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Le président ukrainien Volodymyr Zekensky a exhorté vendredi les alliés réunis en Allemagne à accélérer leurs livraisons d'armes lourdes, notamment de chars et missiles longue portée, pour soutenir son pays dans les batailles cruciales à venir contre la Russie.
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"Il est de votre pouvoir" de "lancer un approvisionnement majeur qui arrêtera le mal", a-t-il déclaré par liaison vidéo à l'ouverture d'une réunion des soutiens de l'Ukraine sur la base aérienne américaine de Ramstein, dans le sud-ouest de l'Allemagne.
"Je peux vous remercier des centaines de fois (pour le soutien déjà apporté, ndlr) mais les centaines de merci ne sont pas des centaines de chars", a-t-il insisté.
Le Kremlin a immédiatement répliqué que de telles livraisons ne changerait rien sur le terrain.
"Elles créeront de nouveaux problèmes pour l'Ukraine", a estimé le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, ajoutant que les pays occidentaux entretenaient l'"illusion" d'une possible victoire ukrainienne "sur le champ de bataille".
- "Moment décisif"
Ouvrant la réunion de Ramstein, le secrétaire américain à la défense Lloyd Austin a plaidé pour un accroissement de l'aide militaire en faveur de Kiev. "Nous devons creuser encore plus, c'est un moment décisif pour l'Ukraine", a-t-il prévenu.
A quelques heures de ces discussions, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Suède et le Danemark avaient annoncé de nouvelles livraisons substantielles d'armes au pays.
Washington va débloquer une nouvelle aide militaire de 2,5 milliards de dollars, comprenant 59 blindés Bradley, qui s'ajouteront aux 50 véhicules blindés légers de ce type promis le 6 janvier, et 90 blindés de transport de troupes Stryker, selon le Pentagone.
L'armée américaine va également livrer à l'Ukraine 53 véhicules blindés antimines (MRAP) et 350 véhicules de transport M998, le fameux Humvee. Cette nouvelle tranche porte à 26,7 milliards de dollars l'aide militaire totale des Etats-Unis à l'Ukraine depuis le début de l'invasion russe le 24 février.
Le Royaume-Uni s'est engagé quant à lui à envoyer à l'Ukraine 600 missiles supplémentaires Brimstone, le Danemark 19 canons Caesar de fabrication française, et la Suède des canons automoteurs Archer.
Londres avait déjà promis 14 chars lourds Challenger 2 à Kiev, et la Pologne se dit prête à lui livrer 14 chars de combat Leopard 2 de fabrication allemande, un total encore loin des centaines de ces véhicules dont l'Ukraine dit avoir besoin.
Mais tout envoi de matériel de guerre allemand doit recevoir le feu vert de Berlin.
- "Trembler devant Poutine"
La rencontre de Ramstein rassemble les ministres de la Défense et hauts-responsables militaires d'une cinquantaine de pays.
"Quelques pays" vont envoyer des chars Leopard 2 à l'Ukraine, avait affirmé jeudi le ministre lituanien de la Défense Arvydas Anusauskas, ajoutant que "d'autres informations" seront divulguées vendredi.
"Il faut des chars allemands, des chars finlandais, des chars danois, des chars français, cela veut dire que l'Europe occidentale elle-même doit maintenant allouer des chars plus modernes à l'Ukraine, afin qu'elle puisse simplement se défendre", a quant à lui plaidé le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki.
Un conseiller de M. Zelensky, Mykhaïlo Podoliak, a appelé jeudi les Occidentaux à cesser de "trembler devant Poutine" et à livrer des blindés lourds à l'Ukraine.
S'exprimant par visio-conférence en marge du Forum économique de Davos en Suisse, M. Zelensky a de son côté brocardé, ceux qui disent "+je livrerai des chars si quelqu'un d'autre le fait+".
Une claire allusion à l'Allemagne, dont le chancelier Olaf Scholz a déclaré à des élus du Congrès américain à Davos que son pays ne fournirait des chars lourds à l'Ukraine que si les Etats-Unis en envoyaient également, selon un haut-responsable américain.
Selon les experts, des chars lourds modernes et de conception occidentale seraient un avantage crucial pour Kiev dans les batailles qui s'annoncent dans l'Est de l'Ukraine, où la Russie reprend l'offensive après avoir subi de lourds revers cet hiver.
Les autorités ukrainiennes disent également avoir besoin de systèmes de missiles d'une portée de plus de 100 km pour pouvoir frapper la chaîne logistique russe, en particulier les dépôts de munitions.
Mais les Occidentaux craignent, malgré les assurances ukrainiennes, que Kiev ne provoque une escalade en usant de ces armes pour frapper en profondeur le territoire russe et les bases aériennes et navales de Crimée, une péninsule annexée en 2014 par la Russie.