 2.254667
BDT 138.445714
BGN 1.95798
BHD 0.422456
BIF 3355.553753
BMD 1.120234
BND 1.430852
BOB 13.18164
BRL 5.56219
BSD 1.119484
BTN 106.21904
BWP 15.421409
BYN 3.286961
BYR 21956.59438
BZD 2.251368
CAD 1.568608
CDF 2594.463388
CHF 0.92428
CLF 0.028243
CLP 1105.065972
CNY 7.480981
CNH 7.472638
COP 3552.733407
CRC 510.847288
CUC 1.120234
CUP 26.866228
CVE 110.253623
CZK 24.330929
DJF 199.339431
DKK 7.473812
DOP 68.662915
DZD 150.487472
EGP 61.701633
ERN 16.803516
ETB 182.080912
FJD 2.506184
FKP 0.83772
GBP 0.83759
GEL 2.901053
GGP 0.83772
GHS 12.979661
GIP 0.83772
GMD 82.897292
GNF 9906.977735
GTQ 8.557117
GYD 234.455807
HKD 8.784994
HNL 30.053899
HRK 7.537163
HTG 146.714861
HUF 366.73115
IDR 20269.353328
ILS 3.478944
IMP 0.83772
INR 106.361215
IQD 1697.02489
IRR 2052689.522073
ISK 136.421868
JEP 0.83772
JMD 177.661668
JOD 0.794262
JPY 175.719422
KES 145.355001
KGS 97.962929
KHR 4573.528074
KMF 492.34502
KPW 1008.210923
KRW 1482.921342
KWD 0.348045
KYD 0.932904
KZT 508.267554
LAK 25190.400695
LBP 100245.356051
LKR 371.711644
LRD 190.860306
LSL 18.546686
LTL 3.307762
LVL 0.677618
LYD 7.16926
MAD 10.995665
MDL 20.205915
MGA 5062.477622
MKD 61.598644
MMK 2352.611266
MNT 4031.903098
MOP 9.043867
MRU 44.738384
MUR 52.83045
MVR 17.318688
MWK 1941.099705
MXN 20.91299
MYR 4.576495
MZN 71.584549
NAD 18.546686
NGN 1492.219274
NIO 41.195749
NOK 10.48247
NPR 169.950463
NZD 1.961367
OMR 0.430732
PAB 1.119384
PEN 3.844503
PGK 5.013483
PHP 71.267028
PKR 309.775535
PLN 4.40251
PYG 6474.331938
QAR 4.080579
RON 5.354499
RSD 117.487877
RUB 91.430566
RWF 1653.929337
SAR 4.204519
SBD 9.045422
SCR 15.724762
SDG 673.820238
SEK 11.125947
SGD 1.430429
SHP 0.837152
SLE 25.709439
SLL 23490.760327
SOS 639.733988
SRD 42.152191
STD 23186.590484
STN 24.497472
SVC 9.794989
SYP 14565.287409
SZL 18.546086
THB 37.830495
TJS 10.315636
TMT 3.932023
TND 3.342755
TOP 2.697255
TRY 55.679906
TTD 7.606215
TWD 36.503733
TZS 2963.694187
UAH 50.679171
UGX 4931.491138
USD 1.120234
UYU 44.895367
UZS 13396.617652
VES 985.569793
VND 28949.657667
VUV 132.885562
WST 3.100575
XAF 655.957
XAG 0.020782
XAU 0.000280356831
XCD 3.027489
XCG 2.017492
XDR 0.792064
XOF 655.957
XPF 119.331742
YER 264.482543
ZAR 18.566463
ZMK 10083.451396
ZMW 22.506678
ZWL 360.715022
SSP 6436.082465
MXV 2.360303
  • AEX

    1.9200

    1131.63

    +0.17%

  • BEL20

    45.3200

    5781.8

    +0.79%

  • PX1

    -28.1200

    7782.82

    -0.36%

  • ISEQ

    -88.3700

    13938.2

    -0.63%

  • OSEBX

    15.4300

    2101.12

    +0.74%

  • PSI20

    7.3900

    9244.62

    +0.08%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -25.2200

    4178.57

    -0.6%

  • N150

    3.7800

    4204.6

    +0.09%

"Pourquoi on est là?": à Charm el-Cheikh, la société civile au ban de la COP27
"Pourquoi on est là?": à Charm el-Cheikh, la société civile au ban de la COP27 / Photo: Mohammed ABED - AFP

"Pourquoi on est là?": à Charm el-Cheikh, la société civile au ban de la COP27

Dès l'aéroport, le jeune militant ougandais Nyombi Morris a déchanté. Parler aux dirigeants, manifester, porter la voix de l'Afrique à la COP27... Tous ses projets se sont fracassés sur des mesures de sécurité qui alarment les défenseurs des droits humains.

Taille du texte:

Nyombi Morris n'avait que dix ans lorsque la maison et la ferme familiales, dans le district de Butaleja dans l'est de l'Ouganda, ont été emportées par des inondations dévastatrices, aggravées selon lui par l'extraction illégale de sable sur les berges d'un fleuve.

"Je suis ici pour représenter ma mère, qui a perdu une ferme, une maison, en 2008", confie le militant africain, âgé de 24 ans. "Il y a eu une inondation soudaine et plus de 400 personnes ont dû fuir pour Kampala", la capitale, se souvient-il.

Quand il a appris que la COP27 se déroulerait à Charm el-Cheikh, en Egypte, Nyombi Morris, fondateur de l'ONG Earth Volunteers, a décidé de s'y rendre pour faire entendre sa voix et celle des siens. "Je suis ici pour demander compensation pour ma communauté".

Mais dès le premier jour, les obstacles ont surgi. "J'étais tellement heureux quand ils ont annoncé que la COP aurait lieu en Afrique, j'ai pensé que j'aurais peut-être le droit d'entrer dans la salle où se déroulent les négociations".

Pour manifester, il faut demander une accréditation 36 heures à l'avance en révélant les noms des organisateurs, leurs badges d'accès et le détail de la marche. Et si l'on obtient ce précieux sésame, manifester n'est autorisé, selon les organisateurs de la COP27, que "de 10 heures à 17 heures", dans une zone spécifique construite à l'écart.

Pour Nyombi Morris, tout a commencé par un interrogatoire après l'atterrissage à l'aéroport de Charm el-Cheikh, immense station balnéaire du Sinaï égyptien, sur la mer Rouge. "Avec l'interrogatoire qu'on a eu à l'aéroport, ce ne sera pas facile de faire ce qu'on avait prévu", raconte-t-il.

- "La COP des pollueurs" -

"On a commencé à s'inquiéter quand ils nous ont demandé où on allait, où on allait dormir, nos passeports, nos noms", poursuit-il, car tous les militants pour le climat ont en tête une histoire: celle de leur camarade indien Ajit Rajagopal.

Une semaine avant la COP27, il a tenté un geste symbolique, en voulant parcourir en huit jours les 500 kilomètres qui séparent Le Caire de Charm el-Cheikh.

Mais à peine parti, il a été arrêté et envoyé en détention. L'avocat égyptien venu à son secours a, lui aussi, fini derrière les barreaux.

Ils sont finalement ressortis après une levée de boucliers internationale.

"Après ce qui est arrivé à ce militant indien, comment peut-on être sûr qu'ils nous laisseront tranquilles", s'interroge M. Morris.

Pour Adam Coogle, de l'ONG Human Rights Watch (HRW), "le pouvoir égyptien n'a aucune intention d'alléger ses mesures de sécurité abusives pour laisser place à la liberté d'expression et de rassemblement".

Déjà, selon les ONG, au moins 138 "arrestations arbitraires" ont eu lieu pour des appels à manifester ailleurs qu'à Charm el-Cheikh, le 11 novembre, contre la répression et l'augmentation brutale du coût de la vie.

"Même si cette COP se déroule en Afrique, on ne nous a donné aucune chance de nous exprimer. Donc pourquoi on est là?", s'interroge M. Morris.

"Ce n'est pas la COP africaine, c'est la COP des pollueurs car ce sont les pollueurs qui dominent, regardez, Coca-Cola qui est là!", lance-t-il alors que le sponsor officiel de la COP27 est, selon Greenpeace, "le premier responsable de la pollution au plastique du monde".

- Militants "dehors" -

Les militants, eux, "sont dehors", "incapables de participer aux négociations" et surtout, dit-il, de "réclamer les 100 milliards (par an) promis en 2009 et jamais donnés" par les pays développés aux pays du Sud pour réduire leurs émissions.

L'année dernière, pour la COP26 à Glasgow, en Ecosse, des dizaines de milliers de manifestants venus du monde entier avaient bravé des pluies diluviennes pour réclamer la "justice climatique".

Dimanche, faisant fi des restrictions, une poignée de militants d'une secte vegan ont manifesté en brandissant des bannières "Be vegan, make peace" (soyez vegan, faites la paix, en anglais) à l'entrée du Palais des Congrès où les participants à la COP27 affluaient.

"Nous essayons de promouvoir le véganisme pour aider à sauver la planète des gaz à effet de serre", explique à l'AFP Tom Modgmah, membre du "Culte du maître suprême Cheng Hai". "L'élevage est responsable d'une bonne part du désastre actuel", ajoute-t-il.

Nyombi Morris, lui, est resté devant la porte.

"Nos badges 'observateurs' ne nous permettent pas d'entrer. Donc je suis ici, mais je regarde ce qui se passe via les retransmissions en ligne", soupire-t-il.

K.Pokorny--TPP