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Au moment où l'Ukraine se cuirasse contre une invasion russe redoutée, ses voisins membres de l'Union européenne se préparent à un possible afflux de milliers, voire de millions de réfugiés fuyant les opérations militaires.
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La Pologne, qui a une longue frontière avec l'Ukraine et qui abrite déjà environ 1,5 million de ses ressortissants, a exprimé son soutien au grand voisin de l'est et sa volonté de l'aider.
Il a précisé que des plans d'urgence pour une crise humanitaire potentielle y étaient à l'étude avant même que la Russie n'ait reconnu l'indépendance des zones contrôlées par les rebelles dans l'est de l'Ukraine et avant la riposte occidentale par des sanctions.
"Le ministère de l'Intérieur prend depuis un certain temps des mesures pour nous préparer à une vague allant même jusqu'à un million de personnes", a dit le mois dernier le vice-ministre polonais de l'Intérieur, Maciej Wasik.
Le Premier ministre Mateusz Morawiecki a depuis créé un groupe de travail chargé de définir les besoins en matière de logistique, de transport, de soins médicaux et d'éducation, nécessaires pour recevoir des réfugiés ukrainiens.
"Nous sommes prêts à accueillir des enfants et des jeunes dans les écoles et des étudiants dans les universités polonaises", a déclaré mercredi le ministre de l'Éducation, Przemyslaw Czarnek.
A l'issue de ses entretiens à Varsovie, mardi, la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, a souligné auprès de l'AFP que la Pologne était "assez bien préparée pour accueillir un grand nombre d'Ukrainiens".
Selon elle, la Commission européenne était prête à apporter à ce pays un soutien économique si nécessaire, ainsi que l'aide de l'Agence européenne pour l'asile, d'Europol et de l'Agence européenne des frontières, Frontex.
- La Roumanie et la Slovaquie aussi prêtes -
La Slovaquie, qui partage sa frontière orientale avec l'Ukraine, assure aussi qu'elle est prête à lui tendre la main.
"Nous avons des plans tout prêts pour une éventuelle pression des réfugiés", a dit mardi le ministre de la Défense Jaroslav Nad.
Le ministre de l'Intérieur, Roman Mikulec, a précisé aux journalistes qu'il existait quatre camps de réfugiés pouvant accueillir des demandeurs d'asile ukrainiens.
"Si la situation l'exige, nous pouvons aussi utiliser les installations d'hébergement existantes du ministère de l'Intérieur et d'autres ministères", a-t-il ajouté.
La Roumanie, qui compte parmi les pays les plus pauvres d'Europe, a fait savoir qu'elle ne s'attendait pas à ce que beaucoup d'Ukrainiens fuient vers son territoire, mais qu'elle était prête à en accueillir un demi-million.
"C'est le chiffre pour lequel nous sommes préparés", a déclaré mardi le ministre de la Défense, Vasile Dancu.
La Roumanie pourrait mettre en place des centres d'accueil, notamment dans les grandes villes le long des 650 kilomètres de sa frontière avec l'Ukraine, a-t-il dit.
"Tentes, lits, couvertures, appareils de chauffage – tout peut être rassemblé et installé en moins de douze heures", a affirmé Alexandru Moldovan, le préfet de Suceava, dans le nord.
- "Situation imprévisible" -
Même la Hongrie, dont le Premier ministre Viktor Orban est connu pour ses prises de position dures sur la migration, semblait prête à accueillir des réfugiés.
"En cas de guerre, des centaines de milliers, voire des millions, de réfugiés arriveraient d'Ukraine et redessineraient fondamentalement la situation politique et économique de la Hongrie", a-t-il récemment convenu.
"Nous travaillons pour la paix, mais bien sûr, les organismes d'État désignés ont commencé les préparatifs", a assuré M. Orban.
Mardi, la Hongrie a annoncé qu'elle allait déployer ses troupes à la frontière avec l'Ukraine, à des fins de sécurité et d'aide humanitaire.
"(...) Si des réfugiés arrivent, ils doivent être hébergés et bénéficier de soins", a relevé mercredi le ministre de la Défense Tibor Benko.
L'Agence onusienne pour les réfugiés (HCR) note n'avoir pas constaté de mouvements de populations en dehors des régions orientales de l'Ukraine, mais "la situation reste imprévisible".
Le conflit déclenché par la Russie avec l'Ukraine pourrait toutefois se traduire par "une nouvelle crise de réfugiés" avec "jusqu'à cinq millions de personnes supplémentaires déplacées", a averti mercredi l'ambassadrice américaine à l'ONU, Linda Thomas-Greenfield, devant l'Assemblée générale des Nations unies.
Le Conseil norvégien pour les réfugiés, une importante organisation, a à cet égard prévenu au début du mois que si des millions de personnes étaient ainsi contraintes à quitter leur lieu de résidence, les groupes humanitaires auraient du mal à répondre ne serait-ce qu'à une fraction de leurs besoins.