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Drone américain: Moscou réclame la fin des vols "hostiles", Kiev accuse Poutine d'escalade / Photo: Isaac Brekken - GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives
Drone américain: Moscou réclame la fin des vols "hostiles", Kiev accuse Poutine d'escalade
La Russie a appelé mercredi Washington à cesser les vols "hostiles" de drones, après avoir été accusée d'avoir provoqué la chute d'un de ces appareils américains en mer Noire, au large de l'Ukraine, une première.
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Pour les autorités ukrainiennes, l'incident était délibéré du côté russe, afin de signaler que Moscou était prêt à une escalade du conflit.
"L'incident avec le drone américain MQ-9 Reaper provoqué par la Russie en mer Noire est un signal de (Vladimir) Poutine qu'il est prêt à étendre la zone du conflit et à y impliquer d'autres parties", a déclaré sur Twitter le secrétaire du Conseil de sécurité ukrainien, Oleksiï Danilov.
Plus tôt, l'ambassadeur russe aux Etats-Unis, Anatoli Antonov, avait, lui, employé un langage martial et assené que son pays considérait la présence de drones américains dans la zone comme une menace.
"Nous partons du principe que les Etats-Unis (...) cesseront leurs vols près des frontières russes", a déclaré sur le réseau Telegram M. Antonov, après avoir été convoqué par le département d'Etat américain.
"Nous considérons toute action avec recours à des armements américains comme ouvertement hostile", a-t-il insisté, tout en niant chercher la "confrontation".
- Risque d'"escalade involontaire" -
L'armée russe a démenti avoir provoqué la chute de l'appareil, tout en reconnaissant que deux de ses chasseurs l'avaient intercepté mardi.
C'est la première fois depuis le début de l'assaut russe contre l'Ukraine le 24 février 2022 qu'un pays de l'Otan reconnaît perdre un équipement opéré par lui-même dans cette région hautement inflammable.
La Russie, de son côté, accuse sans cesse les Occidentaux d'utiliser l'Ukraine pour lui mener une guerre par procuration.
Le général Hecker a dénoncé "un acte dangereux et non-professionnel des Russes" et assuré que "les drones des Etats-Unis et des alliés continueront à opérer dans l'espace aérien international".
"Les actions agressives des équipages russes pourraient aboutir à des malentendus et une escalade involontaire", avait insisté l'armée américaine.
Un porte-parole de la Maison Blanche, John Kirby, avait dénoncé un "acte irréfléchi" des Russes.
En guise de protestation, le département d'Etat américain a convoqué M. Antonov, et l'ambassadrice des Etats-Unis à Moscou, Lynne Tracy, a adressé un message au ministère russe des Affaires étrangères.
Selon le ministère russe de la Défense, le drone américain avait été détecté "dans la zone de la péninsule de Crimée" un territoire ukrainien annexé par Moscou en 2014.
L'appareil avançait "en direction" des frontières de la Russie "avec des transpondeurs éteints" et avait violé "la zone du régime provisoire d'utilisation de l'espace aérien établie pour mener l'opération militaire spéciale" en Ukraine, selon le ministère.
Il a été intercepté par deux chasseurs russes qui ne l'ont pas heurté et n'ont pas entraîné sa chute, avait-il ajouté.
L'appareil "a commencé un vol non contrôlé avec une perte d'altitude et a heurté la surface de l'eau", selon la même source, qui assure que les chasseurs russes "ne sont pas entrés en contact avec le drone". Ce démenti a été réfuté par M. Kirby.
- Interactions en mer Noire -
Le drone Reaper est un aéronef de 20 mètres d'envergure piloté à distance, équipé de capteurs embarqués pour la surveillance, ainsi que d'armement. Volant à une vitesse de croisière de 335 km/h, il bénéficie d'une autonomie de plus de 24 heures.
Selon le porte-parole du Pentagone, le brigadier général Pat Ryder, le drone était "incapable de voler et incontrôlable, donc nous l'avons fait descendre".
Le ciel de la mer Noire est le théâtre de très régulières interactions entre des drones et des aéronefs des pays de l'Otan et les forces armées russes, en particulier depuis le début de la guerre en Ukraine.
"Avec la crise actuelle, on a une augmentation du nombre de vecteurs de reconnaissance vers la Crimée, avec du Reaper, que l'on n'avait pas avant. Et en fonction de la situation, cela peut énerver les Russes", souligne un expert français sous couvert d'anonymat.
Les alliés occidentaux de l'Ukraine, qui livrent depuis le début du conflit des armements à Kiev pour l'aider à se défendre, ne sont pas directement impliqués sur le territoire ukrainien, de crainte d'une escalade avec la puissance nucléaire russe.