The Prague Post - Afghanistan: entre talibans et EI, peur sur la ville à Jalalabad

EUR -
AED 4.211393
AFN 72.244796
ALL 95.982096
AMD 432.319357
ANG 2.052753
AOA 1051.557417
ARS 1603.424201
AUD 1.641243
AWG 2.064125
AZN 1.954004
BAM 1.955435
BBD 2.309469
BDT 140.703754
BGN 1.960126
BHD 0.435819
BIF 3404.065016
BMD 1.146736
BND 1.467326
BOB 7.923522
BRL 6.112796
BSD 1.146686
BTN 105.842257
BWP 15.625085
BYN 3.392867
BYR 22476.027392
BZD 2.30607
CAD 1.583471
CDF 2588.183773
CHF 0.912745
CLF 0.026638
CLP 1051.798264
CNY 7.908585
CNH 7.921286
COP 4222.512346
CRC 539.499363
CUC 1.146736
CUP 30.388506
CVE 110.244435
CZK 24.575006
DJF 204.191911
DKK 7.505507
DOP 70.446859
DZD 153.116438
EGP 59.873831
ERN 17.201041
ETB 178.984913
FJD 2.555735
FKP 0.866182
GBP 0.866311
GEL 3.131037
GGP 0.866182
GHS 12.452677
GIP 0.866182
GMD 84.289519
GNF 10052.124908
GTQ 8.79336
GYD 239.895251
HKD 8.97946
HNL 30.352338
HRK 7.568004
HTG 150.351954
HUF 394.179508
IDR 19448.701448
ILS 3.605729
IMP 0.866182
INR 106.170389
IQD 1502.119799
IRR 1515669.760861
ISK 144.837141
JEP 0.866182
JMD 179.916439
JOD 0.813081
JPY 183.185402
KES 148.312334
KGS 100.281732
KHR 4598.142277
KMF 494.243657
KPW 1032.019272
KRW 1723.258101
KWD 0.352542
KYD 0.955522
KZT 561.355287
LAK 24570.416711
LBP 102681.246162
LKR 356.863432
LRD 209.830859
LSL 19.258608
LTL 3.386014
LVL 0.69365
LYD 7.316635
MAD 10.799685
MDL 20.003269
MGA 4761.111877
MKD 61.628504
MMK 2408.293814
MNT 4109.908675
MOP 9.243576
MRU 45.877442
MUR 53.33513
MVR 17.717506
MWK 1988.229122
MXN 20.584147
MYR 4.516425
MZN 73.288336
NAD 19.258608
NGN 1588.807126
NIO 42.19213
NOK 11.176343
NPR 169.34741
NZD 1.985003
OMR 0.440925
PAB 1.146586
PEN 3.954262
PGK 5.014065
PHP 68.334433
PKR 320.169477
PLN 4.298483
PYG 7397.620071
QAR 4.168222
RON 5.117429
RSD 117.34811
RUB 91.632507
RWF 1673.28787
SAR 4.303626
SBD 9.233195
SCR 17.507734
SDG 689.18878
SEK 10.871865
SGD 1.469547
SHP 0.860349
SLE 28.152796
SLL 24046.494883
SOS 654.177972
SRD 43.05769
STD 23735.121842
STN 24.495431
SVC 10.033128
SYP 126.777699
SZL 19.252409
THB 37.071728
TJS 10.99055
TMT 4.013576
TND 3.391067
TOP 2.761065
TRY 50.645643
TTD 7.776549
TWD 36.918714
TZS 2986.942825
UAH 50.565468
UGX 4311.195803
USD 1.146736
UYU 46.061408
UZS 13845.417319
VES 507.665371
VND 30152.278788
VUV 137.132233
WST 3.13652
XAF 655.834663
XAG 0.014239
XAU 0.000228
XCD 3.099112
XCG 2.066515
XDR 0.815648
XOF 655.834663
XPF 119.331742
YER 273.554311
ZAR 19.360243
ZMK 10322.005017
ZMW 22.318837
ZWL 369.248554
  • AEX

    1.0000

    1001.66

    +0.1%

  • BEL20

    -39.6500

    5109.48

    -0.77%

  • PX1

    -72.6600

    7911.53

    -0.91%

  • ISEQ

    -73.5600

    12393.71

    -0.59%

  • OSEBX

    8.3300

    1945.95

    +0.43%

  • PSI20

    -8.2400

    9143.72

    -0.09%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -21.0100

    3730.06

    -0.56%

  • N150

    -19.3400

    3848.26

    -0.5%

Afghanistan: entre talibans et EI, peur sur la ville à Jalalabad
Afghanistan: entre talibans et EI, peur sur la ville à Jalalabad

Afghanistan: entre talibans et EI, peur sur la ville à Jalalabad

A Jalalabad, les talibans au pouvoir avaient promis de ramener la paix. Mais entre les attaques attribuées à leurs ennemis du groupe Etat islamique (EI), leurs représailles et de mystérieux cadavres qui apparaissent dans les cours d'eau, c'est surtout la peur qui règne.

Taille du texte:

Le soir, les habitants de cet important carrefour de l'est afghan se pressent pour rentrer chez eux avant que la nuit tombe et que les armes ne parlent, craignant à la fois les violences de l'EI et les ripostes parfois aveugles des talibans.

Autrefois marginal en Afghanistan, l'EI a, selon plusieurs experts, été dopé par l'accord américano-taliban de Doha en 2020. Des combattants islamistes radicaux en tout genre, opposés à tout compromis avec l'Occident, ont choisi de le rallier.

Les analystes attribuent à l'EI 2.000 à 4.000 combattants en Afghanistan, face à 80.000 talibans. Jalalabad, où le groupe a émergé en 2014, est son principal bastion.

L'EI "a été renforcé quand les talibans sont arrivés au pouvoir" mi-août, et qu'un grand nombre de ses combattants aguerris sont sortis de prison, explique Ibraheem Bahiss, spécialiste de l'Afghanistan à l'International Crisis Group.

Depuis, selon lui, "la violence contre les talibans augmente", même si ces derniers tentent de minimiser.

Ainsi, dans son QG gardé par des dizaines de talibans surarmés, le très craint chef des services de renseignement du Nangarhar, "Docteur Bachir", est formel: "l'EI n'existe plus" dans la ville et le reste de la province.

Docteur Bachir, barbiche, verbe haut et regard déterminé sous son turban noir, n'admet que de "petits incidents".

Mais dans les rues de Jalalabad, ses combattants ne cachent pas, en privé, leur appréhension.

"L'EI est très présent ici", explique à l'AFP Sajjad, un chef d'unité talibane. A la mi-décembre, il évoquait "au moins une attaque par semaine".

Ses hommes sont sur leurs gardes en permanence face à des assaillants qui viennent "à deux ou trois dans un rickshaw et nous tirent dessus à la kalachnikov ou au pistolet".

- "Un bain de sang" -

Comme quelques jours plus tôt dans le quartier de Chel Metra, où au moins trois talibans ont été tués: "un bain de sang" sur la chaussée, se souvient Mohammad Kabir, gérant d'une boutique en face.

Depuis la mi-septembre, l'EI a revendiqué plus de 90 attaques dans le pays, dont 85% visant les talibans, selon Abdul Sayed, universitaire spécialiste des réseaux jihadistes.

Jalalabad est en première ligne: les talibans disent y avoir récemment dépêché 1.500 combattants en renfort et multiplient les raids. Avec, semble-t-il, des résultats: selon plusieurs sources locales, les attaques dans Jalalabad ont cessé fin décembre.

"On traque les jihadistes jour et nuit", explique le commandant Sajjad.

Les talibans ont arrêté ces derniers mois 400 membres de l'EI, affirme Docteur Bachir. Et tué combien ? "Je n'ai pas le chiffre exact", élude-t-il.

- Dizaines de cadavres -

Les talibans sont accusés d'éliminer clandestinement leurs ennemis. L'ONU leur attribue au moins 72 assassinats, dont ceux d'une cinquantaine de membres de l'EI présumés dans le Nangarhar.

Des découvertes macabres nourrissent le soupçon, comme ces cadavres retrouvés le mois dernier au fil d'un canal des faubourgs de Jalalabad.

Un peu à l'écart du village de Bakhtan, un laveur de rickshaw a dit à l'AFP avoir vu "quatre ou cinq" corps repêchés, un entrepreneur local "trois"

Dans toute la province, des sources locales concordantes évoquent au total jusqu'à 150 corps retrouvés dans les cours d'eau.

Les talibans visent les salafistes, implantés dans la région depuis la lutte contre les Soviétiques des années 1980. Des dignitaires de ce mouvement religieux fondamentaliste se sont émus d'arrestations et disparitions "massives" après des raids talibans. Or, s'ils ne nient pas que l'EI recrute dans leur communauté, ils soulignent que tous les salafistes n'en sont pas membres.

"Très souvent, ce sont des innocents qui se font prendre, et parfois tuer", souligne l'analyste Ibraheem Bahiss, qui avertit que cette répression aveugle des talibans contre les salafistes risque de renforcer l'EI plutôt que de l'affaiblir.

"La persécution continue de la communauté salafiste favorise potentiellement le recrutement par l'EI", explique M. Bahiss. Et même si, selon lui, l'EI n'a pas encore la capacité d'agir au-delà de l'Afghanistan et du Pakistan, "les pays occidentaux observent la menace et la prennent au sérieux".

Mais à Jalalabad, les accusations contre les talibans se sont tues, par peur des représailles -- d'autant qu'il n'y a guère de preuves et que les cadavres, abîmés, ne sont pas toujours identifiables.

Même silence chez les militants des droits de l'Homme, surtout depuis l'assassinat en octobre de l'un d'eux.

Abdul Rahman Mawen "sortait d'un mariage, il était en voiture à Jalalabad avec ses deux enfants, et des hommes armés arrivés à moto l'ont abattu", raconte un de ses proches.

L'EI a revendiqué l'attaque, mais lui en doute. Il accuse les chefs talibans locaux d'agiter la menace jihadiste tout en faisant disparaître leurs ennemis. Et reste très discret, pour ne pas finir lui non plus "au fond d'un canal".

Les médias locaux ont tout aussi peur, comme ce journaliste qui avait évoqué sur les réseaux sociaux une attaque qui venait d'avoir lieu en ville.

Il a ensuite reçu la visite de talibans, qui lui "ont dit qu'il n'y aurait pas d'autre avertissement". Depuis, comme beaucoup d'autres, il ne parle plus des violences.

K.Pokorny--TPP