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Vote ? 49.3 ? L'incertitude régnait toujours jeudi en début d'après-midi à l'issue d'une nouvelle réunion à l'Elysée sur la réforme des retraites, une heure avant une séquence décisive à l'Assemblée nationale.
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La deuxième réunion de la journée des caciques de la majorité relative d'Emmanuel Macron, après celle convoquée en début de matinée, a duré environ une heure. "Pas de décision à ce stade", a glissé à la sortie une source dans l'entourage d'un participant.
Emmanuel Macron et Elisabeth Borne ont ensuite eu une entrevue en tête à tête d'environ vingt minutes. Selon l'Elysée, le président doit revoir sa Première ministre une dernière fois avant la séance de l'Assemblée, à 15h00.
La cheffe du gouvernement penche de plus en plus vers le 49.3, selon deux sources macronistes.
Emmanuel Macron doit trancher entre la possibilité d'aller à un vote sur son projet phare ou la nécessité de recourir à ce fameux article de la Constitution, qui permet une adoption du projet sans vote, sauf motion de censure adoptée contre le gouvernement.
Le Sénat, de son côté, a sans surprise confirmé jeudi matin son vote en faveur de la réforme par 193 voix contre 114.
Les principaux responsables syndicaux, réunis à proximité de l'Assemblée nationale, ont quant à eux réitéré leur appel à "voter contre" un texte selon eux "injuste" et "brutal".
"On est à deux, trois voix d'écart" en faveur du texte, selon une source au sein de l'exécutif.
"On n'a pas les voix", jugeait pour sa part un hiérarque de la majorité, tandis que pour un responsable d'opposition, "soit il y a 49.3, soit tous les votes seront à risque", y compris la motion de rejet préalable qui sera étudiée à partir de 15h00.
Les téléphones ont continué de chauffer jeudi matin avec les députés LR et les élus indépendants Liot pour tenter de convaincre les récalcitrants. "Ma conviction est qu'on doit aller au vote" et "on aura une majorité pour voter cette réforme", assure encore jeudi matin la présidente du groupe Renaissance, Aurore Bergé.
Mais, du côté des députés de droite Les Républicains, dont l'apport est décisif, "on est entre 30 et 35 pour et une vingtaine contre", ce qui rend un vote "très, très, très risqué", juge le chef des sénateurs LR favorable au texte, Bruno Retailleau.
Après des semaines de débats acharnés et de tractations sous haute tension, la réforme extrêmement impopulaire d'Emmanuel Macron doit en principe connaître jeudi son épilogue parlementaire.
Un compromis scellé mercredi entre sept députés et sept sénateurs, après plus de huit heures de débats derrière les portes closes d'une commission mixte paritaire (CMP), a ouvert la voie à un vote dans les deux assemblées pour ce projet reculant à l'âge de départ à la retraite.
Tous les projecteurs sont braqués sur le Palais Bourbon. Sans majorité absolue, le gouvernement est dépendant des députés LR, divisés et beaucoup plus sceptiques sur la réforme que leurs collègues sénateurs.
- Députés LR divisés -
Elle permettrait "une clarification" devant les électeurs, notamment pour les députés de droite, a plaidé Aurore Bergé.
Mais Bruno Retailleau n'y croit "pas un seul instant" car au delà de la droite, "le groupe Renaissance perdrait évidemment aussi" des sièges.
La dissolution ? "Chiche", a lancé la patronne du Rassemblement national Marine Le Pen, qui a dénoncé "corruption", "magouilles" et "propositions d'achats de votes" envers les députés hésitants.
Le président de la République joue très gros sur cette séquence parlementaire. Il en va de la suite de son second quinquennat et de sa capacité à réformer.
Les concessions accordées aux députés LR, notamment sur les carrières longues, n'ont pas dissipé les doutes sur les intentions de vote des députés de ce groupe indiscipliné.
Malgré les "avancées" de la CMP vantées par leur président, Olivier Marleix, plusieurs d'entre eux n'ont pas caché leurs états d'âme.
Le député du Territoire de Belfort Ian Boucard a expliqué, après une réunion de son groupe mercredi soir, qu'il "continue à voter contre" car il est "contre le report de l'âge de la retraite".
- "Rien n'est fini" -
En cas de recours au 49.3, les oppositions ne manqueraient pas de qualifier l'absence de vote d'acte antidémocratique qui, selon les leaders syndicaux, serait susceptible de durcir le mouvement social.
"Rien n'est fini", a prévenu la cheffe de file des députés Insoumis Mathilde Panot, annonçant que son groupe voterait jeudi en faveur de la motion de rejet du groupe Liot, avant une probable saisine du Conseil constitutionnel en cas d'adoption du texte.
Au lendemain des manifestations de mercredi (qui ont réuni 1,7 million de personnes selon la CGT et 480.000 selon le ministère de l'Intérieur), les syndicats restent toujours aussi mobilisés.
Le passage de la réforme laisserait une "dette sociale" chez les travailleurs, qui risque d'être exploitée "particulièrement l'extrême-droite", a averti le secrétaire de la CFDT Laurent Berger.
Mais le mouvement donne quelques signes d'essoufflement. Les manifestants sont moins nombreux dans les rues et dans des secteurs cruciaux comme les transports, les grèves ne durent pas ou sont peu suivies.