The Prague Post - "Pourquoi on est là?": à Charm el-Cheikh, la société civile au ban de la COP27

EUR -
AED 4.329508
AFN 74.270821
ALL 96.412995
AMD 442.830036
ANG 2.10991
AOA 1081.048663
ARS 1621.868714
AUD 1.667123
AWG 2.122016
AZN 2.003259
BAM 1.95505
BBD 2.369091
BDT 143.744829
BGN 1.942406
BHD 0.44363
BIF 3488.261156
BMD 1.178898
BND 1.492727
BOB 8.12788
BRL 6.104357
BSD 1.176249
BTN 106.971943
BWP 15.575022
BYN 3.373005
BYR 23106.391442
BZD 2.365692
CAD 1.612791
CDF 2687.886535
CHF 0.914379
CLF 0.025883
CLP 1021.992909
CNY 8.144708
CNH 8.131876
COP 4349.830474
CRC 561.384533
CUC 1.178898
CUP 31.240784
CVE 110.222695
CZK 24.236984
DJF 209.469603
DKK 7.474447
DOP 72.302249
DZD 153.219192
EGP 56.076909
ERN 17.683463
ETB 183.052042
FJD 2.619806
FKP 0.87456
GBP 0.874586
GEL 3.153574
GGP 0.87456
GHS 12.927038
GIP 0.87456
GMD 86.659337
GNF 10320.039024
GTQ 9.025536
GYD 246.05556
HKD 9.214086
HNL 31.119056
HRK 7.539036
HTG 154.180823
HUF 380.569347
IDR 19879.631033
ILS 3.672944
IMP 0.87456
INR 106.957658
IQD 1541.008539
IRR 49661.058323
ISK 144.99318
JEP 0.87456
JMD 183.279655
JOD 0.835854
JPY 182.758526
KES 151.621805
KGS 103.094883
KHR 4730.184489
KMF 492.779279
KPW 1061.017999
KRW 1703.795737
KWD 0.361521
KYD 0.980224
KZT 587.104661
LAK 25205.325841
LBP 105335.270841
LKR 363.940315
LRD 217.026702
LSL 18.950127
LTL 3.480978
LVL 0.713104
LYD 7.441144
MAD 10.78576
MDL 20.202246
MGA 5034.067854
MKD 61.621349
MMK 2475.776302
MNT 4205.982097
MOP 9.468966
MRU 47.097923
MUR 54.724387
MVR 18.226354
MWK 2039.717128
MXN 20.241362
MYR 4.601219
MZN 75.337391
NAD 18.950127
NGN 1583.471802
NIO 43.283387
NOK 11.247814
NPR 171.155308
NZD 1.9744
OMR 0.452986
PAB 1.176249
PEN 3.951183
PGK 5.130031
PHP 68.32713
PKR 328.739025
PLN 4.223123
PYG 7605.081063
QAR 4.287454
RON 5.100034
RSD 117.37495
RUB 90.430493
RWF 1717.94063
SAR 4.422619
SBD 9.484446
SCR 17.871141
SDG 709.103902
SEK 10.679748
SGD 1.492458
SHP 0.884478
SLE 28.873418
SLL 24720.890833
SOS 671.042444
SRD 44.3684
STD 24400.798532
STN 24.4906
SVC 10.29205
SYP 13038.105444
SZL 18.943729
THB 36.68497
TJS 11.145222
TMT 4.126141
TND 3.415189
TOP 2.838503
TRY 51.671319
TTD 7.961944
TWD 37.181837
TZS 3031.836339
UAH 50.913259
UGX 4234.374787
USD 1.178898
UYU 45.642482
UZS 14365.486324
VES 473.718019
VND 30615.96866
VUV 139.583467
WST 3.20003
XAF 655.705331
XAG 0.013965
XAU 0.000231
XCD 3.186029
XCG 2.119986
XDR 0.815487
XOF 655.705331
XPF 119.331742
YER 281.108081
ZAR 18.927162
ZMK 10611.485644
ZMW 22.272452
ZWL 379.604521
  • AEX

    9.9800

    1017.66

    +0.99%

  • BEL20

    -9.6300

    5654.68

    -0.17%

  • PX1

    116.7400

    8515.49

    +1.39%

  • ISEQ

    212.4000

    13007.43

    +1.66%

  • OSEBX

    13.6500

    1884.15

    +0.73%

  • PSI20

    -4.5500

    9090.54

    -0.05%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    31.0400

    4225.85

    +0.74%

  • N150

    34.9700

    4100.8

    +0.86%

"Pourquoi on est là?": à Charm el-Cheikh, la société civile au ban de la COP27
"Pourquoi on est là?": à Charm el-Cheikh, la société civile au ban de la COP27 / Photo: Mohammed ABED - AFP

"Pourquoi on est là?": à Charm el-Cheikh, la société civile au ban de la COP27

Dès l'aéroport, le jeune militant ougandais Nyombi Morris a déchanté. Parler aux dirigeants, manifester, porter la voix de l'Afrique à la COP27... Tous ses projets se sont fracassés sur des mesures de sécurité qui alarment les défenseurs des droits humains.

Taille du texte:

Nyombi Morris n'avait que dix ans lorsque la maison et la ferme familiales, dans le district de Butaleja dans l'est de l'Ouganda, ont été emportées par des inondations dévastatrices, aggravées selon lui par l'extraction illégale de sable sur les berges d'un fleuve.

"Je suis ici pour représenter ma mère, qui a perdu une ferme, une maison, en 2008", confie le militant africain, âgé de 24 ans. "Il y a eu une inondation soudaine et plus de 400 personnes ont dû fuir pour Kampala", la capitale, se souvient-il.

Quand il a appris que la COP27 se déroulerait à Charm el-Cheikh, en Egypte, Nyombi Morris, fondateur de l'ONG Earth Volunteers, a décidé de s'y rendre pour faire entendre sa voix et celle des siens. "Je suis ici pour demander compensation pour ma communauté".

Mais dès le premier jour, les obstacles ont surgi. "J'étais tellement heureux quand ils ont annoncé que la COP aurait lieu en Afrique, j'ai pensé que j'aurais peut-être le droit d'entrer dans la salle où se déroulent les négociations".

Pour manifester, il faut demander une accréditation 36 heures à l'avance en révélant les noms des organisateurs, leurs badges d'accès et le détail de la marche. Et si l'on obtient ce précieux sésame, manifester n'est autorisé, selon les organisateurs de la COP27, que "de 10 heures à 17 heures", dans une zone spécifique construite à l'écart.

Pour Nyombi Morris, tout a commencé par un interrogatoire après l'atterrissage à l'aéroport de Charm el-Cheikh, immense station balnéaire du Sinaï égyptien, sur la mer Rouge. "Avec l'interrogatoire qu'on a eu à l'aéroport, ce ne sera pas facile de faire ce qu'on avait prévu", raconte-t-il.

- "La COP des pollueurs" -

"On a commencé à s'inquiéter quand ils nous ont demandé où on allait, où on allait dormir, nos passeports, nos noms", poursuit-il, car tous les militants pour le climat ont en tête une histoire: celle de leur camarade indien Ajit Rajagopal.

Une semaine avant la COP27, il a tenté un geste symbolique, en voulant parcourir en huit jours les 500 kilomètres qui séparent Le Caire de Charm el-Cheikh.

Mais à peine parti, il a été arrêté et envoyé en détention. L'avocat égyptien venu à son secours a, lui aussi, fini derrière les barreaux.

Ils sont finalement ressortis après une levée de boucliers internationale.

"Après ce qui est arrivé à ce militant indien, comment peut-on être sûr qu'ils nous laisseront tranquilles", s'interroge M. Morris.

Pour Adam Coogle, de l'ONG Human Rights Watch (HRW), "le pouvoir égyptien n'a aucune intention d'alléger ses mesures de sécurité abusives pour laisser place à la liberté d'expression et de rassemblement".

Déjà, selon les ONG, au moins 138 "arrestations arbitraires" ont eu lieu pour des appels à manifester ailleurs qu'à Charm el-Cheikh, le 11 novembre, contre la répression et l'augmentation brutale du coût de la vie.

"Même si cette COP se déroule en Afrique, on ne nous a donné aucune chance de nous exprimer. Donc pourquoi on est là?", s'interroge M. Morris.

"Ce n'est pas la COP africaine, c'est la COP des pollueurs car ce sont les pollueurs qui dominent, regardez, Coca-Cola qui est là!", lance-t-il alors que le sponsor officiel de la COP27 est, selon Greenpeace, "le premier responsable de la pollution au plastique du monde".

- Militants "dehors" -

Les militants, eux, "sont dehors", "incapables de participer aux négociations" et surtout, dit-il, de "réclamer les 100 milliards (par an) promis en 2009 et jamais donnés" par les pays développés aux pays du Sud pour réduire leurs émissions.

L'année dernière, pour la COP26 à Glasgow, en Ecosse, des dizaines de milliers de manifestants venus du monde entier avaient bravé des pluies diluviennes pour réclamer la "justice climatique".

Dimanche, faisant fi des restrictions, une poignée de militants d'une secte vegan ont manifesté en brandissant des bannières "Be vegan, make peace" (soyez vegan, faites la paix, en anglais) à l'entrée du Palais des Congrès où les participants à la COP27 affluaient.

"Nous essayons de promouvoir le véganisme pour aider à sauver la planète des gaz à effet de serre", explique à l'AFP Tom Modgmah, membre du "Culte du maître suprême Cheng Hai". "L'élevage est responsable d'une bonne part du désastre actuel", ajoute-t-il.

Nyombi Morris, lui, est resté devant la porte.

"Nos badges 'observateurs' ne nous permettent pas d'entrer. Donc je suis ici, mais je regarde ce qui se passe via les retransmissions en ligne", soupire-t-il.

K.Pokorny--TPP