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Grèves, manifestations, acte 3: les opposants à la réforme des retraites se remobilisent mardi pour maintenir la pression sur l'exécutif mais aussi sur les députés qui viennent d'ouvrir les hostilités dans l'Hémicycle, tandis que les syndicats se montrent déterminés à poursuivre l'épreuve de force.
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De nombreuses manifestations se sont tenues dans la matinée, en attendant le départ en début d'après-midi de celle de Paris, entre la place de l'Opéra et celle de la Bastille.
Avant le départ, le leader de la CGT, Philippe Martinez, a appelé à durcir le mouvement par des grèves "plus dures, plus massives, plus nombreuses", car "si le gouvernement persiste à ne pas écouter, forcément il faudra monter d'un cran".
Ce serait "une folie démocratique de rester sourd" à la contestation de la réforme, a abondé à ses côtés le leader de la CFDT, Laurent Berger.
Rencontrée sur la manifestation de Calais dans la matinée, Christelle Andrieux, agente d'entretien de 50 ans bientôt, estime qu'"il faut manifester, montrer qu'on est le peuple", jugeant qu'"en haut, personne ne fait d'effort"."
Même colère de la part de Colette Roudaire, 76 ans, rencontrée à Clermont-Ferrand: "Ils disent faire de la pédagogie mais les gens ont bien compris qu'on était en train de les assommer. Les ouvriers meurent plus tôt pour payer la retraite des autres".
- Radars désactivés -
Avec plus de 200 rassemblements dans le pays à l'appel des huit principaux syndicats (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, Solidaires, FSU), une source sécuritaire prévoit une fourchette de 900.000 à 1,1 million de manifestants, dont 70.000 maximum à Paris. Onze mille policiers et gendarmes sont mobilisés, dont 4.000 dans la capitale.
M. Martinez anticipe une mobilisation proche de celle du 19 janvier. Mais difficile de faire autant que le 31, qui avait rassemblé 1,27 million de personnes selon les autorités et 2,5 millions selon les syndicats, estime Simon Duteil (Solidaires) pour qui "il faut prendre la semaine dans son ensemble", une nouvelle journée d'action étant programmée samedi.
A Toulouse, la police a dénombré 23.000 manifestants, 80.000 côté syndicats.
A Orléans où les manifestants étaient entre 7.500 et 20.000 selon les sources, Stéphanie Rivière, assistante sociale promet: "dans ma famille, tout le monde ne fait pas grève car ils n’ont pas les moyens. Mais tout le monde viendra samedi".
A la raffinerie Total de La Mède (ouest de Marseille), la grève a été lancée pour 48 heures. "Aucun produit ne sort du site", a résumé Fabien Cros (CGT). La CGT Mines-Energie de Loire-Atlantique a de son côté revendiqué des opérations "Robin des Bois" visant à désactiver "une vingtaine" de radars du département.
Le ministère de l'Education recense 14,17% d'enseignants grévistes (contre 25,92% le 31 janvier), sachant que la zone A est déjà en vacances.
Selon une source policière, neuf sites universitaires et 24 lycées sont perturbés en France, avec 14 blocages. La Voix lycéenne revendique près de 150 lycées bloqués.
- "Coup de force" -
"On ne peut pas gouverner très longtemps contre son propre pays", a averti mardi Olivier Faure (PS), Sandrine Rousseau (EELV) affirmant que les élus de gauche sont "la continuation de ce mouvement social au sein de l’Assemblée". Quant au leader de LFI Jean-Luc Mélenchon, il appelé Emmanuel Macron à devenir "raisonnable", l'accusant de "vouloir commencer son quinquennat par un coup de force".
Du côté de la majorité, l'élu Renaissance Marc Ferracci assure que la détermination est "forte" et "va rester" pour tenir la promesse de campagne d'Emmanuel Macron.
"L'immobilisme n'est pas permis", affirme le ministre du Travail, Olivier Dussopt, "ouvert aux améliorations" sur le texte.
Après les concessions accordées sur les petites pensions, puis les carrières longues, il a évoqué un "bilan d'étape" au Parlement, avant la présidentielle de 2027. Une nouvelle main tendue à la droite, dont les voix seront cruciales pour éviter de recourir au 49-3.
L'examen du texte a commencé lundi à l'Assemblée nationale dans une ambiance houleuse. Le gouvernement a fixé une date butoir au 17 février pour l'examen du texte à l'Assemblée nationale, dont une des portes a été taguée avec des messages hostiles à la réforme.