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Le Premier ministre britannique Rishi Sunak s'est rendu mardi en Irlande du Nord pour convaincre des bienfaits de l'accord "historique" conclu avec l'Union européenne concernant les dispositions post-Brexit, espérant mettre fin à plus d'un an de blocage politique dans la province.
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Après des mois de tensions, Rishi Sunak et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ont présenté lundi un nouvel accord modifiant le protocole nord-irlandais, censé proposer des solutions pratiques aux difficultés d'approvisionnement et aux inquiétudes politiques créées par l'ancien compromis.
La guerre de la saucisse un temps redoutée n'aura pas lieu: la viande réfrigérée britannique pourra être vendue dans les rayons nord-irlandais, tandis que les Anglais pourront envoyer des colis à leurs proches à Belfast sans déclaration de douanes ou se rendre dans la province avec leur chien sans certificat vétérinaire.
Rishi Sunak doit maintenant convaincre le principal parti unioniste, l'ultraconservateur Democratic Unionist Party (DUP), farouchement opposés à l'ancien protocole nord-irlandais, d'adhérer au nouveau compromis et lever son boycott de l'exécutif local, paralysé depuis un an. Le mouvement réserve sa réponse.
Il s'agit "d'un fantastique accord qui répond à tout ce qui compte pour les gens", a assuré Rishi Sunak en visitant une usine Coca Cola près de Belfast. "Donc maintenant j'espère qu'ils vont voir que c'est le cas et qu'ils vont trouver un moyen de se retrouver ensemble", a-t-il dit, sans nommer le DUP.
- "L'impossible"?-
Baptisé "cadre de Windsor", le nouvel accord entend notamment permettre des échanges commerciaux plus fluides entre la Grande-Bretagne et l'Irlande du Nord, rendus complexes avec l'ancien protocole négocié en 2020 par Boris Johnson.
Ce protocole voulait éviter une frontière entre l'Irlande et l'Irlande du Nord qui risquerait de fragiliser la paix après des décennies de conflit, tout en protégeant le marché unique européen.
Il créait de facto une frontière en mer d'Irlande, inacceptable pour les unionistes qui défendent l'appartenance de la province au Royaume-Uni. Il posait aussi des problèmes pratiques en imposant notamment des contrôles douaniers sur les produits arrivant en Irlande du Nord depuis la Grande-Bretagne.
A l'approche du 25e anniversaire en avril de l'accord de paix ayant mis fin aux sanglants troubles (3.500 morts en trois décennies), l'accord a été salué lundi comme une "étape essentielle" pour la paix par le président américain Joe Biden et accueilli avec enthousiasme par Paris, Berlin, Dublin et les milieux d'affaire britanniques.
"Rishi a-t-il réalisé l'impossible?" titre mardi le tabloïd The Daily Mail. Pour le Telegraph, il s'agit de la "meilleure journée" du Premier ministre depuis son arrivée à Downing Street en octobre.
Alors que le texte doit être soumis au vote des députés, le Premier ministre doit s'expliquer lundi après-midi devant des élus de sa majorité, notamment le "groupe européen de recherche" qui regroupe des eurosceptiques.
- La position du DUP -
Si le gouvernement britannique semble pour l'instant avoir évité la fronde redoutée de l'aile droite de sa majorité, reste à voir quelle sera la position du DUP, opposé à toute remise en cause de la place de l'Irlande du Nord au sein du Royaume-Uni.
Le parti bloque le fonctionnement de l'exécutif local depuis un an, réclamant un abandon du protocole et refusant toute application de facto du droit européen dans la province britannique.
Pour répondre aux préoccupations des unionistes, le Parlement local disposera d'un mécanisme permettant de bloquer l'application de nouvelles règles européennes en Irlande du Nord.
Le chef du DUP Jeffrey Donaldson a estimé mardi que l'accord répondait "en partie aux préoccupations": "Il reste des questions sur lesquelles nous continuons à discuter avec le gouvernement et nous prendrons notre temps" pour l'étudier.
Ian Paisley, un député DUP, a déjà estimé que le nouvel accord n'était "pas à la hauteur".
"Il est tout à fait compréhensible qu'ils (les unionistes du DUP) veuillent examiner les détails de ce projet", a réagi sur Sky News le ministre britannique des Affaires étrangères, James Cleverly. Mais "s'ils ne réintègrent pas l'exécutif de partage du pouvoir, ce sera extrêmement décevant."